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François DEYDIER

[3]. DEYDIER ou DEIDIER, François, était originaire de Toulon (Var). Les registres de sa paroisse natale, Sainte-Marie, notent le baptême de deux François Deydier, fils de Pierre et de Marguerite Christian : le premier en date du 28 septembre 1634, et le second du 2 mai 1637. On peut supposer que l'enfant baptisé en 1634 mourut, et qu'on donna son prénom à celui qui fut baptisé le 2 mai 1637. La supposition est d'autant plus acceptable, que Deydier reçut la consécration sacerdotale en 1660, avec une dispense d'âge, disent les annales de l'époque.
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    [3]. DEYDIER ou DEIDIER, François, était originaire de Toulon (Var). Les registres de sa paroisse natale, Sainte-Marie, notent le baptême de deux François Deydier, fils de Pierre et de Marguerite Christian : le premier en date du 28 septembre 1634, et le second du 2 mai 1637. On peut supposer que l'enfant baptisé en 1634 mourut, et qu'on donna son prénom à celui qui fut baptisé le 2 mai 1637. La supposition est d'autant plus acceptable, que Deydier reçut la consécration sacerdotale en 1660, avec une dispense d'âge, disent les annales de l'époque. Il fit ses études théologiques à Aix, Toulon n'ayant pas encore de séminaire, et passa ses examens de docteur en théologie. Il connut par Mgr Cotolendi l'œuvre des vicaires apostoliques. Il paraît être venu à Paris en 1659 ou au commencement de 1660 ; mais il ne fit qu'y passer, et repartit pour Toulon. Il rejoignit Mgr Lambert de La Motte à Marseille, et, selon Bénigne Vachet, fut ordonné prêtre par lui, dans cette ville, en novembre 1660.
    Il s'embarqua pour l'Extrême-Orient à Marseille le 27 de ce même mois, traversa à pied la Perse et l'Inde, et se montra dès le début de sa carrière intelligent et fort actif. Pendant son séjour au Siam, où il s'arrêta avant d'être envoyé au Tonkin, il apprit le siamois et l'annamite. Il se rendit au Tonkin en 1666, sous l'habit de marchand, se fixa à Hung-yen, et commença immédiatement l'œuvre du clergé indigène, en réunissant dans une barque et en instruisant les meilleurs des catéchistes. Il employa d'autres catéchistes pour la conversion des païens ; en 1667, il compta 2 500 baptêmes d'adultes ; lui-même visita les paroisses et baptisa 30 personnes à Tra-lu. Il songea à établir des religieuses, et dès 1667, il en écrivit à Mgr Lambert de la Motte ; en 1668, il envoya deux catéchistes au Siam pour y être ordonnés prêtres. La même année, du 28 juillet au 23 décembre, il fit l'administration dans les paroisses de Ke-so et de Trinh-xuyen, confessa plus de 2000 chrétiens, baptisa 758 païens, et réconcilia les apostats de Ke-coi. Dans l'année 1670, il note 10 000 baptêmes dans tout le Tonkin, et au nombre des baptisés, plusieurs personnages de la cour.
    Le synode tenu au Tonkin en 1670, sous la présidence de Mgr Lambert de la Motte, fut en partie son œuvre ; il eut ensuite à appliquer les règles tracées dans cette assemblée. La même année, le 24 décembre, il fut nommé provicaire par Mgr Pallu.
    L'année suivante, il fut arrêté et subit de mauvais traitements ; il fut même condamné à mort par le mandarin qui l'avait emprisonné, mais le roi ne ratifia pas la sentence. Le missionnaire sortit de prison le 5 novembre 1671. Dans la relation de ses souffrances, il a écrit ces belles paroles confirmées par le baptême de 5 300 adultes en cette seule année : \ Ce sont des roses qui croissent parmi les épines. Malgré les édits du roi, la perte des biens, les bastonnades, les prisons, il se fait tous les jours de nouveaux chrétiens par un miracle continuel de la grâce. Le soleil de justice fait éclater sa lumière de ces nues menaçantes qui devraient l'obscurcir. Les païens découvrent, reçoivent et conservent cette divine lumière aux dépens de leur vie. "
    En 1673, il fut, avec M. de Bourges et presque tous les résidents européens au Tonkin, solennellement reçu par le roi. Celui-ci lui fit poser par un eunuque plusieurs questions sur la puissance respective des différentes nations d'Europe. Le missionnaire répondit " que tout le monde demeuroit d'accord que la France l'emportoit sur l'Angleterre, sur le Portugal et sur la Hollande, et qu'il n'y avoit aucun de ces Estats qui n'eust non-seulement pour lui autant d'artilleries et de fondeurs et de canons qu'il luy en faloit, mais mesme qui ne fust en état d'en donner aux autres royaumes ".
    Cette réponse ayant été portée au roi par l'eunuque, Sa Majesté le renvoya dire de sa part " aux François et aux Anglois, qu'il leur donnoit la mesme liberté de trafiquer dans son royaume, qu'il avoit accordée depuis longtemps aux Hollandois ".
    Ses travaux et ses succès furent attristés par de longs démêlés avec les religieux, particulièrement avec les jésuites Fuciti, Marini, et Ferreira. Nous préférons ne pas entrer dans le détail des faits ; nous nous sommes contentés d'exposer les causes principales de ces difficultés dans la notice consacrée à de Bourges.
    Le 25 novembre 1679, il fut nommé évêque d'Ascalon, vicaire apostolique du Tonkin oriental, et sacré par Mgr de Bourges, le 21 décembre 1682, à Hung-yen. La cérémonie ne fut pas solennelle ; célébrée dans l'arrière-cuisine d'une maison annamite, elle n'eut pour témoins que quelques catéchistes, car à cette époque, consacré et consécrateur devaient se cacher des mandarins. Pratiquement, la division de la mission du Tonkin, décrétée par Rome en 1679, eut lieu en 1683.
    Pendant les années suivantes, Deydier visita son vicariat, forma dans plusieurs chrétientés des religieuses Amantes de la Croix, et continua de promouvoir le clergé indigène. Il tomba malade vers 1690 et mourut le 1er juillet 1693, probablement à Ke-sat, dans la province de Hai-duong. A sa mort, on comptait au Tonkin oriental environ 120 oratoires ou églises, 25 000 confessions, et 24 000 communions annuelles.
    De ses restes, voici ce que nous savons : Lors de la persécution de 1714, Mgr de Bourges reçut l'ordre de transférer le corps de Mgr Deydier dans un endroit qu'on lui indiquait ; il répondit qu'il obéirait. En 1720, le gouverneur de la province du Midi <1. Son-nam xu, ou en langage familier Xu-nam, comprenait Hanoï (sauf la ville de ce nom, qui n'appartenait à aucune province), Nam-dinh, Ninh-binh, etc.>> fit enlever la pierre tombale sur laquelle étaient gravés, en caractères européens, le nom et la dignité du prélat, et la fit porter à sa maison de campagne pour en faire un pont. Peu après, un autre mandarin voulut ouvrir le cercueil, croyant y trouver des trésors. Les chrétiens s'y opposèrent. Ces données manquent évidemment de précision, car aucun nom n'est indiqué. Il y a quelques années, les Dominicains trouvèrent à Kesat une tombe sans inscription. Le cercueil contenait des lambeaux d'ornement ayant appartenu à un évêque ; et comme les corps de tous les autres vicaires apostoliques purent être identifiés, on se demanda si ce corps, le seul que l'on ne pouvait connaître, n'était pas celui de Mgr Deydier.
    Armes. - De... semé d'étoiles de... [Il y a 7 étoiles ; faut-il voir dans ce nombre 7 un rapport avec les 7 provinces tonkinoises comprises dans le vicariat confié à l'évêque ?]
    Notes bio-bibliographiques. - N. L. E., vi, pp. 76 et suiv., 129. - M. C., v, 1873, Sa réception chez le roi du Tong-king, p. 155 ; xv, 1883, p. 197. - B. O. P., 1891, p. 372 ; 1892, p. 522. - Relat. voy. de Mgr de Béryte, pp. 28, et passim. - Relat. des miss. des évesq., pp. 7, 19, 66, 165 et suiv., 194, 201, 206 et suiv., 293 et suiv., 327 et suiv. - Relat. des miss. et des voy. 1672-1675, pp. 68 et suiv., 161 et suiv., 241, 291 et suiv., 327. - Relat. des miss. et des voy. 1676-1677, pp. 82, 105 et suiv., 122 et suiv. - Ann. Cong. M.-E., p. 59.
    Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., pp. 399 et suiv., 485. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Lett. de Mgr Pallu, Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 25, 55 et suiv., 84, 325. - Anecd. sur l'ét. de la Rel., vii, p. 49. - Hist. de l'ét. du Christ., i, pp. 44, 52, 154, 240 et suiv., 253 et suiv., 263 et suiv., 278 et suiv. ; ii, pp. 4 et suiv., 17 et suiv., 27 et suiv., 35 et suiv., 49 et suiv., 60 et suiv., 74 et suiv., 89, 126, 127, 190 et suiv., 265, 313. - La mor. prat. des Jés., ii, pp. 367, 368. - La vie de mess. F. Picquet, p. 165. - La vie de Mgr I. Cotolendi, p. 153. - Hist. nat. civ. et pol., ii, pp. 132, 136 et suiv. - Les prem. prêt. ind., pp. 7 et suiv. - La Franc. pont., p. 676.
    Collect., 16 mai 1681 : n° 662 ; 20 mai 1685 : nos 1797, 2005 ; 27 janv. 1687 : n° 281.
    Portrait. - Lithographie, sans nom d'auteur, est au Séminaire des M.-E. - M. C., xv, 1883, p. 199. - Les prem. prêt. ind., p. 28.


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    • Numéro : 3
    • Pays : Vietnam
    • Année : None