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Eugène Jean claude joseph DESFLÈCHES

[441]. DESFLÈCHES, Eugène-Jean-Claude (Joseph), vint au monde le 13 février 1814, à Jonage (Isère). Il était le cousin-germain de M. Deguerry, qui fut curé de la Madeleine à Paris, et fusillé par ordre de la Commune en 1871. Après avoir fait ses études à la maîtrise de Saint-Pierre à Lyon, au petit séminaire de Verrières en 1829, au séminaire d'Alix en 1832, au grand séminaire de Grenoble en 1833, il entra diacre au Séminaire des M.-E. le 22 avril 1837, et y reçut le sacerdoce le 23 décembre suivant.
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    [441]. DESFLÈCHES, Eugène-Jean-Claude (Joseph), vint au monde le 13 février 1814, à Jonage (Isère). Il était le cousin-germain de M. Deguerry, qui fut curé de la Madeleine à Paris, et fusillé par ordre de la Commune en 1871. Après avoir fait ses études à la maîtrise de Saint-Pierre à Lyon, au petit séminaire de Verrières en 1829, au séminaire d'Alix en 1832, au grand séminaire de Grenoble en 1833, il entra diacre au Séminaire des M.-E. le 22 avril 1837, et y reçut le sacerdoce le 23 décembre suivant. Parti pour le Se-tchoan le 15 mai 1838, c'est seulement en février 1840 qu'il pénétra dans sa mission. En séjournant à la procure de Macao, il avait travaillé à l'éducation ecclésiastique de deux Coréens. Après ses premières études de la langue chinoise, on le chargea du vaste district de Ta-tsiou qui comprenait, outre sa circonscription actuelle, une grande partie du Se-tchoan méridional. Il déploya dans son administration une remarquable activité.
    En 1843, son évêque Mgr Pérocheau, après avoir inutilement proposé la coadjutorerie à deux autres missionnaires, la lui offrit ; il l'accepta ; il n'avait que 30 ans. Le 28 avril 1844, dans l'oratoire privé d'une famille chrétienne de Ho-kia-in, il fut sacré évêque de Sinite, et, à dater de ce jour-là, il ajouta à ses prénoms celui de Joseph. Dès lors, il s'occupa tout particulièrement des chrétientés de l'est et du sud de la province, et se fixa à Tchong-king. Cette même année, fut signé entre la France et la Chine le traité de Whampou, qui accordait quelque protection aux missionnaires, et qui fut suivi d'un édit favorable aux chrétiens ; le nouvel évêque essaya de faire passer en pratique les clauses de ces deux actes.
    Le 27 mars <1. Et non le 13 août, comme il est dit par erreur dans la 1re partie du Mémorial, p. 543.>> 1846, le Kouy-tcheou ayant été détaché du Se-tchoan, et érigé en mission distincte, il en fut nommé vicaire apostolique le même jour ; il refusa, préférant rester au Se-tchoan. Il travailla à la division de cette province en plusieurs vicariats apostoliques, et obtint, le 2 avril 1856, la création des vicariats du Se-tchoan septentrio-occidental et méridio-oriental, par le bref Cupientes pro supremi (Jus Pont. de Prop. Fid., vi, 1re part., p. 251). Un acte du 4 avril 1856 (Alias jam dudum, Ib., vi, 1re part., p. 252) le nomma vicaire apostolique du Se-tchoan oriental, et lui donna le pouvoir de choisir le vicaire apostolique de Lhassa, ce qu'il fit avec plus d'empressement que de bonheur. Une nouvelle division eut lieu le 6 janvier 1858 ; elle laissa au Se-tchoan oriental environ 21 000 catholiques.
    Lors de l'expédition anglo-française en Chine, 1857-1858, Desflèches jugea bon de s'occuper des questions politico-religieuses qui s'agitaient. Il se rendit à Hong-kong, alla à Chang-haï demander au consul français sa protection pour quelques chrétiens du Se-tchoan qui avaient été emprisonnés, et finalement partit pour la France dans l'espoir d'intéresser l'Empereur à la cause des missions de Chine. Après avoir exposé à Napoléon III, dans une audience à Biarritz, la nécessité d'entretenir à Pékin une représentation permanente pour protéger nos intérêts nationaux, il se rendit à Rome et obtint par le bref Pastoralis officii (Jus Pont. de Prop. Fid., vi, 1re part., p. 307) du 24 janvier 1860, que la mission du Thibet fût formée exclusivement du royaume de Lhassa, et que le Se-tchoan méridio-oriental fût divisé en deux vicariats : le Se-tchoan oriental qui resta à peu près tel qu'était l'ancien vicariat, et le Se-tchoan méridional qui reçut de la mission du Thibet tous les territoires chinois qu'elle renfermait. Il demeura à la tête du premier.
    En retournant en Chine, il passa dans l'Inde et prit part à la réunion que plusieurs évêques tinrent en décembre 1859, à Salem, pour la révision du Règlement général de la Société des M.-E. Ayant regagné le Se-tchoan, il s'appliqua à augmenter les moyens d'évangélisation, ce qui lui semblait relativement facile, grâce au traité de 1860. Il envoya un de ses missionnaires, M. Vinçot, visiter officiellement les mandarins de diverses préfectures ; il annonça lui-même publiquement aux païens les vérités chrétiennes et établit des familles catholiques dans les centres importants d'où les prêtres risquaient d'être repoussés.
    La persécution s'éleva et aussitôt s'étendit ; en 1863, elle s'attaqua à l'évêque et à sa résidence qui fut détruite. Desflèches alla réclamer à Pékin, et la légation française lui obtint des réparations. Revenu à Tchong-king, il releva sa résidence, réorganisa la prédication, et multiplia les tentatives pour fonder le poste de Yeou-yang où M. Mabileau fut massacré en 1865.
    En 1866, il lança un mandement qui contenait un résumé du catholicisme, et le tao-tay (gouverneur d'une partie de la province) donna l'ordre de l'afficher dans chaque marché. En février 1869, il en publia un second, composé de manière à faire connaître la religion aux païens. En cette même année, il partit pour le concile du Vatican, fit partie de la commission des évêques de Chine chargée d'étudier les affaires des missions, prit part à l'étude de la révision du Règlement général de la Société des M.-E., et se montra peu disposé à le modifier.
    Revenu en France, il remit au gouvernement une réfutation des calomnies accumulées contre les missionnaires de Chine dans le Memorandum. En mai 1872, il était de retour au Se-tchoan oriental, et deux mois après on le revoyait à Pékin, où il faisait justice des calomnies dont les païens entouraient la mémoire du missionnaire Rigaud, massacré en 1869 à Yeou-yang. Il entreprit ensuite une visite pastorale dans la préfecture de Siu-tin. Un grand mouvement de conversions se dessinait, quand, en 1873, surgit une nouvelle persécution, dans laquelle furent massacrés MM. Hue, prêtre français, et Tay, prêtre chinois. Sur les instances de l'évêque, le chargé d'affaires de France à Pékin, de Rochechouart, envoya au Se-tchoan le secrétaire de la légation, de Roquette. Ce dernier réussit à négocier avec le vice-roi un arrangement, qui ramena un peu de tranquillité.
    Au milieu de ces difficultés, Desflèches continua ses travaux, fit installer de nombreuses pharmacies, s'efforça de développer l'uvre des baptiseurs ambulants, agrandit le petit et le grand séminaire, institua un probatorium. Pendant son épiscopat, il ordonna prêtre une trentaine de Chinois. On lui doit également, à Tchong-king, l'uvre de la conversion des mendiants, celle du baptême des adultes en danger de mort, et la société dite du Purgatoire, en faveur des défunts.
    En avril 1876, les païens rouvrirent les hostilités contre la religion, et pendant plusieurs mois, les stations eurent fort à souffrir. En outre, pour décourager l'évêque et le perdre dans l'opinion publique, les mandarins, après avoir acheté deux de ses secrétaires chinois qui le trahirent, essayèrent de prouver que sa présence était un élément de troubles. Le prélat partit pour Pékin, puis pour Rome en 1878, afin de se disculper. Cependant, le gouvernement français ayant déclaré son retour à peu près impossible au Se-tchoan, il demanda un coadjuteur (1882), et l'année suivante il donna sa démission de vicaire apostolique. Léon XIII l'éleva, le 20 février 1883, à l'archevêché de Claudianopolis, et l'attacha, en qualité de consulteur, à la S. C. de la Propagande.
    Desflèches habita à Rome pendant quelque temps. Il avait une grande dévotion aux âmes du Purgatoire, aussi sachant qu'en Espagne, en Portugal et dans les pays qui en dépendent, les prêtres, en vertu d'un privilège accordé par Benoît XIV, peuvent célébrer trois messes le jour de la Commémoraison des fidèles trépassés, il essaya de faire étendre ce privilège à l'Eglise entière. Il écrivit plusieurs milliers de lettres, et multiplia les démarches dans ce but. Aidé de zélés coopérateurs, il réunit plus de mille adhésions épiscopales. Ces demandes n'eurent pas le résultat espéré.
    En 1885, il se retira au sanatorium des M.-E. à Hyères, et en 1886, à celui de Montbeton ; il y succomba le 7 novembre 1887. C'était un prélat pieux, énergique, très actif, que rien n'effrayait, ni n'arrêtait. On lui a parfois reproché d'engager et de soutenir trop de procès.
    Armes. - D'azur à la nacelle de sable gréée d'argent, à la flamme de gueules portant le monogramme des M.-E. et voguant sur une mer d'argent.
    Devise. - Ite docete.
    Bibliographie. - Ces ouvrages ont été imprimés à l'imprimerie de la Sainte-Famille, Cha-pin-pa.
    Tableau des sons et tons de la langue chinoise, avec la transcription orthographique vulgairement reçue dans les provinces de l'ouest. - In-fol., f. 1.
    (Recueil de pièces administratives relatives au catholicisme). - In-8.
    Revu par Mgr Desflèches :
    (Grand dictionnaire phonétique), par un prêtre du Se-tchoan occidental. - In-8.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1872, p. 34 ; 1874 (déc.), p. 9 ; 1875, p. 12 ; 1876, p. 6 ; 1877, p. 9 ; 1882, p. 27 ; 1883 ; p. 55 ; 1887, p. 78.
    A. P. F., xviii, 1846, p. 470 ; xxxiii, 1861, Progrès de la mission, p. 432 ; xli, 1869, pp. 264, 270 ; xlvi, 1874, p. 84. - A. S.-E., vi, 1854, Nombre des enfants baptisés, p. 214 ; xv, 1863, p. 230 ; xviii, 1866, Les pharmacies, p. 87 ; xxi, 1869, Destruction d'une pharmacie, p. 364 ; xxii, 1870, p. 75. - M. C., ii, 1869, Massacre de M. Rigaud, p. 121 ; Ib., p. 129 ; iv, 1871-72, pp. 144, 298 ; v, 1873, Description géographique du Se-tchoan, avec carte dressée sous sa direction, p. 297 ; vii, 1875, pp. 238, 505 ; viii, 1876, p. 591 ; xiv, 1882, Nomination de son coadjuteur, Mgr Coupat, pp. 461, 472 ; xv, 1883, Sa nomination d'archevêque, p. 137 ; xix, 1887, p. 564 ; xx, 1888, p. 23. - B. O. P., 1892, p. 587. - A. M.-E., 1910, pp. 257 et suiv.
    Sem. rel. Grenoble, 1868-69, pp. 583, 601 ; 1869-70, pp. 122, 201, 392, 692 ; 1870-71, p. 237 ; 1872-73, pp. 304, 509 ; 1873-74, p. 518 ; 1876-77, p. 144 ; 1887-88, Notice, pp. 174, 183, 197, 223, 238, 248, 261, 273, 284, 298, 305, 324. - Sem. rel. Arras, 1872-73, p. 334. - Sem. rel. Lorraine, 1865-66, Lettre sur la mort de M. Mabileau, p. 15. - Sem. rel. Nantes, 1865, Mort de M. Mabileau, p. 511. - Le Tour du Monde, 1er sem., 1873, p. 355.
    Hist. des relat. de Chine, Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - Hist. miss. Kouang-si, Tab. alph. - Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. - Hist. miss. Thibet, Tab. alph. - Les miss. cath. franç., iii, pp. 259, 269, 275, 276, 278, 322. - Journ. d'un miss. M. Roland, p. 133. - Voy. d'expl. en Indo-Ch., i, p. 540. - Act. et hist. du Conc., v, Notice, p. 155. - Arm. des Prél. franç., p. 253.
    Collect., 3 juin 1876 : n° 1476.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1887, p. 199.
    Biographie. - Mgr Desflèches, vicaire apostolique du Su-tchuen oriental [avec portrait]. Les Contemporains, n° 273, p. 13. - 5, rue Bayard, Paris, in-4, pp. 16.
    Portrait. - M. C., xx, 1888, p. 18. - Act. et hist. du Conc., v, p. 160. - Voir Biographie.


    Bibliographie:
    DESFLECHES Eugène Mgr (1814-1887)

    Tableau des sons et tons de la langue chinoise avec la transcription orthographique vulgairement reçue dans les provinces de l'Ouest / Desflèches. - Cha-pin-pa : Impr. de la S.F., [s.d.]. - 1 f. ; 2°.

    Wu yin ji zi = Grand dictionnaire phonétique / par un prêtre du Se-tchoan ; revu par Mgr Desflèches. - [S.n.] : [s.n.], [s.d.]. - 8°.



    • Numéro : 441
    • Année : None