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Joseph Simon CURIEN

[3548] CURIEN Joseph, Simon Missionnaire Kontum ---------------- Joseph, Simon CURIEN naquit le 28 octobre 1909, à Saulxures-sur-Moselotte, département des Voges, diocèse de Saint-Dié. Il appartenait à une modeste famille rurale de 17 enfants, dont trois moururent à la guerre, l'ainé à 20 ans, en 1915, Deux autres furent tués en 1940, à cinq jours d'intervalle, l'un à 25 ans, l'autre, clerc minoré à 27 ans..Deux filles devinrent religieuses chez les Soeurs du St.Esprit.
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    [3548] CURIEN Joseph, Simon

    Missionnaire

    Kontum
    ----------------

    Joseph, Simon CURIEN naquit le 28 octobre 1909, à Saulxures-sur-Moselotte, département des Voges, diocèse de Saint-Dié. Il appartenait à une modeste famille rurale de 17 enfants, dont trois moururent à la guerre, l'ainé à 20 ans, en 1915, Deux autres furent tués en 1940, à cinq jours d'intervalle, l'un à 25 ans, l'autre, clerc minoré à 27 ans..Deux filles devinrent religieuses chez les Soeurs du St.Esprit.

    Après ses études primaires à Saulxures-sur-Moselotte, et quelques leçons de latin, Joseph entra au petit séminaire de Mataincourt, où il fit ses études secondaires de 1922 à 1928. Il se dirigea alors vers le grand séminaire de Saint-Dié. où il passa deux ans de 1928 à 1930, et reçut la tonsure. Il fit son service militaire au 120ème RAL, à Epinal.

    Le 12 Avril 1931, étant encore soldat, il adressa sa demande d'admission au Séminaire des Missions Etrangères. Elle fut agrée le 22 avril 1931, mais son évêque de Saint Dié lui imposa deux années de service dans le diocèse, et l'envoya comme surveillant au Collège Saint Joseph d'Epinal de 1931 à 1933. Le 15 septembre 1933, il entra au séminaire de la rue du Bac. Ordonné prêtre le 7 juillet 1935, mais n'ayant pas terminé ses études, il ne reçut sa destination pour le vicariat apostolique de Kontum, que le 13 février 1936. Il partit rejoindre sa mission, le 14 avril 1936, et s'embarqua le 16 avril 1936.

    Arrivé à Kontum le 18 mai 1936, Mgr. Jannin lui donna le nom viêtnamien de \Kim", et l'envoya s'initier à la langue viêtnamienne au probatorium de la mission dirigé par M. Hutinet qui le confia à un Frère viêtnamien, professeur dans cet établissement. Ayant fait de rapides progrès en viêtnamien,vers janvier 1937, M.Curien alla apprendre la langue bahnar à Kon-Mah, à une quinzaine de kms à l'est de Kontum. En mars 1937, il fut mis à la tête du district montagneux de Kon-Mahar, -St. Joseph du Pokei- ,d'accès difficile, à une quarantaine de kms à l'est de Kontum. Il y resta jusqu'en 1941. De septembre 1939 à avril 1941, il fut mobilisé, mis en sursis, rappelé à plusieurs reprises et affecté dans l'artillerie d'abord à Saigon, puis à Cam-Ranh. Dans les premiers jours de décembre 1940, une lettre du provicaire, lui apprit l'incendie de son église, de sa maison et la perte de toutes ses affaires personnelles. Démobilisé le 5 avril 1941, il rentra dans son poste où il entreprit de construire église et résidence sur leur ancien emplacement, alors que les gens s'étaient installés à un km de là. En raison de ce conflit, et de la solitude dont il avait souffert à Kon-Mahar, poste isolé et difficile, M.Curien fut nommé à Kon Monei, gros village à environ 3 kms de Kontum, où il succéda à M. Asseray. Il fut en même temps chargé des cours de mathématiques au petit séminaire en réthorique et en seconde, à raison de deux jours par semaine.

    Le 22 juin 1943, déchargé de Kon Monei, M.Curien devint professeur au petit séminaire, ajoutant à l'enseignement des mathématiques, celui du latin, des sciences, et trois conférences spirituelles par semaine. Il y resta jusqu'au 9 mars 1945; il fut alors interné au presbytère de Nhatrang. A partir du 20 août 1945, les "Viêtminh" ayant pris le pouvoir, il se réfugia dans une famille amie, où il resta jusqu'en juin 1946.

    Le 26 juin 1946, les troupes françaises reprirent le contrôle de la ville de Kontum. M.Curien les accompagna comme aumônier militaire; il pût empêcher des pillages, sauver des innocents, rappeler prêtres et chrétiens dispersés en forêt. Puis il alla à Dak-Chô, chez les Sedang dont il apprit fort bien la langue et il remplaça M.Renaud parti en congé en France. Il assura cet interim jusqu'en juin1948. Il partit alors en congé en France où il séjourna du 4 juillet 1948 au 12 mars 1949.

    A son retour, M. Curien fut nommé à Pleiku, chef lieu de province du pays Jorai,à 45 kms au sud de Kontum; outre son ministère ordinaire auprès d'une centainre de chrétiens, et de ses visites au personnel de la plantation de thé, "Catecka," à une quinzaine de kms de Pleiku, il exerça les fonctions d'aumônier militaire. Il restaura les bâtiments religieux de cette petite ville.où, se réfugièrent de février à septembre 1954, plusieurs confrères chassés de leurs postes par la guerre, et la chute de la ville de Kontum, occupée par les "Viêtminh".

    . Le 7 novembre 1955, Mgr. Seitz posa la première pierre de la future église "en dur"que bâtit M.Curien, sous la haute direction de M.Vacher. Les accords de Genève de juillet 1954 partagèrent le Viêtnam en deux zônes. Le gouvernement du Président Ngô-Dinh-Diêm, embarrassé par l'afflux de très nombreux réfugiés venus du Nord Viêtnam, fonda des villages agricoles sur les Hauts-Plateaux, ce qui créa quelques difficultés avec les montagnards. Un centre de ré-implantation appelé "Chu-Ty" ou "Phuoc-Thiên" s'installa à une cinquantaine de kms au sud de Pleiku, M.Curien s'y fixa, y bâtit église et résidence. Il s'occupa en même temps de deux ou trois villages Jorai. Il prit un congé en France du 16 avril 1958 au 23 Septembre 1958.

    Dès 1962, en raison de la guerre, le district de Phuoc-Thiên; comprenant quatre villages viêtnamiens, et trois villages Jarai devint zône d'insécurité. Vers 1965 un bombardement sérieux ensevelit M.Curien sous les décombres de sa maison, et endommagea gravement son église. Avec toute la population apeurée, il se réfugia d'abord à Pleiku, puis à Kontum. Après un temps de repos à Saigon, Mgr. lui confia la charge du secrétariat de l'Evêché à Kontum. Du 21 mai 1967 au 14 mars 1968, il rentra en congé en France. Il partit alors perfectionner son anglais aux Etats-Unis, à Lowell, chez les Pères Oblats de Marie où il resta un an et demi environ.

    De retour à Kontum, en mars 1969, il reprit ses fonctions de secrétaire épiscopal, et y ajouta celles d'aumônier des religieuses de la Médaille Miraculeuse et de l'hôpital de la Mission "Minh-Quy". En mars 1975, l'abandon par les forces du Sud Viêtnam des villes des Hauts-Plateaux, mit sur les routes un flot important de réfugiés viêtnamiens, provoquant ainsi des encombrements monstres.sur les routes. M.Curien quitta Kontum en voiture acccompagné de Sr.Francine. Ils arrivèrent très difficilement jusqu'à Cheo-Reo, puis ils continuèrent à pied en direction de Tuy-Hoa. Durant ce trajet, avec une foule de réfugiés, à une étape, les "Viêtcong" arrivés avant eux, prirent M.Curien pour un "américain" et le molestèrent sérieusement. Relâché au bout de quelques jours, M.Curien, Sr.Francine, et de nombreux réfugiés continuèrent leur route et arrivèrent à Tuy-Hoa, avec l'aide de prêtres viêtnamiens. Malgré quelques semaines de repos, M.Curien était encore fatigué, mais la situation du pays s'était un peu stabilisée; Sr.Francine, à prix d'or, loua une voiture qui les ramena tous deux à Kontum. Enfin, le 12 août 1975, religieuses et missionnaires français furent tous dirigés sur Saïgon; au soir du 15 août 1975, tout le groupe débarqua à Roissy.

    Après quelques temps de repos, M.Curien fit partie, en 1976, de l'équipe sacerdotale de Remiremont, puis, en 1977, il exerça son ministère au Foyer pour personnes âgées de Dommartin-sur-Vraine; En 1980, nommé à Golbey, où est l'hospice départemental d'Epinal, il devait y être reçu dans l'après-midi du 15 août 1980. Le 14 août 1980, alors que M.Curien se trouvait encore à Dommartin, les religieuses le trouvèrent paralysé. Evacué sur l'hôpital de Neufchâteau, il fut transféré à l'hôpital de Nancy où il décéda le 26 août 1980, sans avoir repris connaissance.

    Son corps fut ramené au Rouceux, au couvent où se trouvait sa soeur. Ses obsèques, présidées par Mgr.Vilnet, évêque de Saint-Dié, eurent lieu dans l'église de Saint-Martin de Rouceux le vendredi 29 août 1980. M.Curien repose au cimetière de Neufchâteau, auprès de sa soeur Eugénie, religieuse du Saint Esprit, décédée en 1978.

    Références bibliographiques

    AME 1931 p. 139. 1936 p. 95. photo p. 140. CR 1936 p. 233. 1938 p. 169. 1939 p. 151. 152. 1947 p. 80. 1949 p. 108. 110. 1950 p. 89. 1952 p. 44. 1953 p. 52. 1955 p. 45. 1957 p. 50. 1960 p. 55. 1961 p. 50. 1962 p. 62. 1963 p. 75. 1964 P. 39. 1965 p. 71. 72. 1966 p. 82. 83. 1967 p. 63. 65. 1969 p. 73. BME 1936 p. 314. 463. 527. 1937 p. 141. 367. 449. 523. 531. 665. 1938 p. 777. 1939 p. 292. 804. 877. 1940 p. 287. 357. 283. 427. 502. 626. 818. photo p. 258. 1941 p. 115. 200. 273. 423. 663. 1949 p. 55. photo p. 681. 1950 p. 401. 1951 p. 700. 1954 p. 791. 1955 p. 49. 50. 643. 1956 p. 395. 1957 p. 636. 637. 1959 p. 80. 553. 986. EPI 1962 p. 403. 1966 p. 132. Enc. PdM. 3P3. MEM 1980 p. 55. EC1 N° 220. 330. 335. 463. 660. 665. 678. 776. NS 19/C2 p. 151. 23P282. 25P337. 26P22. 28P81. 82. 44P239. 240. 53P177. 54P209. 56P277. 279. 83P76. 85P130. 132. 86P180. 87P219. 89/C2 p. 276. 83P279. 91P333. 101P314. 115P55. 126P56. 136/C2. 144/C3.

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    • Numéro : 3548
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