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Yves Marie CROC

[653]. CROC, Yves-Marie, originaire de Pouldouaran, commune de Coatréven (Côtes-du-Nord), vint au monde le 30 juin 1829. Il fit ses études au petit séminaire de Tréguier et au grand séminaire de Saint-Brieuc. Entré tonsuré au Séminaire des M.-E. le 27 décembre 1851, il fut ordonné prêtre le 17 décembre 1853, et partit le 22 mars 1854 pour le Tonkin méridional. Il passa ses premières années de mission caché tantôt dans des maisons de chrétiens, tantôt dans des forêts, ou dans des barques sur les bords du fleuve Gianh.
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    [653]. CROC, Yves-Marie, originaire de Pouldouaran, commune de Coatréven (Côtes-du-Nord), vint au monde le 30 juin 1829. Il fit ses études au petit séminaire de Tréguier et au grand séminaire de Saint-Brieuc. Entré tonsuré au Séminaire des M.-E. le 27 décembre 1851, il fut ordonné prêtre le 17 décembre 1853, et partit le 22 mars 1854 pour le Tonkin méridional. Il passa ses premières années de mission caché tantôt dans des maisons de chrétiens, tantôt dans des forêts, ou dans des barques sur les bords du fleuve Gianh.
    En 1859, alors que la persécution battait son plein, il accompagna Mgr Gauthier auprès de l'amiral Rigault de Genouilly, qui l'attacha comme interprète à son état-major. Les services qu'il rendit à l'expédition française, lors de la prise de Saïgon et de la bataille de Chi-hoa où il se tint constamment aux côtés de l'amiral Charner, ainsi qu'au moment de l'expédition de Ba-ria où il accompagna l'amiral Bonnard, lui valurent les croix de chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre d'Isabelle-la-Catholique (1862).
    Après le traité du 5 juin 1862, il fut au nombre des missionnaires envoyés pour sonder les intentions de la cour de Hué et des mandarins, au sujet du libre exercice du catholicisme en Annam. Il ne put aller plus loin que Dong-hoi, province du Quang-binh, où on le garda pendant trois mois ; finalement on lui refusa l'autorisation de rentrer dans sa mission. L'année suivante, après une seconde tentative plus heureuse, il retourna à Saïgon sur l'ordre de son évêque, qui craignait un renouveau de persécution ; il y remplit les fonctions d'aumônier au Carmel et à la Sainte-Enfance. A son retour au Tonkin méridional, il administra l'arrondissement du Bo-chinh. En 1866, pendant le voyage du vicaire apostolique en France, il gouverna la mission en qualité de provicaire.
    Choisi pour coadjuteur par Mgr Gauthier en 1868 et nommé évêque de Laranda, il fut, le 7 juin de la même année, sacré à Xa-doai. Il travailla aux procès apostoliques pour la Béatification des martyrs de la mission. En 1870, il assista au concile du Vatican et aux réunions tenues à Rome par les évêques de la Société pour l'étude du Règlement général ; puis il retourna au Bo-chinh l'année suivante. En 1873, il visita les principales chrétientés de cette région, délivra du joug d'un apostat la chrétienté de Con-ngua, ramena à la foi les apostats de Lu-dang et éleva une église à Huong-phuong. Lors des démêlés de la France avec l'Annam au Tonkin, il eut un long entretien au chef-lieu du Bo-chinh, avec le premier ambassadeur annamite, et, bientôt après, trois conférences avec les ministres de Tu-duc, à Hué. Il leur démontra les avantages que leur pays retirerait d'une alliance avec la France, et ne négligea rien pour dissiper leurs préjugés à l'égard des chrétiens.
    Les événements s'étant précipités à la suite de l'expédition de F. Garnier, 1873, le Tonkin méridional eut beaucoup à souffrir de l'hostilité des lettrés, qui soulevèrent les populations païennes contre les chrétiens et contre les missionnaires. Croc fit une seconde fois le voyage de Hué ; grâce à l'intervention du résident de France dans cette ville, Rheinart, il obtint l'envoi d'un commissaire royal dans les chrétientés dévastées, et, par exception, celui-ci fit donner quelques indemnités.
    Gauthier étant mort le 8 décembre 1877, Croc devint vicaire apostolique du Tonkin méridional. A ce moment, la famine et le choléra compliquèrent la situation. L'évêque prodigua généreusement ce qu'il possédait pour secourir les malheureux, païens et chrétiens. Cette dure période passée, il fit édifier à Xa-doai une église et un séminaire (Eglise et séminaire actuels, grav., M. C., xxxiii, 1901, p. 353 ; xxxv, 1903, pp. 233, 235), et commencer l'évangélisation du Laos. Lorsque la guerre du Tonkin éclata en 1883, il était épuisé ; les nouvelles épreuves suscitées par les hostilités augmentèrent sa maladie ; il se rendit au sanatorium de Béthanie à Hong-kong, et y succomba le 11 octobre 1885. Ses restes, rapportés au Tonkin méridional, furent déposés dans l'église de Xa-doai.
    Armes. - Ne sont pas décrites de même par tous. Selon les uns : De gueules à un calice et à une croix d'or en sautoir, sommés d'une couronne de même.
    Selon d'autres : Le champ gueules (sang au jardin des oliviers) ; le calice, or ; la croix, argent ; les épines, sable ; le cœur, argent ; la terrasse, sinople.
    Devise. - In sudore et sanguine.
    Notes bio-bibliographiques. - C.-R., 1874 (déc.), p. 19 ; 1875, p. 30 ; 1877, p. 28 ; 1878, pp. 30, 78 ; 1879, pp. 42, 78, 79, 82 ; 1880, p. 55 ; 1881, p. 66 ; 1882, p. 62 ; 1883, p. 137 ; 1884, p. 93 ; 1905, p. 123.
    A. P. F., xlvi, 1874, Excursion au Bo-chinh, p. 255 ; Ib., Etat des pertes des vicariats (Tonkin mérid. et occid.), p. 336 ; xlvii, 1875, pp. 343 et suiv. ; li, 1879, Etat du vicariat du Tonkin méridional, p. 187 ; Ib., p. 377 ; lvi, 1884, Révolution politique au Tonkin méridional, p. 153 ; lviii, 1886, p. 61. - A. S.-E., xxii, 1870, p. 75 ; xxix, 1878, p. 165 ; xxxvi, 1885, p. 403. - M. C., i, 1868, Son sacre, p. 101 ; ii, 1869, Son voyage en Europe, p. 134 ; Ib., p. 307 ; iv, 1871-72, La famine, p. 31 ; vi, 1874, Noms des villages incendiés, p. 286 ; vii, 1875, pp. 273, 485 ; viii, 1876, Violences des lettrés, p. 2 ; x, 1878, pp. 53, 232, 498 ; xi, 1879, pp. 301, 307, 330 ; xii, 1880, p. 79 ; xiv, 1882, pp. 4, 136 ; xvi, 1884, p. 86 ; xvii, 1885, p. 515 ; xviii, 1886, p. 144. - B. O. P., 1892, p. 584. - A. M.-E., 1912, p. 247. - P. M. M., 1880-81, p. 9.
    Sem. rel. Saint-Brieuc, 1869, pp. 345 et suiv., 525 ; 1871, p. 525 ; 1872, pp. 217, 232 ; 1875, p. 333 ; 1880, p. 265 ; 1884, p. 91 ; 1885, Circulaire de Mgr Bouché annonçant sa mort, p. 521 ; Ib., Service pour lui, p. 539 ; 1886, Notice, pp. 269, 297, 320, 356. - Sem. rel. Bayeux. 1880, p. 310. - Sem. rel. Nantes, 1881, p. 1083. - Sem. rel. Poitiers, 1879, p. 517. - Sem. rel. Séez, 1879, p. 527. - Voix de N.-D. Chartres, xiii, 1869, p. 179 ; xviii, 1874, p. 136 ; xxviii, 1884, p. 194. - L'Univers, 1879, Lettre, n° du 3 juill.
    Le Tonk. de 1872 à 1886, p. 555. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Nos miss., Notice, p. 135. - La Coch. rel., ii, pp. 306 et suiv., 398 et suiv. - Mgr Bouché. Lett. et Docum., pp. 196, 199. - Act. et hist. du Conc., v, Notice, p. 134. - Croq. annam., p. 172. - Arm. des Prél. franç., p. 251.
    Collect., 8 août 1870 : n° 707 ; 18 août 1870 : n° 2119 ; 20 août 1870 : n° 1154.
    Notice nécrologique. - C.-R., 1885, p. 155.
    Portrait. - A. P. F., lvi, 1884, p. 125. - M. C., x, 1878, p. 235. - Act. et hist. du Conc., v, p. 92.


    • Numéro : 653
    • Année : None