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Pierre CRITENAT

CRITENAT Pierre (1880- 1921) [2720] CRITENAT Pierre, naquit à Manigod, commune du canton de Thônes, au diocèse d'Annecy (Haute-Savoie), le 2 janvier 1880. De sa jeunesse, nous ne savons rien. Il dût faire de bonnes études, car c'était un esprit ouvert, travailleur et doué d'une bonne mémoire. Mais sa modestie n'a pas permis que nous ayions le moindre renseignement à ce sujet.
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    CRITENAT

    Pierre

    (1880- 1921)

    [2720] CRITENAT Pierre, naquit à Manigod, commune du canton de Thônes, au diocèse d'Annecy (Haute-Savoie), le 2 janvier 1880. De sa jeunesse, nous ne savons rien. Il dût faire de bonnes études, car c'était un esprit ouvert, travailleur et doué d'une bonne mémoire. Mais sa modestie n'a pas permis que nous ayions le moindre renseignement à ce sujet.

    Après avoir passé quatre ans au Séminaire des Missions Etrangères, il y reçut la prêtrise le troisième dimanche après la Pentecôte des mains de Mgr. Jourdan de la Pouardière, en juin 1903. Le 22 juillet suivant, il recevait sa destination pour la Mission de Coïmbatore, où il arriva vers le milieu de l'automne, en compagnie du Père Sabot.

    Il était de taille moyenne, 1m67, bien bâti, les yeux gris, les cheveux châtains, la barbiche peu fournie. Il était bel homme. Le nez était peut être un peu long, mais un haut clocher n'a jamais déshonoré son village. D'un air gaillard et décidé, il était exubérant et il fallait le voir grimper les côtes sur sa bicyclette ; nous nous disions \en voilà un qui est solide et qui fournira une longue carrière." Hélas, cette carrière ne dura que 26 ans en tout !

    Il alla faire ses premières armes dans la paroisse de Wellington, comme vicaire du Père Foubert, homme un peu rude d'extérieur, mais bon, plein de coeur et plein de zèle apostolique. Il fut à bonne école. Il ne resta pas longtemps dans les Montagnes bleues. Vers 1905, il fut nommé dans la plaine, vicaire du Père Perrin à Atticodou et, en 1907, le voilà nommé curé d'Eritchambadi. C'était une grosse paroisse, située à l'Ouest de Coïmbatore, du côté du Kérala, qui comptait environ 2.000 chrétiens. Il y en avait 900 à Eritchambadi même, et 1.100 dans un autre centre, à 5 km de là, à Saveriarpalayam. Pour visiter ses chrétiens pendant la mousson, il devait marcher nu pieds dans la boue une bonne partie du chemin.

    Ses chrétiens, au pays des castes, appartenaient à la tribu des "Vanniers". Les gens de cette caste étaient ignorants, grossiers, insolents. Ils donnèrent au Père Critenat plus de croix que de consolations. Il les visitait souvent, prenait part à leurs joies et leurs afflictions. Il leur distribuait des remèdes et des secours pécuniaires. Malgré sa bonté, il savait être ferme quand il le fallait.

    En 1914, on l'envoya au Wynaad. Au pied des Montagnes bleues, c'était un beau pas montagneux. Ses paysages sont grandioses et ses forêts lui font un magnifique tapis de verdure, mais hélas, sous ce tapis se cachent des fièvres diverses et de nombreuses maladies pestilentielles. Ce district comprend environ 1.200 chrétiens disséminés dans les plantations de café et de thé. L'administration n'est pas facile. Dans la plupart des plantations, il n'y a ni chapelle, ni logement pour le prêtre, qui doit loger chez quelque contremaître. Il ne peut voir ses gens que le matin et le soir. Ce n'est pas facile d'avoir les enfants au catéchisme. Pendant les trois mois de mousson, ce sont des pluies torrentielles. L'humidité et la chaleur engendrent des fièvres malignes, la malaria surtout, puis il y a les sangsues qui vous sucent et vous saignent à blanc.

    Le Père Critenat resta quand même 7 ans. Il tomba malade et dut revenir à Coïmbatore. Il était atteint d'une néphrite mixte mélangée d'albumine. Quand on l'ammena à Coïmbatore en 1921, il avait un peu perdu la tête. On lui conseilla de retourner en France pour se soigner. Il le fit, mais revint trop tôt et nullement guéri. Il resta en Inde encore deux ans, puis il dut retourner en France. Son état ne fit qu'empirer, et il s'éteignit à Montbeton, le 13 mars 1921, dans sa quarantième année d'âge et sa 26ème de sacerdoce.

    Le Père Critenat fut un modèle de bon confrère et de zélé missionnaire. Jamais ni chasse ni excursion ne l'ont empêché d'être au service de ses chrétiens, qui n'eurent jamais à en souffrir. Il était modéré en tout. Il appliquait le proverbe anglais : "Enough is as good as feast." Sans doute, il savait profiter d'un bon dîner quand l'occasion s'en présentait, mais il savait se contenter aussi d'un ordinaire plutôt misérable. Il pouvait répéter les paroles de l'apôtre Paul : "Scio et abundare... et esurire." Quel bel exemple de bonne humeur, de modestie et de relations fraternelles, afin de se faire tout à tous pour les gagner à Jésus Christ.





    Références biographiques
    AME 1903 p. 378. 1929 p. 132. CR 1903 p. 306. 1929 p. 211. 304. BME 1923 p. 64. 1924 p. 680. 807. 1926 p. 454. 1929 p. 63. 316. EC RBac N° 27. 38. 47. 67. 68. 110. 117. 129. 172.




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    • Numéro : 2720
    • Année : None