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Louis Champion de CICÉ

[86]. CICÉ (CHAMPION DE), Louis, vicaire apostolique du Siam, appartenait à une ancienne et noble famille de Bretagne, qui a donné des évêques, des magistrats et un garde des sceaux de France. Il naquit au château de Cicé, commune de Bruc (Ille-et-Vilaine), le 24 septembre 1648. Il entra le 13 janvier 1672 au séminaire de Saint-Sulpice pour y faire ses études théologiques. En 1674, il fut envoyé à Montréal, au Canada, d'où il revint à la fin de 1679 ou au commencement de 1680.
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    [86]. CICÉ (CHAMPION DE), Louis, vicaire apostolique du Siam, appartenait à une ancienne et noble famille de Bretagne, qui a donné des évêques, des magistrats et un garde des sceaux de France. Il naquit au château de Cicé, commune de Bruc (Ille-et-Vilaine), le 24 septembre 1648. Il entra le 13 janvier 1672 au séminaire de Saint-Sulpice pour y faire ses études théologiques. En 1674, il fut envoyé à Montréal, au Canada, d'où il revint à la fin de 1679 ou au commencement de 1680.
    En 1682, il se présente au Séminaire des M.-E., et part le 6 avril de cette même année pour la Chine. A la fin de 1684, il débarque au Fo-kien ; en 1686, il est à Chao-tcheou dans le Kouang-tong ; en 1688, il fait une expédition au Kouang-si avec M. du Carpon, puis revient à Chao-tcheou ; en 1689, il est à Canton où il reste jusqu'en 1692, passe de nouveau au Fo-kien, mais revient bientôt à Canton. En 1697, il est délégué en France pour l'étude du Règlement général de la Société des M.-E.
    A cette époque, la querelle sur les Rites chinois battait son plein. Ayant signé la lettre écrite le 10 août 1699 par le supérieur, les directeurs du Séminaire des M.-E. et quelques missionnaires, de Cicé fut pris à partie dans la Réponse à la lettre de Messieurs des M.-E., dont l'auteur lui reprocha d'avoir pensé précédemment le contraire de ce qu'il venait de signer. Le missionnaire répondit par une Lettre du 15 août 1700, avec autant de calme que de fermeté : \ Je vous déclare net, sans ambiguïté, sans restriction, et avec la dernière simplicité, que sur les cérémonies de Confucius et des morts que le mandement condamne, j'ai été du sentiment de nos Messieurs et non pas du vôtre. " Ayant dans le cours de son argumentation laissé échapper le mot de jansénisme, il eut à supporter l'attaque d'un des écrivains de la secte : Remontrance charitable, etc. ; il la laissa tomber.
    Il avait été nommé, le 19 janvier 1700, évêque de Sabule et vicaire apostolique du Siam ; ensuite il reçut un bref d'éloges, qu'Innocent XII lui adressa le 29 juin 1700. Il fut sacré le 2 janvier 1701 dans l'église du Séminaire des M.-E. par un de ses parents, de Coëtlogon, évêque de Saint-Brieuc.
    Il s'embarqua presque aussitôt après pour le Siam. En cours de route, il donna la confirmation à 8 000 ou 9 000 personnes dans le diocèse de Méliapour, et parvint à Juthia le 6 septembre 1702. Peu après son arrivée, le roi Chao Dua lui fit des avances pour le rétablissement des relations avec la France. L'évêque, éclairé par les événements de 1686-1688, savait à quoi s'en tenir sur la valeur de telles paroles, il les accueillit froidement ; cependant, il en fit part au gouverneur de Pondichéry et aux ministres de Louis XIV, qui n'y donnèrent aucune suite.
    Il s'occupa activement du Collège général qu'il rebâtit, et il introduisit parmi les élèves l'habitude de parler latin. Il excita le zèle des chrétiens pour le baptême des enfants de païens, et bientôt il pouvait écrire que dans sa mission, en une seule année, 5 000 enfants in articulo mortis avaient été baptisés ; en 1715, il assurait qu'on en avait régénéré 50 000 depuis l'arrivée des vicaires apostoliques au Siam.
    Il demanda un coadjuteur et l'obtint dans la personne de Tessier de Quéralay, qu'il sacra le 1er mai 1723. Il mourut à Juthia le 1er avril 1727.
    Armes. - D'azur à 3 écussons d'argent chargés des 3 bandes de gueules [Armes de la famille de Cicé].
    Bibliographie. - Lettre de M. Louis de Cicé, nommé par le Saint-Siège à l'évêché de Sabula, et au vicariat apostolique de Siam, du Japon, etc. aux RR. PP. Jésuites, sur les idolâtries et sur les superstitions de la Chine. - In-12, pp. 70 [s. l. n. d].
    Se trouve aussi dans :
    Lettre de Mess. des M.-E. au Pape [édit. mdcc, in-16], p. 156.
    Notes bio-bibliographiques. - Continuatio Historiæ cultus, Epistola Præpositi [16 août 1699], p. 59. - Rec. des pièc. M.-E. et Rel. de Saint-Dominiq., Epistola Præpositi [16 août 1699], p. 137. - Raccolta, Bref du Pape à de Cicé, p. 231. - Rép. de Mess. des M.-E. à la protest., p. 140. - Rép. à la lett. de Mess. des M.-E. au Pape, p. 6. - Réflex. gén. sur la lettre, p. 17. - Lettre à M**, doct. en Sorb. au sujet de la révoc., pp. 20.
    Remontrance charitable à M. Louis de Cicé, nommé à l'évêché de Sabula et au vicariat apostolique de Siam, du Japon, etc., avec quelques réflexions sur la censure de l'Assemblée du clergé. - Chez Pierre Marteau, à Cologne, mdcc, in-18, pp. 44.
    Lettera ad un Abate di qualità intorno alla materia d'un Scritto intitolato : Lettera di Monsig. Luigi di Cicé, nominato dalla Santa Sede al vescovado di Sabula, ec. A i RR. Padri Gesuiti, sulle idolatrie e superstizioni della Cina. - In Colonia, mdcci, in-12, pp. 124.
    Bibliogr. breton., au nom Champion de Cicé. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 478. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 120, 151 et suiv., 181, 281. - Journ. d'A. Ly, Tab. alph. - Corresp. de Tronson, ii, p. 185 ; iii, pp. 274, 282. - Lett. de Mgr Pallu, Tab. alph. - Descrip. du roy. Thai, ii, pp. 195 et suiv. - Etude hist., p. 193.
    Collect., 17 juin 1701 : n° 1285.
    Biographie. - Un breton en Indo-Chine au XVIIIe siècle. Notice sur Mgr de Cicé, évêque de Sabula, vicaire apostolique de Siam, par le Cte de Palys, président de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. - Imprimerie Lafolye, place des Lices, Vannes, 1892, in-8, pp. 19 + 6 ff. n. ch.
    Portrait. - Peint à l'huile [copie], est chez M. le Cte de Palys.


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    • Numéro : 86
    • Année : None