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Marie Félix CHOULET

CHOULET Marie-Félix (1854-1923) [1466] CHOULET Marie-Félix, est né le 4 décembre 1854 à Grésy-sur-Aix, diocèse de Chambéry (Savoie). Il fit ses études au collège de Pont-Beauvoisin, et entra au Grand Séminaire de Chambéry pour se préparer au sacerdoce. Le 8 septembre 1877, il entra aux Missions Étrangères et fut ordonné prêtre le 4 juillet 1880. Il partit pour la mission de Mandchourie le 1er septembre 1880. Le 15 octobre, il était à Shanghai, et le 5 novembre, il débarquait à la Procure d'Ingtse ou Newchang.
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    CHOULET Marie-Félix

    (1854-1923)


    [1466] CHOULET Marie-Félix, est né le 4 décembre 1854 à Grésy-sur-Aix, diocèse de Chambéry (Savoie). Il fit ses études au collège de Pont-Beauvoisin, et entra au Grand Séminaire de Chambéry pour se préparer au sacerdoce. Le 8 septembre 1877, il entra aux Missions Étrangères et fut ordonné prêtre le 4 juillet 1880. Il partit pour la mission de Mandchourie le 1er septembre 1880. Le 15 octobre, il était à Shanghai, et le 5 novembre, il débarquait à la Procure d'Ingtse ou Newchang.

    Il passa d'abord quelques mois à Yangkoan et en 1881 alla au Séminaire de Chaling, où il devint professeur, adjoint du supérieur, le Père Hinard. Tout en apprenant la langue chinoise, il donna quelques cours de théologie, et s'arrogea surtout la surveillance pour assurer la discipline parmi les élèves. Il ne devint pas très populaire, en raison de sa sévérité, et en 1882, il fut nommé au poste de Kaotchantouan. Pendant trois ans, il assura l'administration de ce grand district, qui s'étendait de Moukden à la province de Kirin, et des frontières de Corée jusqu'à celles de Mongolie.

    En 1885, il alla remplacer le Père Hinard comme supérieur du Séminaire. Il était à la fois supérieur et professeur unique du Petit et Grand Séminaire, économe, surveillant, et assura la direction d'importants travaux de réparation et de construction.

    Le 2 juin 1887, à la mort du Père Chevalier à Siao-heichan, il fut nommé dans ce poste, où il fallait finir l'église en construction. Il dut trouver les fonds nécessaires, se fit à la fois architecte, maçon et charpentier, et en 1890, Mgr. Guillon pouvait annoncer l'achèvement du sanctuaire de Notre Dame de Lourdes.

    Le 13 juin 1890, Mgr. Guillon nomma le Père Choulet curé de la paroisse de Newchang, procureur de la mission et provicaire. Comme provicaire, il fut toujours le conseiller et des missionnaires, et de son évêque. Comme procureur, il connut des temps difficiles pour trouver les fonds nécessaires à la bonne marche de la mission. Il se trouva toujours en état de répondre aux demandes les plus urgentes.

    En arrivant à Newchang, M. Choulet reçut mission de reconstruire l'église paroissiale, devenue tout à fait insuffisante et dont la solidité surtout n'inspirait plus confiance. Après 9 ans d'efforts, il eut en mains le capital nécessaire et la nouvelle église fut livrée au culte le jour de la Pentecôte 1900.

    Il était en train de construire une nouvelle procure, quand éclata, terrible, la persécution des Boxeurs, en 1900. Mgr. Guillon fut massacré le 2 juillet, avec deux Pères MEP et deux Religieuses de la Providence de Portieux et des centaines de chrétiens. De par son titre de provicaire, le Père Choulet devenait le supérieur de la mission. Le 5 juillet, il embarqua les Soeurs de la Providence présentes à Newchang sur un vapeur qui les transporterait au Japon. Le 7 juillet, les Pères Conraux, Beaulieu et Étellin partirent, tandis que, à l'extrême sud, les Pères Caubrières et Chometon purent se réfugier à Port-Arthur.

    À l'intérieur, la situation doit être extrêmement grave pour nos missionnaires. À Newchang, les voleurs sont venus enfoncer les portes de l'établissement des Soeurs et l'ont dévalisé. À l'Ouest, les Pères Bourgeois et Le Guével habitent non loin de la mer, et ont eu, sans doute, le temps d'embarquer. De Santaitse, pas de nouvelles. Au Nord de Moukden, dans un rayon de 25 lieues, les Pères Villemot, Hérin, Lamasse, Perreau et quelques prêtres chinois n'ont donné aucune nouvelle.

    Le 18 juillet fut surtout une journée de deuil. On apprit la mort des Pères Viaud, Agnius et Bayart, massacrés le 11 juillet, au sud de Siao-heichan, des Pères Bourgeois et Le Guével, tués à Lienchan. Durant un mois, le Père Choulet vécut dans des anxiétés mortelles, pleurant les morts, sans nouvelles des fugitifs, devant la mission détruite, et contraint de veiller à sa propre sécurité dans la ville de Newchang. On comprend les tortures de ce chef de mission, dont l'oeuvre matérielle est complètement détruite, et l'édifice spirituel gravement compromis : l'évêque, six missionnaires, trois prêtres indigènes, deux Religieuses françaises, des milliers de chrétiens massacrés; le Séminaire dispersé, les orphelines et quantité de jeunes femmes chrétiennes enlevées, les chrétientés démembrées, la foule de nos fidèles sans foyer, quantité de néophytes et catéchumènes démoralisés et même apostats.

    Le bilan est désastreux. À part les établissements de Newchang, il n'y a plus dans toute la mission ni église, ni résidence, ni école et la plupart des chrétiens ont leur maison brûlée ou démolie.

    Le 4 août, enfin, une vigoureuse offensive des soldats russes, appuyée par le feu des canonnières ancrées dans le port, ramène le calme, en faisant disparaître tous les soldats chinois. Ainsi, après l'orage, quand le calme est revenu, le Père Choulet se demande bien comment envisager l'avenir. Il jette alors au monde catholique un cri de détresse, ainsi que l'espoir d'une renaissance de l'oeuvre missionnaire. Il compta sur la Providence qui vint à son secours, et avec quelques missionnaires, il reprit le travail avec ardeur. Dès 1901, il se dévouera avec plus de coeur encore, car il fut nommé vicaire apostolique de Mandchourie méridionale, le 21 février 1901.


    Vicaire apostolique de la Mandchourie méridionale

    Après la persécution des Boxeurs (1900), il se dévoua avec ardeur au relèvement des ruines. Nous avons un pied à terre dans une dizaine de stations. Il nous reste, au port de Newchanwang, deux églises et un oratoire : voilà toute notre fortune. Partout ailleurs, nous sommes établis dans le domaine d'autrui. Le Séminaire occupe une maison louée, et c'est dans des maisons appartenant à des païens que sont installés nos orphelinats."

    À l'automne 1901, Mgr. Choulet prit la route de Pékin, pour négocier l'indemnité du Gouvernement chinois, avec l'accord et l'appui du Gouvernement français et des alliés. Il rentra le 31 décembre 1902, après un an de discussions difficiles, mais muni du nécessaire pour l'indemnité aux chrétiens et pour restaurer les oeuvres de la mission.

    Dans son Compte-Rendu de 1903, l'évêque laisse percer de bons résultats et l'espoir de moissons abondantes : "Les anciens chrétiens qui ont échappé à la mort semblent être devenus meilleurs; les catéchumènes étudient la doctrine avec ardeur; 710 d'entre eux sont devenus enfants de Dieu et de l'Église; le clergé indigène a déjà réparé ses pertes; trois prêtres ont été ordonnés le Samedi Saint, ils remplacent les trois martyrs."

    Les ruines se relèvent, quand la guerre russo-japonaise éclate. Après l'entrée des troupes japonaises en Mandchourie, les missionnaires se trouvèrent isolés de chaque côté des lignes, et ceux qui étaient loin du champ de bataille virent leur région envahie par une véritable armée de brigands. L'évêque garde quand même espoir; "Il n'y a pas à se dissimuler, écrit-il, si la Russie était devenue maîtresse de la Mandchourie, les missionnaires auraient eu de la peine à s'y maintenir". La petite communauté des séminaristes, avec le Père Beaulieu, avait regagné Chaling, mais en 1905, Mgr. Choulet la transféra à Moukden, dans une grande bâtisse où on pouvait loger une quarantaine d'élèves. Bientôt, l'évêque aura la joie d'ordonner 17 prêtres indigènes. En 1913, Mgr. Choulet ouvrit un noviciat, confié à la direction des Soeurs de la Providence, et en 1915, il établit la Congrégation chinoise du Saint Coeur de Marie.

    Notons qu'en 1912, ses forces étaient tellement affaiblies par une dysenterie chronique, qu'il dut retourner en France pour se soigner. Il ne resta qu'un an, et après une visite ad limina, il revint dans sa mission. Le 25 juillet 1914, il eut la joie d'apprendre qu'un coadjuteur lui était donné, en la personne de M. Sage. Il le sacra évêque le 7 mars 1915, mais malheureusement, le 20 septembre suivant, Mgr. Sage mourut, après quelques jours de maladie.

    En 1919, Mgr. Choulet voyant ses forces décliner pensa à la retraite. Lors du passage de Mgr. de Guébriant, Visiteur apostolique, à Moukden, en octobre 1919, il plaida éloquemment sa cause et demanda au Visiteur de plaider sa cause en haut lieu. Dès le début de 1920, il adressa à nouveau sa démission à Rome. Une lettre de la Sacrée Congrégation de la Propagande, datée du 1er juillet 1920, lui annonça que sa demande était acceptée, mais qu'il devait continuer à gouverner la mission jusqu'à la prise de possession de son successeur.

    Il commença à se plaindre de sa jambe gauche, qui devenait parfois insensible. Il fit plusieurs chutes. Le soir du 7 mai, à Auntung, en sortant de sa chambre, il heurta si malencontreusement le seuil de la porte, qu'il tomba à la renverse et perdit connaissance. Transporté à l'hôpital japonais d'Auntung, il endura pendant quelques semaines des souffrances atroces, avec le col du fémur brisé et un coeur malade. Le 30 mai, nous obtenions de le transférer à l'hôpital de la Croix Rouge à Moukden. Le 5 juin, il reçut l'Extrême Onction et le 20 juin, il était transporté à l'évêché. Le printemps et l'été 1922 lui rendirent quelque vigueur. Il eut la consolation d'assister au sacre de Mgr. Blois, son successeur. Le 23 juin, il se retira à son ancienne procure de Newchang, où il avait travaillé dix ans et dont il avait lui-même aménagé les constructions. Le 31 juillet 1923, il eut une crise violente d'étouffement. Les confrères, prévenus, vinrent l'assister dans la lutte suprême. Après trois légers soupirs, notre vénéré malade rendit son âme à Dieu.

    Le samedi 4 août, Mgr. Mutel, vicaire apostolique de Séoul présida les funérailles. Mgr. Choulet repose maintenant dans son ancienne pro-cathédrale, auprès de son coadjuteur, Mgr. Sage.


    Références biographiques

    AME 1897 p. 665. 716. 1900 p. 212. 220. 224. 267. 1902 p. 9. 15. 20. 21. 47. 82. 1903 p. 10. 1904 p. 176. 1910 p. 170sq. 175sq. 1911 p. 274. 1912 p. 277. 1921 p. 183. 1922 p. 135. 1923 p. 199. 1924 p. 122. 137. 1928 p. 121. 1936 p. 151. 152. 180. 1939 p. 196. CR 1880 p. 96. 1883 p. 72. 1884 p. 192. 1885 p. 16. 1887 p. 9. 10. 1889 p. 11. 12. 1890 p. 6. 1891 p. 14. 1892 p. 14. 1893 p. 14. 1898 p. 12. 1899 p. 381. 1900 p. 63. 360. 368. 431. 432. 1901 p. 3. 70. 1902 p. 77. 1903 p. 58. 1904 p. 56. 439. 1905 p. 42. 317. 1906 p. 54. 1907 p. 74. 1908 p. 52. 1909 p. 57. 59. 60. 61. 64sq. 68. 365. 366. 1910 p. 57. 1911 p. 7. 39. 50. 1912 p. 47. 66. 70. 75. 435sq. 1913 p. 77. 314. 320. 1914 p. VIII. 32. 1915 p. 44. 1916 p. 218. 1917 p. 33. 191sq. 196. 227. 229. 1918 p. 22. 1919 p. 27. 28. 1920 p. 19. 138. 1921 p. 25. 34. 35. 37. 38. 1922 p. 36. 37. 1923 p. 38. 39. 45. 193. 232sq. 1927 p. 169. 170. 1938 p. 36. 1939 p. 32. 1947 p. 3. 8. BME 1922 p. 25. 26. 171. 304. 433. 687. photo p. 17. 1923 p. 49. 379. 439. 571. 589. 1924 p. 591. 1928 p. 116. 1931 p. 513. ECM 1945 p. 137. EC1 N° 43. MEM 1974 p. 30.
    III


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    • Numéro : 1466
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