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Louis CHEVREUIL

[5]. CHEVREUIL, Louis, le premier des prêtres de la Société des M.-E. qui évangélisa le Cambodge et la Cochinchine, était originaire de Rennes (Ille-et-Vilaine), où il naquit vers 1627. Il partit pour l'Extrême-Orient le 6 janvier 1661 avec Mgr Cotolendi, vicaire apostolique de Nankin, qui le nomma son provicaire. L'évêque étant mort en 1662 au cours de son voyage, le missionnaire se rendit au Siam. En 1664, il fut envoyé en Cochinchine avec les pouvoirs de provicaire, et débarqua le 24 juillet de la même année à Faï-fo.
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    [5]. CHEVREUIL, Louis, le premier des prêtres de la Société des M.-E. qui évangélisa le Cambodge et la Cochinchine, était originaire de Rennes (Ille-et-Vilaine), où il naquit vers 1627. Il partit pour l'Extrême-Orient le 6 janvier 1661 avec Mgr Cotolendi, vicaire apostolique de Nankin, qui le nomma son provicaire. L'évêque étant mort en 1662 au cours de son voyage, le missionnaire se rendit au Siam. En 1664, il fut envoyé en Cochinchine avec les pouvoirs de provicaire, et débarqua le 24 juillet de la même année à Faï-fo. Le chua Hien-vuong toléra d'abord sa présence, et quand, en 1665, il exila plusieurs ouvriers évangéliques, il se contenta de le garder dans une demi-captivité ; mais les Portugais, hostiles aux missionnaires français, intriguèrent auprès des mandarins et obtinrent son expulsion.
    Il retourna alors au Siam et en repartit peu après, en août 1665, pour la Cochinchine, avec un autre missionnaire, A. Hainques. Malade en route, il dut s'arrêter quelque temps dans un village du Ciampa ; après sa guérison, il travailla au Cambodge dans une chrétienté composée de Portugais, de Chinois et d'Annamites, environ 300 personnes. Nous ne sommes pas très bien fixé sur la situation de cette chrétienté, qui fut ruinée par une des fréquentes expéditions cochinchinoises. En 1666, il fut nommé provicaire pour le Cambodge par Mgr Lambert de La Motte. Il entreprit alors l'évangélisation des Cambodgiens ; il habitait à huit jours de marche d'Angkor, qu'il appelle Ongeo \ très célèbre temple, presque aussi fameux entre les gentils de cinq ou six royaumes, que Saint-Pierre de Rome l'est parmi les chrétiens ".
    Lui-même écrit au sujet des difficultés de son ministère : " Voici la troisième année que je passe ainsi sans avoir converti un seul payen, parce que, quelques recherches que j'aie pu faire, il ne m'a pas été possible de trouver un interprète, qui sût assez bien les termes de religion pour me mettre en état d'expliquer la nôtre d'une façon intelligible. " La stérilité de ce ministère ne dura pas, puisqu'un Jésuite, le P. Rocha, qui habitait Ponhéalu, parle de lui en ces termes : " M. Chevreuil travaille incessamment dans sa mission, et cependant il jeûne tous les jours. Il ne reçoit rien des chrétiens. Il a baptisé en un seul jour 60 idolâtres. C'est un homme très exemplaire, qui mérite mieux le nom et la qualité d'apôtre que ne le méritent plusieurs qu'on honore de ce titre au Portugal et dans les Indes. "
    Ces modestes succès irritèrent un prêtre portugais, son voisin, qui l'accusa de trahison envers le Portugal, et d'accord avec son compatriote, le capitaine Manuel Oliveira, le fit enlever et conduire à Macao où il demeura cinq mois. De là il fut emmené à Goa, où le tribunal de l'Inquisition le condamna, sous prétexte qu'il n'avait pas l'exequatur du roi de Portugal. Sa captivité dura plus d'une année. Ce fut seulement en 1672 qu'il put retourner au Siam. Par le bref Cum ad aures (Jus Pont. de Prop. Fid., i, p. 402), le Pape Clément X condamna les actes des commissaires de l'Inquisition de Goa contre lui. Il fut nommé procureur général à Juthia, et exerça plus ou moins cette charge jusqu'en 1677.
    Il avait écrit sur les religieux portugais des mémoires qui furent transmis à Rome, et firent sensation pendant quelque temps. Mgr Pallu avait voulu le nommer évêque en 1673 ; mais on finit par s'apercevoir que ses facultés intellectuelles subissaient un regrettable affaiblissement qui disparut peu à peu. Pendant la persécution qui désola la mission du Siam en 1688-1689, on le laissa en liberté ; il en profita pour faire la classe aux séminaristes. Il succomba à Juthia le 10 novembre 1693.
    Notes bio-bibliographiques. - A. M.-E., 1905, p. 116. - Le Tour du Monde, 1870-71, 2e sem., p. 20.
    Relat. ab. des miss. et des voy., pp. 73 et suiv. - Relat. des miss. des evesq. pp. 6, 19, 66, 75 et suiv., 105 et suiv., 137, 163, 241. - Relat. des miss. et des voy. 1676-1677, pp. 78 et suiv., 204. - Ann. Cong. M.-E., p. 76.
    Lett. de Mgr Pallu, Tab. alph. - Hist. de l'ét. du Christ., i, pp. 58 et suiv., 104, 119, 184 et suiv., 202 et suiv., 219 et suiv., 230 et suiv. ; ii, pp. 126, 137 et suiv., 154, 175 et suiv., 195, 283. - Docum. hist., Tab. alph. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - La Coch. rel., i, pp. 267 et suiv., 277 et suiv., 293. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 27 et suiv., 51 et suiv. - Descrip. du roy. Thai, pp. 146, 183, 186. - Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., pp. 398 et suiv.


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    • Numéro : 5
    • Pays : Chine
    • Année : None