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Jean Baptiste Henri Alexandre CHARRIER

CHARRIER ( Père Jean-Baptiste) 1882-1975 Missionnaire des Marches Thibétaines
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    CHARRIER ( Père Jean-Baptiste) 1882-1975
    Missionnaire des Marches Thibétaines

    Jean-Baptiste, Henri, Alexandre Charrier est né le 23 février 1882 à la Verrie, diocèse de Luçon, Vendée. Il fit ses études primaires dans sa paroisse et ses études secondaires au Petit séminaire de Chavagnes en Paillers. Il entra aux Missions Etrangères le 15 septembre 1901 et fut ordonné prêtre le 22 septembre 1906. Il est destiné à la Mission des Marches thibétaines. Le 2 octobre, il sembarque à Marseille, fait escale à Suez, Colombo, Singapore, Saïgon, Hongkong pour débarquer à Shanghaï après quarante cinq jours de traversée. Puis, il prend la voie fluviale sur le Fleuve Bleu, pendant 3000 kms. Ensuite, il voyagea en chaise à porteur ou à cheval pour atteindre lévêché de Tatsienlu (aujourdhui Kagting). Le voyage dura plus de trois mois.

    Il se mit aussitôt à létude de la langue chinoise. Au bout de quelques mois, il est jugé apte à prendre la charge dun district. Cest à Taofu, à cinq étapes au nord de Tatsienlu, où il sinstalle dans une bicoque. Au bout de quatre ans, il a déjà baptisé plus de deux cents catéchumènes. Il construit une chapelle et une école. Lors dune de ses tournées apostoliques, il tombe de cheval et se casse une jambe. Il dut se soigner et on le changea de poste. Il fut appelé à fonder un autre poste à Tampa, au nord-est. Mais il se trouve confronté à une bande dopposants. Il endosse alors un manteau, prend une hotte et un sac, sentoure la tête dun turban usagé et cache soigneusement sa barbe. Arrivé au poste de garde, la sentinelle lui crie : Halte-là. Je vais au moulin, répond-il. Alors passe. Il séloigne dun pas rapide et les gardes sapercevront trop tard quils ont été joués.

    Il sinstalle dans une maison en planches et il va rester neuf ans dans ce poste. Il y baptise cent cinquante néophytes, construit une église, une résidence, une école.

    En 1920, on le retrouve à Mowkung, à deux étapes à lest de Tampa. Ce sera le sommet de sa vie apostolique dans ce poste où différents clans se battent, il déploie toute sa finesse diplomatique et sa popularité est efficace. Il réussit alors à former une belle chrétienté avec église, écoles, dispensaire, salle de lecture. Et en 1933, il est nommé vicaire général. Mais il a besoin de se reposer et il rentre en Vendée où il passa six mois pour refaire sa santé.

    De retour en Chine, la situation sur place a changé. Larmée rouge sest installée en force. Vint alors le désastre pour le Père Charrier pendant lété de 1951, où il tomba dans un guet-apens. Le chef détat-major convoqua le Père Charrier pour lui demander un service. Je sais que vous êtes influent. Voudriez-vous accompagner un groupe de soldats pour parlementer avec les résistants ? Sils se rendent, ils auront la vie sauve et vous aussi. Parole dhonneur. Le Père accepta. Avec une escorte à cheval, il gravit la côte et interpella la résistants. Me voilà. Vous ne pourrez résister longtemps. Si vous vous rendez, vous serez libres. Nous nous rendons à ta parole. Tout le monde sembla content. Mais le lendemain tous les résistants étaient fusillés et le Père jeté en prison. Quelle agonie pour le Père davoir été ainsi trompé et trahi !

    Quelques jours plus tard, on dirigea le Père vers Chengtu où il fut jeté dans un infecte cachot, condamné au silence et à la solitude. Il y restera plus dun an, ainsi quun autre missionnaire, Mgr Pinault, évêque de Chengtu.


    En 1952, ses geôliers emmenèrent le Père Charrier vers un juge qui lui signifia que le gouvernement populaire avait la bonté de lui accorder la liberté. On le dirigea sur Hongkong. Les Pères de notre Procure lui firent un accueil chaleureux, en remplaçant immédiatement ses pauvres hardes souillées et déchirées par des vêtements neufs. Le plus dûr et le plus long pour lui fut de se réhabituer à une vie libre, normale, qui lempêche de voir des espions partout et fasse disparaître son traumatisme de prisonnier.

    Enfin, ce fut le retour à Paris, par avion, et de là dans sa chère Vendée où il retrouve ceux qui lui sont chers. Il prit du ministère à lhôpital privé des Herbiers et remplit ce ministère pendant di-huit ans. Une fois devenu aveugle, il vécut encore quatre ans dans cette maison, car les Religieuses voulurent absolument le garder et le soigner jusquau bout. Il continua à entendre les confessions à léglise paroissiale. Quelques années plus tard, il se sentit fatigué. Le 14 février, il remettait son âme à Dieu. Il achevait sa 93ème année;

    Ses obsèques eurent lieu le 17 février à la Verrie, sa paroisse natale. Dans son homélie, le Père Valour dessina ainsi sa figure : Il fut un pionnier, par son courage à la Saint-Paul, bravant les dangers, les brigands, le froid, le chaud, linconfort et la prison, pour annoncer la Bonne Nouvelle. Il fonda quatre chrétientés. Il était servi par une connaissance remarquable de la langue chinoise, il débordait de tact diplomatique. Il était remarquable par sa bonté accueillante, il savait se faire tout à tous. Dune foi ardente, dune confiance extraordinaire en Dieu et dans le secours des âmes du Purgatoire et en Marie Immaculée, le Père Charrier fut une belle figure missionnaire.


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    An.ME. 07P61/13P277A/30P184/33P147/34P87/35P86.232PH/36P16.17

    C.R.06P275/07P129/08P100/11P85sq/12P118.120.121.124/13P122.124/15P68/16P73/17P51.52/18P36/19P43/20P27/21P49/22P52/23P66/24P46.192/25P56/26P57.58/27P55/28P59.60/30P87/32P91/33P75/34P58/35P62.63/36P61.66/38P71/47P187/48P34/49P45/50P33.34/51P25

    B.ME.23P39/33P123.199.260.341.345.346/34P318.319.394.621.124/26P312/29P113.114.304.620/35P50.348.589.734.799.853.854.878/36P195.579.584.891/37P41.43.121.197/38P121.180.253.331.396.398.465/467/48P167sq.299.301.340/49P14.197.511.512.584.702.782/53P61.122/55P281/56P807.812

    Ec.RBac : 351.369.508.528.529.603.729.754.768
    NS. 44P225.84C2+P101+

    R.MEP. N/140P48

    Ec.Miss. 45P160/46P127

    Mémorial 1975 p.2

    Zhong : n°29/8




    • Numéro : 2893
    • Année : None