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Nicolas CHAMPENOIS

[252]. CHAMPENOIS, Nicolas, vit le jour au mois d'avril 1734 ; il appartenait au diocèse de Reims où il exerça le ministère, en particulier à Chaourse (Aisne), dont il était probablement curé avant son entrée au Séminaire des M.-E., le 13 juillet 1776.
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    [252]. CHAMPENOIS, Nicolas, vit le jour au mois d'avril 1734 ; il appartenait au diocèse de Reims où il exerça le ministère, en particulier à Chaourse (Aisne), dont il était probablement curé avant son entrée au Séminaire des M.-E., le 13 juillet 1776.
    Il partit pour la mission Malabare (Pondichéry) le 13 janvier 1777, travailla dans le centre du pays, et, vers la fin de la même année, devint procureur. Mgr Brigot l'ayant choisi comme coadjuteur, il fut, par bref du 14 juin 1785, nommé évêque de Dolicha, et reçut la consécration épiscopale le 5 novembre 1786 à Pondichéry.
    La maladie ne permettant plus à Mgr Brigot de diriger la mission, le gouvernement en incomba immédiatement au coadjuteur, qui devint supérieur en titre le 8 novembre 1791.
    Un de ses premiers actes fut d'empêcher que l'on retirât la ville de Karikal à la mission Malabare, pour la confier à la préfecture apostolique administrée par les Capucins. Il obtint de Rome, par décret du 19 juillet 1788, le pouvoir d'absoudre tous les catholiques du diocèse de Méliapour, habitant les contrées où leur évêque ne pouvait exercer sa juridiction. Il reçut aussi des pouvoirs plus étendus qu'auparavant pour les dispenses de mariage, avec diverses indulgences, et la permission de réciter certains offices.
    Un décret de la même date lui accorda juridiction sur les Européens et les Créoles de Pondichéry, toutes les fois qu'ils se trouveraient sans pasteur, par suite de la mort ou de l'éloignement du préfet apostolique. Plus tard, par une convention du 17 septembre 1793, le préfet apostolique, le P. Benjamin, et Mgr Champenois achevèrent d'aplanir les difficultés de juridiction alors existantes, en se transmettant mutuellement leurs pouvoirs. Les coutumes de l'Inde soulevant parfois des doutes qui ne laissaient pas d'inquiéter quelques missionnaires, l'évêque donna à ces derniers des conseils marqués de largeur d'esprit et basés sur l'expérience. Entre temps, il avait élevé à Pondichéry, près de la cathédrale, un nouveau séminaire et un petit collège ; il avait fait achever la cathédrale et l'avait consacrée le 20 juin 1791.
    En 1793, au commencement du mois d'avril, les révolutionnaires voulurent lui faire chanter un Te Deum sur la place d'Armes, où ils venaient de planter un arbre de la liberté, il refusa. Aux soldats qui le pressaient et le menaçaient, il répondit : \ Mon corps est entre vos mains, mon cur entre celles de Dieu. " Il fut obligé de quitter le territoire français et se retira à Tranquebar. Il retourna à Pondichéry quelques mois plus tard, quand les Anglais eurent pris cette ville.
    Il repartit l'année suivante, 1794, en septembre, pour visiter sa mission. Il s'arrêta longuement à Trichinopoly, dans le Maduré, où les Goanais lui suscitèrent de nombreux ennuis ; finalement il dut les laisser maîtres de la place, le gouvernement anglais ayant, à leur requête, déclaré ne reconnaître d'autre juridiction dans la contrée, que celle de l'évêque de Méliapour. Afin de mettre un terme à cette situation, il essaya vainement d'obtenir le titre de vicaire apostolique : le Saint-Siège maintint le statu quo. A cette époque, les Anglais avaient une telle défiance à l'égard des prêtres français, qu'ils refusèrent à Champenois le passeport nécessaire pour accomplir deux missions que Rome lui avait confiées par le bref du 23 août 1796 : l'une, auprès des Capucins de Patna, l'autre auprès des missionnaires de Madras, afin de ramener la concorde parmi ces ouvriers apostoliques, et de mettre un terme aux difficultés administratives. Il fit remplir cette double tâche par des missionnaires.
    Tout en gouvernant la mission, il administrait par lui-même quelques paroisses des environs de Pondichéry, particulièrement Ariancoupam, où nous trouvons fréquemment son nom sur les registres de catholicité, du 23 décembre 1798 à l'année 1809.
    Vers 1805, sa santé s'altérant, il demanda un coadjuteur, qui fut Mgr Hébert. A la suite d'une chute qu'il fit le 27 avril 1810, sa faiblesse devint extrême ; il succomba à Pondichéry le 30 octobre suivant. Il était porté aux mortifications ; même épuisé, il tint à continuer ses austérités ; il ne cessa de jeûner que lorsque le Souverain Pontife lui en accorda une dispense particulière. Son administration fut sage, prudente, et, avec des ressources très modiques, il réussit à faire face aux besoins les plus pressants.
    Notes bio-bibliographiques. - uv. Prop. Foi, Reims, comp.-rend., 1858, p. 34. - Toung-pao, 2e sér., vii, p. 631 [Tirage à part : La Corresp. gén. de Coch., p. 77].
    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Hist. miss. Inde, Tab. alph. - Vie de Mgr de Marion-Brésillac, p. 102. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 450 et suiv. - Les miss. cath. dans l'Inde, Tab. alph. - La Franc. pont., ii, p. 717.
    Collect., 22 avril 1788 : n° 2014 ; 5 juill. 1788 : nos 1308, 1404 ; 19 juill. 1788 : n° 1805 ; 15 fév. 1792 : n° 1806 ; 16 juill. 1799 : n° 1310 ; 14 août 1799 : n° 701 ; 10 janv. 1802 : n° 1369 ; 3 avril 1802 : n° 282.


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    • Numéro : 252
    • Année : None