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Jean Rollin CHAFFANJON

CHAFFANJON Jean, Rollin Kouy-tcheou (Kweiyang) CHINE
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    CHAFFANJON Jean, Rollin
    Kouy-tcheou (Kweiyang)
    CHINE

    [1429]. Jean, Rollin CHAFFANJON naquit le 21 juillet 1856, à Cleppé, petite paroisse du Forez, alors diocèse de Lyon, département de la Loire. Né dans une famille de gros fermiers, il était le benjamin de onze enfants dont deux devinrent prêtres et un troisième Frère des Ecoles Chrétiennes. Ses études primaires achevées, il parcourut le cycle secondaire au petit séminaire de Saint-Jodard où , appliqué à l'étude, mais peu bruyant en récréation, il occupa les premières places.Il se dirigea ensuite vers le grand séminaire de Lyon où il fit ses études de philosophie.

    Le 14 septembre 1876, il entra laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 22 septembre 1877, minoré le 16 mars 1878, sous-diacre le 21 septembre 1878, diacre le 8 mars 1879, ordonné prêtre le 20 septembre 1879, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Kouy-tcheou (Kouy-yang/Kweiyang) qu'il partit rejoindre le 29 octobre 1879, avec son ami lyonnais M.Jean-Benoit Terrat, envoyé à la même mission.

    Après un mois de séjour à Kouy-yang, en compagnie des confrères réunis pour la retraite annuelle, Mgr. Lions l'envoya au nord de la mission, à Tong-tse, pour étudier la langue, et aider son curé dans la surveillance d'un double orphelinat, et l'administration de cette importante chrétienté. Doué d'une oreille très juste, apprendre la langue lui fut facile, mais vaincre sa timidité lui fut plus éprouvant. Il resta presque deux ans à Tong-tse.

    En 1882, donné comme aide à M.François Chasseur, qui, quelques temps après, partit pour Kouy-yang, M. Chaffanjon fixa sa résidence à Mey-tan. Survint la persécution de 1884. Peu au courant de la mentalité chinoise, acceptant comme vraies les mauvaises nouvelles colportées, il ne demanda pas protection au mandarin local, mais il partit à la campagne, d'abord dans une famille chrétienne, puis dans une famille non chrétienne, enfin, dénué de tout, dans une chrétienté éloignée. Avec lui, les chrétiens se réfugièrent pendant quelques mois, dans une sorte de \camp" d'accès difficile où il passa quelques mois très pénibles.

    En 1885, un calme relatif revint. M.Chaffanjon se rendit alors à Kouy-yang où pendant quelques mois, il se remit à l'étude de la langue chinoise, puis fut spécialement chargé du petit séminaire sis à Lou-tchong-kouan, où, en raison de la persécution, le nombre des élèves restait minime. Doué pour le professorat, poète à ses heures, aimé plus que craint, ce nouveau supérieur voulut mettre ses élèves à la hauteur des bacheliers chinois. Il vit leur nombre augmenter, et sût les interesser à la botanique, aux coléoptères, aux papillons, aux fougères. Un ficus porte son nom: "Ficus Caffonjoni Lèvl et Vant",pétioles velus. Il rendit plus fonctionnels les bâtiments du séminaire auquel il ajouta une aile. Ce fut quinze ans de travail assidu; douze de ses élèves furent ordonnés prêtres.

    En 1900, M. Chaffanjon fut chargé d'organiser un cours de langue française dans une dépendance de l'Evêché. Le maitre fut apprécié et aimé; les élèves vinrent nombreux, plusieurs reçurent les félicitations du jury à l'examen du baccalauréat. Mais , la connaissance du français n'ouvrant que peu de débouchés, faute d'un nombre suffisant de candidats, l'école ferma ses portes en 1904.

    En 1904, M.Chaffanjon nommé à la paroisse St.Louis du Nan-tang, à Kouy-yang, eût en charge de cinq à six cents chrétiens, et deux orphelinats. C'est là qu'il fêta ses vingt-cinq ans de sacerdoce. Vers 1907, il demanda à être déchargé de ce poste, et il partit à Kay-tcheou, où le 18 février 1862, le Bx Jean-Pierre Néel et ses compagnons avaient subi le martyre. Dans ce district en formation, à deux grandes étapes au nord de Kouy-yang, M.Chaffanjon trouva environ deux cents chrétiens dispersés. Il en doubla le nombre durant son séjour de sept ans; à Kay-tcheou; il bâtit une chapelle dédiée à N.D. des Sept Douleurs,.il ouvrit une école dont l'effectif en 1911 atteignait vingt élèves; cette même année, il créa une station missionnaire à Keou-tchang-Pa, et il dit sa joie car le village de Cha-mou-pin était entièrement chrétien.

    La guerre de 1914 et la mobilisation le ramenèrent à Kouy-yang à la direction du petit séminaire. Six mois après, il releva l'école des catéchistes fermée au début de la guerre et il pût fournir quelques instituteurs aux districts de la Mission.

    Après quelques années, malade, il se retira à la paroisse St. Louis de Lan-tang où il aida le curé pendant un an ou deux. Passionné de lectures et de fleurs, il voulait que son jardin soit le plus beau de la mission. Une fleur nouvelle qui venait d'éclore lui procurait une telle joie qu'il la faisait partager à ses visiteurs.

    A la fin de juin 1926, sentant ses forces le quitter, il reçut le sacrement des malades; au matin du 7 juillet 1926, à 4h.30, il s'endormit dans le Seigneur, à St. Louis de Lan-tang, à Kouy-yang.


    Références biographiques

    AME 1910 p. 110. 1926-27 p. 199. CR 1879 p. 75. 1882 p. 120. 1884 p. 64. 1888 p. 102. 1890 p. 90. 1892 p. 132. 1897 p. 281. 1901 p. 319. 1906 p. 115. 1910 p. 121. 1911 p. 104. 1912 p. 155. 156. 1915 p. 77. 1916 p. 89. 1917 p. 63. 1922 p. 66. 1926 p. 231. 1927 p. 234. 235. 238. BME 1923 p. 443. 1924 p. 498. 1926 p. 570. 1929 p. 351. 355. MC 1914 p. 111. EC1 N° 113.


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    • Numéro : 1429
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