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Jean Edouard CALMON

CALMON Jean (1906 - 1981) [3489] CALMON Jean, Edouard, naquit à Cuzoul, dans la commune de Gramat (Lot), le 25 août 1906. Ses parents cultivateurs eurent trois fils, un aîné Frédéric, puis deux jumeaux dont Jean-Edouard. C'était une famille modeste qui vivait une vie chrétienne simple et profonde. Jean, avec son frère jumeau, fit ses études chez les Frères. Puis, à l'âge de 14 ans, il entra au Petit Séminaire de Gourdon pour y faire ses études secondaires de 1920 à 1926. Ensuite, il entra au Grand Séminaire de Cahors.
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    CALMON

    Jean

    (1906 - 1981)

    [3489] CALMON Jean, Edouard, naquit à Cuzoul, dans la commune de Gramat (Lot), le 25 août 1906. Ses parents cultivateurs eurent trois fils, un aîné Frédéric, puis deux jumeaux dont Jean-Edouard. C'était une famille modeste qui vivait une vie chrétienne simple et profonde. Jean, avec son frère jumeau, fit ses études chez les Frères. Puis, à l'âge de 14 ans, il entra au Petit Séminaire de Gourdon pour y faire ses études secondaires de 1920 à 1926. Ensuite, il entra au Grand Séminaire de Cahors.

    En 1927, il accomplit son service militaire et à la fin de celui-ci, il adressa une demande d'entrée aux Missions Etrangères. Admis le 3 novembre 1928, il entra au Séminaire de Bièvres le 16 du même mois. Il était un brave séminariste ni plus, ni moins. Mais l'avenir nous apprendra que Jean-Edouard Calmon fut un grand homme, un apôtre, l'apôtre des carians en quelque sorte.

    Ordonné prêtre le 2 juillet 1933, il reçut sa destination pour la Mission de Rangoon, en Birmanie méridionale. Il y arriva en octobre 1933.

    Il commença par étudier l'anglais, langue nécessaire pour tous les missionnaires. Puis pour l'étude du birman, ce fut Moulmein, Bassein. De Bassein, au mois de décembre 1934, une lettre de Mgr. Provost le nommait comme vicaire du Père Loiseau à Papun, chez les Carians de la montagne.

    Papun était un poste important de mission fondé par le Père Loiseau lui-même en 1922-1923. Lorsque le Père Calmon y arriva, le 19 mai 1935, le district comptait 60.000 âmes au moins, dont environ 3.000 chrétiens. Ils vivaient disséminés dans la montagne. Le premier souci du Père Calmon fut d'apprendre la langue parlée par les Carians Sgaw. Une langue difficile avec six tons. Un jeune carian lui servit de maître de langue.

    En 1936, le Père Loiseau dut rentré en France, vu sa fatigue et le Père Calmon demeura donc seul à Papun. Il approfondit peu à peu la langue et fut à même d'entreprendre une traduction des Evangiles en carian. Il visite beaucoup les villages.

    Hélas, la guerre allait survenir et anéantir tous ses efforts. Jusqu'en 1941, rien de nouveau, les troupes anglaises se retirèrent. Tout se passa à peu près bien jusqu'en février 1943. Vers cette époque, les Japonais pénétrèrent dans la région. Ils voulaient se saisir des Européens et des missionnaires. Cette fois, le Père Calmon put éviter le pire.

    Le 14 février 1943 les Japonais pillèrent la mission de Papun et réitérèrent leurs menaces contre le Père. Le Père décida alors de se livrer pour éviter un plus grand mal. Le 17 mars 1943, il arrive à Papun et se rend chez les Japonais. Alors commence le long calvaire du Père Calmon. Il en a fait le récit dans une brochure intitulée :\Au pays des Carians", publiée en 1958.

    Il serait trop long de raconter la suite, mais disons ceci : à la Mission de Rangoon, on avait perdu toute trace du Père Calmon. Nous sommes donc en 1943, et tout le monde considérait le Père comme mort. La nouvelle en fut donnée à Paris comme une quasi certitude. Plusieurs Messes furent célébrées pour le repos de son âme.

    Nous arrivons à la libération en 1945, le Père arrive à Rangoon le 10 septembre. Il est vivant et libre. Une fois rétabli, fin 1945 ou début 1946, il reprend le chemin de Papun. Tout est à refaire. Grâce au Père, la Mission de Papun reprend son rythme de croisière. La vie reprend chez les Carians, une preuve : le nombre des vocations augmente.

    Hélas, en 1949, c'est de nouveau la guerre, la guerre civile entre Birmans et Carians. Le Père Loiseau meurt le 19 mai 1950 ; le Père Calmon est définitivement seul. Le 19 décembre 1953, la Mission est détruite par l'aviation birmane. Un événement heureux est cependant à signaler : en avril 1953, le Père Calmon reçoit la visite du Père Séguinotte de Péres de bétharram venant de Thaïlande.

    Après les bombardements de la Mission, le Père se remet une fois de plus à l'oeuvre. Mais tous ces efforts et tous ces tracas avaient altéré sérieusement la santé du Père. Il prend donc un congé, nous sommes alors en 1958. Arrivé le 24 mars 1958 en France, il ne tarda pas à gagner Gramat où il fut reçu en triomphe, lui "le mort de 1943". Après six mois de congé, il repart pour la Birmanie et regagne Papun où il se remet avec ardeur au travail.

    Ainsi commence la troisième étape missionnaire du Père Calmon (1958-1970). Il s'efforce d'assurer une formation humaine et chrétienne à ces jeunes carians. Il ouvre des écoles.

    Mais en 1968, le Père Calmon est frappé d'hémiplégie : grande épreuve pour lui si actif. Mais un jour, l'évêque et le docteur lui demandèrent un dernier sacrifice, celui de quitter Papun pour rentrer en France.

    Il y arrive en 1970, et dès le 6 novembre de cette année, il gagna Gramat son pays natal. Pris généreusement en charge par le diocèse de Cahors, il se retira au Foyer Pierre-Bonhomme à Gramat où les religieuses et le personnel soignant veillèrent sur lui avec dévouement. Son frère jumeau, Louis, veillait aussi sur lui avec grande attention. C'est dans cette maison que le Seigneur le rappela à lui le matin du 4 octobre 1981. On le trouva mort, agenouillé au pied de son lit. Ainsi s'achevait une vie missionnaire bien remplie.

    Tout ce qui vient d'être dit ne résume qu'une infime partie de la vie missionnaire du Père Calmon. Ce fut un homme rude dans son aspect, rude dans son genre de vie. Un message du compte-rendu de la Mission de Rangoon le dépeint très bien :"Exigeant pour ses collaborateurs, le Père Calmon commande beaucoup, mais comme il paie de sa personne, il entraîne tout le monde dans son sillage."

    Le Père Calmon repose dans le cimetière de Gramat.





    Références biographiques
    AME 1933 p. 200. photo p. 237. CR 1933 p. 255. 1937 p. 190. 1938 p. 193. 1939 p. 175. 1947 p. 93. 1948 p. 119. 1949 p. 125. 1950 p. 107. 1951 p. 92. 1952 p. 71. 1954 p. 73. 1956 p. 65. 1957 p. 72. 1958 p. 68. 69. 1960 p. 73. 1961 p. 76. 1962 p. 91. 1963 p. 96. 1964 p. 63. 1965 p. 127. 1967 p. 111. 112. 1974-76 p. 252. 1982 p. 190. BME 1929 p. 64. 1933 p. 724. 959. 1934 p. 139. 1935 p. 525. 677. 1939 photo p. 48. 1941 p. 773. 1948 p. 120. 1949 p. 316. 317. 1952 p. 42. 1953 p. 712. 1954 p. 366. 694. 804. 1039. 1955 p. 259. 364. 555. 789. 1091. 1956 p. 374. 790. photo p. 346. 1957 p. 768. 886. 1958 p. 80. 280. 473. 556. 1959 p. 97. 458. 741. 875. 876. 1960 p. 1022. 1961 p. 388. 686. 871. 943. EPI 1964 p. 550. EC1 N° 164. 270. 275. 435. 442. 633. 638. 640. 651. NS. 2P57. 4P120. 8P247. 15P27. 17P92. 19P156. 20P183. 28P89. 36/C2 p. 300. 45P271. 274. 89P274. 109P216. MDA 1958 p. 144. 176. 1960 p. 183. EC2 N° 45P249. 46P147 sq.

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    • Numéro : 3489
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