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Joseph François CADARS

CADARS Joseph (1878-1950) [2994] CADARS Joseph, François, est né le 27 septembre 1878 à Lédas, canton de Valence, diocèse d'Albi (Tarn), fils de François Cadars et de Julie Boutonnet. Ordonné prêtre dans son diocèse le 14 juin 1906, l'abbé Cadars entre au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 17 septembre 1907, est destiné au vicariat apostolique de Corée, part de Paris le 18 novembre 1908 et arrive à Séoul le 31 janvier 1909.
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    CADARS Joseph

    (1878-1950)


    [2994] CADARS Joseph, François, est né le 27 septembre 1878 à Lédas, canton de Valence, diocèse d'Albi (Tarn), fils de François Cadars et de Julie Boutonnet.

    Ordonné prêtre dans son diocèse le 14 juin 1906, l'abbé Cadars entre au Séminaire des Missions Étrangères de Paris le 17 septembre 1907, est destiné au vicariat apostolique de Corée, part de Paris le 18 novembre 1908 et arrive à Séoul le 31 janvier 1909.

    Au bout de quelques mois à peine d'étude de la langue, le Père Cadars est envoyé dans la province du Chon-la méridional comme premier missionnaire domicilié au village de Kyé-ryang, dans le canton de No-an, de l'arrondissement de Na-ju. Depuis la ville portuaire de Mok-po, les Pères Derreux et Tourneux ont déjà visité les chrétientés de cette région à plusieurs reprises, le Père Tourneux y a même acquis un terrain et construit une chapelle en forme de croix, qui mesure 130m2, mais qui n'est qu'une chaumière. La \communauté paroissiale" de Kyé-ryang, que d'autres appellent Yang-chon, est avec ses quelques chrétientés disséminées sur quatre ou cinq arrondissements, une sorte d'archipel d'îlots chrétiens perdus dans tout un océan de païens. En dehors de No-an-Kyé-ryang, la province n'a qu'un autre poste missionnaire, celui de Mok-po, dont le Père Tourneux est devenu le titulaire quand il a succédé au Père Deshayes en 1909.

    En 1911, cette région méridionale de la Corée est rattachée au nouveau vicariat apostolique de Taegu. Le Père Cadars multiplie ses efforts et réussit à orienter quatre villages vers la religion; en 1912, Mgr. Demange peut y baptiser 10 adultes bien préparés.

    Mobilisé pour la guerre de 1914, le Père Cadars est affecté à Saïgon, où il devient lieutenant dans un bataillon de tirailleurs tonkinois; il passe ensuite à Nam-dinh, puis à Tien-tsin en Chine. En même temps, et cela durera jusqu'en 1925, il devient un fidèle et abondant correspondant des "Missions Catholiques", écrivant surtout des articles sur la Corée telle qu'il la connaît. À la fin de la guerre, il rentre en Corée et retrouve son poste de Kyé-ryang-No-an, dont le Père Taquet, successeur du Père Tourneux à Mok-po, s'est occupé entre temps.

    De 1920 à 1922, le Père Cadars est dans le nord-ouest du vicariat, à Toi-jai, dans le canton de Hwa-san, de l'arrondissement de Wan-ju, où il succède au Père Louis Lucas. D'un pays de plaine, il passe à un pays montagneux, d'un district de chrétiens de date récente à un district de "vieux chrétiens". Bien que réellement fervents, ceux-ci manquent de sens missionnaire, se plaint le Père Cadars.

    En 1922, celui-ci échange de poste avec le Père Parthenay : le Père Cadars va à Na-pa-oui et le Père Parthenay à Toi-jai. Le Père Cadars quitte ainsi la montagne pour retrouver la plaine, comme autrefois à Kyé-ryang. Mais il a encore affaire à des "vieux chrétiens" et estime que sa paroisse est "un district de dormeurs" où il n'y a "pas de zèle".

    Au printemps de 1929, le Père Cadars est nommé à Wae-gwan, à une vingtaine de kilomètres au nord de Taegu. Il est le premier curé titulaire de cette grosse bourgade où, l'année précédente, le Père Tourneux a construit une grande église en vue de la création d'une paroisse. À la Noël de 1929, il a la joie de célébrer 45 baptêmes d'adultes, puis 93 autres en 1930, et les nombreux catéchumènes autorisent de grands espoirs.

    Après avoir célébré ses noces d'argent avec à peine un peu d'avance en 1930, le Père Cadars rentre en France pour s'y refaire de nouvelles forces, puis il retourne en Corée au début de 1931. Tandis que le Père Richard lui succède à Wae-gwan, le Père Cadars est nommé à Kyong-ju, l'ancienne capitale du royaume Sin-La qui a unifié la péninsule coréenne au VIIè siècle, et l'un des centres du bouddhisme coréen. La paroisse de cette ville, située à une soixantaine de kilomètres à l'est de Taegu, existe depuis cinq ans. Le Père Cadars y construit une résidence convenable, remplace la chapelle en bois par une véritable église en style gothique après avoir réussi à agrandir le terrain de la paroisse. Malgré la grande influence du bouddhisme dans cette région, le Père Cadars peut donner de 20 à 30 baptêmes d'adultes par an. En avril 1945, il est interné à Taegu avec la plupart des missionnaires du vicariat par la police japonaise, mais il retrouve sa liberté quand le Japon capitule en août de la même année.

    En 1948(?) les missionnaires des vicariats de Taegu et de Séoul se regroupent dans la nouvelle mission de Tae-jon. Le Père Cadars reste à Taegu, où il subit une opération de la cataracte, dont le succès n'est que partiel. En 1949, il se rend à Tae-jon où, en raison de sa mauvaise vue, il n'occupe pas de fonction précise jusqu'au jour où il devient "gardien" du couvent des Franciscains canadiens "pour le temps où leur supérieur est absent". Les troupes nord-coréennes qui ont envahi la Corée du Sud le 25 juin 1950 sont aux portes de Tae-jon le 14 juillet, mais le Père Cadars refuse de se réfugier dans le sud du pays. Le 21 juillet, les communistes arrêtent le Père Cadars au Couvent et le conduisent à la prison de Tae-jon. Le 19 août, le Père Cadars s'enfuit de la prison, retourne au couvent dont il est le "gardien" et célèbre la messe. Il est vite repris et reconduit à la prison. Le 20 août, en pleine nuit, il est conduit à Séoul en compagnie d'autres détenus et enfermé à la prison de Séoul. Là les détenus sont fort nombreux et doivent coucher à même le sol en ciment, mais le Père Cadars y jouit d'une faveur et a droit à une planche étroite. La nourriture y est infecte et dérisoirement insuffisante, si bien que les forces des détenus s'affaiblissent rapidement. De là, il est conduit à Pyong-yang, la capitale de la Corée du Nord, puis à Man-po, au bord du fleuve Yalou où, le 18 septembre2 il retrouve cinq de ses confrères MEP et d'autres détenus civils, missionnaires, diplomates, commerçants, etc., et des "prisonniers de guerre". À partir d'octobre, les détenus changent plusieurs fois de "campement" pour des raisons bien obscures, pour se retrouver une fois de plus à Man-po même à la fin du mois. Commence alors ce que les prisonniers vont appeler la "marche vers la mort", tant les victimes seront nombreuses, dans le froid, par une route de montagne couverte de neige, puis par une route en corniche le long du fleuve Yalou, jusqu'à Choung-kang-jin, couvrant environ 180 km en une dizaine de jours alors que tous sont affamés, épuisés et malades, et que le froid est insupportable. Une semaine après leur arrivée à Choung-kang-jin, les rescapés sont menés à Ha-jang-ri, à 8 km à l'est. C'est là que décède le Père Cadars qui a souffert d'une dysenterie dès le début de son internement, et d'une gangrène qu'il a contractée vers le 4 novembre durant la "marche à la mort", en se faisant une profonde entaille à la main au cours d'une chute sur des débris de verre. La plaie n'a jamais été soignée convenablement. Le 17 décembre 1950 au soir, le Père Cadars avait pris part à la conversation avec son entrain habituel. Puis il s'est endormi, et est mort durant son sommeil. Il est inhumé à Ha-jang-ri, petit hameau à 8 km à l'est de Choung-kang-jin.



    Références biographiques

    Notice Cesselin, "Ma captivité en Corée du Nord" par le Père Coyos, et des informations recueillies en Corée.
    Références bibliographiques

    AME 1909 p. 53. 320. 1911 p. 213. 1913 p. 315. 1924 p. 168. 1925 p. 49. 117. 159. 1926-27 p. 41. 119. 1935 p. 154. CR 1908 p. 287. 1909 p. 46. 1911 p. 41. 1912 p. 60. 1917 p. 229. 1919 p. 25. 26. 1920 p. 18. 1922 p. 32. 33. 1923 p. 36. 1924 p. 28. 30. 1925 p. 33. 34. 1926 p. 27. 1928 p. 28. 1929 p. 46. 1930 p. 44. 1932 p. 49. 53. 1933 p. 35. 36. 1934 p. 37. 1935 p. 29. 1936 p. 30. 1937 p. 26. 1938 p. 16. 17. 1948 p. 11. 1950 p. 15. 1953 p. 17. 80. BME 1925 p. 521 (art). 538. 1927 p. 111. 1930 p. 169. 430. 481. 1931 p. 316. 929. 1932 p. 36. 1934 p. 42. 263. 408. 1936 p. 807. 1937 p. 419. 1938 p. 830. 1939 p. 37. 713. 784. 1940 p. 117. 118. 179. 1949 p. 106. 108. 369. 400. 401. 422. 727. 765. 1950 p. 61. 329. 554. 672. 682. 722. 723. 752. 1951 p. 70. 157. 358. 754. 1953 p. 409. 471. 472. 702. 774. 775. 1955 p. 583. 1959 p. 727. MDA 1950 p. 190. 1951 p. 30. MC 1914 p. 380. 394. 405. 425. 530. 913. EC1 N° 214. 220. 230. 231. 486. 487. 489. 538.


    1 c'est bien ce que disent les sources MEP de Corée. Mais la notice Cesselin (?), le "Martyrologe du XXè siècle" et la liste des MEP de Corée décédés depuis 1914 fournie par le P. Moussay en mai 1996, indiquent la date du 14 juin 1906.
    2 la date du "25 novembre (1950)" dont parle la notice Cesselin n°1200 est une erreur. D'une part, les forces communistes ont battu en retraite de Tae-jon le 27 septembre 1950, d'autre part, le Père Cadars était très au nord de la Corée du Nord le 18 septembre 1950.

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    • Numéro : 2994
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