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Petrus BUTTIN (1882-1950)

[ 3057 ] BUTTIN Petrus Missionnaire Tonkin Occidental (Hanoï) ========== Petrus BUTTIN naquit le 31 octobre 1882, à Albens, département de la Savoie, diocèse de Chambéry. Il fut un élève studieux à l'école de sa ville natale et ensuite au petit séminaire de Chambéry.
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    Petrus BUTTIN naquit le 31 octobre 1882, à Albens, département de la Savoie, diocèse de Chambéry. Il fut un élève studieux  à l'école de sa ville natale et ensuite au petit séminaire de Chambéry.

     

    Le 12 septembre 1901, il entra laïque au séminaire des Missions Etrangères. Tonsuré le 27 septembre 1902, minoré le 27 septembre 1903, il retourna dans sa famille, où il resta plus de deux ans, hésitant à s'engager dans les ordres sacrés, en raison de son tempérament un peu scrupuleux et de sa santé délicate. Il revint au séminaire où il fut ordonné sous-diacre le 26 septembre 1909, diacre le 18 décembre 1909, et prêtre le 12 mars 1910. Il reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique du Tonkin Occidental (Hanoï) qu'il partit rejoindre le 11 mai 1910.

     

    Arrivé dans sa mission, M.Buttin fut envoyé à Ke-So, pour commencer l'étude de la langue viêtnamienne et s'initier aux us et coutumes du pays. Quelques temps après, Mgr. Gendreau le nomma à Hanoï comme vicaire de M.Lecornu, alors curé de la paroisse française. Mobilisé en 1915 et affecté comme infirmier à l'hôpital militaire de Hanoï, il partit en France en 1917, où il servit jusqu'à la fin des hostilités comme infirmier, au camp de Fréjus.

     

    De retour à Hanoï, en 1919, M.Buttin devint professeur au petit séminaire de Hoang-Nguyên, tâche qu'il aima beaucoup. Esprit très ouvert, travailleur acharné, il fit beaucoup progresser ses élèves, en latin principalement.

     

    En 1925, il fut nommé professeur de morale au Grand Séminaire en remplacement de Mgr.Chaize devenu coadjuteur. Il sut donner à ses élèves un enseignement pratique, clair et précis. En 1927, il seconda M.Villebonnet en assurant des cours au Probatorium préparatoire à l'entrée au petit séminaire.

     

    En 1937, les prêtres de St. Sulpice ouvrirent à Hanoï un grand séminaire régional. Le corps professoral de Ke-So devint libre. Mgr. Chaize demanda à M.Buttin de prendre la direction du petit séminaire. Après quelques hésitations, il accepta cette charge par dévouement, aidé de MM. Vignaud, Garra et de plusieurs prêtres viêtnamiens. Assez souvent fatigué, toujours préoccupé, assisté de professeurs parfois défaillants, il lui faudra, en diverses circonstances, de 1937 à 1945, mener de front le travail de supérieur, d'économe, de professeur. Cependant, il releva le niveau des études et outre l'affection de ses élèves, il sut gagner la confiance de tous. En mai 1939, il fut élu délégué titulaire à la prochaine assemblée générale de la Société prévue pour 1940.

     

    Arriva le coup de force japonais du 9 mars 1945. Durant les semaines qui suivirent, M.Buttin s'attendit au pire. Ces angoisses contribuèrent à ruiner sa santé fragile. L'année scolaire se termina tant bien que mal. Resté au séminaire pendant les vacances, il y vécut la "révolution viêtminh". Dans ce contexte où tout travail sérieux était devenu impossible, en octobre 1945, il donna sa démission de supérieur du petit séminaire. Sans proférer la moindre plainte, il s'effaça devant son successeur viêtnamien. Retiré dans un appartement de fortune, objet des sarcasmes de certains élèves, il vécut ainsi pendant un mois n'osant adresser la parole à personne. Dans le courant du mois de novembre 1945, MM.Buttin et Garra réussirent à rejoindre la communauté de Hanoï.

     

    Pendant plus de 30 ans, M. Buttin nota jour par jour, et dans les moindres détails, tous les menus faits de sa vie. Nombreux étaient ses carnets de notes. Mais au mois de mars 1945, impresionné par la propagande qui accompagna le coup de force japonais, et craignant de compromettre son entourage, il détruisit toutes ses notes.

     

    M.Buttin utilisa ce temps de demi-captivité à étudier l'histoire. Mais toutes ces rudes épreuves avaient altéré sa santé. Une attaque d'apoplexie lui rendit difficile l'usage de la parole. Les dernières années de sa vie furent marquées par la souffrances: scrupules, conscience de son incapacité à rendre service, tension artérielle, paralysie progressive du tube digestif.

     

    Le 3 mai 1950, dans la soirée, très fatigué, il fut transporté à la clinique St. Paul. Le 6 mai 1950 au matin, à l'heure de la messe, il rendit son âme à Dieu.

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1910 p. 220 (art).

    CR 1910 p. 300. 1920 p. 46. 1927 p. 91. 1928 p. 98. 1934 p. 123. 1937 p. 118. 1950 p. 65. 170.

    BME 1926 p. 448. 1934 p. 346. 1936 p. 524. 1937 p. 596. 1939 p. 425. 568. 1941 p. 268. 481. photo p. 253. 1948 p. 56. 1949 p. 599. 780. photo p. 440. 1950 p. 404. 450. 451.

    EC1 N° 482.

     

     

     

    • Numéro : 3057
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1910