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Eugène BURGER (1900-1982)

BURGER Eugène (1900-1982)
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    [3379]  BURGER Eugène est né le 29 décembre 1900 à Breitenbach, diocèse de Strasbourg (Bas-Rhin). Après ses études primaires (en allemand) à l'école communale, il se mit au travail, à l'ancien hôpital Rue des Clés à Colmar de 1915 à 1919. On était en pleine guerre, et l'Alsace était sous le régime allemand. Il voulait être prêtre et missionnaire. Il fut admis comme "postulant" aux Missions Étrangères, et fut envoyé à l'École apostolique de Saint Lô. En août 1921, il entra à Bièvres, et dut faire son service militaire à Dijon, pendant deux ans. En septembre 1923, il revint à Bièvres où il resta 3 ans, pour ses études de philosophie. Puis, il vint faire à la rue du Bac, à Paris, ses études de théologie. Il fut ordonné prêtre le 23 février 1929. Destiné à la mission du Yunnan, il quitta la France le 8 septembre suivant pour gagner sa mission de Suifu, par Haiphong et Hanoi.

     

    Il arriva à Kunming le 31 octobre 1929, et se mit aussitôt à l'étude du chinois. Au début de 1930, il fut envoyé dans le Bas-Yunnan, au sud de la mission. Il fut le socius du Père Noël Hamon, curé du poste de Tchen-fong-chan. En 1932, quand le Père Hamon quitta ce poste pour Kunming, le Père Burger prit la charge de 3 districts : Long-ki, Tchen-fong-chan et Fou-kwang-tsen.

     

    Au début du mois de mars 1934, le Père Burger fut nommé curé de Y-Lean. En plus de son travail pastoral, on le chargea de la construction du probatorium, école préparatoire au Petit Séminaire. Le travail achevé, il fut rappelé à Kunming comme curé de la cathédrale Ste Thérèse, où il s'installa le 16 juillet. Les autorités ecclésiastiques décidèrent de construire un nouvel évêché près de la gare. Le Père Burger fut de nouveau chargé de cette nouvelle construction. En huit mois, il mena à bien cette construction, et le bâtiment fut béni en septembre 1935.

     

    Après un court congé, il se remit à construire. Les Soeurs Franciscaines de Marie avaient accepté de faire une fondation à Kunming. Le Père Burger leur construisit un couvent. Puis, comme le vicaire apostolique désirait un Carmel, le Père Burger fut sollicité pour la construction, d'après un plan bien précis, agréé par les Carmélites de Phnom-Penh. En quelques mois, le travail fut terminé. Les religieuses s'installèrent le 22 novembre 1939. Le Père Burger se retira alors à l'évêché, en attendant de prendre son congé en France.

     

    Après 6 mois de congé dans son Alsace natale, il revint à Kunming, le 9 décembre 1939. Au début de janvier 1940, il fut nommé curé de Machang, dans le nord-ouest de la mission, où il restera jusqu'à son expulsion de Chine en 1952.

     

    En compagnie du Père Belmont, il arriva à Machang le 25 février 1940, après un voyage d'une douzaine d'étapes, à cheval, car il n'y a aucune route carrossable dans cette direction. En 1947, le Père Burger reçut l'aide du Père Le Du. Il envisagea de laisser le Père Le Du à Machang, et d'aller relever le poste de Hua-Pin, à 35 km de Machang. Cette ville avait été détruite dans la persécution de 1884-1885. Le Père Burger décida de construire une nouvelle église et une nouvelle résidence pour le prêtre. Il refit aussi la résidence de Lo-Hé, où se trouvaient quelques familles chrétiennes, à 15 km de Hua-Pin.

     

    Le Père Burger dut s'opposer aux autorités locales qui confisquèrent les biens d'un certain nombre de chrétiens. Il partit pour Kunming contacter les autorités provinciales, et put alors obtenir redressement des injustices causées aux chrétiens.

     

    Les communistes de Mao Tse Toung accentuèrent leur avance, mais se heurtèrent aux troupes gouvernementales. Le Père Burger soigna de son mieux les blessés et les malades. Enfin, le 10 décembre 1949, le chef de la province du Yunnan se rallia officiellement aux communistes. Dans le nord-ouest, les troupes communistes venant de Li-Kiang arrivèrent à Hua-Pin en mars 1950. Elles envahirent l'église, pillèrent les médicaments du Père Burger, qui fut gardé à vue. Les deux ans et demi passés sous le régime de Mao furent pour le Père Burger une période d'épreuves, de vexations et de souffrances. Son église fut fermée et transformée en hôpital. Il fut traîné en "jugement populaire" et ensuite incarcéré avec les prisonniers de droit commun.

     

    Les années 1951-52 furent des années terribles, avec une atmosphère de terreur établie par les marxistes des campagnes chinoises, avec des chrétiens, emprisonnés, torturés, mis à mort. Les "jugements populaires" étaient tenus, à Hua-Pin, devant la grotte de N.D. de Lourdes, édifiée par le Père Burger. Des soldats, mitraillettes au poing, arrivèrent et enjoignirent au Père Burger de les accompagner jusqu'à Kunming. C'est le 7 janvier 1952 que commença le long voyage. Après 7 jours de marche à pied à travers les montagnes, ils passèrent par Li-Kiang aux portes du Tibet, puis se rendirent à Kunming et Chungking. De là, ils parvinrent à Wuhan, puis Canton, et finalement le 12 mars 1952, ils passèrent de la Chine au territoire de Hongkong. Le Père Burger souffrit beaucoup durant cette marche forcée. Il prit quelques semaines de repos, et s'embarqua sur le "André Lebon" et arriva en France le 22 avril 1952.

     

    Il subit une intervention chirurgicale, pour remettre sa jambe, qui s'était cassée durant la longue marche à pied. Puis, on lui offrit le poste d'aumônier d'hôpital à St Dié. Il remplit sa charge d'aumônier avec beaucoup de zèle et de régularité. Comme il approchait de 80 ans, il donna sa démission en fin d'année 1977. Il se retira alors à la Maison de retraite St Pierre Fourier à St Dié, et c'est là qu'il vécut ses dernières années dans le calme et la prière. Il mourut le 2 juin d'une crise cardiaque, à l'hôpital St Charles. Ses obsèques eurent lieu dans la petite église N.D. de Galilée, près de la cathédrale, et le Père Le Du fit l'homélie. Selon sa volonté, son corps fut transporté à Beitenbach, sa paroisse natale où il repose dans le caveau de famille. Il fut l'un des missionnaires héroïques, victimes de la persécution marxiste, emprisonnés, torturés et finalement expulsés de Chine, cette Chine qu'ils aimaient tant !

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1929 p. 73. 187. photo p. 186. 1935 p. 86.

    CR 1929 p. 235. 1930 p. 98. 1931 p. 104. 1932 p. 108. 1935 p. 76. 1936 p. 76. 1937 p. 78. 1948 p. 42. 1950 p. 43.

    BME 1929 p. 575. 748. 1930 p. 306. 371. 438. photo p. 48. 1933 p. 858. 1934 p. 130. 342. 495. 568. 569. 640. 786. 865. photo p. 357. 1935 p. 350. 660. 801. 1936 p. 123. 518. 660. 740. 1937 p. 353. 1939 p. 47. 1940 p. 48. 120. 138. 200. 269. 341. 472. 1948 p. 175. 347. 352. 358. 1949 p. 111. 518. 639. 704. 775. 1950 p. 390. 741. 1951 p. 51. 310. 252. 510. 1952 p. 191. 275. 276. 425. photo p. 274.

    ECM 1947 p. 188.

    MDA 1949 p. 12. 1950 p. 190.

    La Croix du 27 mars 1952.

    EC1 N°  88. 179. 182. 395. 411. 513. 515. 518. NS. 35P267 - 46P301 - 53P172 - 115P55. 59. A82/53ss.

     

    • Numéro : 3379
    • Pays : Chine
    • Année : 1929