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Jean BRUYÈRE (1852-1912)

[1309]. BRUYÈRE, Jean, naquit le 1er juin 1852 (date donnée par son acte de naissance et par son acte de baptême), à Bloye (Haute-Savoie). Après avoir fait ses études classiques au petit séminaire d'Annecy, il entra laïque au Séminaire des M.-E. le 5 novembre 1873. Ordonné prêtre le 23 septembre 1876, il partit le 30 novembre suivant pour la Cochinchine orientale. Après six mois d'étude de la langue annamite dans la province du Quang-ngai, il fut envoyé à Tra-kieu, au centre de la province du Quang-nam.
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    [1309]. BRUYÈRE, Jean, naquit le 1er juin 1852 (date donnée par son acte de naissance et par son acte de baptême), à Bloye (Haute-Savoie). Après avoir fait ses études classiques au petit séminaire d’Annecy, il entra laïque au Séminaire des M.-E. le 5 novembre 1873. Ordonné prêtre le 23 septembre 1876, il partit le 30 novembre suivant pour la Cochinchine orientale. Après six mois d’étude de la langue annamite dans la province du Quang-ngai, il fut envoyé à Tra-kieu, au centre de la province du Quang-nam.Il y passa toute sa carrière apostolique, et y fut intimement mêlé aux terribles événements de 1885, lors de la conquête du Tonkin par la France. La cour d’Annam et les lettrés décidèrent alors le massacre de tous les catholiques qu’ils appelaient les Français de l’intérieur. Aussitôt que le massacre commença, les chrétiens des environs se réfugièrent à Tra-kieu, qui compta plus de 2000 habitants. Sous la direction du missionnaire, la paroisse soutint un siège de six semaines. Pendant le premier mois les païens livrèrent 21 assauts, qui tous furent victorieusement repoussés­ ; ils déclarèrent bien des fois qu’ils voyaient, debout sur le faîte de l’église, une grande Dame, et, courant au-devant de leurs bataillons et les mettant en fuite, des enfants vêtus de blanc. Les chrétiens pensèrent qu’il s’agissait d’une intervention divine en leur faveur et en remercièrent la Providence. Après de longs efforts, les assaillants, jugeant qu’ils ne pourraient vaincre, finirent par se retirer. La pacification dura de longs mois. Quand elle fut terminée, le missionnaire continua ses travaux d’évangélisation qui furent heureux, car il baptisa de très nombreux païens.

    Il apportait dans son ministère beaucoup de patience, de douceur et de piété, et avait dans son district une grande influence. Il parlait fort bien l’annamite, et l’on raconte que, dînant un jour avec de grands mandarins, il excita leur étonnement et leur admiration par la connaissance approfondie qu’il montra de leur langue. Il avait reçu, en 1887, une médaille d’argent et avait été cité à l’ordre du jour du corps d’occupation en Cochinchine, pour avoir sauvé deux soldats français sur le point de se noyer dans le Ha-moc.

    Il mourut à Saïgon le 29 avril 1912, et fut enterré au cimetière d’Adran, en attendant que, suivant le désir vivement exprimé par ses paroissiens, il aille reposer à Tra-kieu.

     

    Notes bio-bibliographiques

    C.-R., 1882, p. 68­ ; 1884, p. 105­ ; 1885, p. 90­ ; 1887, p. 147­ ; 1888, p. 128­ ; 1889, p. 141­ ; 1890, p. 126­ ; 1891, p. 158­ ; 1892, p. 181­ ; 1893, p. 192­ ; 1894, p. 210­ ; 1896, p. 201­ ; 1897, p. 169­ ; 1898, p. 166­ ; 1899, p. 189­ ; 1900, p. 159­ ; 1901, p. 157­ ; 1903, p. 179­ ; 1905, p. 153­ ; 1910, p. 176.

    — Miss. Quinhon. Mém., 1904-05, pp. 35, 41, 94, 104, 119, 128, 149­ ; 1906, p. 8­ ; 1907, pp. 45, 47­ ; 1909, p. 159­ ; 1911, p. 239­ ; 1912, pp. 41 et suiv.

    — Echo de N.-D. de la G., 1887, Sauve deux soldats, p. 391.

    • Numéro : 1309
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1876