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Cyprien BRUGIDOU (1887-1962)

[ 3147 ] BRUGIDOU Cyprien, Théophile Missionnaire Cochinchine Occidentale-Saïgon-Nhatrang -------------------------
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    [3147] Cyprien, Théophile Brugidou naquit le 04 Octobre 1887, à Cransac, diocèse de Rodez, département de l'Aveyron. Son père, entrepreneur des mines, s'installa au Gua, paroisse voisine de Cransac. La famille comptait 4 enfants; Cyprien était le second des trois garçons; les deux premiers devinrent prêtres. Après ses études primaires au Gua, il poursuivit ses études secondaires au Petit Séminaire de St. Pierre-sous-Rodez. Bien que de santé fragile, il fut un bon élève, un peu taquin et pince-sans-rire. En 1905, il entra au Grand Séminaire de Rodez, puis s'engagea dans l'armée pour un an.

    Le 03 Octobre 1906, il arriva laïque, au Séminaire des Missions Etrangères, mais il fut rappelé à l'armée de Janvier 1907 à Août 1908. Tonsuré le 20 Septembre 1908, Minoré le 26 Septembre 1909, Sous-diacre le 11 mars 1911, Diacre le 01 Avril 1911, il fut ordonné prêtre le 29 Septembre 1912, et reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de la Cochinchine Occidentale (Saïgon). En raison de sa santé délicate, on lui demanda de surseoir à son départ. M. Brugidou, en compagnie de son frère ainé, alla à l'Institut Catholique de Toulouse où il fit une licence de théologie.

    Enfin, le 14 mai 1913, il s'embarqua à Marseille. Arrivé à Saïgon, il fut envoyé à Cho-Dui, grosse paroisse de la banlieue de cette ville, puis à Cai-Mon, chrétienté modèle, pour apprendre la langue viêtnamienne et s'initier au ministère paroissial. En 1914, il fut nommé curé de Tây-Ninh.En 1915, il fut mobilisé d'abord à Saigon, comme infirmier, puis en France comme caporal brancardier. Il resta au front jusqu'à la fin de la guerre, gagna une citation à l'ordre du régiment, et la croix de guerre.

    En 1919, ce fut le second départ, sans esprit de retour. Il fut alors nommé curé de Ben-Tre, puis en 1921, curé de Thudaumot. En charette à boeuf, il visitait les chrétiens dispersés de son immense paroisse couvrant toute la province. En 1930, il fut envoyé à Phan-Thiet, important port de pêche, où vivait alors une millier de chrétiens. Il s'y montra missionnaire missionnant; chef de district soucieux de visiter ses petites chrétientés, grâce à une héroïque 5 CV Citroën, à laquelle il fit subir d'originales transformations.

    En mars 1945, calomnieusement accusé d'avoir fait des signaux lumineux à quelque sous-marin américain croisant devant son presbytère, il fut arrêté par la gendarmerie japonaise, incarcéré, mis aux fers à la prison provinciale. Enfin libéré le 14 Avril 1945, les japonais le ramènèrent à l'Evêché de Saigon.

    À la fin de 1945, M.Brugidou pût regagner Phan-Thiet, il y trouva son presbytère incendié, son église en partie détruite, et peu de sécurité dans la région. Il s'installa dans une partie de son école restée intacte. En 1953, un violent typhon ravagea la région, causant la mort de nombreuses personnes.

    En 1954, arrivèrent en masse les réfugiés tonkinois; vingt mille chrétiens du Nord Viêtnam se groupèrent dans la région en nouvelles paroisses; La ville de Phan-Thiet compta quelque quatre mille chrétiens. Il reçut alors l'aide d'un vicaire viêtnamien.

    En 1957, la province de Binh-Thuan fut intégrée au nouveau diocèse de Nhatrang. Mr. Brugidou pensa que le moment était venu de remettre en d'autres mains, la paroisse de Phan-Thiet; il demanda à son nouvel Evêque une toute petite place :celle d'aumônier de la Communauté des Soeurs de N.D. des Missions.

    En mars 1960, un accident de bicyclette le força à garder la résidence, et l'année suivante, il s'affaiblit rapidement. Désirant mourir dans sa paroisse, il déclina l'offre d'une place, à la villa Cuénot, à Nhatrang. Dans la matinée du 18 Juin 1962, il heurta un meuble en circulant dans sa chambre, ce qui provoqua une forte enflure de sa jambe. Dans la nuit du 26 au 27 Juin 1962, son ancien vicaire viêtnamien le trouva au plus mal, et lui donna les derniers sacrements. À dix heures, le 27 Juin 1962, M. Brugidou rendit le dernier soupir.

    Ses obsèques eurent lieu le 30 Juin 1962, en présence d'une vingtaine de prêtres et de quelques deux mille fidèles. M.Caillon, curé de la paroisse, célébra la messe des funérailles, M.Dozance, supérieur régional, fit la conduite au cimetière. Le convoi funèbre fit le tour du quartier catholique, avant de revenir au chevet de l'église où se fit l'inhumation.





    Références biographiques


    AME 1913 p. 216. 217. 1917-18 p. 606. 614. 643.

    CR 1913 p. 311. 1915 p. 108. 1919 p. 82. 1953 p. 55. 56. 1961 p. 52. 1962 p. 63.

    BME 1948 p. 218. 219. 1949 p. 21. 1951 p. 495. 1953 p. 48. 1954 p. 912. 1956 p. 73. 1957 p. 263. 865. 961. 1958 p. 69. 546. 1959 p. 730. 976. 977. 1960 p. 87. 361. 939. 1961 p. 232.

    EPI novembre 1962 p. 957. 804.

    R. MEP N° 124 p. 44.

    EC1 N° 719.

    • Numéro : 3147
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1913