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Benoît BREUIL (1868-1929)

[2003] BREUIL Jean, Benoit Missionnaire Se-tchoan Méridional (Sui-Fu) -------------- Jean, Benoit BREUIL naquit le 6 janvier 1868, à Sauvessanges, diocèse de Clermont-Ferrand, département du Puy-de-Dôme. Il reçut ses premières leçons de latin chez un vicaire de la paroisse de Usson-en-Forez, et il se dirigea ensuite vers le petit séminaire de Verrières où il se montra élève remuant.
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    Jean, Benoit BREUIL naquit le 6 janvier 1868, à Sauvessanges, diocèse de Clermont-Ferrand, département du Puy-de-Dôme. Il reçut ses premières leçons de latin chez un vicaire de la paroisse de Usson-en-Forez, et il se dirigea ensuite vers le petit séminaire de Verrières où il se montra élève remuant.

     

    Le 11 septembre 1888, il entra laïque, au séminaire des Missions Etrangères où pendant quatre ans il s'appliqua à acquérir science et vertus nécessaires aux missionnaires. Tonsuré le 21 septembre 1889, minoré le 28 septembre 1890, sous-diacre le 27 septembre 1891, diacre le 12 mars 1892, ordonné prêtre le 3 juillet 1892, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Se-tchoan Méridional (Sui-Fu) qu'il partit rejoindre le 31 août 1892.

     

    Arrivé à destination, le 2 janvier 1893, Mgr. Chatagnon  dès le mois de février, l'envoya, pour l'étude de la langue chinoise et sa formation missionnaire, à Che-Ly-Chan, auprès de M.Raison dont l'air grave l'intimidait. En octobre 1893, M. Breuil fut envoyé à Kia-Tin, où, tout en continuant sa formation, il aida M. Jaimes, doyen d'âge de la mission, à visiter les chrétiens de Tchou-Ken-Tan.

     

    En avril 1894, il reçut la direction du district de Jen-Cheou-Hien, pays neuf, une des plus vastes sous-préfectures de la province. Lorsqu'éclata soudain la persécution de juin 1895, suscitée par Lieou-Pin-Tchang, vice-roi du Se-Tchoan, son poste de Jen-Cheou fut complètement démoli. Le jour de la Pentecôte 1895, l'évêque et quatre missionnaires réunis dans la préfecture de Mei-Tcheou pour une cérémonie de confirmation, apprenant la nouvelle, se livrèrent au préfet de Mei-Tcheou, ancien mandarin militaire, homme droit et énergique; celui-ci mit les appartements du prétoire à la disposition de Mgr. Chatagnon et des missionnaires. Ils y restèrent captifs pendant deux mois. M.Breuil était parmi les réfugiés; il profita de sa présence au prétoire pour s'initier à la jurisprudence chinoise afin d'apprendre à y voir plus clair dans les affaires chinoises.

     

    La paix revenue, M. Breuil rentra à Jen-Cheou; avec sa science diplomatique chinoise, il vécut en excellents termes avec le mandarin local, et les notables des 75 marchés de cette vaste sous-préfecture. Il en obtint une indemnité qui lui permit de rebâtir, sur un emplacement plus vaste, résidence, écoles, et dans le futur une église. Sa renommée franchit les limites de son district. Le titre de "Ta-Jên" (grand homme) s'attacha à son nom chinois "Laô". Ayant des relations avec la haute société chinoise, il tint son rang, s'imposant une tenue extérieure irréprochable, et se conformant au cérémonial de la politesse chinoise, ce dont ses chrétiens tiraient une certaine fierté. Ainsi se développa alors une attirance vers le christianisme.

     

    Mais en 1902, sous l'influence du mouvement "Néo-Boxeur" se déclencha une nouvelle persécution. Elle toucha la sous-préfecture de Jen-Cheou où M. Breuil et son vicaire M.Garrel connurent des semaines d'angoisse. La maison où ils habitaient dans la ville ouverte de Jen-Cheou n'était un abri sûr ni pour eux ni pour les chrétiens qui s'y étaient réfugiés. L'attitude du sous-préfet local les sauva. Cependant, la station de Nien-Keou dans le district de Jen-Cheou fut durement éprouvée: oratoire et écoles furent détruits, et plusieurs chrétiens moururent en martyrs.

     

    Vers octobre 1903, au désespoir de ses ouailles, M. Breuil quitta Jen-Cheou et fut transféré à la sous-préfecture de Kiang-gan, en remontant le Fleuve Bleu. Grâce à son savoir faire, et à son zèle, il dota la ville d'une église, multiplia le nombre des chrétiens, établit des pied-à-terre dans de nombreuses stations.

     

    En janvier 1921, Mgr. Fayolle lui confia l'important district de Lou-Tcheou où il succéda à M.Louis Renault. M.Breuil construisit et aménagea des écoles, chercha des maitres et des élèves. En 1923, Lou-Tcheou possédait deux écoles primaires, l'une de garçons , l'autre de filles. En 1924, l'oratoire secondaire de Siao-Che fut pillé et brulé par des soldats sans discipline, et terreur des populations. Ces désordres politiques furent pour lui une source d'ennuis, sa résidence et ses écoles étant bondées de réfugiés.

     

    Le vendredi 25 janvier 1929, dans l'après midi, fatigué, M.Breuil arriva en chaise à porteur, à la procure de la mission pour prendre part à la retraite annuelle des missionnaires. Il suivit les exercices spirituels, mais le dimanche soir 27 janvier, se sentant très fatigué, il alla se reposer. Pris de vomissements, il se laissa transporter à l'hôpital, le lundi 28 janvier. Au matin du 29 janvier 1929, on le trouva mort dans son lit, tout inondé de sang.

     

    Ses funérailles eurent lieu le 1 février 1929, dans l'église du Si-Men (faubourg de l'ouest). M. Rochette chanta la messe , Mgr. Fayolle donna l'absoute. M.Breuil fut inhumé au cimetière qui se trouve près du petit séminaire de Ho-Ti-Keou, à cinq lieues de Sui-Fu.

     

    Références bibliographiques

    AME 1892 p. 579. 1898 p. 170. 1909 p. 36. 38. 1929 p. 81.

    CR 1892 p. 273. 1897 p. 97. 1898 p. 94. 1902 p. 109. 1903 p. 96. 1905 p. 68. 1906 p. 88. 89. 1907 p. 115. 436. 1908 p. 362. 1909 p. 357. 1911 p. 353. 1917 p. 48. 1918 p. 33. 34. 1920 p. 40. 1922 p. 47. 48. 1923 p. 59. 60. 1924 p. 43. 1925 p. 32. 1926 p. 52. 1929 p. 72. 284.

    BME 1927 p. 440. 1929 p. 234. 236. photo p. 798. 1932 p. 539.

    EC1 N°  169.

    • Numéro : 2003
    • Pays : Chine
    • Année : 1892