Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Joseph BOURGAIN (1872-1925)

[2223] BOURGAIN Joseph, Fructueux Mgr. Missionnaire Se-Tchoan Méridional (Sui-Fu) - Kien-Tchang (Ning-Yuan-Fu) Evêque d'Archelais, Vicaire Apostolique du Kien-Tchang. ----------
Add this

    Joseph, Fructueux BOURGAIN naquit le 15 avril 1872 au Portel, à trois kms au sud de Boulogne, diocèse d'Arras, départemant du Pas-de-Calais. Fils de Gabriel Bourgain et de Marguerite Leprêtre, il était le onzième et dernier enfant de la famille. Sa soeur Marie-Marguerite, cinquième enfant, devint religieuse de Saint Vincent de Paul. Joseph commença ses études classiques au Collège Ste Austreberthe de Montreuil-sur-Mer; en 1888, il entra en troisième au petit séminaire de Boulogne où il ne fut pas un modèle de sagesse, mais un boute-en-train qui n'arrivait pas à être sage, souvent invité à venir s'asseoir sur le fauteuil vert du supérieur.

     

    Le 12 septembre 1891, il entra, laïque, au séminaire des Missions Etrangères. Appelé sous les drapeaux en 1893, habile et débrouillard, tireur précis au point d'obtenir l'épinglette d'argent, il fut tantôt chef de popote, tantôt agent de liaison cycliste. Tonsuré le 1 octobre 1890, minoré le 15 octobre 1893, sous diacre le 21 septembre 1895, diacre le 29 février 1896, ordonné prêtre le 28 juin 1896, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Se-tchoan Méridional (Sui-Fu) qu'il partit rejoindre le 29 juillet 1896.

     

    Arrivé dans sa mission, M. Bourgain doué d'une excellente mémoire commença l'étude de la langue chinoise qu'il apprit comme en se jouant. En janvier 1897, il fut envoyé par Mgr. Chatagnon au Kien-Tchang, territoire situé dans le grand coude que le Fleuve Bleu fait dans le sud, vers le Yun-Nan. Il rejoignit M.de Guébriant à Té-Tchang, et sous sa direction fit sa formation missionnaire. En peu de mois, il se mit au courant de la langue populaire, et de celle des lettrés. M. Bourgain fut fort éprouvé par la mort rapide de M. Jacques Gire, le 8 juin1897; ce dernier, arrivé le 26 mai 1897, veille de l'Ascension, était venu assister avec les autres missionnaires, à la fête d'ouverture d'un nouveau poste à Té-Chang, petite ville au centre du Kien-Tchang.

     

    Après les fêtes de Noël 1897, M. Bourgain en treize ou quatorze étapes se rendit à Kia-Tin où il retrouva son évêque et ses confrères. Durant les premiers mois de 1898, en compagnie de M. de Guébriant, il circula pendant trois semaines, dans la région voisine du Yunnan, puis, en juin 1898, il remplaça à Té-Tchang ce dernier nommé à Ya-Tcheou. L'affection des chrétiens étant acquise, il s'attira la sympathie de tous. Pour nouer des relations d'amitié avec les diverses autorités, il organisa chaque jeudi, un modeste repas, dans sa résidence. Cela lui permit de régler au mieux bien des conflits.

     

    En juin 1900, l'insurrection des "Boxeurs" se répercuta jusqu'au Kien-Tchang. Le préfet civil de la province fit venir à Ning-Yuan-Fu les trois missionnaires résidant dans sa juridiction, et il les hébergea pendant plus de quatre mois dans une pagode. Cette réclusion fut pénible pour M.Bourgain; ses maux de tête redoublèrent. Pour les guérir, il demanda et obtint une escorte, puis s'en fut constater dans les chrétientés, les ruines accumulées par la persécution. Peu après, il arriva, en usant de courtoisie et de patience, à un accommodement avec les notables de Mien-Lin, à propos d'un terrain à Yang-tsao-Pa. Mais en 1902, épuisé et depressif, M.Bourgain dut aller se faire soigner à Shanghai; les docteurs exigèrent son rapatriement en France.

     

    Au début de décembre 1904, M. Bourgain revint dans sa mission et fut nommé au poste de Tchou-ken-tan, proche de Kia-Tin. Son talent et son courage obtinrent réparation des dommages causés aux chrétiens par les derniers tenants de la secte des "Lanternes Rouges". Vers la fin de 1905, surgirent au Kien-Tchang de graves difficultés. Des brigands, sous couvert de protestantisme se ruèrent contre l'oratoire de Mien-Chan. Les catholiques ripostèrent, et il y eût des morts. Mgr. Chatagnon demanda à M. de Guébriant de reprendre la direction du Kien-Tchang. Ce dernier accepta, mais demanda que M. Bourgain lui fut adjoint.

     

    Celui-ci s'installa à Lou-Kou où il essaya de régler sur place cette affaire. Ce fut un échec. A la fin de 1907, il partit pour Tchen-tou et traitant directement avec les autorités, par sa diplomatie, sa patience et son sang-froid il obtint gain de cause. Cette même année, par son savoir-faire auprès des autorités chinoises, il aida la mission d'exploration du capitaine vicomte d'Ollone et du sergent vicomte de Boyves.

     

    En février 1908, il fut, à nouveau, chargé du poste de Te-Tchang. A la Pentecôte de 1909, M.de Guébriant, se sentant plus de goût pour la brousse, s'installa à Te-Tchang. Connaissant les aptitudes de M. Bourgain pour gérer les intérêts de la Mission, et garder des relations amicales avec les autorités locales, il lui céda le district de Ning-Yuan-Fu, où plusieurs chrétientés se créaient. Habile organisateur, M.Bourgain fonda paroisse et écoles, acheta des terrains pour l'expansion future des oeuvres de la mission. En 1910, le Kien-Tchang fut érigé en vicariat apostolique, et confié à Mgr. de Guébriant, sacré à Sui-Fu, le 20 novembre de cette même année. Celui-ci nomma M.Bourgain au poste de provicaire et de procureur de la mission.

     

    En 1911, M.Bourgain construisit l'évêché de la nouvelle mission; Pendant l'absence de Mgr. de Guébriant, il gouverna, dès mars 1911, le vicariat apostolique; en novembre de la même année, il sauva de la captivité et de la mort l'explorateur Legendre et ses compagnons. Quelques jours après, la ville de Ning-yuan-Fu, mal défendue, fut cernée par une troupe de brigands, appartenant à la "Société du Soleil". Conscient de la gravité de la situation, M. Bourgain se rendit chez le Préfet. Marchant la main dans la main, tous deux préservèrent du pillage la ville et la province. Le 4 novembre 1911, M.Castanet fut massacré au village de Tié-tsiang-tsen, à une quinzaine de kms de Kiang-Tcheou. En 1912, Mgr. de Guébriant, délégué par le Ministre de France en Chine pour régler le problème des réparations, subdélégua M.Bourgain auprès de la délégation chinoise, pour l'arrangement des pillages et massacres de l'année précédente.

     

    Epuisé et depressif, après toutes ces épreuves, M.Bourgain, en mars 1913, partit pour Hong-Kong et rentra en France par le Transsibérien. Mais Mgr. de Guébriant nommé vicaire apostolique de Canton, le 28 avril 1916, quitta Ning-Yuan-Fu le 8 janvier 1917. Il rappela alors M.Bourgain au Kien-Tchang pour lui succéder. Ce dernier, après une retraite chez les Jésuites de Clamart, regagna sa mission à la fin de 1917. Nommé Evêque d'Archelais et vicaire apostolique du Kien-Tchang, il reçut la consécration épiscopale des mains de Mgr. de Guébriant, assisté de Mgr.de Gorostarzu et de M.Philippe Gire, le dimanche 10 novembre 1918, à Ning-Yuan-Fu. Il prit comme devise : "In Spem contra Spem"

     

    Mgr. Bourgain n'épargna aucune peine pour mettre sa mission à l'aise sur le plan financier en créant des revenus pour assurer le développement du séminaire et des oeuvres. Appliquant sa maxime "Tout le nécessaire, rien de superflu", il arriva à doter Ning-Yuan-Fu d'un dispensaire, d'un hôpital; il confia aux Soeurs Franciscaines de Marie la formation spirituelle et intellectuelle des "Vierges chinoises de la Doctrine Chrétienne".

     

    En 1919, il rencontra à Tchen-tou, Mgr. de Guébriant, Visiteur Apostolique. Il participa aux travaux de l'Assemblée Générale de la Société des Missions Etrangères qui se tint à Hong-Kong du 9 février au 22 mars 1921. En 1923 pour former des maitres chrétiens, il créa une école normale qui débuta avec quatre jeunes gens, et vingt l'année suivante. Le 24 mars 1924, il se mit en route pour prendre part au "Concile Général de Chine" qui s'ouvrit à Shanghai le 15 mai 1924.

     

    En 1925, fatigué, Mgr. Bourgain pensa à aller se reposer dans sa famille. Mais la situation de crise au Kien-tchang marquée alors par la famine, les incursions et révoltes des Lolos, le brigandage et la mutinerie de soldats, le fit hésiter. Après un voyage à Ta-tsien-Lou en juillet 1925, pour y conférer avec Mgr. Giraudeau, il quitta Ning-Yuan-Fu le 27 août suivant, et se mit en route pour Rome, où il devait traiter d'importantes affaires de sa mission. La première partie du trajet lui fut très pénible, et il dut s'arrêter à Yun-nan-fu où il arriva épuisé, le 19 septembre 1925. Atteint d'un cancer à l'estomac, il rendit doucement son âme à Dieu, le 30 septembre 1925, vers 18 heures.

     

    Le samedi 3 octobre 1925, ses funérailles furent célébrées à Yun-nan-fu,  présidées par Mgr.de Garostarzu, en présence de Messieurs les consuls de France, d'Angleterre,  des Etats-Unis, et d'une foule très nombreuse. Au cimetière français, à l'extérieur de la porte du Nord, M.Bodard, consul de France, rendit hommage au défunt. puis le cercueil, accompagné de Mgr. de Garostarzu, et d'une dizaine de missionnaires fut porté au cimetière de Pe-long-tan. C'est là que Mgr.Bourgain repose près de Mgr. Fenouil, au milieu des missionnaires du Yun-nan.

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1896 p. 579. 1910 p. 12. 13. 1912 p. 107. 188. 1913 p. 206. 1914 p. 16. 18. 19. 21. 22. 24. 31. 1919-20 p. 134. 135. 222. 249. 1925 p. 19. 239. 1928 p. 213. 1936 p. 201.

    CR 1896 p. 331. 1897 p. 97. 320. 1908 p. 94. 1912 p. 126. 128. 130. 134. 385. 389. 1913 p. 129. 1914 p. 54. 56. 1915 p. 74. 1917 p. 55. 1918 p. VI. 1919 p. 50. 1920 p. 153. 158. 159. 1924 p. 48. 49. 1925 p. 53. 61. 159. 161. 197. 1926 p. 59. 176. 1927 p. 246. 1928 p. 215. 1931 p. 372. 373. 1933 p. 261. 1947 p. 136. 183.

    BME 1922 p. 28. 372. photo p. 17. 1923 p. 52. 119. 1924 p. 328. 592. 614. 786. 1925 p. 46. 49. 698. 699. 715. 1926 p. 47. 247. 576. 769. 1927 p. 348. 614. 1936 p. 28. 32. 34. 104. 163. 164. 167. 168. 237. 320. 321. 1955 p. 177. 178.

    EC1 N°  5. 66. 94. 112. 159.

     

    • Numéro : 2223
    • Pays : Chine France
    • Année : 1896