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Jean BOURCART (1915-1990)

BOURCART Jean (1915-1990)
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    [3653]  BOURCART Jean, Georges, est né le 14 avril 1915 à Nancy, paroisse de St-Epvre, diocèse de Nancy (M. et Moselle). Il fit ses études secondaires au Collège St Jean de Béthune à Versailles. Il entra au Séminaire de Bièvres le 2 octobre 1933. Il était âgé de 18 ans. En ce temps-là, il y avait 80 aspirants à Bièvres, qui suivaient les cours de philosophie pendant deux ans. Mgr. de Guébriant, supérieur général de la Société, venait régulièrement donner aux aspirants des lectures spirituelles très appréciées, ce qu'il faisait également aux théologiens de Paris. Les aspirants se préparaient à la vie rude des Missions. Dans les chambres des séminaristes, il n'y avait ni chauffage, ni eau courante. Le mercredi, jour de congé, il fallait faire de longues marches à travers les bois, pour aller à Meudon, où se prenait le repas de midi.

     

    Le Père Bourcart connut beaucoup d'imprévus, en ces années là. En 1935, ce fut le doublement de la durée du service militaire. Après son service militaire, on signifia à Jean Bourcart qu'il irait faire sa théologie à Rome, à l'Université grégorienne où il devra prendre ses diplômes. C'est à Rome qu'il reçut le sous-diaconat. En septembre 1939, commence le conflit international. Le sergent Jean Bourcart est mobilisé en Alsace. Profitant d'une permission pour venir à Paris, il fut ordonné prêtre le 02 février 1940. Ne pouvant retourner à Rome, il s'inscrit à la Catho de Paris, où il obtint en juin 1942, sa licence en théologie. À la fin de cette année scolaire, il est destiné à la mission du Setchuen, en Chine, dans le vicariat apostolique de Chengtu.

     

    C'est toujours la guerre en Europe. Il ne peut pas partir, et il est affecté à Ménil-Flin, en Lorraine, à l'école de formation des futurs aspirants. Enfin, en 1946, il s'embarqua à Marseille et parvint à Chengtu en octobre 1946.

     

    La hiérarchie catholique venait d'être établie et comprenait pour le Setchuen 9 diocèses, dont deux gouvernés par le clergé autochtone. À Chengtu, Mgr. Rouhouse comptait environ 40.000 catholiques dans son diocèse et 50 prêtres chinois. Les missionnaires français n'étaient plus qu'une douzaine, mais sept nouveaux jeunes arrivèrent bientôt. Le Père Bourcart se mit aussitôt à l'étude du chinois. Pendant une année entière, P'ou-Chen-Fou (P'ou étant le nouveau nom chinois du Père) consacra la plus grande partie de son temps à l'étude du chinois.

     

    En octobre 1947, son évêque le nomma professeur au Séminaire général de Hopatchang, à deux journées de marche de Chengtu. Il dut enseigner en latin, mais aussi en chinois, et assurer la direction spirituelle des séminaristes. Dans le pays, la propagande marxiste commence à s'infiltrer, et en 1949, les dangers se précisent et on commence à évacuer les séminaristes pour les mettre à l'abri. Deux mois plus tard, le Séminaire dût être fermé et les professeurs rentrèrent à Chengtu. Le Père P'ou passa toute une année à l'évêché. Pendant ce temps, la 8è armée de "Libération" continua à progresser, d'où brutalités, exactions et autres crimes commis sous le nouveau régime.

     

    Mais le Père P'ou profita d'une ordonnance du Nonce apostolique, qui demandait à tous les missionnaires n'ayant pas charges d'âmes de quitter le pays. Fin 1950, le Père quitta donc sa mission pour Hongkong. Son voyage dura plus d'un mois. Arrivé à Chungking, il dut y rester trois semaines avant de trouver un bateau qui le transporta sur le Fleuve Bleu, très dangereux à cette époque de l'année, à travers les gorges du Yangsekiang, entre Wahsien et Ichang, quand les eaux sont très basses et que les rochers affleurant à la surface deviennent menaçants pour les navigateurs. Arrivé à Hongkong, il prit un mois de repos et partit pour la Malaisie, où il arriva dans la ville de Penang, fin mars 1951.

     

    Il est affecté au Collège général, construit pour la formation des prêtres asiatiques. Il ne resta là que trois ans. En 1954, il retourna en France pour un congé. Il va passer l'année 1955 à soigner sa santé, et à son retour en Malaisie, il fut nommé à Malacca, à la paroisse St François-Xavier. Là, il faut parler anglais, malais et tamoul, tandis que le Père connaît essentiellement le chinois. Malade depuis quelque temps, son mal s'aggrava et il dut se faire hospitaliser à Singapour. C'est à Singapour que le Père va maintenant finir sa vie missionnaire.

     

    Après sa guérison, il travailla d'abord dans la paroisse de N.D. de la Paix. Puis, en 1964 et 1965, il prit un congé en France. De retour, il fut nommé vicaire du Père Munier à la paroisse de la Ste Famille. Il devint curé en titre en 1966. Il agrandit son église, avec l'aide financière de ses paroissiens. Il s'occupa de la Légion de Marie, de la Conférence de St Vincent de Paul, des catéchismes et du soin des malades.

     

    Lorsqu'après sept ans il prend son congé, il laisse à son successeur une paroisse très vivante et bien équipée. À son retour, il est nommé à la Cathédrale du Bon Pasteur. Le nouvel archevêque, Mgr. Yong, divise le centre de la ville en paroisses territoriales, et non plus linguistiques, fait de la cathédrale un lieu de culte non paroissial dont le Père Bourcart devint le recteur. Quelques années plus tard, il aura la joie, grâce à l'initiative de l'évêque portugais de Macao, de voir le "Padroado" remettre aux évêques du lieu ses paroisses de Singapour et de Malacca. Peu à peu, il ajoute à son ministère ordinaire la visite régulière d'un grand hôpital de la ville. À partir de 1979, il passera ses dix dernières années dans l'île comme vicaire et aumônier de l'hôpital. Il se fixe à la paroisse du Christ Ressuscité à Tua Payot. Il rend de nombreux services, toujours respectueux de l'autorité de son curé.

     

    Les années passent. Au début de 1988, il se sent fatigué et de nombreux hématomes apparaissent sous la peau. Les médecins diagnostiquent une leucémie. Il voulut alors se retirer en France. Il arriva à Paris juste avant la Pentecôte. À Paris, on lui fait l'ablation de la rate et il part pour Lauris, dans le sud de la France. Au mois d'août, on doit l'opérer d'une occlusion intestinale, signe que le cancer se généralise. On le transfère à Montbeton. Au début de janvier, on l'hospitalise, d'abord à Toulouse, puis à Montauban. Il décline rapidement et meurt le 18 janvier 1990.

     

    Il fut un bon pasteur, sensible et réceptif, de bon conseil et de grande bonté. Il fut un homme de mesure. On le voyait prier de tout son coeur, fidèle aux prières traditionnelles du prêtre et de l'Église. Il fut un homme de calme et de sérénité, dont il fit preuve surtout durant sa maladie. Il fut un "saint" missionnaire.

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    CR 1947 p. 124. 1951 p. 121. 1955 p. 77. 1962 p. 84. 1963 p. 22. 1965 p. 118. 1966 p. 160. 161. 1969 p. 128. 130. AG80-81 p.183 - 82 p. 176 - 85 p. 194.

    BME 1949 p. 211. 274. 276. 1951 p. 248. 250. 318. 1954 p. 921. 1955 p. 255. 280. 1097. 1956 p. 274. 1958 p. 270. 725.

    EPI 1963 p. 871.

    Hir n° 246.

    EC1 N°  269. 410. 415. 417. 418. 432. 440. 446. 448. 572. 587. 593. 741. 750. NS. 17P90 - 25P345 - 55/C2 - 96/C2 - 131/C2 - 136/C2 - 177/626. 198/C2 - 202/C2 - 241/C2.

     

    • Numéro : 3653
    • Pays : Chine Malaisie Singapore France
    • Année : 1946