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Pierre BOUCHUT (1901-1991)

Décès à Montbeton
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    Pierre Jean BOUCHUT naquit le 24 mars 1901, à Saint-Christô-en-Jarez, (ou encore "Saint-Christo-en Jarret"), paroisse natale de Saint Jean-Louis Bonnard, (1824-1852), petite commune proche de Saint Etienne, alors diocèse de Lyon, département de la Loire. Ses parents, agriculteurs, élevèrent une famille de dix enfants: cinq garçons, cinq filles. Jean-Pierre fit ses études primaires dans son village natal. À l'âge de 16 ans, il se dirigea vers le petit séminaire St. Jean, à Fourvière où il passa trois ans. En 1920, il demanda son admission au grand séminaire de Lyon ; il y fit ses études de philosophie interrompues par deux ans de service militaire, et eût l'occasion de rencontrer M. Depierre venu parler des Missions Etrangères.

     

    En mai 1924, suite à sa demande, il fut admis au Séminaire des Missions Etrangères où il se présenta, laïque, le 14 septembre 1924, pour commencer ses études théologiques. Sous-diacre le 29 juin 1927, diacre le 19 décembre 1927, prêtre le 29 juin 1928, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de ChungKing  (Se-tchoan Oriental). Il quitta Paris le dimanche 16 septembre 1928, et embarqua à Marseille à bord du "Paul-Lecat", le vendredi 21 septembre 1928. avec dix autres partants.

     

    Arrivé à ChungKing le 22 novembre 1928, dans une Chine en situation semi-anarchique, M. Bouchut fut accueilli avec joie, par Mgr. Jantzen, qui l'envoya apprendre le chinois à l'importante ville de Hotcheou, chez M. Meillier, son compatriote.. En 1930-31, il s'occupa du poste de Siao-Hopa. En mai 1931, nommé aumônier de l'hôpital catholique de ChungKing charge qu'il garda jusqu'en novembre 1934, il fut, dans le même temps, directeur intérimaire de l'imprimerie de la mission, pendant l'absence de M. Valentin. Cette imprimerie fort appréciée par son sérieux et la qualité de sa production publiait un hebdomadaire en langue chinoise, des livres religieux, et assurait tous travaux de commerce.

     

    En mai 1933, M. Bouchut ayant remis l'imprimerie de "la Sainte Famile"à M. Valentin, directeur titulaire, de retour dans sa mission, fut nommé professeur et supérieur au petit séminaire de Ci-Mu-Shan (Tse-Mou-Chan) qui comptait une cinquantaine d'élèves La tâche de M.Bouchut s'avéra très délicate, car un vent d'indiscipline et de rébellion soufflait sur la jeunesse chinoise, et dans le séminaire, en raison de l'anarchie du pays et de la propagande marxiste et anti-européenne. Il réussit à ramener la calme..

     

    En 1937, M.Aymard remplaça M. Bouchut comme supérieur du Petit Séminaire. Ce dernier retrouva le district de Hotcheou (Hochow), où il avait appris la langue; il y compléta ses études chinoises, et exerça les fonctions de vicaire forain. Il y resta une dizaine d'années. En septembre 1937, il prit en charge le district de Hochwan que M.Blanchard, malade, dut abandonner. Durant tout ce temps, la situation générale en Chine ne fit qu'empirer. A l'anarchie intérieure, et aux rivalités de clans s'ajouta l'invasion japonaise. Le gouvernement nationaliste de Tchang-Kai-Chek établit sa capitale à ChungKing qui devint la cible de l'aviation japonaise. Le 30 mai 1940, la ville de Hotcheou fut bombardée; la résidence et l'église de M.Bouchut furent sérieusement endommagées.

     

    En 1948, M.Bouchut partit en congé, et à son retour vers mai-juin 1949, il reprit à nouveau la direction du petit séminaire de Tse-Mou-Chan. Mais pour peu de temps, car l'armée rouge approchait. Expulsé de Chine, il arriva  le 6 octobre 1951, à Hong-Kong. Affecté au vicariat apostolique de Saigon, ainsi que M. André Gonthier, ils s'embarquèrent à bord de la "Marseillaise", le 3 novembre 1951, pour rejoindre leur nouvelle mission.

     

    Nommé professeur au petit séminaire de Saïgon dont M.Pouclet était le supérieur, M.Bouchut enseigna le français, l'histoire et la géographie. Il y resta jusqu'en mai 1953; rappelé en France où il arriva le 19 juin 1953, il fut affecté comme professeur à l'école apostolique Augustin Schoeffler, à Ménil-Flin.

     

    Vers 1962, on demanda à M.Bouchut d'aller à Montbeton assister M.Millacet, supérieur de cette maison, et son ancien confrère à ChungKing. Avec un profond esprit de disponibilité, il écrivit à ce dernier: "Je m'occupais des jeunes à Ménil-Flin, je m'occuperai des vieux à Montbeton." Pendant une trentaine d'années,  il se dévoua auprès des anciens retirés dans ce sanatorium qui n'avait pas encore toutes les commodités d'aujourd'hui.

     

    Très discret, mais enjoué, aimant la taquinerie délicate, toujours disponible, infirmier attentif aux besoins  des confrères âgés et malades, M.Bouchut était un homme cultivé. Ayant gardé un goût profond pour l'étude, il appréciait une bibliothèque vaste, riche et variée. Il fut un directeur de conscience estimé des confrères, un précieux conseiller, plein de bon sens et d'expérience.

     

    Au matin du 25 mai 1991, vers cinq heures du matin, il eût une crise d'angine de poitrine, et sans pousser une plainte, il rendit son âme à Dieu. Ses obsèques eurent lieu le 27 mai 1991, présidées par M. Rossignol, vicaire général de la Société, en présence des très nombreux membres de sa famille à laquelle il était toujours resté fort attaché..

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1928 p. 169.

    CR 1928 p. 171. 1932 p. 79. 1937 p. 50. 51. 1939 p. 51. 1949 p. 30. 1962 p. 108. 1969 p. 174. 1974-76 p. 262. AG80/82 P. 31. 42. AG80/83 p. 104.

    BME 1924 p. 546. 1928 p. 575. 1929 p. 105. 1932 p. 39. photo p. 613. 1933 p. 530. 1937 p. 718. 1940 p. 482. 1948 p. 14. 1949 p. 579. 1951 p. 46. 707. 764. 779. 780. 1953 p. 413. 494. 723.

    EPI 1962 p. 945.

    R.MEP n° 124 p. 43.

    Hir n° 125 p. 269.

    EC1 N° 63. 157. 161. 462. 469. 506. 507. 535. 542. 720. 743. NS. 102/C2.

     

    • Numéro : 3367
    • Pays : Chine Vietnam France
    • Année : 1928