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François BONNETRAINE (1843-1917)

BONNETRAINE François (1843- 1917) [932] BONNETRAINE François, Ernest naquit à Metz, le 6 novembre 1843, dans une famille d'excellents catholiques de la Lorraine. Famille modeste, propriétaire d'une petite boulangerie. Le père mourut, laissant sa veuve seule avec six enfants en bas âge. Tout en dirigeant son commerce, elle surveilla l'éducation morale et religieuse de ses enfants.
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    [932] BONNETRAINE François, Ernest naquit à Metz, le 6 novembre 1843, dans une famille d'excellents catholiques de la Lorraine. Famille modeste, propriétaire d'une petite boulangerie. Le père mourut, laissant sa veuve seule avec six enfants en bas âge. Tout en dirigeant son commerce, elle surveilla l'éducation morale et religieuse de ses enfants.

     

    Elle confia le jeune François aux Pères Jésuites du Collège Saint-Clément de Metz. Après sa réthorique, François songea à entrer au noviciat des Jésuites, mais d'accord avec son directeur, il entra au Grand Séminaire de Metz, en octobre 1861. Il y trouva un condisciple, qui, plus tard devait devenir son évêque en Inde, Mgr. Kleiner. En effet, il décida d'entrer au Séminaire des Missions Etrangères, où il fut ordonné prêtre en 1866.

     

    Il reçut sa destination pour la Mission de Mysore. Au mois de mai, il arrivait à Bangalore. Il y resta quelques semaines pour apprendre les langues, le tamoul et l'anglais. Après un court séjour dans la paroisse de Mattigiri, il fut transféré à Mysore, en juin 1868. Il continua l'étude des langues, et on remarqua vite son esprit observateur. Il se montrait un critique réfléchi, un calculateur sûr, qui avait le talent de deviner avec une rare prévoyance des possibilités que des esprits plus craintifs eussent été tentés de regarder comme des utopies.

     

    Il tomba malade, et dut rentrer en France en 1874. Il revint en Inde en 1877. A ce moment-là, une grande famine sévissait dans le Sud de l'Inde. En raison d'une longue sécheresse, les victimes se chiffraient par centaines de milles dans la seule province de Mysore. On organisa des secours pour recueillir les enfants abandonnés par leurs parents soit morts soit en fuite. Ce fut le commencement de ces fermes-orphelinats, dont un certain nombre existent encore aujourd'hui.

     

    En septembre 1878, le Père Bonnetraine fonda, en pleine campagne, le centre de Siluvaipuram. On était à l'époque des orages, du grand vent, et après avoir essayé plusieurs endroits, il choisit, à côté d'un grand étang, l'emplacement définitif de la ferme de Siluvaipuram, où il se mit à construire un orphelinat bien aménagé. Mais l'évêque avait besoin de lui pour un autre poste, et le nomma aumônier du couvent du Bon Pasteur, à Bangalore. Cette nomination devait être le point de départ de la fondation de l'hôpital Sainte-Marthe.

     

    Il parla à la Révérente Mère Marie de la Visitation, Supérieure du Couvent du Bon Pasteur, de son projet de fonder un hôpital catholique, dans lequel, tout en soignant les maladies du corps, on essaierait de gagner les âmes des païens à la vraie foi. La Supérieure promit d'aider le Père dans toute la mesure de son pouvoir. Mais, pour fonder un hôpital, il faut un emplacement favorable. Il faut de l'argent, il faut également un personnel considérable. Où trouver toutes ces choses ?

     

    Les hôpitaux dans le royaume de Mysore étaient alors dans un état lamentable. Le médecin en chef, un catholique irlandais, le Dr. Mc Gann, désirait depuis longtemps être secondé par des Religieuses, car les infirmières laïques étaient loin de donner satisfaction. On fit donc des démarches auprès des autorités anglaises et indiennes, pour faire approuver le projet de faire venir des Soeurs pour l'hôpital civil de "Bowring" et de bâtir un hôpital catholique dans de "Cantonment" (la ville où il y avait des casernes de soldats anglais et indiens). Les deux demandes furent accordées.

     

    Après divers refus, Mgr. Coadou écrivit au Père Bareille, malade en France, qui avait recommandé des Soeurs de Saint-Joseph de Tarbes. Malheureusement, cette communauté n'avait ni le personnel, ni les ressources suffisantes pour entreprendre l'oeuvre rêvée.

     

    Cinq Religieuses étaient arrivées pour l'hôpital "Bowring" ; mais dès qu'on leur parla de la fondation projetée, elles déclarèrent qu'elles ne se lanceraient pas dans une oeuvre aussi incertaine que celle d'un hôpital libre. Le Père Bonnetraine écrivit à ce moment-là : "C'est un peu avant l'arrivée de ces Soeurs que j'essayai d'acheter "la Grange" à côté du couvent où nous pensions alors établir notre hôpital. Le propriétaire demanda 15.000 roupies et nous n'en avions que 13.000 reccueillies par souscriptions. Alors, je pressai la Mère Supérieure de profiter de l'état misérable de l'hôpital du Pettah pour fonder là-bas une oeuvre de charité et être le commencement d'autres bonnes oeuvres. La Mère de la Visitation (Bon Pasteur), fut loin d'approuver ce projet, mais elle finit par céder. Aidé du capitaine Mc Intyre, je fus mis en possession du beau terrain sur lequel est bâti maintenant l'hôpital Sainte-Marthe. L'hôpital fut ouvert en 1886." C'est M. Bonnetraine qui en surveilla les travaux.

     

    Après un court séjour à Taypalayam où il établit une ferme-orphelinat, Mgr. Coadou l'envoya à Settihally, en 1888. Il dota son poste d'un grand dispensaire, qui pouvait recevoir de 25 à 30 malades, et d'un nouveau couvent. Vers la fin de 1897, il alla à Magghe, où il bâtit une belle petite église et un presbytère. Puis, il s'en alla à Gadanhally où il bâtit le presbytère, et à Hassan, où il restaura l'église et construisit une petite maison pour le prêtre. Enfin, ce fut à Dasapura qu'il bâtit également une église.

     

    La maladie et la fatigue le ramenèrent à l'hôpital Sainte-Marthe vers 1901. Il se rendit compte que le Collège Saint-Joseph, à Bangalore, se préoccupait surtout des enfants européens et eurasiens. Il voulait qu'on fasse des internats pour les Indiens de haute caste, comme les Brahmes. Son idée fut finalement adoptée et on créa la section indienne du Collège Saint-Joseph.

     

    Il pensa aussi à une oeuvre pour l'hébergement des vieillards. Il fut si persuasif, qu'on appela les Petites Soeurs des Pauvres. Il les aida à s'établir, et se montra toujours généreux quand les Petites Soeurs venaient quêter. Une fois, il leur dit : "J'avais l'intention d'aller voir mon neveu à Hong-Kong, mais voici l'argent de ce voyage pour votre chapelle, il sera mieux placé."

     

    La surdité s'accentuant de plus en plus avec les années, il se vit obligé, malgré son ardeur toujours juvénile, de renoncer au ministère actif. On le nomma, en 1905, Supérieur du Sanatorium Saint-Théodore, à Wellington, dans les Nilgiris. Cette maison est un centre d'accueil et de repos pour les Pères des Missions Etrangères du Sud de l'Inde. Le Père Bonnetraine prodiguait aux confrères tous les soins que leur état de santé réclamait. Il aménagea un grand jardin où fruits et légumes d'Europe devaient être cultivés au profit des estomacs délabrés. Pruniers, pêchers, poiriers et pommiers firent la traversée de la mer pour prendre place dans ce jardin, ainsi que quelques plants de raisin chasselas, qui s'est très bien acclimaté dans le pays. La bibliothèque reçut de lui l'attention nécessaire. Le nombre des volumes augmenta chaque année.

     

    Le Père Bonnetraine fut un bon administrateur de ce Sanatorium, et, comme chez lui, la source d'idées fécondes et de plans ne tarissait pas, il trouva la solution d'un problème qu'il désirait résoudre pour le plus grand bien des confrères. Sans doute le Sanatorium jouait son rôle, mais lorqu'il s'agit de malades ayant besoin de fréquentes visites médicales et de soins spéciaux, il fallait autre chose. Il élabora alors un plan qu'il soumit aux Supérieurs des Missions et au Séminaire de Paris. Il y avait à Bangalore, dans un bon climat, un hôpital dirigé par les Soeurs du Bon Pasteur, avec des spécialistes en nombre dans la ville même. Le Père proposa alors de bâtir sur le terrain même de l'hôpital un pavillon destiné aux missionnaires malades. Le projet fut approuvé, et ce pavillon se montra très utile ; il accueille non seulement les missionnaires locaux, mais ceux des Missions plus lointaines. Le Père Bonnetraine, bâtisseur infatigable, construisit également la belle chapelle du Sanatorium.

     

    En 1913, il quitta la montagne pour revenir dans le diocèse de Mysore. La guerre éclata en 1914, et son évêque eut besoin de lui pour son Petit Séminaire à Bangalore. Il accepta, malgré ses 72 ans. Pris de nouveau de la "maladie de la pierre", il construisit une nouvelle maison, pour que ses séminaristes aient plus de confort.

     

    Tout en menant à bien tous ces travaux matériels, le Père Bonnetraine fut prêtre et apôtre dans toute la force de ces termes. Gai et plein d'entrain, il avait une foi profonde. Il vivait du surnaturel, et dans tout ce qu'il entreprenait, il visait la gloire de Dieu et le salut des âmes. Il faisait de longues visites au Saint Sacrement et célébrait la Messe avec beaucoup de recueillement et de piété. Il prêcha de nombreuses retraites aux Religieuses, les prémunissant contre la routine d'une vie quotidienne trop passive, et voulant faire d'elles de vraies missionnaires.

     

    Le 31 mars 1917, il s'éteint doucement après une coute maladie, à l'hôpital Sainte-Marthe, l'hôpital qu'il avait tant travaillé à fonder, en donnant toute sa collaboration aux Soeurs du Bon Pasteur d'Angers.

     

     

     

     

     

    Références biographiques

    AME 1898 p. 167.

    CR 1880 p. 86. décembre 1884 p. 143. 1885 p. 127. 1888 p. 271. 1889 p. 233 sq. 1890 p. 191. 1894 p. 280. 1902 p. 271. 272. 370. 1903 p. 278. 279. 379. 1904 p. 265. 1905 p. 260. 284. 1906 p. 308. 1907 p. 380. 1908 p. 255. 256. 283. 1909 p. 252. 294. 347. 1911 p. 247. 1912 p. 310. 311. 443. 1915 p. 104. 1916 p. 167 +. 1917 p. 149. 239 +. 1919 p. 128. 1935 p. 220. 1947 p. 91.

    BME 1922 p. 110. 1926 p. 686. 687. 688. 691.

    EC RBac N° 188/285.

     

     

     

    • Numéro : 932
    • Pays : Inde
    • Année : 1867