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Paul BONNET (1850-1927)

BONNET Paul (1850-1927) [1217] BONNET Paul, Marius, est né le 1er octobre 1850 à Sorgues, dans le diocèse d'Avignon (Vaucluse), au sein d'une famille d'un rang honorable, mais frappée de grands revers de fortune, dont il garda toute sa vie un souvenir amer.
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    [1217] BONNET Paul, Marius, est né le 1er octobre 1850 à Sorgues, dans le diocèse d'Avignon (Vaucluse), au sein d'une famille d'un rang honorable, mais frappée de grands revers de fortune, dont il garda toute sa vie un souvenir amer.

     

    Remarquablement doué, il fit ses études dans son diocèse. Diacre le 7 juin 1873 à Avignon, il entra aux Missions Étrangères le 26 septembre 1873. Ordonné prêtre le 30 mai 1874, il partit le 29 juillet suivant pour le Setchoan oriental avec 11 confrères. Ils arrivèrent à Tchungking le 3 décembre 1874. M. Bonnet fut envoyé dans une vieille famille chrétienne, à Kiangtsin, où, très doué, il apprit rapidement la langue et dès juillet 1875, il fut nommé curé de Longchouitchen, dans la sous-préfecture de Tatsiou.

     

    En 1877, il passa à Tongleang, mais l'année suivante, il cédait ce district à son vicaire, M. Faure, et partait pour Yeouyang où il trouva la résidence détruite. Mais les esprits étaient pacifiés et M. Bonnet put s'instruire dans la littérature chinoise. Il arriva rapidement à posséder les nuances de la langue; il s'initia aux mille détails de la politesse chinoise.

     

    En 1884, il quitta les montagnes de Yeouyang et prit la direction du district de Kiangpé. Le 1er juillet 1886 éclata la persécution de Tchungking; les maisons des Anglais et des Américains furent pillées et la chapelle ainsi que l'évêché ne furent bientôt qu'un amas de ruines fumantes. Les chrétiens furent pillés et traqués, le petit et le grand séminaires brûlés, l'évêque et ses prêtres se refugièrent à Kiangpé, séparé de Tchungking par le petit fleuve Kialin.

     

    Début 1892, M. Bonnet est nommé provicaire et curé de la cathédrale de Tchungking par Mgr. Chouvellon, consacré évêque le 26 décembre 1891. Aux soucis du ministère, M. Bonnet joignait la direction de nombreuses oeuvres et fonda l'école St Louis pour les catéchistes, tout en entretenant des relations cordiales avec les autorités et montrant une rare prudence dans les affaires qu'il traitait avec elles. Il ne put tenir à tant de fatigues et demanda son transfert à un poste plus tranquille. Son évêque l'envoya à Sutin, "ville de la paix", où chrétiens et païens vivaient dans la paix, à deux étapes au nord de Tchungking.

     

    En 1898, de nouveau les esprits s'échauffèrent contre les étrangers. Un aventurier s'institua chef de bande, captura notre Père Fleury, et mit à feu et à sang cinq belles chrétientés. Mais à Sutin, les chrétiens ne furent quitte que pour quelques alertes et M. Bonnet poursuivit ses travaux apostoliques.

     

    En 1900, la fatigue et la maladie le forcèrent de retourner en France où il dut rester 12 longues années, qu'il passa dans sa famille, s'adonnant aux travaux des champs pour vaincre sa tenace fatigue cérébrale. Ses activités physiques finirent par le guérir complètement, si bien qu'en octobre 1913, malgré ses 64 ans, il s'embarqua de nouveau pour Tchungking où il arriva au début de 1914, avec un renouveau de santé et de vaillance. Dès son arrivée, il fut nommé aumônier du collège St Paul.

     

    En 1914, au déclenchement de la guerre, il se mit au service de l'imprimerie pendant la maladie du directeur, M. Gourdon. Il fut alors nommé curé de Hotcheou de 1916 à 1920. Sous son administration, le district prit un regain de vitalité. Mais les temps n'étaient plus des conversions en masse; depuis 1911, la province se débattait dans les horreurs de l'anarchie, la guerre civile et le banditisme se relayant.

     

    En 1920, le vicaire de M. Bonnet, le Père Barnabé Ouan, fut pris et emmené comme otage par les bandis; grâce aux démarches de son curé, sa réclusion ne dura que 12 jours. Après la défaite des troupes du Setchoan devant celles du Kouytcheou, le mandarin quitta la ville après avoir confié le sceau de la préfecture à M. Bonnet. Celui-ci convoqua les chefs du pays et, d'accord avec les officiers du Kouytcheou, il organisa la Croix Rouge et sa maison se transforma en hôpital, ce qui força l'admiration des officiers et des païens.

     

    Mais le Seigneur le récompensa comme il fait avec ses amis, et lui envoya l'épreuve : comme notre confrère se préparait pour descendre à la retraite annuelle, il ressentit les premières atteintes du typhus. Arrivé à temps à l'hôpital de Tchungking, il resta longtemps entre la vie et la mort et reçut les derniers sacrements. Il finit par guérir, grâce au Dr. Viéron, mais pas complètement, car il sortit de là avec une maladie de coeur qui lui sera un long martyre.

     

    Il dut renoncer au ministère actif et fut nommé aumônier des Religieuses chinoises du Sacré Coeur. C'est là qu'il passa, dans la souffrance et la prière, le reste de sa vie.

     

    En 1924, il eut le suprême bonheur de célébrer son jubilé d'or sacerdotal. Il chanta la messe à la cathédrale au milieu d'une grande affluence de ses anciens chrétiens. Les prêtres chinois et les confrères de la ville lui firent fête; ce fut pour lui comme le prélude des joies du ciel. Dès le mois d'octobre 1926, il sentit tout à coup ses forces décliner; plusieurs fois en danger de mort, il surmonta le mal grâce à sa robuste constitution. Vers la mi-mai, son état s'aggrava. Le Dr. Viéron déclara qu'il n'y avait plus d'espoir. C'est avec joie qu'il reçut les derniers sacrements. Mgr. Jantzen lui faisant une visite la veille de sa mort, le trouva privé de parole, mais répondant à tout par signes de tête et par sourires. Le dimanche matin, 22 mai 1927, le Père Bonnet s'éteignait sans souffrance pendant que l'aumônier récitait les prières des agonisants.

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1910 p. 258. 261. 265. 271. 322. 1915-16 p. 114. 1926-27 p. 407.

    CR déc. 1874 p. 40. 1883 p. 62. 1885 p. 46. 1887 p. 200. 201. 1889 p. 64. 1890 p. 221. 282. 1892 p. 88. 91. 1893 p. 103. 104. 1894 p. 117. 363. 1897 p. 336. 1899 p. 105. 1901 p. 313. 1915 p. 57. 58. 1916 p. 65. 1927 p. 47. 228. 238.

    BME 1923 photo p. 38. 1924 p. 454. 1926 p. 495.

    EC1 N° 132.

     

    • Numéro : 1217
    • Pays : Chine
    • Année : 1874