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Félix BIET (1838-1901)

[850]. BIET, Félix, le troisième des frères Biet, évêque de Diana, vicaire apostolique du Thibet. Né dans la paroisse Saint-Mammès, à Langres (Haute-Marne), le 21 octobre 1838, il fit ses études classiques au petit séminaire, et commença sa théologie au grand séminaire dans sa ville natale. Il entra tonsuré au Séminaire des M.-E. le 24 avril 1862, fut ordonné prêtre le 10 janvier 1864 et partit pour le Thibet le 15 mars suivant. Il débuta à Bonga où il n'arriva qu'en mars 1865, après un voyage fort pénible.
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    [850]. BIET, Félix, le troisième des frères Biet, évêque de Diana, vicaire apostolique du Thibet. Né dans la paroisse Saint-Mammès, à Langres (Haute-Marne), le 21 octobre 1838, il fit ses études classiques au petit séminaire, et commença sa théologie au grand séminaire dans sa ville natale. Il entra tonsuré au Séminaire des M.-E. le 24 avril 1862, fut ordonné prêtre le 10 janvier 1864 et partit pour le Thibet le 15 mars suivant. Il débuta à Bonga où il n’arriva qu’en mars 1865, après un voyage fort pénible. Au mois d’octobre suivant, il fut attaqué par les lamas et dut se retirer à Yerkalo­ ; il y resta une dizaine d’années, pendant lesquelles, de concert avec Desgodins, il développa un peu cette chrétienté, y fonda une pharmacie, et commença la station de A-ten-tse. Il remplit en même temps l’office de procureur des missionnaires de cette région. A la fin de 1877, il devint provicaire­ ; Mgr Chauveau étant mort cette même année, il lui succéda, fut nommé le 23 juillet 1878 évêque de Diana, le 27 août vicaire apostolique du Thibet, et sacré le 24 novembre de la même année, à Leang-ho-keou, dans le Se-tchoan occidental.

    Presque aussitôt, il exécuta le projet formé par son prédécesseur de préparer la pénétration évangélique au Thibet par l’Inde­ ; dans ce but, il envoya, en 1880, Desgodins, le plus ancien de ses missionnaires, à Calcutta (Voir DESGODINS). La même année, il assista au synode de Soui fou. Il consacra sa mission au Sacré-Cœur, fixa des règlements pour les retraites des missionnaires, et donna à ceux-ci des conseils sur la conduite à tenir envers les explorateurs européens, de manière à leur prêter une aide efficace sans attirer de difficultés à la mission. Il créa à Ta-tsien-lou une bibliothèque circulante, comme il l’avait fait à Yerkalo.

    En 1887, les chrétientés de Bathang, Yaregong et Yerkalo ayant été dévastées par les lamas et leurs amis, il entreprit pour obtenir justice de longues et difficiles négociations, pendant la durée desquelles, en 1892, il tomba gravement malade et vint en France. Il demeura au Séminaire des M.-E. et travailla au relèvement de son vicariat­ ; il obtint du ministre des affaires étrangères, Hanotaux, et du ministre de France à Pékin, Gérard, un concours énergique, grâce auquel les missionnaires du Thibet furent réintégrés dans leurs postes.

    En juin 1901, il alla à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône), où sa belle-mère était religieuse ursuline­ ; il y mourut le 9 septembre suivant.

    Il avait rendu aux Européens tous les services en son pouvoir­ ; l’anglais Baber lui doit les trois quarts des renseignements qu’il publia sur le Thibet­ ; le comte Bela Széchinyi, de Loczi, Kreitner reçurent de lui les meilleurs conseils dont ils reconnurent un peu tard la justesse. De même il se montra très dévoué pour l’expédition Bonvalot et H. d’Orléans. Lors de leur passage à Ta-tsien-lou, en 1890, ces derniers essayèrent de l’aider à rétablir ses chrétientés détruites. Le ministre de France à Pékin, Lemaire, ayant adressé à l’évêque le reproche d’avoir utilisé les services d’un membre d’une famille autrefois régnante en France, reçut du prélat cette réponse­ : « J’ai été surpris autant qu’affligé de voir à ce sujet une allusion politique dans la dernière lettre de Monsieur le Ministre. En mission, nous sommes Français et nous voulons la grandeur de notre chère et noble patrie. » Il avait été nommé, en 1896, chevalier de la Légion d’honneur.

     

    Armes. — D’azur à un Sacré-Cœur d’or en abîme accompagné en chef d’un lion d’argent et en pointe d’un coq du même barbé et crêté de gueules.

    Mgr Biet composa son écusson d’après les armoiries de la famille de la B. Marguerite-Marie Alacoque à laquelle il appartenait, qui sont­ : D’or au coq de gueules en chef et au lion du même en pointe.

     

    Devise. — Suaviter et fortiter. — Sub protectione SS. Cordis.

     

    Bibliographie.

    — Decreta quinque Synodorum jussu S. Pontificis Leonis XIII in Sinis habitarum anno 1880 a S. Cong. de Propaganda Fide approbata [Rome 1884]. — In-8, pp. 87.

    Contient­ :

    Acta et decreta Synodi quartæ regionis Sinarum imperii habitæ diebus 20 et 29 septembris, 3 octobris anni 1880, in civitate Souy fou provinciæ Se-tchouan, pp. 66-76.

     

    Notes bio-bibliographiques.


    C.-R., 1872, p. 42­ ; 1874 (déc.), p. 10­ ; 1875, p. 15­ ; 1876, p. 13­ ; 1879, p. 26­ ; 1880, p. 36­ ; 1881, pp. 35, 134­; 1882, p. 29­ ; 1884, p. 53­ ; 1885, p. 49­ ; 1886, p. 51­ ; 1887, p. 83­ ; 1888, p. 80­ ; 1889, p. 77­ ; 1890, p. 76­; 1891, pp. 87, 97, 279­ ; 1892, pp. 100. 257­ ; 1893, p. 117­ ; 1894, p. 127­ ; 1895, pp. 133, 381­ ; 1896, p. 118.

    A. P. F., xxxviii, 1866. Persécution à Bonga, pp. 283, 290, 301­ ; xlii, 1870, p. 471­ ; li, 1879, pp. 34, et suiv.­ ; lxi, 1889, p. 459­ ; lxix, 1897, p. 237­ ; lxxii, 1900, p. 397.

    A. S.-E., xxxii, 1881, p. 300­ ; xxxiv, 1883, p. 290.

    M. C., vii, 1875, p. 582­ ; ix, 1877, p. 334­ ; x, 1878, Sa nomination épiscopale, pp. 352, 590­ ; Ib., p. 411­ ; xi, 1879, Son sacre, p. 114­ ; Ib., p. 451­ ; xii, 1880, Les voyages d’exploration et les missions catholiques au Thibet, pp. 321, 332, 347, 370­ ; xiii, 1881, p. 580­ ; xiv, 1882, Rapport sur la mission du Thibet, p. 61­ ; Ib., Fin du procès relatif à M. Brieux, p. 517­ ; xv, 1883, p. 25­ ; xxi, 1889, p. 364­ ; xxv, 1893, pp. 62, 217­ ; Ib., Ta-tsien-lou, p. 329­ ; Ib., Conférence à Paris sur le Thibet commercial, p. 459­ ; xxvi, 1894, pp. 440, 521­ ; xxvii, 1895, p. 457­ ; xxviii, 1896, p. 173­ ; xxix, 1897, Son coadjuteur, p. 123­ ; Ib., Chevalier de la Légion d’honneur, p. 148­ ; xxxii, 1900. Fin du procès de Bathang, p. 287­ ; xxxiii, 1901, Sa mort, pp. 444, 455.

    B. O. P., 1892, p. 543.

    A. M.-E., 1898, Funérailles au Thibet, p. 19­ ; 1900, Discours, p. 260.

    — Sem. rel. Langres, 1866, p. 317­ ; 1878, pp. 1320, 1353, 1658­ ; 1879, pp. 1979, 2009­ ; 1881, p. 872­ ; 1889, p. 425­ ; 1892, pp. 200, 327, 339, 795­ ; 1894, p. 327­ ; 1897, pp. 185, 203, 283­ ; 1904, Notice, p. 88­ ;1905, p. 300­ ; 1906, p. 44.

    — Echo de N.-D. de la G., 1888, pp. 510, 528­ ; 1889, p. 677­ ; 1892, p. 470.

    — Voix de N.-D. Chartres, 1897, pp. 333, 342 (supplém.).

    — Sem. rel. Lyon, 1897, 1er sem., p. 505­ ; 1899, 2e sem., p. 1075­ ; 1901, 2e sem., p. 436.

    — Sem. rel. Bayeux, 1897, p. 219.

    L’Univers, 1901, septembre. — L’Exploration, x, 1880, p. 174. — Soc. de Géog. [Paris]. Comp.-rend. des séanc., iv, 1884, Observations météorologiques, p. 5­ ; vi, 1886, p. 553. — Soc. de Géog. [Lyon], xii, 1894, Les ressources commerciales du Thibet, n° du 1er janv. — T’oung-pao, 2e sér., ii, 1901, p. 279. — Bull. Mus. Hist. nat., 1897, n° 6, p. 208­ ; 1898, n° 5, p. 221. — Ann. Soc. entom., 6e sér. 1883, pp. x, lxiii, lxxvi.

    Hist. miss. Thibet, Tab. alph. — Hist. des relat. de Chine, Tab. alph. — Nos miss. pat. et sav., pp. 49, 53, 55. — A trav. l’Asie, pp. 279 et suiv. — De Paris au Tonk. A trav. le Tib. incon., pp. 450 et suiv. — Arm. des Prél. franç., p. 244.

     

    Biographie.

    — Une famille de missionnaires. Mgr Biet et ses trois frères [avec portraits] par l’abbé F. Mazelin, curé de Dancevoir, ancien professeur d’Histoire au collège de Saint-Dizier. — Imprimerie Andriot-Moissonnier, 38, rue de Buxereuilles, Chaumont, 1905, in-8, pp. 480.

    Comp.-rend.­ : M. C., xxxvii, 1905, p. 456.

    Mgr Biet, vicaire apostolique du Thibet, 1838-1901 [avec portrait]. Les Contemporains, n° 760. — 5, rue Bayard, Paris, in-4, pp. 16.

     


    • Numéro : 850
    • Pays : Chine
    • Année : 1864