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Eugène BERTHIER (1887-1921)

BERTHIER Eugène (1887-1921) CHINE
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    [3105]  BERTHIER Eugène, Auguste, est né le 2 septembre 1887 à Saint-Génix-sur-Guiers, au diocèse de Chambéry (Savoie). M. Paget, curé de la paroisse, le fit entrer au Petit Séminaire de Pont-Beauvoisin, qui avait donné aux Missions Étrangères beaucoup de missionnaires et des évêques éminents. Il entra aux Missions Étrangères le 1er septembre 1905. Au Séminaire de Bièvres et à celui de la rue du Bac à Paris, il affermit sa volonté et dirigea toutes ses aspirations vers le but longtemps médité : le salut des âmes. Il fut ordonné prêtre le 23 septembre 1911. Il partit le 18 novembre suivant, par le Transsibérien, pour la Mandchourie.

     

    Arrivé à Kirin, il resta à l'évêché pendant un an pour apprendre la langue chinoise, puis il fut envoyé à Yuchouhien, sous-préfecture située à trois journées au nord de Kirin, comme assistant de M. Gaspais. Le district de Yuchouhien comprenait un territoire d'une étendue considérable, et le jeune missionnaire dut s'habituer aux longues courses apostoliques par monts et par vaux, par le vent et sous la neige. Un peu plus tard, il fut placé à Oukiatchan, gros bourg situé à deux journées à l'ouest de Yuchouhien, où il fut heureux de continuer sa vie missionnaire.

     

    En 1914 survint la mobilisation générale, et il dut retourner en France où il devint brancardier à la 3ème division d'infanterie coloniale. Il fut blessé grièvement. Son courage dans l'accomplissement de son devoir lui valut la Croix de guerre. Après l'armistice, il dut rester quelque temps pour soigner sa blessure, puis en 1919, il repartit pour sa chère Mandchourie.

     

    Après quelques mois dans son ancien poste de Oukiatchan, on lui confia le poste particulièrement difficile de Sou-ki-wo-pou. Ce vaste district d'environ 1.100 âmes est pour lui un magnifique champ d'apostolat. Il est traversé par la rivière Soungari. Il faut la traverser pour aller d'un village à l'autre et les voyages deviennent très fatiguants. Dans un village, il a de bons chrétiens, mais dans l'autre, il trouve des chrétiens passionnés par l'amour du jeu. Des querelles s'ensuivent entre chrétiens et païens, des procès également, qui, hélas, se heurtent à la mauvaise volonté des autorités locales.

     

    Le Père Berthier en fut très affecté. On lui envoya un jeune missionnaire, le Père Peignont, pour l'aider. Celui-ci, en arrivant à Sou-kia-wo-pou, le 14 novembre 1921, trouva le Père Berthier étendu dans son lit. Il avait pris froid quelques jours auparavant en allant administrer un malade. Ni les médecins, ni leurs remèdes, ni les soins dévoués de son confrère, et de M. Dubos, accouru en hâte de Fouyouhien, ne purent amener une amélioration. Il reçut le sacrement des malades, et expira le 29 novembre 1921. Il n'avait que 34 ans. Il fut un excellent confrère, qui, pendant les trop courtes années de sa vie missionnaire, donna toujours l'exemple de l'abnégation, de la piété, et d'un zèle ardent et éclairé.

     

     

     

    Références biographiques

     

    AME 1912 p. 43. 1915-16 p. 77. 93. 1917 p. 262. 1922 p. 39.

    CR 1911 p. 271. 1913 p. 91. 1919 p. 32. 1921 p. 40. 205. 1922 p. 41. 196.

    BME 1922 p. 27. 44. 1936 p. 508.

    • Numéro : 3105
    • Pays : Chine
    • Année : 1911