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Jules BERGEZ (1835-1891)

BERGEZ Jules (1835-1891) INDE
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    [719]. BERGEZ, Jules-François, a laissé le souvenir d’un missionnaire d’intelligence perspicace, judicieuse, souple­ ; de piété forte et tendre­ ; en un mot, d’un homme apostolique remarquable. Né le 19 octobre 1835, à Fays-Billot (Haute-Marne), il fit de brillantes études classiques dans son diocèse, et entra laïque au Séminaire des M.-E. le 27 juillet 1853. Ses études théologiques furent solides et approfondies­ ; il travailla avec M. F. Albrand à la refonte de la théologie de Thomas de Charmes et composa la table des termes scholastiques. Prêtre le 29 mai 1858, il fut envoyé le 29 août suivant dans la mission de Pondichéry.

    L’année suivante, il assista en qualité de secrétaire aux délibérations (27 mai-19 août 1859) de la commission instituée par Mgr Bonnand, et présidée par Mgr Godelle, pour l’examen de quelques difficultés théologiques spéciales à la mission de Pondichéry. Il étudia le tamoul en exerçant le ministère à Karikal et à Pratacoudi, occupa les postes de Paleam, 14 avril 1861-octobre 1863, et de Kumbakônam, octobre 1863-janvier 1871. Dans ce dernier, il eut bientôt assez d’ascendant sur les Indiens, pour les amener à renoncer à quelques vieilles coutumes contraires à l’esprit du christianisme. C’était d’ailleurs une des qualités de sa riche nature de savoir faire accepter son opinion, par ceux-là même qui en paraissaient d’abord le plus éloignés.

    En 1871, on l’appela à Pondichéry pour y aider le provicaire, Dupuis, dans la direction de l’imprimerie, et dans celle de la Congrégation des Religieuses du Saint-Cœur de Marie. De 1873 à 1875, il fut en même temps supérieur du grand séminaire. En 1875, il succéda à M. Dupuis dans la double charge de directeur des deux œuvres précitées. Sans négliger les livres, il s’appliqua tout particulièrement à bien former les religieuses­ ; car il croyait fermement à l’influence future de la femme dans la société hindoue. Grâce à ses soins, la Congrégation devint très prospère­ ; sous son gouvernement intelligent et pieux, les religieuses, tout en conservant l’esprit de leur vocation, agrandirent le cercle de leurs études, et se préparèrent aux examens français et anglais qu’elles subirent avec succès.

    Vers 1882, le gouvernement français lui confia les cours de grammaire et de poésie tamoules qu’il venait de créer pour les professeurs indigènes­ ; là encore, il rendit maints services. En même temps, il était le conseiller souvent écouté de Mgr Laouënan dont, au dire de plusieurs missionnaires expérimentés, il aurait pu être le très digne successeur. En 1890, une attaque d’apoplexie affecta profondément son organisme, il perdit la mémoire avec les forces. Sa vie active était terminée, il regagna la France, et se fixa au sanatorium Saint-Raphaël à Montbeton (Tarn-et-Garonne). Il y succomba le 26 novembre 1891.

     

    Bibliographie

    Palerprandjou ilakkana nouladaram. (Éléments de grammaire française.) — Pondichéry, imprimerie de la mission, 2e édit. 1888.

     

    Notes bio-bibliographiques

    A. S.-E., xviii, 1866, p. 36.

    — Sem. rel. Langres, 1893, p. 245.

    Hist. miss. Inde, Tab. alph.

    • Numéro : 719
    • Pays : Inde
    • Année : 1858