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Jean-Marie BEAUDEMENT (1902-1993)

BEAUDEMENT Jean-Marie (1902-1993) INDE
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    [3552]  BEAUDEMENT Jean-Marie, est né à Roanne, dans le diocèse de Lyon (Loire), le 13 mars 1902. Il fit ses études primaires et secondaires à Roanne. Il entra au Séminaire des Missions Étrangères le 7 septembre 1932. Il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1933 et partit pour la mission de Coïmbatore le 22 avril 1936.

     

    Il arriva à Coïmbatore au moment de la canicule. Pour éviter les grosses chaleurs, on l'envoya sur les hauteurs des Nilgiris à Ootacamund. Après les chaleurs, il redescendit dans la plaine et s'installa à l'évêché de Coïmbatore pour y apprendre le tamoul. Il avait presque 33 ans : il éprouva beaucoup de difficultés à apprendre cette langue. Toutefois, ce qu'il en savait lui permit de vaquer à son ministère pendant toute sa vie missionnaire.

     

    En 1938, il fut renvoyé à Ootacamund, comme aumônier des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie. Elles ont là, sur la paroisse Ste Marie, leur Couvent de fondation avec écoles, orphelinats et pensionnats pour jeunes filles de langue anglaise et tamoule. Il était venu remplacer le Père Rogues-Perrin parti en congé en France. Au retour de ce Père, le Père Beaudement fut alors transféré dans le district de Kolappalur, à 60 km de Coïmbatore, comme vicaire du Père F. Audiau. C'était l'époque où le Mahatma Gandhi prêchait contre l'intouchabilité et où se développait, dans ce district, un vaste mouvement de conversions des Intouchables. Le Père Beaudement seconda son curé autant qu'il le put. Il se montra très dévoué, mais plutôt scrupuleux dans sa vie spirituelle, surtout dans la récitation du bréviaire qu'il n'arrivait à finir que très tard le soir. Ces scrupules le suivront toute sa vie, dévoilant ainsi son désir de faire toute chose selon les règles de notre Sainte Mère l'Église, mais nuisant aussi aux exigences du ministère.

     

    En 1940, un décret de la Congrégation de la Propagande vint annoncer que le diocèse de Coïmbatore serait confié au clergé indigène, et serait amputé d'une partie de son territoire; les Nilgiris et le territoire nord de la rivière Bhavani, jusqu'à la ville de Bhavani, près de Salem. Cette portion serait rattachée au nouveau diocèse de Mysore.

     

    Ce décret, signé le 13 février 1940, créait une situation insolite pour la vingtaine de Pères des ME travaillant jusqu'ici dans le diocèse de Coïmbatore. On les invita à aller se regrouper dans le district des Nilgiris.

     

    En attendant la nomination d'un nouvel évêque à Mysore, Rome désigna un administrateur apostolique pour le district des Nilgiris en la personne du Père Léon Béchu, MEP. Quant au diocèse de Coïmbatore, son premier évêque indien, Mgr. B. Oubagarasamy, fut sacré à Coïmbatore le 25 juillet 1940.

     

    Le Père Beaudement quitta donc Kolappalur pour aller oeuvrer sous d'autres cieux. Il fut nommé à Kodivéri, sur les bords de la rivière Bhavani, vicaire du Père Gaucher, lui aussi ancien missionnaire de Coïmbatore. Le Père Gaucher retrouvait à Kodivéri non seulement une belle communauté chrétienne, mais de nombreuses rizières, source de revenus pour la mission; rizières qu'il connaissait bien pour les avoir établies lui-même des années auparavant.

     

    Quand le premier évêque de la nouvelle mission de Mysore, le Père R. Feuga, MEP, fut nommé en mai 1940 et sacré le 2 juillet suivant, le Père Beaudement se trouva membre de ce nouveau diocèse. Il resta à Kodivéri jusqu'en 1942, année où il fut transféré dans la paroisse de Martahalli, district de Kollégal. Il y restera jusqu'en 1945. Il fut ensuite envoyé à Sinnapallam, près de Salem. Ce fut alors pour lui une succession rapide de transferts : à Mettur et à Gudalur en 1946, puis à Kotagiri en 1948, dans les Nilgiris. Il put jouir là d'un climat idéal, mais il eut à visiter ses paroissiens tamouls travaillant dans les plantations de thé et de café, nombreuses dans cette partie de la montagne.

     

    En 1950, il prit son congé en France, et se reposa jusqu'en janvier 1951. À son retour en Inde, il fut envoyé comme curé de Sivasamuttiram, un centre hydroélectrique près des grandes chutes d'eau de la rivière Kavéri. C'était un centre important, fournissant l'électricité à tout l'État de Mysore. Parmi les ouvriers et les fonctionnaires, il y avait quelques chrétiens, et en particulier le directeur, qui aida beaucoup le Père Beaudement dans son ministère paroissial. En plus de ce centre, il devait aller visiter quelques villages de chrétiens situés autour de Sivasamuttiram. Heureusement, le Père put se déplacer sur sa motocyclette légendaire, rafistolée bien des fois avec des bouts de fil de fer, et pétaradant si fort qu'un jour, le pauvre catéchiste en selle par derrière fut éjecté sans que le Père s'en aperçoive... Il dut revenir le chercher, en lui présentant des excuses de sportif, très et même dynamique !!

     

    En 1960, il repartit en France pour un autre congé. Revenu en Inde en 1961, on le nomma à Martahalli, vicaire du Père Chervier, dans le Kollégal, paroisse qu'il connaissait déjà. Les Tamouls du pays cultivaient et récoltaient dans leurs champs des piments verts et rouges, dont la vente leur permettait de bien vivre. C'était une communauté vivante, développée par le Père Chervier qui, dans son grand zèle missionnaire, avait fait de nombreux baptêmes, établi des écoles florissantes, et un dispensaire tenu par les Soeurs Franciscaines MM. où on pouvait trouver la fameuse pierre noire, très efficace contre les morsures de serpents. En 1963, le Père Beaudement alla s'installer à 3 km de là, dans une nouvelle paroisse perdue dans la brousse, à Othertotti. Là, il dut s'occuper de plus de 1000 chrétiens. Avec l'aide de la Sainte Enfance, il construisit une grande école, dont il laissa la direction aux Soeurs Franciscaines.

     

    En 1967, on le transféra à Cowdalli, non loin de Martahalli, paroisse que le Père Godest dut abandonner pour aller développer une nouvelle paroisse à Thomaiarpalayam. Puis, le Père Beaudement retourna encore en France pour quelques mois. Quand il revint en 1970, il retourna à Cowdalli. À l'âge de 72 ans, il continue à aider ses confrères, toujours prêt à rendre service.

     

    En 1975, il quitte le ministère actif pour venir s'établir au presbytère de la cathédrale Ste Philomène à Mysore.

     

    Il resta là jusqu'en 1980, date à laquelle il rentra définitivement en France. Il passa les derniers jours de sa vie dans la maison de Montbeton, dans le sud de la France. Il passa des jours paisibles et heureux, dans la prière incessante, le silence et le souvenir. Il fut bien soigné par des confrères très dévoués au service des malades, et mourut paisiblement le 28 avril 1993.

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1936 p. 95. 286. photo p. 140. 1937 p. 96. 1940 p. 18.

    CR 1936 p. 233. 1939 p. 203. 1950 p. 123. 1960 p. 88. 1962 p. 103. 1963 p. 108. 1964 p. 70. 1965 p. 137. 1966 p. 182. 1967 p. 127. 128. 1969 p. 147. 1974-76 p. 194. AG80-81 p. 212.

    BME 1936 p. 314. 385. 463. 534. 1937 p. 222. 1938 p. 712. 1940 p. 826. 1949 p. 189. 724. 1951 p. 136. 1956 p. 675. 1958 p. 654. 1959 p. 887. 1960 p. 841. 1024. 1961 p. 769.

    Hir. n° 125.

    EC1 N°  243. 330. 335. 483. 490. 678. 681. 692.

    NS. 8P250. 14P448. 19/C2. 25/C2. 36P309. 57P312. 85/C2. 93/C2. 141/C2. 182/78.

     

    • Numéro : 3552
    • Pays : Inde
    • Année : 1936