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Stanislas BAUDRY (1887-1954)

BAUDRY Stanislas Mgr (1887-1954) CHINE
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    [3167]  BAUDRY Stanislas, Henri, naquit le 27 novembre 1887 à La Pommeraie sur Sèvre, au diocèse de Luçon (Vendée), dans une famille profondément chrétienne de cultivateurs. Il fit ses études primaires à St Amand sur Sèvre, et ses études secondaires (de 1903 à 1907) aux Sables d'Olonne.

     

    Il était d'un tempérament exubérant. Les galopades dans les chemins creux du bocage vendéen le firent-elles rêver de chevauchées apostoliques dans les montagnes de Chine ? Ce n'est pas sûr, mais ce fut surtout son ardent désir de se consacrer totalement à Dieu qui le détermina à entrer le 11 septembre 1907 au Séminaire des Missions Étrangères de Paris. Il étudia la philosophie à Bièvres et la théologie à Paris. Ordonné prêtre le 28 septembre 1913, il partit pour la mission du Kientchang le 10 décembre 1913.

     

    Ce fut en février 1914 qu'il arriva à Sichang, dans les Marches tibétaines. Pour y parvenir, il faut franchir une muraille de montagnes, et une fois dans ces contreforts lointains de l'Himalaya, on trouve des vallées très encaissées et tout un enchevêtrement de montagnes. Le pays est habité par des tribus aborigènes (Lolos, Si-fan, Lyssou et Mosso). Il y avait aussi des Chinois, qui avaient été déportés dans ce pays lointain, auxquels se joignaient des trafiquants d'opium et divers contrebandiers. Tous s'unirent pour s'emparer des vallées fertiles et en chasser les justes et naturels propriétaires. D'où, entre toutes ces catégories de population, un état de tension, de guerre froide ou chaude, endémique et très gênante pour le travail d'évangélisation.

     

    Le Père Baudry eut pour chef de mission Mgr. de Guébriant, qui fut tout heureux de recevoir un jeune missionnaire au vrai coeur d'apôtre. Entre 1914 et 1923, le Père Baudry est le responsable des districts de Yen-tsin et Tchang-pin-tse, célébrant de nombreux baptêmes et catéchisant ses chrétiens, au cours de longues randonnées dans les montagnes.

     

    En 1917, Mgr. de Guébriant, nommé vicaire apostolique de Canton, quitte avec grand regret son cher Kientchang. Mgr. Bourgain lui succède et, en 1923, appelle le Père Baudry à Sichang pour lui confier la paroisse et la procure de la mission. Une autre page de sa vie allait commencer pour lui, en dépit d'une épreuve particulièrement cruelle qui aurait pu lui coûter la vie. Un poison violent mêlé à sa nourriture par quelqu'un qui n'avait pas accepté une juste remarque, lui fit perdre un oeil, diminua considérablement la vue de l'autre, et nécessita un repos prolongé à Hongkong, où Mgr. de Guébriant l'envoya dès qu'il fut transportable. C'était une question de vie ou de mort. Son organisme fut long à se remettre de cette secousse terrible qui le laissa avec une vue bien amoindrie.

     

    Il fut un bon procureur, tout dévoué à son évêque et à ses confrères, prudent mais également ferme quand les événements le demandaient.

     

    En 1925, Mgr. Bourgain le nomma provicaire, et, à sa mort survenue deux mois après, le Père Baudry devenait supérieur de la mission. Puis, le jour de Pâques 1927, un télégramme de Mgr. de Guébriant annonça sa nomination d'évêque du lieu. Le sacre eut lieu en la fête du Christ-Roi, le 30 octobre 1927, dans la cathédrale de Chengtu, et ce fut Mgr. Rouchouse qui fut le consécrateur.

     

    Dans sa mission du Kientchang, il continua, comme évêque, de parcourir le territoire dont il avait la charge. Au cours de ses 24 années d'épiscopat, églises, oratoires, hôpitaux, dispensaires, écoles, asiles de vieillards, surgirent de terre, un peu dans tous les districts. Pour la seule ville de Sichang, ce fut l'hôpital, le couvent des Soeurs Franciscaines de Marie, le noviciat des Oblates, l'école des Vierges de la Doctrine chrétienne, le Petit Séminaire Sainte Anne, le monastère des Pères rédemptoristes, un terrain acheté pour une école qui devait être confiée aux Frères maristes.

     

    Parti de Sichang le 4 décembre 1951, il arriva à Hongkong le 8 janvier 1952, le coeur brisé de quitter la Chine, sa deuxième patrie. Quelques semaines après, il partit pour Rome, afin de rendre compte de l'état de sa mission, puis, après un passage à Paris, il alla se retirer en Vendée, où sa paroisse natale de La Pommeraie l'accueillit avec vénération.

     

    Après la célébration de son jubilé d'argent épiscopal en septembre 1952, il devint aumônier de l'hôpital de Noirmoutier. Mais bientôt il dut quitter cet apostolat, car atteint d'un cancer à l'intestin, il dut se rendre à Paris, où il fut opéré. Le mal était incurable, et il en fut avertit. Il se prépara à la mort en toute sérénité, supportant ses souffrances avec le sourire. "J'ai besoin de souffrir, disait-il, j'ai tant à expier, et puis, il y a nos prêtres, nos Frères, nos Religieuses et nos chrétiens, là-bas en Chine."

     

    Le 6 août 1954, il expira dans ce Séminaire de la rue du Bac qu'il aimait tant.

     

    Son âme d'apôtre était remplie de bonté souriante pour tous. Dépourvu d'affectation, il ne cherchait point à en imposer et il compatissait aux peines et aux difficultés de tous. Il vécut toujours dans la pauvreté; dépensant tout pour sa mission et ses missionnaires. Il fut d'une grande piété, surtout dans les dernières années. Il puisait sa force en Dieu, à la Messe et dans la prière. Il mit toujours toute sa confiance en Dieu et la Vierge Marie.

     

    Dans la tradition des Missions Étrangères de Paris, Mgr. Baudry se préoccupa beaucoup de la formation d'un clergé chinois. Ne disait-il pas qu'il fallait que la mission s'efface un jour pour faire place à l'Église locale avec ses chefs, ses prêtres, tirés du peuple chinois." Une mission qui ne serait pas destinée à aboutir en un jour plus ou moins lointain à ce résultat, disait-il, serait vouée à l'échec." En 1927, le nouvel évêque trouvait 4 prêtres chinois dans sa mission, en 1951, à son départ, il en laissait 18, auxquels il faut ajouter 5 grands séminaristes et 11 petits séminaristes.

     

    Mgr. Baudry sut s'entourer du concours des Religieuses Franciscaines missionnaires de Marie, et de celui des Pères rédemptoristes de la Province d'Espagne, qui s'installèrent à Ning-yuen-fu, prêchèrent dans les districts et donnèrent des instructions aux religieuses et aux prêtres. Mentionnons aussi l'aide des Petits Frères de Marie, qui dirigèrent une école secondaire, devenue vite célèbre.

     

    Ainsi, l'activité apostolique de Mgr. Baudry fut intense, et il essaya de l'amplifier avec le concours des nombreux ouvriers apostoliques.

     

    Si il y eut de bons résultats, il y eut aussi de nombreuses épreuves. Dès 1929, ce fut une vague de xénophobie, avec pillage des résidences missionnaires. Mais l'évêque et ses missionnaires poursuivirent leur travail, en développant le clergé autochtone, en augmentant le nombre des ouvriers et en construisant les oeuvres.

     

    Le 27 mars 1950 marqua l'arrivée des troupes communistes à Sichang, et progressivement, l'étau se resserra autour de l'Église catholique. Les unes près les autres, les oeuvres durent cesser leurs activités, en raison de taxes de toutes sortes qui ruinèrent les districts. Les exécutions capitales d'un prêtre, d'un Frère mariste et d'un séminariste ainsi que les incarcérations de prêtres et de chrétiens furent douloureuses au coeur de tous, surtout de l'évêque, qui, lui aussi, fut appelé à comparaître devant un "jugement populaire" et fut contraint de quitter son diocèse, après 33 ans de vie missionnaire, dont 24 d'apostolat.

     

     

     

    Références biographiques

     

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    EC1 N°  127. 201. 202. 206. 208. 263. 310. 449. 477. 484. 511. 514. 550. 554. 555. 556. 563. 564.

     

    • Numéro : 3167
    • Pays : Chine
    • Année : 1913