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Joseph BÉRENGER (1885-1920)

BÉRENGER Joseph (1885-1920) CHINE
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    [3066]  BÉRENGER Joseph, René, Désiré, est né le 10 août 1885 à St Pierre-des-Landes, au diocèse de Laval (Mayenne). Il fait ses études secondaires au Petit Séminaire diocésain, et entre aux Missions Étrangères le 3 octobre 1906. Il est ordonné prêtre le 24 septembre 1910 et part le 10 novembre pour le Kouytchéou.

     

    Arrivé à Kweiyang le 4 février 1911, il se met à l'étude du chinois. Au bout d'une année de travail acharné, il parle suffisamment bien la langue pour aller en paroisse. Il est alors nommé à Outchan. Ce district, situé à l'extrêmité nord de la Mission est composé de vieux chrétiens, formés jadis par le Bx. Moye : un beau champ d'apostolat se présente au prêtre débutant. M. Bérenger se consacre à sa tâche avec le plus entier dévouement.

     

    Dès son arrivée, au mois de novembre, il part administrer les chrétiens éloignés de sa résidence par trois et quatre étapes de montagnes escarpées, couvertes de neige, de verglas. Après de tels voyages, il se montre heureux du devoir accompli. Il aime tant ce poste que, pour tout au monde, il ne veut le quitter. L'obéissance en décide autrement.

     

    Il n'avait guère que deux ans de mission, dont un seulement de ministère. Son évêque le trouva assez mûri pour lui confier le district de Jenhousy, qui comptait environ 1.200 chrétiens dispersés sur 200 km. Le Père s'installe dans sa résidence de Eulangpa, en 1913. Le paysage est certes pittoresque -ce district se trouve au milieu du beau pays du Kouytchéou- mais est situé dans une zone de brigands et de détrousseurs de grands chemins. Un jour, sa caravane est attaquée : les bagages sont volés, mais le Père arrive auprès des brigands et réussit à les convaincre de lui rendre le butin. À Eulangpa, il trouve un peu plus de sécurité, et passe son temps à surveiller ses écoles et à visiter ses chrétiens.

     

    En 1914, la mobilisation pour la grande guerre vient le surprendre. Il est d'abord mobilisé à Tien-sin, puis obtient son retour en France, où il passe ses quatre années de guerre. Après les hostilités, il retourne dans sa mission.

     

    En 1920, il doit partir visiter un malade à trois étapes de Tongtse, en plein pays de brigands. Il revient à son poste dans l'après-midi du 15 juillet, guilleret et content malgré deux rencontres avec les brigands qui ne l'ont en somme pas trop maltraité et lui ont laissé ses ornements et son calice. À son retour, il visite quelques malades en ville, et demande pour son souper de la bouillie de riz, qu'il ne peut manger. Il se couche de bonne heure, mais se lève vers minuit. Il réveille son personnel, car il est très mal : crampes aux pieds, sueurs abondantes, forte diarrhée. Il réclame une brique chaude, du thé chaud, des jaunes d'oeufs. Il demande un furgatif qu'il ne peut absorber. Le matin, les pieds les mains et le dessous de la langue sont violets. L'évolution de la maladie a été extrêmement rapide, à neuf heures, tout est fini. M. Bérenger a été emporté par le choléra.

     

    Doué d'une énergie peu commune, d'un jugement très sûr, d'une santé à toute épreuve, M. Bérenger était taillé, au physique comme au moral, pour faire un rude missionnaire. Dieu lui a tenu compte de sa bonne volonté. Après avoir échappé à la mort sur le champ de bataille, il a succombé, victime de son zèle poussé à l'extrême limite.

     

     

    Références biographiques

     

    AME 1911 p. 53. 1919-20 p. 528.

    CR 1910 p. 300. 1920 p. 160. 1921 p. 56. 158. 1936 p. 320.

     

    • Numéro : 3066
    • Pays : Chine
    • Année : 1910