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Pierre ALRIC (1886-1923)

ALRIC Pierre, Raymond (1886-1923) CHINE
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    Pierre, Raymond ALRIC, fils d'une nombreuse famille rouergate, naquit le 8 août 1886, à Millau, paroisse Saint Martin, diocèse de Rodez, département de l'Aveyron.

     

    Le 28 septembre 1904, il entra au séminaire des Missions Etrangères. Il reçut la tonsure le 23 février 1907, et les ordres mineurs le 21 septembre 1907. En 1909, il fut nommé responsable de l'Oratoire qu'il décora magnifiquement, lors du triduum pour la Béatification, à Rome, des trente trois martyrs de la Société, le 2 mai 1909. Sous-diacre le 18 décembre 1909, diacre le 12 mars 1910, ordonné prêtre le 24 septembre 1910, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique du Thibet (Tatsienlou), qu'il partit rejoindre le 30 novembre 1910. Après avoir béni son frère Marcel, venu à Marseille, au nom de tous les siens, il s'embarqua à bord du "Calédonien".

     

    Après quarante et un jours de mer, M. Alric toucha Shanghai; il lui fallut cent six  jours pour remonter le fleuve Yang-tse-Kiang (Fleuve Bleu) et enfin "découvrir le soleil se lever sur "sa terre", loin encore derrière les montagnes de Tatsienlou", où il arriva en avril 1911.

     

    M. Alric se consacra d'abord à l'étude de la langue chinoise, à Tatsienlou, et, succédant à M. Davenas, il fit sa formation missionnaire sous la direction de M. Ouvrard qu'il aida dans le ministère paroissial. En octobre 1911, éclata la révolution chinoise. Pour éviter les hordes révolutionnaires, Mgr. Giraudeau jugea prudent d'envoyer le personnel de la Mission, à deux jours de la ville, en pays thibétain. Mais les Thibétains profitèrent de l'anarchie pour se révolter.

     

    En mars 1912, le calme revenu, Monseigneur confia à M. Alric  la direction de l'école des catéchistes. En avril 1912, M. Alric fut nommé au poste de Kia-ku-long, à cinq journées de cheval de Tatsienlou, dans la partie nord-ouest de la Mission. Mais une nouvelle révolte thibétaine l'obligea à différer son départ. Enfin le 8 septembre 1912, il se mit en route pour Kia-ku-long, où tout était à refaire..

     

    Lors de la dernière révolte thibétaine, ce poste missionnaire ayant été complètement pillé et détruit, M.Alric fit bâtir une petite résidence provisoire. L'insécurité ayant dispersé ou fait fuir les anciens chrétiens, Il ne  trouva, à son arrivée, que cinq fidèles, y compris son domestique et son maitre d'école. A cette époque, Kia-ku-long n'était qu'une grande plaine inculte. M. Alric l'ouvrit à la culture, en y attirant des cultivateurs chinois, en vue de créer une chrétienté. Cela lui imposa des dépenses pécuniaires importantes, et lui créa quelques soucis.

     

    Dès 1914, autour de sa résidence, s'était élevé un village chinois en plein développement. Accueillant et joyeux, M. Alric continua à construire pour installer les nouveaux arrivants. Il agrandit sa résidence, ouvrit des écoles, et bâtit une chapelle. Vers 1917, pour permettre à Kia-ku-long de devenir un centre commercial important, il jeta un pont sur la rivière voisine, encourageant ainsi les caravanes marchandes à passer par le village de Charatong.

     

    En 1920, sa chapelle étant devenue trop petite, M. Alric en éleva une nouvelle plus grande, tenant compte des besoins présents et des espoirs que la prospérité de ce centre chrétien permettait de concevoir. Au début de 1923, les travaux étant terminés, il en avait fixé la bénédiction pour la fête du Sacré-Cœur, qu'il avait choisi comme titulaire. A cette date, le nombre de ses chrétiens allait dépasser la centaine avec un nombre au moins égal de catéchumènes qu'il instruisait régulièrement chaque soir. Il consacrait ses matinées à expliquer le message chrétien aux élèves des écoles.

     

    Le 24 mars 1923, à 19h30, en un clin d'œil, un secousse sismique affaisa le sol de plusieurs mètres, puis le relança en haut. Des gouffres profonds s'ouvrirent. Tout fut détruit sur une longueur de plus de cent kms. Le tiers de la population fut enseveli sous les décombres. Une soixantaine de chrétiens et toutes les élèves qui étaient à l'intérieur de l'école furent tuées.

     

    M. Alric, surpris par le cataclysme fut écrasé sous les décombres de sa propre maison. Son corps, dégagé le 26 mars 1923, portait les traces de nombreuses blessures. Une large plaie à la tête laissa supposer qu'il fut frappé par la chute d'une poutre et qu'il serait mort sur le coup. Ses funérailles eurent lieu le mercredi 28 mars 1923, présidées par M. Doublet.

     

     

     

     

    Références biographiques

     

    AME 1911 p. 54. 1912 p. 335. 1938 p. 66.

    CR 1910 p. 301. 1911 p. 86. 1915 p. 68. 1916 p. 73. 1917 p. 51. 52. 1918 p. 36. 1919 p. 43. 1920 p. 27. 1922 p. 51. 1923 p. 65. 67. 68. 241. 1933 p. 96. 1947 p. 188.

    BME 1923 p. 281. 384. 397. 398. 572. 1926 p. 725. 1933 p. 346. 506. 1934 p. 391. 616.

    MC 1922 p. 257. 258.

    EC1 N°  39.

    • Numéro : 3072
    • Pays : Chine
    • Année : 1910