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Charles Lucien ACKERMANN (1866-1925)

ACKERMANN Lucien (1866-1925) VIETNAM
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    Charles-Lucien ACKERMANN  naquit le  27 Août 1866, à  STIERINGEN-WENDEL, diocèse de METZ,  département de la MOSELLE (ex-  province  Lorraine-Allemagne). Son père fut, pendant de longues années, chantre-sacristain de cette paroisse et greffier de la commune. Sa mère, une femme à poigne, tenait un commerce d'épicerie ; il y avait une famille nombreuse à faire vivre. Trois fils, Isidore, Lucien, les ainés de la famille, et Charles plus jeune entrèrent au Petit Séminaire de MONTIGNY. Lucien et Charles devinrent missionnaires.

     

    La langue française n'étant plus enseignée à STIERINGEN-WENDEL, Lucien alla  chez les parents  de M.GERNOT, son oncle, à JOPPECOURT, (Meurthe-et-Moselle) où il fit ses études primaires. M. l'Abbé  BAUCHOT, curé de la paroisse, lui donna les premières leçons de latin ; En octobre 1877, il le fit rentrer en sixième  au Petit Séminaire  de MONTIGNY. Lucien en sortit, sept ans après, bachelier avec la mention "Bien". En  Octobre 1884, il entra au Grand Séminaire de METZ où il reçut les ordres mineurs, le 20 Juillet 1886.

     

    Le 20 Septembre 1887, il fut admis au Séminaire des Missions Etrangères. Peu de temps après, il tomba gravement malade,et fut obligé de revenir dans sa famille. Guéri il reprit ses études écclesiastiques au Grand Séminaire de METZ. En octobre 1889, n'étant encore que sous-diacre, il fut ajoint comme auxiliaire de l'oeuvre de l'Abbé RISSE.. Il fut ordonné prêtre le 13 Juillet 1890 ; ses Supérieurs de METZ ayant donné une réponse négative à sa demande de partir en mission, il dût accepter la nomination de  vicaire à THIONVILLE. Il occupa ce poste jusqu'en  1894.

     

    Le 25 Septembre 1894,ses supérieurs ayant enfin fait droit à ses instances réitérées, il revint au Séminaire des Missions Etrangères que son frère Charles, destiné à la mission du Cambodge, venait de quitter le 29 Août 1894, Il reçut sa destination pour le Vicariat Apostolique de la COCHINCHINE OCCIDENTALE  (SAIGON) qu'il rejoignit  le 04 Décembre 1895.

     

    M. Lucien ACKERMANN arriva à SAIGON, vers la fin de 1895. Mgr. DEPIERRE  l'envoya à CAIMONG pour apprendre la langue viêtnamienne, auprès de son oncle M.GERNOT, Provicaire,Chef d'un district  des plus importants de la Mission, Supérieur d'un couvent de religieuses viêtnamiennes. Malgré un âge avancé, l'oncle était d'un enthousiasme vibrant, très optimiste, le neveu d'un flegme imperturbable.A bonne école, il fut bientôt à même de faire un peu de ministère. Ce fut le début d'une série d'aventures ! Un jour, portant le viatique à un mourant, le quinzième "pont de singe" qu'il passait,céda sous son poids. Il se retrouva dans la vase de l'arroyo, et s'écria : " Eh bien ! Nous voilà propres !.." Une autre fois, la barque chavira. Il faillit s'empaler sur un piquet de filets de pêcheurs.!

     

    En mars 1898, il quitta les "217 ponts de singe" et la batellerie de CAIMONG, pour devenir vicaire de M. LE MEE, à la cathédrale de SAIGON. Là, le ministère changea :confessional,catéchismes,etc... Il rendait souvent visite aux professeurs du Séminaire "dont il n'enviait le sort, disait-il, que pendant les vacances." Très taquin,  il avait plaisir à  mettre aux prises deux professeurs, deux gascons pleins d'esprit, mais qui éprouvaient le besoin de se contredire continuellement.

     

    En 1900, il fut nommé chef du district de BIEN-HOA. En plus de ministère, il créa des revenus en construisant des petits appartements mis en location, aménagea un cimetière,fit réparer son presbytère.

     

    Du mois de mars  au  mois de Juin 1906,  devenu curé du Cap SAINT- JACQUES, il continua les travaux de construction de l'église. A la mort de  M.COMBALBERT, (22 Juin 1906), il prit la direction du district de DAT-DO. Il apprit à ses paroissiens l'exploitation productive et régulière de la forêt.

     

    En Janvier 1909, il dut accepter de succéder à M. LALLEMENT, provicaire et chef du district de VINH-LONG. mort  le 24 Décembre 1908 à Saigon. Il y retrouvait les arroyos, mais se rapprochait de son frère Charles, professeur au séminaire de CULAOGIENG, et de son oncle, le "patriarche" de la Cochinchine. Il passa six ans dans ce poste, régularisa de nombreux mariages,augmenta le nombre des chrétiens. Il créa des revenus pour la chrétienté,construisit un presbytère et la maison des Soeurs l'un et l'autre à étage.

     

     

    En mars 1915, il remplaça M.BOURGEOIS à BEN-TRE. Il augmenta les revenus du district,  répara l'église et le presbytère, construisit une école,s'occupa avec zèle des malades  de l'hôpital provincial. Mais sa santé déclina, il subit une opération d'appendicite à Saigon, et les médecins lui conseillèrent de retourner au pays natal pour sa convalescence !. C'était en 1919.

     

    De retour dans sa mission à la fin de1921,  Mgr. QUINTON lui demanda de tenir le district de THUDAUMOT, très étendu. Il constata rapidement  qu'il ne pouvait plus se déplacer sans grande fatigue. Aussi, en 1922, il demanda à revenir à BEN-TRE où le travail lui serait plus facile. En 1924, une émaciation sans cause apparente se produisit,et  une diarrhée opiniâtre l'affaiblit de plus en plus Il se soigna à l'hôpital de  BENT-TRE, à la clinique ANGIER à SAIGON, au sanatorium de DALAT, à celui de HONG-KONG, rien n'y fit.  Il rentra en France.

     

    À la Procure de Marseille, bien que n'ayant  que "la peau pour envelopper ses os", -il pesait 45 kgs- un léger mieux se produisit. En mai 1925, sur le conseil des médecins, il alla faire une cure à CHATELGUYON, puis se rendit chez sa soeur en Lorraine. La saison froide le cloua au lit, il patienta pendant un mois, puis se fit transporter au train pour Paris, et arriva exténué à la rue du bac. "Le soleil seul de Provence peut me faire du bien, disait-il ; vous verrez qu'il me guérira." Quelques jours après, il quitta le séminaire pour  la procure de MARSEILLE. Accueilli à la gare par M.BONHOMME et un confrère, il était brisé de fatigue, à bout de souffle, jambes enflées.

     

    Le 29 Novembre 1925,ayant refusé d'être servi dans sa chambre, il descendit au réfectoire pour le repas de midi, et causa gaiement, comme d'habitude. En se levant de table, n'ayant presque rien mangé, il s'affaissa et tomba en syncope. Il revint à lui sans se croire en danger.Le soir, M.MASSERON lui proposa les derniers sacrements.Il accepta, sans être convaincu de la gravité de son état. Mgr. GAUTHIER lui donna le sacrement des malades  Il était 9 heures du soir.Resté sous la surveillance de M.BONHOMME et de deux religieuses gardes-malades, vers 10 heures du soir, il rendit  son âme à Dieu

     

    Références biographiques

    AME 1896 p. 436. 1900 p. 94. 1911 p. 157. 1913 p. 70 (art.). 1919 p. 192. 288. 1926-27 p. 40.

    CR 1895 p. 332. 1899 p. 201. 1913 p. 226. 1918 p. 82. 1919 p. 82. 1925 p. 103. 198. 1926 p. 115. 198. 1932 p. 408. 410. 414.

    BME 1925 p. 115. 307. 1926 p. 66. 1928 p. 502.

    R. MEP N° 122 p. 40.

    EC1 N°  86. 87. 88. 97. 98.

     

    Bibliographie

    "Retraite sacerdotale et apostolique" . 252 pages.

     

     

     


     

     

    • Numéro : 2194
    • Pays : Vietnam France
    • Année : 1895