Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

lettre n°57

SOCIÉTÉ DES MISSIONS - ÉTRANGÈRES Compte rendu des travaux de lannée 1917 SÉMINAIREParis, le 31 décembre 1917 DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES LETTRE COMMUNE Nº 57 A Nosseigneurs les Évêques et a MM. les Missionnaires de la Société des Missions-Étrangères NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
Add this
    SOCIÉTÉ

    DES


    MISSIONS - ÉTRANGÈRES
    ___

    Compte rendu des travaux de lannée 1917




    SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1917
    DES
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES
    ____

    LETTRE COMMUNE
    Nº 57



    A Nosseigneurs les Évêques
    et a MM. les Missionnaires
    de la Société des Missions-Étrangères



    NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

    Nous devons remercier la divine Providence qui, pendant cette année, a écarté de nos missions, déjà si éprouvées par la guerre européenne, les persécutions ouvertes et les grandes catastrophes. Voici, en quelques mots, quelle a été la situation générale des pays que nous évangélisons.
    Dans les missions du Japon et de la Corée, nos confrères signalent la pression officielle, exercée sans violences, mais dune façon très réelle et persistante, pour donner un renouveau de vie au shintoïsme ou religion nationale, et obliger tous les enfants des écoles à participer au culte des âmes des héros morts pour la patrie.
    La Chine a continué à être le théâtre des révolutions, des luttes intestines, des brigandages qui ont rendu le travail des ouvriers apostoliques particulièrement difficile, surtout dans certaines provinces.
    LInde a été agitée par un mouvement dindépendance qui sest fait sentir dans les milieux intellectuels, mais qui heureusement na pas trouvé décho parmi les catholiques de nos misssions.
    Lindochine, le Siam et les missions des colonies anglaises des Détroits et de la Birmanie ont continué à jouir de la tranquillité et de la paix, ce qui ne veut pas dire quelles ne sont pas éprouvées comme les autres par la grande guerre.
    Cest donc dans une tranquillité relative que se sont accomplis les travaux de lexercice. Les résultats obtenus, sans être aussi abondants que ceux de lannée dernière, ne sont pas inférieurs à la moyenne des années qui ont précédé la dure et longue épreuve que nous traversons.
    Nous regrettons vivement de navoir pas reçu le compte rendu du Setchoan occidental. Pour les 34 missions dont les statistiques nous sont parvenues, nous comptons :

    Baptêmes dadultes 29.331
    Baptêmes denfants de païens en danger de mort 104.925
    Conversions dhérétiques 311

    De ces résultats, obtenus malgré labsence de plusieurs centaines de missionnaires mobilisés, nous sommes redevables dabord et surtout au Dieu très bon et très grand qui a soutenu les ouvriers apostoliques et fécondé leurs travaux. A Lui donc nous adressons nos ferventes actions de grâces, en le suppliant de continuer à notre uvre sa toute-puissante protection.
    Nous les devons aussi lactivité déployée par ceux qui ont pu rester à leur poste et qui se sont dépensés avec zèle pour suppléer les trop nombreux absents.
    Nous les devons enfin, nous croyons devoir le dire, au concours du clergé indigène dont les circonstances actuelles ont fait sentir plus vivement le prix. Grâce à Dieu nous navons jamais perdu de vue que la mission spéciale confiée par le Saint-Siège à la Société des Missions-Etrangères dès son origine, était délever et de conduire aux saints ordres des sujets nombreux et capables ». Les 2.650 prêtres indigènes qui depuis 1.664 jusquà 1.914 sont sortis de notre Collège général ou des divers séminaires de nos missions, prouvent comment nous nous sommes toujours appliqués à poursuivre ce but.
    A la fin de 1914 nous avions dans nos diverses missions 940 prêtres indigènes ; à la fin de 1917 nous en comptons 1.043. La plupart des rapports que nous avons reçus témoignent de la sollicitude des chefs de missions pour augmenter encore ce nombre en donnant la meilleure formation possible à ces futurs collaborateurs. Nos séminaires comptaient à la fin du présent exercice 2.369 élèves, en y comprenant ceux du Collège général de Pinang que nous voyons avec joie retrouver sa prospérité dautrefois.
    Dans les diverses relations nous avons relevé avec satisfaction les témoignages rendus au zèle et aux succès des prêtres indigènes. Bien volontiers nous ferons chaque année au récit de leurs travaux une place plus large encore, heureux de faire ainsi connaître ce clergé dont on ignore trop le nombre et la valeur. Ce sera le moyen dattirer lattention des bienfaiteurs des missions sur une uvre qui est dune importance capitale pour lavenir des jeunes Eglises dExtrême-Orient.
    Dans le courant de 1917, vingt-six de nos confrères ont terminé leur carrière apostolique. En tête de notre nécrologe nous devons inscrire trois de nos évêques : Mgr Caspar, ancien Vicaire apostolique de la Cochinchine septentrionale, décédé à Obernai, son pays nalal, avant davoir vu sa chère Alsace redevenir française ; Mgr Chatron, évêque dOsaka qui lavait précédé de quelques semaines dans la tombe ; et Mgr Vincent Sage, coadjuteur du Vicaire apostolique de la Mandchourie méridionale. Sacré au début de la guerre, Mgr Sage promettait de fournir une longue et féconde carrière épiscopale : la Providence en a disposé autrement.
    Parmi les défunts de lannée, nous devons une mention spéciale à M. Cavaignac, missionnaire de Nagasaki, tué à lennemi le 18 avril 1917. Aumônier bénévole dun bataillon de zouaves, plusieurs fois cité à lordre du jour, notre confrère est tombé devant son poste de secours, en remplissant auprès dun blessé son ministère sacerdotal.
    Nous devrions sans doute compter aussi parmi les victimes de la guerre M. Lagathu, missionnaire du Laos, qui remplissait les fonctions daumônier dans un régiment colonial. Daprès les renseignements que nous avons pu recueillir, il est tombé, blessé, sur le champ de bataille à lattaque du 16 avril 1917. Officiellement, il est porté disparu à cette date ; malgré le peu despoir que nous conservons de le retrouver vivant, nous navons pas cru devoir linscrire encore parmi les défunts de lannée.
    Quatre de nos aspirants sont aussi tombés au champ dhonneur dans le courant de 1917, ce qui, à la fin de cette année, porte à 40 le nombre de nos mobilisés morts pour la France.



    ~~~~~~~
    None
    Aucune image