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lettre n°2

SÉMINAIRE LETTRE COMMUNE DES DU MISSIONS-ÉTRANGÈRES15 SEPTEMBRE 1873 A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques et à Messieurs les Missionnaires de la Société des Missions-Étrangères NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
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    SÉMINAIRE LETTRE COMMUNE
    DE S DU
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES 15 SEPTEMBRE 1873
    _____ ____


    A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques
    et à Messieurs les Missionnaires
    de la Société des Missions-Étrangères
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    NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

    Nous venons vous entretenir de la révision de notre Règlement. Vous désirez certainement savoir où en est cette importante affaire, et vous êtes peut-être surpris de voir le Séminaire de Paris garder si longtemps le silence sur une question qui intéresse grandement tous les membres de la Société. Ce que nous allons dire expliquera notre conduite et satisfera vos légitimes désirs.
    Il est nécessaire dabord, Nosseigneurs et Messieurs, de vous donner un mot dexplication sur un malentendu que nous avons vivement regretté. La lettre qui accompagnait le projet de Règlement élaboré à Rome pendant le Concile, lettre que nous étions chargés de faire imprimer et dexpédier, proposait la date du 1er janvier 1872 pour la conclusion du vote. Cette date avait été fixée dans lhypothèse que le projet serait envoyé immédiatement dans les Missions. Mais vous savez quun ordre de la S. Congrégation, le siège de Paris et la Commune retardèrent cet envoi dune année entière. Au lieu dêtre envoyé au mois de juillet 1870, le Projet ne put partir quen juillet 1871. Nous navions pas à apprécier la date fixée, mais il nous paraissait évident que le terme du 1er janvier 1872 devait être reculé jusquau 1er janvier 1783. Cependant, celui dentre nous qui fut chargé de faire imprimer le Projet, conserva trop scrupuleusement le texte de la lettre composée déjà à limprimerie dès lannée précédente. Il eut tort de croire que la chose paraîtrait claire à tout le monde, comme elle le paraissait à lui-même. Voilà, dans toute sa simplicité, lexplication de ce malentendu qui, à notre grand regret, a causé quelque mécontentement dans plusieurs missions. Nous vous supplions de croire, Nosseigneurs et Messieurs, quil nest venu à la pensée daucun de nous de vouloir abréger le temps nécessaire à létude sérieuse de la révision de nos Règles.
    Après lenvoi du projet, en juillet 1871, plusieurs circulaires furent adressées aux Supérieurs, ou à tous les membres de la Société. Les unes étaient favorables au travail fait à Rome ; les autres étaient contraires, ou proposaient des amendements. Dans cette controverse, le Conseil du Séminaire crut devoir sabstenir et attendre en silence le résultat des suffrages des Missions.
    Au mois de novembre de lannée dernière (1872), presque tous les votes étaient arrivés, lorsque, sans aucune initiative de notre part, nous reçumes de S. É. Le Cardinal Préfet de la Propagande linvitation denvoyer à Rome tous les documents relatifs à la révision, et de ne faire aucune démarche ultérieure pour interroger les Missions. Nous obéîmes sans aucun retard et avec une fidèle soumission. Les votes furent dépouillés et le résultat général fut officiellement constaté et unanimement adopté par tous les membres du Conseil.
    Voici comment les suffrages se partageaient :
    15 missions adoptaient le Projet : 4 purement et simplement, 10 et le Séminaire de Paris avec modifications diverses.
    5 missions le repoussaient purement et simplement.
    3 missions navaient pas donné de vote.

    Vous vous étonnerez peut-êre, Nosseigneurs et Messieurs, de ne pas trouver dans notre lettre le résultat détaillé du dépouillement des suffrages, avec les noms des missions qui ont voté pour ou contre ; mais, dans létat présent des choses, nous avons cru entrer dans la pensée de la S. Congrégation et dans les véritables intérêts de notre Société, en ne publiant pas ce tableau. Du reste, le rapport envoyé à la S. Congrégation renfermait non-seulement le résultat que nous venons de constater, mais encore le relevé des suffrages tels quils avaient été exprimés. Enfin, pour éclairer autant quil était en notre pouvoir la S. Congrégation, nous avons joint à notre rapport, comme pièces justificatives, toutes les lettres originales qui nous ont été adressées.
    Après avoir envoyé à Rome toutes les pièces reçues des Missions, le silence que nous avions gardé devint pour nous un devoir, et nous attendîmes patiemment le résultat de lexamen, nous contentant de redoubler nos prières, afin dattirer les bénédictions de Dieu sur cette affaire si importante.
    Cependant, on imprimait à Rome toutes les pièces relatives à la révision, pour les mettre sous les yeux de la S. Congrégation. Les Éminentissimes Cardinaux qui en font partie ont bien voulu, malgré leurs nombreux et incessants travaux, lire et étudier toutes ces pièces, et enfin le 25 août, ils ont donné une première décision qui nous enlève toute sollicitude pour lavenir relativement à la conclusion de notre affaire. La lettre suivante vous fera connaître, Nosseigneurs et Messieurs, la décision de la S. Congrégation. Elle a été adressée à M. Rousseille, que nous avons nommé notre procureur à Rome, après la mort de M. Libois.

    Rde Domine
    In generalibus comitiis habitis die 25 augusti 1873, S. Congtio, Christiano Nomini Propagando deputata, ad examen revocavit controversiam exortam in ista Societate circà recensionem Regularum Instituti ipsius. Cum vero diligenter omnia considerassent Emi Patres, jusserunt Dominationi Tuæ significandum esse S. Sedem totam hanc rem examinaturam et Regulas suo tempore daturam. Quam S. Congnis mentem superioribus seminarii Parisiensis manifestare curabis.
    Interea Deum precor ut tibi fausta quæque largiatur.
    Romæ ex Æd. S. C. de P. Fide die 3 septembris 1873.
    Dom.Tuæ
    Addictus,
    Al. Card. BARNABO, Pr.
    JOANNES SIMEONI, Secrius,
    R.D JOANNI JOSEPHO ROUSSEILLE,
    Proci Sem. Parisien. Mis. ad exteros, Paris.

    Cette décision de la S. Congrégation est destinée à nous réunir tous dans un même sentiment. Quelles que soient nos appréciations personnelles sur la question du Règlement, il est un point sur lequel nous sommes tous daccord : cest le respect, lamour, le dévoûment que nous professons pour le Saint-Siége Apostolique, cest notre obéissance filiale à ses moindres volontés. Depuis longtemps, nous désirions que notre Règlement, éclairci et complété, fût examiné à Rome et approuvé par notre Saint Père le Pape. Aujourdhui, nos désirs sont remplis, et au delà. Non seulement nous aurons un Règlement approuvé par le Vicaire de Jésus-Christ, mais nous recevrons, de sa main même, notre Constitution définitive. Cette Règle sera donc bien celle qui correspondra aux désirs de chacun de nous sans exception.
    En réfléchissant à toute la suite de cette affaire, nous trouvons ample matière à admirer la conduite de Dieu sur notre Société, et à bénir sa bonté paternelle. Au milieu des difficultés que nous rencontrions pour terminer laffaire de notre Règlement, la réunion du très-grand nombre des Supérieurs de la Société à Rome, en 1870, nous avait paru un événement ménagé par la divine Providence. Aujourdhui, les obstacles et les retards qui sont survenus depuis ne nous semblent pas moins providentiels. Grâce à ces obstacles et à ces retards, chacun a pu soumettre ses observations ; toutes les objections ont pu se produire, et nous avons la consolation de savoir la S. Congrégation parfaitement éclairée sur létat de la question. Elle a sous les yeux tous les arguments pour ou contre le projet, tous les vux et amendements proposés par les missions. Elle peut donc se prononcer en pleine connaissance de cause. Une seule inquiétude pouvait nous rester : il était à craindre, en effet, que cette controverse neût diminué en quelque manière lestime et la bienveillance que nous a toujours témoignées la S. Congrégation. Mais nous savons dune manière positive que laffection paternelle des Éminentissimes Cardinaux de la Propagande pour notre Société est toujours la même, et cest pour nous une nouvelle obligation de bénir le Seigneur.
    En terminant, Nosseigneurs et Messieurs, nous mettrons sous vos yeux une lettre de notre Saint Père le Pape Pie IX. Cest une réponse à une adresse que nous lui avions envoyée à loccasion du 27e anniversaire de son élévation sur la chaire de Saint-Pierre.

    Dilectis Filiis Delpech Rectori, Moderatoribus et Alumnis
    Seminarii Parisiensis Missionum ad Exteros.
    PLUS PP. IX.

    Dilecti Filii, Salutem et Apostolicam Benedictionem. Sensus filialis amoris devotionisque vestræ, Dilecti Filii, non eam tantum rationem habent privati studii et obsequii, quam ceteræ fidelium significationes ; sed pignus etiam exhibent ejus observantiæ et dilectionis erga Sanctam hanc Sedem, quam late propagaturi estis dissitis in regionibus eorumque animis indituri, quos vel adducetis ad Deum, vel jaam adductos excoletis. Quocirca litterarum vestrarum officia jucundius excepimus et gratiore animo ; fore fidentes, ut Deus eo uberiorem laboribus vestries fructum largiatur, quo arctius huic Petræ ab Ipso positæ in fundamentum Ecclesiæ mente et corde jungimini. Id præsertim ominamur vobis, dum copiosa clestis gratiæ munera toti huic Seminario adprecamur, eorumque auspicem et paternæ Nostræ benevolentiæ pignus Apostolicam Benedictionem unicuique vestrum peramanter impertimus.
    Datum Romæ apud Sanctum Petrum die 28 julii anno 1873, Pontificatus Nostri anno vicesimo octavo.
    PLUS PP. IX.

    Cette lettre, Nosseigneurs et Messieurs, vient bien à son heure. Elle nous promet le succès en raison de notre obéissance au Saint-Siége. Ne pouvons-nous pas espérer que notre Société prospèrera de plus en plus, lorsque ses membres, en observant un règlement donné par le Saint-Siége, auront la consolation dobéir au Vicaire même de Jésus-Christ.

    Veuillez, Nosseigneurs et Messieurs, agréer lexpression des sentiments respectueux avec lesquels nous sommes, en union de prières et de saints Sacrifices,
    Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs :

    DELPECH, TESSON, VOISIN, ROUSSEILLE,
    PERNOT, CAZENAVE, GUERRIN, PÉAN, CHIROU, LESSERTEUR.
    M. Maury est absent au moment de lenvoi de cette lettre.



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