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lettre n°17

SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1885. DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES LETTRE COMMUNE No 17 A NOSSEIGNEURS LES VICAIRES APOSTOLIQUES ET A MESSIEURS LES MISSIONNAIRES DE LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
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    SÉMINAIRE Paris, le 31 décembre 1885.
    DES
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES
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    LETTRE COMMUNE
    No 17
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    A NOSSEIGNEURS LES VICAIRES APOSTOLIQUES
    ET A MESSIEURS LES MISSIONNAIRES
    DE LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES

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    NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

    Depuis plus de deux siècles, la Société des Missions-Etrangères a presque constamment vécu sous le coup de la persécution. Mais aucune année na été témoin de tant de désastres que celle qui achève son cours ; aucune na vu couler tant de sang chrétien°10 de nos missionnaires enlevés par le fer des persécuteurs ; 12 prêtres indigènes massacrés avec 60 catéchistes, 300 religieuses indigènes et 30,000 chrétiens ; une Mission anéantie avec ses 200 chrétientés; 250 églises ou chapelles saccagées et livrées aux flammes, ainsi que 2 séminaires, 40 écoles, 70 résidences de missionnaires ou prêtres indigènes, 17 orphelinats, 13 communautés de religieuses indigènes, une imprimerie, et enfin les maisons privées de 55,000 chrétiens : tel est le triste bilan de lannée 1885.
    Mais, comme le fait observer saint Chrysostome dans son homélie huitième sur saint Mathieu, « le Dieu des miséricordes a toujours soin de mêler quel ques consolations aux « tribulations de ses serviteuts, faisant ainsi de la vie des justes, par ce mélange de ladversité « et des saintes joies, une toile dune admi rable variété. » Cest ce quil vient de réaliser encore pour nous. Malgré les désastres et les bouleversements inouïs qui ont marqué lannée qui sachève, nous avons la consolation denregistrer 19,705 baptêmes de païens adultes, 205 dhérétiques, 180,960 denfants païens en danger de mort.
    Cest bien là assurément la première consolation pour le cur dun ouvrier apostolique. Mais elle nest pas la seule que Dieu nous ait donnée. Pour remplacer ceux qui ont succombé, il a multiplié le nombre des vocations apostoliques. Le sacrifice même que nos missionnaires ont fait de leur sang nous devient un sujet de joie suave , si nous considérons la manière dont ils lont accompli. Les détails nous manquent encore sur la mort de la plupart de nos confrères, massacrés pendant ces dernières persécutions. Mais nous pouvons juger de leurs dispositions intérieures par ce que nous connaissons déjà de quelques-uns dentre eux. On ne peut considérer sans attendrissement le calme et la sérénité avec lesquels ils ont vu approcher lheure du sacrifice suprême. On est heureux de voir quelle ardente dévotion et quelle confiance inébranlable ils ont, dans ces terribles épreuves, témoignées envers la Mère de Dieu, la Reine des Apôtres. On est particulièrement touché et édifié de ce sentiment dhumilité profonde qui les faisait sestimer indignes de verser leur sang pour la sainte cause de Notre-Seigneur. Jésus-Christ. Ny a-t-il pas encore, Nosseigneurs et Messieurs, un grand sujet de consolation dans cette foi vive dont des milliers de chrétiens ont donné la preuve à leurs derniers moments ? Voyant approcher les bandes dassassins, ils se pressaient autour du Prêtre, remplissaient les églises, assiégeaient le confessionnal et voulaient tous recevoir une dernière absolution, avant de répandre leur sang.
    Puisse limmolation de tant de victimes apaiser la divine justice, et être, pour ces Églises en deuil, le gage de la résurrection ! Puisse-t-elle faire descendre sur les païens aveuglés, et sur les meurtriers eux-mêmes, la grâce de la conversion !
    Des comptes-rendus que nous avons reçus, plusieurs sont très complets et nous donnent la satisfaction de suivre, pour ainsi dire, pas à pas, les ouvriers apostoliques dans leurs travaux de lannée. Tous sont intéressants à divers points de vue. Si les bornes de cette lettre ne nous permettent pas de les reproduire intégralement, nous aurons toujours soin den exposer fidèlement les points essentiels.
    Comme il y a des faits qui intéressent toutes nos Missions, pour éviter les redites, nous commencerons par jeter un coup dil général sur les événements dintérêt commun. Nous exposerons ensuite, en autant de chapitres, ce qui concerne les sept groupes de nos Missions, selon lordre suivi dans le Règlement général de notre Société. Un huitième chapitre sera consacré aux établissements communs, et un appendice aux départs de lannée et au Nécrologe.


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