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lettre n°1

SÉMINAIREParis, 22 juin 1871. DES MISSIONS-ÉTRANGĒRES 128, rue du Bac, Paris A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques Et à Messieurs les Missionnaires De la Société des Missions-Étrangères NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,
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    SÉMINAIRE Paris, 22 juin 1871.
    DES
    MISSIONS-ÉTRANGĒRES
    128, rue du Bac, Paris
    ____

    A Nosseigneurs les Vicaires apostoliques
    Et à Messieurs les Missionnaires
    De la Société des Missions-Étrangères
    ____________



    NOSSEIGNEURS ET MESSIEURS,

    Nous ne sommes point en mesure (et vous en comprendrez facilement le motif) de vous adresser, selon lusage, le compte-rendu que vous receviez chaque année vers cette époque. En retour, vous êtes en droit dattendre que nous vous instruisions de ce qui sest passé de plus considérable, pour notre séminaire, au milieu des terribles événements dont vous savez déjà lensemble. Ce qui est pour vous un droit est pour nous un devoir. Nous le remplissons avec dautant plus dempressement et de bonheur que notre récit sera, par lui-même, une invitation pressante à remercier et à bénir avec nous le Dieu de toute consolation et notre Auguste Patronne, la Reine des apôtres et des martyrs, qui nous ont conservés sains et saufs au milieu de tant de périls.
    Nous avons donc hâte de vous le dire tout dabord, Nosseigneurs et Messieurs, si nous avons eu à supporter notre part dépreuves, en congédiant nos séminaristes, en nous séparant, pour un temps les uns des autres, et surtout en voyant nos relations et nos correspondances régulières avec les Missions interrompues si brusque travail incomplet, ou de mettre sous leurs yeux que des tableaux et des chiffres déjà anciens de date, et relatifs pour la plupart à lannée précédente.
    Nous avons exposé notre embarras aux deux Conseils, dans une lettre à laquelle nous avons joint notre compte rendu général de lannée dernière. Cette lettre a reçu la réponse suivante :

    « Lyon, le 21 février 1873.

    « Monsieur le Supérieur,
    « Nous sommes bien en retard pour accuser réception du compte rendu sur les missions de « votre société et du mémoire imprimé qui y était joint. Laccumulation des travaux en ce « moment de lannée est cause de ce retard.
    « Vous nous demandez, M. le supérieur, si nous désirons que vous continuiez le mode « denvoi de votre compte rendu inauguré cette année, ou si nous préférons que vous écriviez « aux respectables Évêques placés à la tête de vos missions, pour les engager à devancer « désormais lépoque à laquelle ils avaient coutume de vous envoyer leurs rapports « particuliers qui servent à la rédaction du rapport général.
    « Puisque vous voulez bien pressentir notre pensée à cet égard, nous répondrons, M. le « Supérieur, que lune et lautre mesure nous sembleraient opportunes. Dun côté en effet, « limpression de votre compte rendu permet à chaque membre du Conseil, qui en possède un « exemplaire, de létudier avant que le travail de la répartition ne commence, ce qui est fort « utile ; de lautre, si vous engagiez les vénérables vicaires apostoliques à hâter lenvoi de « leurs notes, nous aurions des documents moins anciens de date, ce qui est encore fort « désirable
    « Veuillez, M. le Supérieur, agréer, etc.
    « Pour le conseil central de Lyon,
    « Le Président :
    « F.DES GARETS.

    En présence de ce désir si formellement exprimé, il nous a semblé quil ny avait pour nous quun parti à prendre, celui de rédiger désormais, au mois de décembre, un rapport général unique, destiné en même temps à luvre de la Propagation de la Foi, et à tous nos confrères. Composer chaque année deux comptes rendus, à six mois dintervalle, et sur des documents qui ne nous sont transmis quune fois lan, serait un travail impraticable, et qui nous exposerait nécessairement, dans lun ou lautre rapport, à des lacunes ou à des redites.
    Nous comprenons, Nosseigneurs, la difficulté que vous éprouverez à changer lépoque ordinaire denvoi de vos comptes rendus partiels, par suite surtout de léloignement où se trouvent certains districts du centre de leurs missions respectives ; mais nous espérons que vous voudrez bien cependant faire tous vos efforts et prendre les mesures utiles pour que nous soyons à même de répondre, chaque année vers la fin de décembre, aux désirs des Conseils centraux. Pour cela, il est indispensable que nous recevions désormais, du 1er au 30 novembre au plus tard, les documents et les comptes rendus partiels qui nous sont envoyés des missions. Un mois est un espace de temps à peine suffisant, pour coordonner tous ces éléments et en composer le rapport dusage.
    II. Permettez-nous, Nosseigneurs, de vous adresser tous nos remercîments pour les comptes rendus partiels, que dans le courant de cette année vous avez bien voulu nous envoyer, et pour les catalogues dadministration contenus dans les feuilles que nous vous avions priés, lannée dernière, de vouloir bien remplir. Nous vous adressons, avec cette lettre, dautres exemplaires des mêmes feuilles ; et nous continuerons ainsi chaque année cet envoi, qui facilitera votre travail et préviendra des lacunes involontaires.
    Nous souhaiterions vivement quà chacun des catalogues dont nous venons de parler, fût joint un exemplaire du journal de la mission, tel que le prescrit avec tant de sagesse le règlement de la Société. Plusieurs missions ont conservé cet usage, et les documents de ce genre réunis dans nos archives ont un prix inestimable. Ils permettent dabord de faire mieux ressortir, dans le rapport général, létat des vicariats, les faits principaux qui sy sont passés et les progrès de leurs uvres : ils fourniront ensuite pour lavenir, lorsque se fera lhistoire des missions, des données que lon chercherait en vain dans les correspondances que reçoit le séminaire.
    III. Un pieux usage, établi dès les premiers temps de la Société et suivi jusquici assez généralement dans les missions, a toujours été que lon envoyât, à la mort dun confrère, une notice succincte sur les travaux de ce confrère, sur ses vertus, sur les résultats de son ministère, et sur ses derniers moments. Cette notice nous est fort utile, pour les correspondances que nous avons à entretenir avec la famille du défunt, et avec lÉvêque du diocèse auquel il appartenait. Elle nous permet ainsi daccomplir un devoir de sympathique condoléance, et de procurer, de plus, lédification des pieux lecteurs des Annales ou du Bulletin qui sintéressent vivement à tout ce qui concerne le personnel si dévoué des missions. Toutefois, en ces derniers temps, ce pieux usage ayant été un peu négligé, nous croyons utile de le rappeler votre bienveillante sollicitude , et de vous prier, Nosseigneurs, de lentretenir soigneusement, comme un des moyens les plus efficaces peut-être de procurer le recrutement de notre séminaire, et de justifier lestime dont jouissent les membres de notre Société, dans les différents diocèses de France.
    IV. Nous rappellerons aussi que les familles des missionnaires défunts nous demandent toujours des souvenirs de leurs parents, des objets leur ayant appartenu, et quelles désirent conserver, comme de pieuses reliques de ceux qui les ont quittés pour travailler au loin à la conversion des infidèles.
    Ce sésir est trop légitime pour que nous ne nous fassions pas un devoir dy répondre. Nous vous prions donc, Nosseigneurs, sans quil soit besoin décrire et de vous adresser une demande spéciale après chaque décès, de vouloir bien nous faire parvenir quelques objets de nature à satisfaire le pieux désir des parents, dont nous nous faisons ici les interprètes.
    V. Permettez-nous, Nosseigneurs, de joindre aux remarques qui précèdent une prière que récemment MM. Germain nous ont adressée au sujet de certaines expéditions qui leur sont faites directement à Marseille, par des parents ou des amis de quelques-uns de nos confrères.
    Le zèle de MM. Germain, ces procureurs volontaires si dévoués, est connu de tous ; nous navons pas ici à en faire léloge. Mais, si ces Messieurs se font un vrai plaisir de rendre service à tous les membres de la Société, le bon ordre et la bonne expédition des affaires exigent que tout ce qui leur est adressé le soit par lintermédiaire des procureurs du Séminaire de Paris. Autrement, ces Messieurs pourraient être fort embarrassés, et ils lont été récemment à plusieurs reprises, par certains colis dont la nature, le mode denvoi, les expéditeurs même ne leur étaient pas convenablement indiqués.
    La marche à suivre la plus naturelle est que les familles, ou les amis des missionnaires, sadressent aux procureurs des différentes missions au Séminaire de Paris ; ceux-ci, à leur tour, aviseront MM. Germain des envois, en détermineront lexpédition, en règlement les frais, de la manière la plus convenable et la moins dispendieuse. Nous espérons, Nosseigneurs, que vous voudrez bien accueillir favorablement cette requête si juste de MM. Germain, et avertir les missionnaires, qui travaillent avec vous, dépargner désormais à nos chers procureurs de Marseille les embarras quils nous ont signalés.
    VI. En nous annonçant, le 21 juin dernier, le chiffre exact de notre allocation pour 1873, le Conseil central de Paris fait les remarques suivantes quil est de notre devoir, Nosseigneurs, de vous faire connaître : « Un reliquat important de fonds appartenant à lexercice 1871 est venu grossir le montant des aumônes de 1872. Cette circonstance, qui nest pas de nature à se renouveler, donne, vous lapprécierez aisément, au chiffre de notre allocation de 1872 un caractère tout exceptionnel, et nous sommes dans la nécessité dappeler sur ce point votre attention, afin de prévenir tout mécompte pour les années ultérieures.
    « Cest pour nous une grande consolation que la coïncidence providentielle de cet « accroissement extraordinaire de ressources avec celui de vos besoins, spécialement en ce « qui touche le Japon qui souvre enfin aux efforts du zèle de vos missionnaires. Nous avons « compris combien il importe de prendre aussitôt possession, en y envoyant un certain nombre « douvriers évangéliques, de cette terre si longtemps fermée, où le sang des anciens martyrs a « germé en secret pendant des siècles, et que vont maintenant disputer avec ardeur à lunique « Église les sectes diverses de lhérésie. Aussi, frappés de ce grand intérêt, avons-nous « spécialement attribué au vicariat apostolique du Japon, sur lallocation totale que nous « remettons entre vos mains, une somme de cent mille francs. Cette affectation particulière « est, vous ne lignorez pas, une dérogation à nos règles constantes que nous tenons à
    « maintenir pour lavenir. » Daprès les termes de cette lettre, notre allocation de cette année a, comme celle de lannée dernière, un caractère tout exceptionnel. Nous avons donc retenu, Nosseigneurs, en conformité de vos désirs, et suivant lapprobation presque unanime que vous avez bien voulu nous en donner, une nouvelle somme de cent mille francs, qui, jointe aux intérêts de la précédente, accroîtra le fonds de réserve commencé lannée dernière. Nous sommes de plus en plus persuadés que la création de ce fonds de réserve est un grand bienfait pour notre Société ; car, sans imposer présentement à chaque mission de charge notable, cette retenue nous permettra, dans quelque temps, de supprimer les prélèvements que nous sommes actuellement obligés de faire soutenir les uvres communes.
    VII. Un point sur lequel nous avons plusieurs fois déjà, Nosseigneurs, attiré votre attention, et sur lequel il est de notre devoir de revenir encore, est celui des retours. Il nous semble que, dans lintérêt des confrères qui reviennent en France, aussi bien que dans lintérêt du Séminaire de Paris et de la Société, il est de toute nécessité que ces retours seffectuent de la manière la plus régulière possible. Le meilleur moyen, à notre avis, dobtenir ce résultat est que la situation soit nettement et clairement définie, à chaque départ, par la concession dune patente en bonne forme, et qui détermine la nature et les motifs du retour, lapprobation requise par nos règles, et le détail du congé accordé, si ce congé est ad tempus. Il est arrivé quelquefois que des retours vraiment définitifs, dans la pensée des supérieurs et des confrères malades, infirmes ou dégoûtés des missions, ont été présentés comme retours temporaires. De là sont résultées des situations douteuses, sources de malentendus et de maints embarras.
    Dans ces conditions, le Conseil de Paris ne peut que très-diffcilement remplir les devoirs qui lui incombent vis-à-vis des confrères revenus en Europe, et il se trouve fort souvent très-embarrassé vis-à-vis des évêques des différents diocèses de France, avec lesquels il est obligé de sexpliquer sur leur compte. Nous sommes bien persuadés, Nosseigneurs, que vous apprécierez les difficultés de cette situation, et nous espérons que vous voudrez bien y porter remède, par les moyens que nos règles indiquent. Il nous serait pénible, assurément, de laisser désormais à la charge de chaque mission les frais des voyages qui ne seffectueraient pas régulièrement. Cependant, comme les prescriptions du règlement sont formelles, nous nhésiterons pas à lavenir dans leur application que commandent, du reste, et la bonne administration des affaires, et le bon ordre de la Société.
    VIII. Nous avons inséré, en tête de lordo de 1874, une décision que nous a adressée la S.Congrégation de la Propagande, en réponse à une consultation relative aux censures portées par Benoît XIV, dans ses Bulles sur les rites chinois et malabares. Limportance de cette réponse nous engage, Nosseigneurs, à attirer votre attention sur ce point, et nous croyons utile de vous donner ici encore le texte même de cette décision, afin quelle demeure consignée dans un document qui puisse être, dans la suite, facilement consulté.

    Reverende Domine,

    In Suprema S.O. Congregatione, Feria IV, 5a pr. elapsi mensis, propositum fuit dubium a D. Tua emissum, an scilicet post Bullam Apostolic Sedis vigeant adhuc Censuræ præcriptæ in duabus Constitutionibus Sa : me : BENEDICTI XIV circa Sinenses et Malabaricos. Porro EE. PP. omnibus diligenter consideratis responderunt : Constitutiones BENEDICTI XIV Sa. « Me. super memoratis ritibus Sinensibus et Malabaricis annorum 1742 et 1744 editas « omnino vigere, exceptis tantum Censuris latæ sententiæ, de quibus nulla fit mentio in « Constitutione SSmi D. N. P[[ PP. IX, quarto idus Octobris edita, quæ incipit : Apostolic « Sedis moderationi ; ideoque ad calcem formulæ juramenti quod a BENEDICTO XIV in « eadem Constitutione præcribitur et confirmatur, inter verba : Pnis per prdiclas « Constitutiones impositis me subjectum agnosco et declaro, inseratur post vocem impositis « hoc additum : Et adhuc vigentibus. »
    Id D. EE.PP. significandum esse jusserunt,
    Datum Romæ, ex Æd. S. C. de P. F., die 3a Martii, 1873.
    Al. Gard. BARNABO, præfectus.
    Joannes SIMEONI, secretarius.

    IX. La question du Règlement étant pendante à Rome, et devant être très-prochainement décidée par les Eminentissimes Cardinaux de la Propagande, nous ne ferons, Nosseigneurs, que vous dire en quelques mots quel est létat de cette question.
    Au mois de novembre dernier, nous avions reçu déjà une partie des votes venus des différentes missions. Nous attendions les autres, quand S.E. le cardinal Barnabo, sans aucune initiative de notre part, nous enjoignit, par une lettre de date du 22 novembre 1872, de lui envoyer tous les votes que nous avions reçus et toutes les pièces relatives à cette affaire. Sans aucun retard, nous avons répondu au désir de la S. Congrégation. Elle possède, en ce moment, le dossier de la Révision, tel quil était entre nos mains. A la veille dune décision qui ne saurait tarder beaucoup, nous nous abstenons, comme nous lavons fait jusquici, dentrer à ce sujet dans aucun détail. Dès que le jugement attendu sera porté, nous nous empressons, Nosseigneurs, de vous le faire connaître.
    Nous ne terminerons pas cette lettre, sans faire partager aux vénérés Supérieurs de nos missions les consolantes espérances que nous donne la prochaine rentrée de nos jeunes aspirants. Le nombre des admissions prononcées jusquici dépasse, dune manière très-notable, la moyenne des réceptions ordinaires. Aussi, les agrandissements successifs que les bâtiments du Séminaire ont reçus, en ces dernières années, se trouveront-ils, contre toute attente, déjà insuffisants. Cest à la divine Providence, qui suscite tant de vocations nouvelles, de nous donner les moyens de les entretenir. Vous voudrez bien, Nosseigneurs, le Lui demander avec nous dans vos prières, en La remerciant, avec nous aussi, des bénédictions dont elle comble notre chère Société.
    Veuillez, Nosseigneurs, agréer lexpression des sentiments respectueux avec lesquels nous sommes, en union de prières et de saints sacrifices.

    Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs :

    TESSON, Pr. DELPECH, Sup.

    VOISIN, PERNOT, MAURY, CAZENAVE, PÉAN, CHIROU,
    LESSERTEUR.

    GUERRIN, Secr.




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