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lettre n°

NosSeigneurs & Messieurs, Les Conseils de la Propagation de la Foi nous ont alloué dans la dernière distribution 277,200 que nous avons répartis comme il suit : (suit un tableau des Missions)
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    NosSeigneurs & Messieurs,

    Les Conseils de la Propagation de la Foi nous ont alloué dans la dernière distribution 277,200 que nous avons répartis comme il suit :

    (suit un tableau des Missions)

    En comparant les totaux réels avec les totaux apparents vous remarquerez que ceux-ci sont augmentés de 3,000 frs. pour les 7 premières missions et de 4,000 pour la procure : ce qui fait en tout 25,000 frs. Cette somme est celle qui figure pour le Séminaire de Paris dans la colonne des totaux réels et qui ne doit pas figurer dans les annales sous ce titre, daprès les observations nous en ont faites MM. les Membres des Conseils de la Propagation, comme nous avons eu lhonneur de vous le dire plusieurs fois dans nos précédentes. Ce nest donc point à la colonne des totaux apparents que vous devez vous en rapporter pour vos allocations particulières, mais uniquement à celle des totaux réels.
    De toutes nos Missions celle de Cochinchine est la seule dont nous nayons pas de nouvelles récentes. Nous savons seulement que les choses y sont à peu près dans le même état quau Tonquin. Un jeune prêtre, celui de tout le clergé indigène sur lequel Mgr Cuenot fondait le plus despérances fut arrêté sur la fin de 1842. Larrestation de MM. Miche et Duclos amena une crise très sérieuse pour les chrétiens du Phu-Yên et du Khanh-hoa. Parmi ceux de cette dernière province plusieurs furent forcés à des actes superstitieux, quelques-uns même eurent le malheur dapostasier. Dans le Phu-Yên laffaire sarrangea pour de largent ; mais les mandarins exigèrent une somme très considérable. Les Chrétiens des autres provinces, à lexception de quelques persécutions locales, ont été assez tranquilles depuis la mort de Minh-Manh. Les six compagnons de captivité de nos cinq confrères sont encore dans les prisons de Hué. Vous savez sans doute déjà par quel bonheur inespéré ils ont eux-mêmes été rendus à la liberté. Mr Favain-Lévêque mu par un sentiment dhumanité prit sur lui de les réclamer avec fermeté au nom du roi des Français. Thieu-tri eut peur, et les Missres furent conduits à bord de lHéroïne. Mgr Cuenot envoya de suite une barque pour les prendre et les ramener en Cochinchine. Mais Mr. Favain-Lévêque ayant agi au nom de son roi sans instructions préalables et déclaré à celui de Cochinchine quil voulait les rendre à leur patrie se crut doublement obligé à ne céder ni aux instances de Mgr Cuenot ni à celles de nos confrères. Cependant arrivé à Singapore il permit à MM. Miche et Duclos daller au collège de Pinang ; mais il leur fit promettre par écrit de ne pas rentrer en Cochinchine avant que nous nous fussions entendus avec le Gouvernement. Mrs Charrier, Galy et Berneux qui navaient pu obtenir la même faveur furent avec lui à Bourbon. Là ils trouvèrent MM. Forcade et Titaud qui allaient en Chine sur la frégate la Cléopâtre. Mr. Berneux pria Mr. le Gouverneur de lui permettre de sembarquer sur la Cléopâtre. Il lobtint avec beaucoup de peine et à la même condition que Mrs Miche et Duclos avaient obtenu celle de rester à Pinang. Ce cher Confrère conserva peu despoir de rentrer dans sa chère Mission. Aussi Mr Libois na-t-il fait quaccéder à ses désirs en lenvoyant en Tatarie. Dieu veuille quil y soit dédommagé du grand sacrifice quil a fait en renonçant à une mission qui avait toutes ses affections et où il sera vivement regretté !
    Quant à MM. Charrier et Galy, ils arrivèrent ici sur la fin de lannée dernière. Inutile de vous dire que nous fîmes notre possible pour les bien recevoir et leur témoigner tout lintérêt quils méritent. Partout, mais plus particulièrement dans leurs diocèses, des témoignages de respect et de vénération leur ont été prodigués, et ils ont fait concevoir la plus haute opinion de leurs vertus. On se souviendra longtemps de leurs regrets si vifs, si sincères de ces beaux jours où chargés de chaînes pour J.-C. et sous le poids dune condamnation, ils se réjouissaient dans lespérance de saisir bientôt la couronne du martyre. Ils vont mettre le comble à lintérêt quils ont inspiré en reprenant la route de ces chères Missions quil leur tarde tant de recevoir et où ils sont si ardemment désirés. Leur passage est déjà arrêté sur un navire dAnvers qui les portera directement à Macao. Nous pouvons donc assurer que leur retour en France ny aura laissé que dexcellentes impressions, et quil nous vaudra probablement, outre lhonneur qui en a rejailli sur notre Société, quelques vocations pour les Missions. Mrs Miche et Duclos attendent notre réponse avec impatience, et bientôt elle leur apprendra quils sont libres de retourner en Cochinchine. La joie quelle leur causera sera tempérée par une mesure que, dans lintérêt de cette Mission, nous avons cru devoir prendre. Nous nignorons pas que des liens étroits se sont formés entre eux dans leurs travaux apostoliques et jusque sous la cangue et le rotin, mais nous connaissons assez leur vertu et leur désir dêtre utiles à leur mission pour leur demander avec confiance le sacrifice dune séparation. Le collège de Pinang qui compte maintenant soixante élèves semblait demander la présence dun de ces Messieurs. Nous avons en conséquence prié Mr. Duclos de vouloir bien y rester comme Directeur jusquà ce que Mgr Cuenot approuvât son élection. Nous avons écrit en même temps à Mr Favre de se rendre à Macao pour passer de là au Sut-chuen. Nous savons que cette nouvelle lui fera plaisir. Il restera donc au collège de Pinang Messieurs Tisserand, Duclos et Martin. Vous voyez que nous ne négligeons pas cet établissement.
    Avant de terminer ce qui concerne nos chers confesseurs, nous devons vous dire que, comme témoignage de notre reconnaissance envers leur libérateur, nous avons demandé pour lui au St Père une décoration. Il a si bien mérité de la Religion que nous ne doutons pas de lobtenir. Leffet moral de cette délivrance a été de relever les Missres dans lesprit des mandarins et du peuple, et quoique le roi en ait fait hommage à sa générosité, il est cependant certain quil na cédé quà la crainte. Cest une preuve que sil entrait dans la politique du gouvernement français daccorder une ombre de protection à nos confrères du Tonquin et de la Cochinchine, ils nauraient bientôt plus à redouter ni la prison ni la mort. Rien de plus facile, maintenant que cinq ou six vaisseaux de guerre français sillonnent les mers de Chine. LAngleterre, dont notre pavillon seffraie tant pourrait-elle soffenser que nous fissions en Cochinchine ce quelle vient de faire en Chine ? Dans un article additionnel au traité, il est dit que tout Européen qui sera pris dans lintérieur du céleste empire sera remis au consul de sa nation. Qui empêcherait en effet quon ne rétablit en Cochinchine le consulat supprimé à la suite de beaucoup dhumiliations dont on na jamais demandé réparation, et quon exigeât du faible monarque annamite des garanties au moins pour la vie de nos confrères ? Mais si le gouvernement français continue à notre égard son système de neutralité, le bon effet produit par la délivrance de nos cinq confrères sera bientôt entièrement détruit et la réaction nen sera que plus terrible. Le roi de Cochinchine reviendra bientôt de sa frayeur ; et dailleurs quaurait-il a craindre dun gouvernement qui se contente de lui demander la liberté de ses sujets injustement chargés de chaînes sans lui demander compte ni des tortures quil leur a fait subir, ni de cette condamnation à mort qui est venue les frapper, ni de tout le sang français quil sest fait un jeu de verser ?
    Plusieurs arrestations ont encore eu lieu au Tonquin dans le courant de lannée dernière. Un prêtre indigène et un catéchiste condamnés à mort ont dû être exécutés en automne. Deux autres prêtres sous le poids dune pareille sentence depuis assez longtemps ne lont pas encore subie. Des recherches sévères ont été faites dans le district où Mr Charrier a été pris. Cependant presque tous nos confrères ont pu se livrer avec toute lardeur de leur zèle à lexercice du ministère. Beaucoup de mauvais chrétiens se sont empressés de se réconcilier avec Dieu et bon nombre de payens se sont convertis. Les fêtes de Pâques ont été célébrées chez Mr. Masson, où Mgr Retord et Mr Taillandier se trouvaient, avec autant de solennité quavant la persécution. Les grands mandarins qui en ont été instruits se sont laissé persuader que cette grande réunion de chrétiens navait pour but que de se réjouir de la délivrance de nos confrères prisonniers en Cochinchine, et ils nont osé rien dire. La famine et la peste ravagent le pays. Ce dernier fléau épargne beaucoup plus les chrétiens que les payens.
    Mgr de Drusipare a convoqué un Synode à Pondichéry pour le 16 janvier dernier. Sa Gr avait envoyé davance à chaque Missre les questions qui devaient y être traitées. Nous sommes bien persuadés que toutes les décisions en seront marquées au coin de la sagesse et quil en résultera un grand bien pour cette mission. Déjà nous nous plaisons à applaudir aux changements introduits dans le mode déducation pratiqué à légard des jeunes séminaristes. Il est à peu près le même que celui quon suit dans les séminaires de France. Les Indiens sont tellement passionnés pour la science quil était impossible de les prendre par un endroit plus sensible et même plus heureux sous le rapport de la vertu. Cest ce quon a lieu de remarquer parmi les quarante-six qui composent actuellement le collège de Pondichéry. Dieu veuille se servir deux pour la conversion de la classe éclairée toujours stationnaire dans les sciences, quoique toujours avide dinstruction. Ceux-là gagnés, les autres suivront facilement. Au moins ne leur inspireront-ils pas cette aversion dont lIndien de haute caste ne se dépouille presque jamais à légard des Européens. Cest ce qui fait sentir si vivement dans lInde le besoin dun clergé indigène.
    Depuis la publication de la Bulle Multa proclare, la Mission de Pondichéry compte 114,939 chrétiens. 409 payens se sont convertis dans le courant de lannée dernière, et 23 protestants ont fait leur abjuration.
    Les murs de la nouvelle église de Singapore sont à peine achevés, et déjà les fonds de Mr Beurel sont bientôt épuisés. Il lui faudrait encore plus de 3,000 piastres. La mission a fait ce quelle a pu, et les chrétiens sont fatigués de donner. Nous avons cru que nous ne pouvions nous dispenser de venir à son secours ; nous lui avons alloué 3,000 frs qui seront pris sur les fonds de la procure de Macao.
    Mr. Chopard continue à nous donner les nouvelles les plus satisfaisantes de ses bons sauvages de Nicobar dont il est très aimé. Il en aurait déjà baptisé un grand nombre si leur intelligence nétait pas si grossière et si leur langue lui fournissait des termes pour exprimer des idées spirituelles. Il espère cependant réussir à force defforts et de patience. Il na encore baptisé que deux vieillards malades dont la mort paraît avoir été précieuse devant Dieu. Nous pensons que deux des Missres partis en décembre iront seconder Mr. Chopard. Il y a environ 6000 habitants dans larchipel Nicobar, et les Missres sont désirés dans tout le groupe.
    Mr. Bigand a dû faire une tentative sur Malaca. Le succès nous en paraît bien douteux. Il nest pas à espérer que les schismatiques Portugais cèdent leurs prétendus droits. Au reste nous pensons que personne nest plus propre que ce cher confrère à faire ce coup dessai.
    Un mieux très sensible sopère dans la mission de Bangkok. Les sacrements sont plus fréquentés que par le passé. Le peuple paraît moins prévenu contre le christianisme et on prête au roi certains propos qui donneraient de grandes espérances. Ce quil y a de certain cest quil tolère la prédication publique de lÉvangile sur les places publiques de sa capitale et jusque dans ses sables où les talapoins débitent au peuple leur absurde théogonie. Mr. Claudet qui a entrepris ce nouveau genre dapostolat en a été quitte pour quelques injures et mauvais traitements de la populace. Le reste du peuple lécoute avec beaucoup dattention. Mgr Pallegoix a composé plusieurs traités contre le boudhisme et les talapoins et dautres en faveur de notre Sainte Religion. Il se proposa de les faire étudier à ses catéchistes. Ce sont des armes quil prépare en secret pour donner en temps opportun une attaque générale. Il sera bien secondé par ses chers confrères. Il nous demande 3 nouveaux Missres pour Ligor, Le Laos et le Cambodge. Les conversions des Chinois continue dêtre nombreuses.
    Nous venons de recevoir une petite lettre de Mr. Libois par le voie des bateaux à vapeur qui donne les nouvelles suivantes. Mr. Mariette est mort au Sut-chuen le 4 février 1843. Mgr de Maxula a choisi Mr. Desflèches pour son Coadjuteur, mais il na pu encore le sacrer par défaut dâge. Mr. Ponsot a été élu et sacré vicaire apque de lYunang. Il nous tarde de savoir les autres nouvelles.
    Mgr Verrolles se trouve dans une position extrêmement gênante. Son petit troupeau dont le schisme des Portugais lui a enlevé une partie est disséminé sur une vaste surface. Les voyages sont difficiles et très coûteux. Tout est horriblement cher. Ajoutez à cela un froid rigoureux. Quant aux chrétiens, ils joignent à une grossière ignorance des vices plus grossiers encore. La peur les rend durs et inhospitaliers. Ce quil y avait de bon dans cette mission avant la division est le partage des Lazaristes. Mgr Verrolles en a demandé une nouvelle, et nous lavons appuyé de tout notre pouvoir. Jusquici point encore de réponse positive.
    Nous avons appris avec bien de la satisfaction larrivée de Mr. De la Brunière en Tartarie. Dieu veuille que MM. Berneux et Venault soient aussi heureux ! Il paraît que Mgr Verrolles les destine à aller évangéliser les sauvages.
    Nos tristes prévisions sur la mission de Corée se sont vérifiées ; mais si ses malheurs nous ont affligés, nous avons trouvé dans ses triomphes un ample matière de consolation. Soixante chrétiens ont été décapités et environ quarante sont morts en prison par suite des mauvais traitements et après avoir confessé généreusement la foi. Plusieurs de ces martyrs horriblement mutilés ont été miraculeusement guéris, et Dieu a renouvelé en faveur de deux vierges le prodige qui mit à couvert la chasteté des Bibiane et des Agathe. Mgr Imbert, MM. Chastan et Maubant ont été décapités le 21 septre 1839. Ils sétaient livrés pour arrêter la persécution. Elle cessa en effet après leur martyre. Il y a encore 10 confesseurs en prison. Tel est le beau côté de la médaille. Voici le revers. Beaucoup de lâches chrétiens qui ont joint le blasphème à lapostasie ; grand nombre de familles réduites à une extrême indigence ; et plus de pasteurs pour consoler tant daffligés et recevoir le repentir de ceux quun moment de faiblesse a rendu infidèles à leur Dieu, et cela pendant plus de 3 ans ! Mais cet état de choses va bientôt finir.
    Mgr Ferréol nous a écrit une lettre pleine dun zèle et dun dévouement vraiment apostolique. Il espérait que Mgr Verrolles le sacrerait au retour de ses visites et quil pourrait entrer en Corée sur la fin de lannée dernière. Mr. Maistre se tient aussi tout prêt à profiter de la 1ère occasion. Nous avons écrit à Mr. Libois de veiller à ce que cette intéressante mission ne manquât jamais de Missres.
    Mr. Maubant portait le nombre des chrétiens avant la persécution à 10,000, et celui des catéchumènes à 600. Vous vous rappelez que quand nos confrères entrèrent dans cette mission, ils ny trouvèrent que quatre mille chrétiens. Parmi les nombreux sujets que nous attendions pour la redécouverte des cours de lannée dernière, plusieurs nayant point encore terminé leur théologie, dautres ne layant pas même commencée, ils auraient dû aller létudier à Meudon. Mais malheureusement cette maison peu spacieuse nen pouvait recevoir que 8 ou 9. Notre première idée était de lagrandir ; mais à linspection elle nen fut pas jugée susceptible. Il nous resta donc à opter entre nous jeter dans des dépenses énormes pour en bâtir une neuve, ou réunir nos élèves de Meudon à ceux de Paris. Nous nous arrêtâmes à ce dernier parti qui nous offrait dailleurs lavantage de nous trouver tous ensemble, davoir tous nos aspirants sous les yeux et dêtre plus à portée de mieux soigner leur éducation. Cette mesure en amena une 2e qui devait nous coûter ainsi quaux respectables ecclésiastiques qui occupaient des appartements dans notre Séminaire. Nous fûmes obligés de leur donner congé pour loger tout notre monde. Mgr de Viseu fut seul excepté. Cest un prélat Portugais expatrié et notre locataire depuis 9 ans. Nous avons seulement réservé une ou deux chambres pour les Évêques qui voudraient demeurer chez nous pendant leur séjour à Paris. Nous avons sacrifié par là environ 6,000 frs de loyers annuels. Mais nous y avons gagné sous le rapport de la tranquillité et de beaucoup dautres encore. Quant à la mission de Meudon, elle nous sert de but de promenade. On y dîne les jours de congé.
    Quelques autres changements ont encore été opérés. Nous avons converti en chapelle les appartements du rez-de-chaussée à main gauche en entrant au jardin. Nous y chantons GrandMesse et Vêpres les Dimanches et les fêtes. Cétait un besoin senti depuis longtemps, et qui sest changé en nécessité vu notre grand nombre. Enfin pour nous constituer entièrement en Séminaire, nous avons fait un règlement qui, pour le fond, est à peu près le même que celui de St Sulpice.
    Une grande joie nous était réservée lété dernier à la réception des précieuses reliques de Mgr Borie. Elles consistent en ses ossements, sa cangue et divers objets qui lui ont appartenu. Cela a fait sensation en France, et plusieurs journaux en ont parlé. Parmi nos aspirants se trouve un jeune frère du bienheureux Martyr. Sa vie, composée par un Ecclésiastique du diocèse de Tulle, vient dêtre publiée. Comme nous devons vous en envoyer quelques exemplaires, nous nous abstenons de prévenir votre jugement. Nous avons aussi fait tirer grand nombre de lithographies de son portrait quon trouve assez ressemblantes. Ses reliques et celles de nos autres Martyrs ont été déposées au n° 6 que nous avons fait décorer convenablement. Personne ny entre sans éprouver de vives et salutaires émotions. Nous espérons que la canonisation viendra encore relever le prix de ce précieux trésor. Le minutant de la Propagande conseillait dernièrement à Mr Langlois de faire faire des gravures représentant les 70 martyrs dont la cause a été introduite, pour les distribuer selon lusage aux cardinaux et éviter ainsi les frais den faire une particulière pour chacun. De plus petites seraient distribuées aux fidèles ; et si, à leur occasion, il sopérait quelque miracle, il servirait à la canonisation de tous, comme cela sest fait pour les martyrs du Japon. La cause de Mr. Perbogrène sera point poursuivie séparément comme les Lazaristes lavaient demandé. Les dépenses seront supportées par les diverses Sociétés auxquelles ces martyrs appartiennent, et par la Sacrée Congrégation elle-même qui veut bien aussi y concourir.
    Depuis longtemps nous sentions de quel avantage il serait pour lhonneur de la Religion et celui de notre Société, de publier une histoire de la persécution du Tonquin et de la Cochinchine, pas assez connue par les Annales de la Propagation de la Foi. Quelquun de nous sen serait chargé, mais sa plume aurait pu paraître suspecte, et nous avons mieux aimé emprunter celle dun étranger. Mr. Demain, jeune laïque connu dans le monde littéraire comme écrivain éminemment religieux et distingué, a bien voulu nous prêter la sienne. Nous sommes persuadés quil élèvera un beau monument à nos martyrs. La persécution de Corée viendra fournir à son pinceau les plus riches couleurs.
    Nous avons eu jusquà 28 aspirants et nous espérons bien que nous nen aurons pas un moindre après les vacances. Il ne nous en reste plus maintenant que seize dont trois seulement sont prêtres.
    Le 26 xbre nous avons fait un envoi de 6 Missres dont voici les noms et la destination.

    Pour la Cochinchine :

    MM. Théophile-Marie LeGrand, de Nantes ;
    Fr.-Marie-Henri-Agathon Pellerin, de Quimper ;
    Jospeh Plaisant, de Digne.

    Pour la Malaisie :

    MM. Jean Dastugue, de Tarbes ;
    Jean-Bte-Adolphe la Crampe, de Tarbes ;
    Anatole Mauduit, de Coutance.
    Dans le courant de Février trois autres confrères se sont embarqués à Brest sur un bateau à vapeur qui porte en Chine six délégués du commerce et Mr. Dharcourt attaché à lambassade que la France y envoie. Lambassadeur et les autres personnes de sa suite étaient partis environ deux mois plus tôt. Mr. Libois vous en donnera des nouvelles.

    Voici les noms de nos confrères :

    MM. Marie-Nicolas Antoine Daveluy, dAmiens ;
    Jospeh Chauveau, de Luçon ;
    Auguste Thivet de Langres.

    Tous les trois sont à la disposition de Mr. le procureur de Macao.

    Nous ferons aussi partir pour Pondichéry dans le courant de Mais :

    MM. Claude-Nicolas Garnier, de Besançon ;
    Jean-Bte Isaïe Barrot, de Tulle ;
    Antoine-Jean-Bte Langrier, du diocèse de Digne. Ce dernier vient de recevoir la prêtrise.

    Laffluence des Missres nous mettraient en mesure daccepter des nouvelles missions. Nous ne devons plus compter sur le vicariat apostolique que la Sacrée Congrégation avait promis dans la province de Nankin. Quoiquelle ne nous ait rien écrit à ce sujet, il paraît certain quelle partagera cette mission entre les Jésuites et les Lazaristes.
    Nous avons appris avec joie que Mr. Barentin a quelquespoir de réussir dans sa tentative sur Formose. Le Vicaire Apque du Fokien dont elle relève, autorisa notre procureur de Macao, il y a quelques années, à y envoyer des Missres. Sil y a vraiment chance de succès nous pourrons obtenir plus tard quon y érige un vicariat apostolique, mais nous nosons trop y compter.
    Mr. Libois pense quil y aura bientôt un ou plusieurs établissements européens à Lieou, Kieou et que nous ferons bien de nous hâter den prendre possession. Cest aussi notre avis. Vous savez que ces îles sont sous la juridiction du Vicre Apque de la Corée.

    Nous avons lhonneur dêtre avec respect en union de prières et S. Sacrifices,

    NosSeigneurs, Messieurs et chers Confrères,

    Vos très humbles et très obéissants serviteurs.

    Paris, 28 mars 1844.
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