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Vie des Missions 8 : Hwalien

Vie des Missions Hwalien
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    Vie des Missions

    Hwalien

    Le 16 juin, à 4 h de l'après-midi, par une de ces chaleurs que le thermomètre n'avait pas enregistrées depuis plusieurs années, au dire des météorologistes, le chef de la mission et un groupe imposant de confrères français et chinois attendaient sur la place de la gare de Hwalien l'arrivée du car de Taipei. C'était un grand et beau jour pour la mission : une jeune recrue lui arrivait, le P. Robert Bardon, convoyé depuis Hongkong par un mentor idéal, le P. Pecoraro. A sa descente du car notre jeune confrère était en excellente forme avec une physionomie naturellement souriante. En fait de chaleur il en avait vu bien d'autre depuis deux mois durant sa traversée sur le \ Laos " et son odyssée de plusieurs semaines au Vietnam, au Cambodge et sur les routes de ce fameux guêpier laotien où sa jeune audace n'avait Pas craint de s'aventurer pour aller retrouver un être cher qu'il n'avait pas vu depuis des années. Né à Tourane il y a 27 ans, sa vocation missionnaire le ramène en Extrême Orient, sur les rives de ce même océan Pacifique où ses premiers regards se posèrent. De nouveau il a pu l'admirer à loisir de la portière de l'autocar qui l'amenait à Hwalien, et depuis son installation à l'évêché, sur la butte de Milun, il n'a que quelques pas à faire pour aller se livrer aux plaisirs des bains de mer ou regarder la flottille des bateaux de pêche qui défile chaque jour au bruit de ses moteurs. Il arrive au bon moment : c'est le temps des vacances. Les cours de langue chinoise qu'il ira suivre à l'école des Pères Jésuites de Sinchu viennent de se terminer. Ce ne sera pourtant pas une période de farniente absolu, chose inconnue du missionnaire. Il se collette déjà avec les mots et les caractères de cet idiome étrange autant que passionnant. Son prédécesseur immédiat et son condisciple, le P. Corboz, lui en a déjà vanté les charmes quand il est allé l'accueillir au port de Keelung. Il n'aura quà suivre ses traces et il sera en passe de devenir un excellent sinisant. Dans quelques jours ils se retrouveront ensemble à l'évêché. Durant quelque deux mois ils pourront combiner de joyeux voyages à travers les districts, prendre contact avec les anciens, voir le genre de vie de nos aborigènes, et chaque dimanche rendre service aux confrères les plus pressés. Heureuse et féconde période d'apprentissage.
    J'ai fait plus haut allusion au P. Pecoraro. Il nous avait quittés le 19 avril, jour de départ de Hwalien du Supérieur Général, avec comme destination la Maison de Béthanie. Son état physique, piètre depuis assez longtemps, exigeait un éloignement momentané de son champ d'action. Arrivé parmi nous le 16 juin 1955, il n'avait depuis jamais déposé le collier, se livrant corps et âme à l'évangélisation et aux soins matériels et spirituels de ses chers montagnards Taroko. Nourriture, habitat, repos furent pour lui, au cours de ces six années, le cadet de ses soucis. Il était à prévoir que tôt ou tard il devrait payer la note. C'est chose faite : il a dû déposer le collier, et se rendre compte qu'il était, comme on dit, au bout de son rouleau. Heureusement pour lui le havre de Béthanie s'offrait à le recevoir. C'est un homme nouveau qui nous en est revenu. Merveilleuse cure de jouvence, obtenue grâce aux soins empressés et vraiment fraternels dont il fut l'objet dans cette Maison qui mérite si bien son nom.
    Voilà donc de nouveau tous les confrères à leur poste. Un seul absent : le P. Zaldua qui prend son premier congé après huit ans d'un labeur acharné au service des Amitsu. Lui aussi avait grandement besoin d'une sérieuse détente. Dans le calme de la campagne basque il aura vite fait de récupérer les forces perdues. Il peut être tranquille : son vaste district de Tienpu est en bonnes mains jusqu'à son retour. C'est en effet son ancien vicaire, le P. Maillot, qui consacre le plus clair de son temps à ses quelque 1.600 ouailles qu'il connaît depuis longtemps. Sans doute, il doit toujours passer une partie de ses journées à son telonium de la procure dont il reste responsable. Mais, Dieu merci, les distances ne sont pas grandes entre Milun et Tienpu, et sa moto qu'il entretient amoureusement ne l'a pas laissé une seule fois en panne. Combien de nos motorisés pourraient en dire autant ?
    A l'autre bout 'du territoire, dans la bourgade formosane de Tungli, un de nos jeunes confrères a transporté ses pénates le 22 juin. Il s'agit du P. Poinsot qui a été envoyé dans cette résidence nouvellement construite, pour s'initier au dialecte dit d'Amoy, parlé par la plus grande majorité des Chinois de Formose. En langage officiel, dit kuo iu, il se tire fort bien d'affaire. Mêlé à la vie de cette chrétienté formosane il aura vite fait, grâce à ses dons et à son travail, d'adapter son kuo iu aux tournures et à la prononciation de ce dialecte du sud de la province du Fukien. Il sera alors l'heureux possesseur du meilleur moyen d'apostolat auprès du bloc formosan encore à peine entamé. Tout en n'étant que le collaborateur du P. Le Corre qui réside au centre du district, à Fuli, notre confrère devra partager avec lui quelques responsabilités en veillant à la bonne marche des deux ou trois postes environnants et du jardin d'enfants établi dans sa résidence. Il en a déjà d'ailleurs endossé de plus sérieuses pendant les deux mois qu'il a passés chez les Taroko du P. Pecoraro, en l'absence de ce dernier. A l'école du P. Le Corre il pourra apprendre à bien conduire un district, à former de bons catéchistes, à organiser des jardins d'enfants dans chaque principal poste, en un mot à faire de l'excellent travail sans s'agiter, sans s'emballer.
    Autre bonne nouvelle : notre confrère, le P. Rondeau, après avoir passé deux mois à l'hôpital nous était revenu avec des séquelles de rhumatisme. On le croyait incapable de reprendre la direction de son district et Monseigneur faisait déjà des plans pour pourvoir à son remplacement. A l'étonnement général, le P. Rondeau tint absolument à rejoindre ses Amitsu de Kasuga dont l'absence lui pesait terriblement. Eux, ils sauront me soigner, aimait il à dire. Eh ! bien, le fait est là : ils l'ont si bien soigné, si bien massé, que depuis des semaines on n'entend plus parler des fameux rhumatismes du P. Rondeau. Au début il y a bien eu une sérieuse alerte et ses braves chrétiens parlaient déjà d'aller chercher le confrère voisin pour lui administrer les derniers sacrements. Mais, Dieu merci, bras et jambes ont repris leur service et notre étonnant P. Rondeau circule à nouveau sur sa mobylette qui n'est plus neuve hélas ! Et qui souffre à son tour d'inquiétants... rhumatismes articulaires.
    "
    1961/669-671
    669-671
    Anonyme
    Chine
    1961
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