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Varia : Nos Vieux

VARIA Nos Vieux Aimons nos bons vieux, les vieux de chez nous ; Dans notre famille, ils sont les grands-pères : Leur donner ce nom doit nous être doux, Comme il nous est doux de nous dire frères. Sils se sont courbés et si leur main tremble, Cest quils sont chargés et du faix du Temps, Et bien plus encor, quoiquil leur en semble, Des gerbes cueillies au cours de leurs ans. Dans leur regard calme et baigné despoir Brillent des reflets déternelle vie ; La paix de leur âme est la paix du soir
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    VARIA


    Nos Vieux

    Aimons nos bons vieux, les vieux de chez nous ;
    Dans notre famille, ils sont les grands-pères :
    Leur donner ce nom doit nous être doux,
    Comme il nous est doux de nous dire frères.

    Sils se sont courbés et si leur main tremble,
    Cest quils sont chargés et du faix du Temps,
    Et bien plus encor, quoiquil leur en semble,
    Des gerbes cueillies au cours de leurs ans.

    Dans leur regard calme et baigné despoir
    Brillent des reflets déternelle vie ;
    La paix de leur âme est la paix du soir
    Que lon goûte après la tâche finie.

    Oh ! Nous savons bien que parfois des ombres
    Passent sur leur front qui semble honteux ;
    Mais pour dissiper ces nuages sombres,
    Ne suffit-il pas de dire à nos vieux :

    Que le Maître auquel ils se sont donnés
    Tout entiers jadis dans leur allégresse,
    Savait quils devraient être pardonnés
    Et quils partageaient lhumaine faiblesse ?

    Ne les fit-il pas ministres damour
    Et dispensateurs de miséricorde,
    En leur assurant quils verraient un jour
    Quà ce rythme au ciel tous les chants saccordent ?

    Quils soient donc par nous aimés, consolés !
    Heureux héritiers de leur expérience,.
    Recueillons aussi pieusement le legs
    Fait de leurs vertus comme de leur science.

    Eux, ils ont vécu : leur vie est un livre
    Quavec intérêt on doit feuilleter,
    Si lon veut savoir comment il faut vivre,
    Travailler, souffrir et patienter.

    Lesprit de sagesse en lâme indulgente,
    La mesure en tout, le bien et le mieux,
    La façon de faire et douce et prudente
    Sapprennent plus vite auprès de nos vieux.

    Si lon écoutait plus souvent Grand-Père,
    On éviterait bien des mauvais pas,
    Et lon naurait point besoin de refaire
    Trois fois un essai qui naboutit pas.

    Un jeune dira peut-être quen Chine
    Les lenteurs des vieux brisent son élan.
    Loublierait-il donc ? Pour quune machine
    Naille pas trop vite, il faut un volant.

    La marche en avant est fort désirable,
    Mais il faut savoir où lon veut aller,
    Suivre le chemin jugé praticable ;
    Car le vrai progrès sappuie au passé.

    Ici le prunier fleurit sous la neige :
    Il en est ainsi du cur chez nos vieux.
    Jeune il est resté depuis le collège,
    Jeune il restera jusquau seuil des cieux.

    Vieillesse, dailleurs, ainsi veut ladage,
    Aime la jeunesse ; il faut, en retour,
    Pour leur épargner les glaces de lâge,
    Réchauffer nos vieux avec notre amour.

    L. C.

    1923/241-243
    241-243
    Anonyme
    France
    1923
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