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Varia: La réforme du calendrier 2 (Suite et Fin)

Varia La réforme du calendrier
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    Varia

    La réforme du calendrier

    LEglise, du reste, nadmettrait pas une interruption dans la succession des semaines : six jours de travail, un jour de repos. Les jours supplémentaires ne pourraient donc être acceptés par elle comme fêtes simplement civiles ; dun autre côté, voudrait-elle imposer à la conscience des fidèles lobligation dominicale deux jours consécutifs ? Sans doute elle le fait lorsque les fêtes de Noël, de lAssomption ou de la Toussaient tombent le samedi ou le lundi ; mais il sagit là dune occurrence accidentelle, tandis que, dans le projet en question, ce serait régulièrement une fois chaque année, et deux fois dans les années bissextiles.

    Le P. Petrone, lazariste, dans les Ephemerides liturgic, M. Boumier dans la Revue du Clergé français, ont proposé un autre mode de computation et de division de lannée, qui tient le milieu entre les deux précédents, cest-à-dire entre la suppression pure et simple et la fériation ou vacation des jours supplémentaires.

    Dans leur système lannée comprendrait ordinairement 52 semaines ou 364 jours ; le jour ou les deux jours superflus seraient réservés jusquà ce quils forment un total de 7, cest-à-dire une semaine, laquelle serait alors ajoutée à lannée, qui comporterait 53 semaines ; de la même manière que, dans le système grégorien, les 6 heures de surplus de chaque année forment, après 4 ans, un jour qui, ajouté à ceux de lannée courante, lui en donne 366.

    Partons dune année qui suit une année bissextile, 1925, par exemple. 1925, 1926, 1927, 1928 et 1929 seront des années communes de 364 jours, mais à chacune desquelles nous aurons mis en réserve un jour et 6 heures. En 1930 cette réserve sélèvera à 6 jours et 36 heures, ou 7 jours et 12 heures. Avec les 7 jours nous formerons la 53e semaine de lannée 1930, et les 12 heures seront encore mises en réserve pour un nouveau cycle de 6 ans, dont la dernière année sera aussi de 53 semaines ; au 3e cycle, cest à la 5e année que la réserve formera une semaine. Et lon aura ainsi une succession de cycles de 6, 6, 5, 6, 6, 5, 6, 6, 5 années, dont la dernière sera de 53 semaines ou 371 jours. En comptant comme ci-dessus, à partir de 1925, les années de 371 jours ou 53 semaines seront : 1930, 1936, 1941, 1947, 1953, 1958, 1964, etc. Les autres seront de 52 semaines ou 364 jours.

    On objecte à ce système que, sil était adopté, lannée civile ne concorderait pas avec lannée solaire. Cest vrai ; mais, lécart nest jamais de plus dune semaine, ce qui est relativement peu de chose. Le même reproche, du reste, pourrait être adressé à notre calendrier actuel, bien que la différence soit moindre.

    On ajoute quil faudra deux calendriers, un pour les années ordinaires, un autre pour les années intercalaires ; mais ce nest là quun mince inconvénient, dautant que les années intercalaires sont assez espacées plus que nos années bissextiles actuelles, pour que le calendrier des années ordinaires serve le plus souvent.

    Voyons maintenant comment se diviseraient les années. Quelles soient ordinaires (364 jours) où intercalaires (371 jours), elles auraient toutes 12 mois de 30 ou 31 jours ; celles de 52 semaines auraient 4 mois de 31 jours : Janvier, Février, Mars et Décembre, les autres mois étant de 30 jours ; celles de 53 semaines auraient il mois de 31 jours, Novembre seul nen ayant que 30. Il résulte de cette disposition non seulement que toutes les années ordinaires seraient absolument semblables entre elles, mais que les années intercalaires elles-mêmes auraient six mois concordant, quant aux jours de la semaine, avec les années ordinaires, savoir les 4 premiers (sauf le 31e jour dAvril pour les année intercalaires) et les 2 derniers. Les 6 autres mois diffèrent à cause du jour qui leur est ajouté dans les années intercalaires.

    Dans ce système toutes les fêtes célébrées avant le 30 Avril et après le 31 Octobre tomberaient les mêmes jours dans les années communes et dans les années intercalaires : lEpiphanie, le vendredi ; S. Joseph, le mercredi ; la Toussaint, le mardi ; Noël, le dimanche. Les fêtes qui se célèbrent entre le 1er Mai et le 31 Octobre seraient, dans les années intercalaires, retardées dun à cinq jours : ainsi S. Jean-Baptiste serait le lundi (années communes) ou le mercredi (années intercalaires) ; SS. Pierre et Paul, le samedi ou le lundi ; lAssomption, le mercredi ou le dimanche.

    Pour ce qui est des fêtes mobiles, Pâques serait fixé, par exemple, au dimanche 6 Avril ; alors la Septuagésime serait toujours le 5 Février, les Cendres le 22 Février. Mais lAscension serait le 15 Mai (années communes) ou le 14 Mai (années intercalaires) ; la Pentecôte, le 25 ou le 24 Mai ; la Fête-Dieu, le 6 ou le 4 Juin. Le 1er dimanche de lAvent serait toujours le 27 Novembre ; mais, dans les années intercalaires il y aurait 26 dimanches après la Pentecôte, au lieu de 25 dans les années communes.

    Tels sont les principaux systèmes proposés pour la réforme du calendrier. Lequel sera adopté par lEglise ? Lavenir nous le dira. Attendons en toute confiance, assurés que lautorité religieuse saura concilier les données de la science astronomique avec les antiques traditions de la liturgie catholique.



    1922/88-90
    88-90
    Anonyme
    France
    1922
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