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Varia: La réforme du calendrier 1

Varia La réforme du calendrier
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    Varia

    La réforme du calendrier

    Il y a quelques années la question de la réforme du calendrier était à lordre du jour. La guerre la fait mettre de côté, mais voici quelle revient en discussion. Tous conviennent quelle ne peut être résolue que par lautorité ou, tout au moins, du consentement de lEglise, puisque lun des points principaux de la réforme serait de déterminer des dates fixes pour la fête de Pâques et toutes celles qui en dépendent, de telle sorte quil ny aurait plus de fêtes mobiles. Or des journaux ont annoncé que le Souverain-Pontife Benoît XV a décidé de nommer une Commission, qui se réunirait en Avril prochain, sous la présidence de S. E. le cardinal Mercier, pour examiner les divers systèmes de réforme proposés et adopter, si elle le juge bon et en le modifiant au besoin, cela qui lui paraîtrait répondre le mieux aux exigences des traditions liturgiques de lEglise.

    Dans les délibérations préliminaires le Cardinal aura pour assistants lAstronome royal dAngleterre, le professeur dAstronomie à lUniversité dEdimbourg, ainsi que les Directeurs des Observatoires dUccle à Bruxelles, de Lick en Californie et de Meudon près Paris.

    Lobjet de la réforme est de constituer un nouveau Calendrier, invariable, dans lequel les mêmes jours se retrouvent aux mêmes dates chaque année. Si cette réforme est approuvée par la Conférence dAvril, une autre Conférence, à laquelle seront invitées les autorités ecclésiastiques, sera convoquée pour fixer la date de la fête de Pâques.

    Ce nest pas la première fois que Rome prend linitiative dune réforme de ce genre. On sait que cest au Pape Grégoire XIII que lon doit le Calendrier dit, de son nom, grégorien. Lorsque Jules César, aidé de lastronome alexandrin Sosigène, avait voulu améliorer le Calendrier compliqué et défectueux de Numa, usité jusque là, il avait donné pour mesure à lannée solaire 365 jours et 6 heures, et, attribuant 365 jours à chaque année civile, il fit intercaler un jour supplémentaire tous les quatre ans après le 24e jour de Février, appelé chez les Romains jour sextile (sexto Kalendas Martii) : le jour intercalaire fut regardé comme le redoublement du précédent et appelé bissextile ou bissexte. Mais lannée solaire nest pas de 365 jours 6 heures ; elles est seulement de 365 jours 5 heures et 49 minutes environ : cétait donc une différence de 11 minutes, ce qui faisait un jour derreur tous les 134 ans, et, depuis le Concile de Nicée, qui avait réglé la date de la fête de Pâques, jusquà lannée 1582, une erreur de 10 à 11 jours ; de telle sorte que léquinoxe, marqué sur le calendrier julien au 21 Mars, arrivait réellement le 10.

    Pour corriger cette différence, le Pape Grégoire XIII supprima 10 jours de lannée courante et décida que le lendemain du 4 Octobre serait le 15. Ce même jeudi 4 Octobre 1582, à 9 heures du soir, mourait sainte Thérèse ; sa fête, qui ne put être fixée à ce jour-là, déjà consacré à saint François dAssise, fut remise au lendemain, et ce fut le 15 Octobre. De là vient aussi que le vieux proverbe : A la Sainte-Luce (13 Décembre) les jours croissent du saut dune puce, vrai avant la réforme grégorienne, alors que le 13 Décembre était en réalité le 23 de ce mois, ne lest plus aujourdhui.

    Pour prévenir la même erreur dans lavenir, il fut décidé que les années séculaires ne seraient pas bissextiles, excepté celles dont les centaines sont divisibles par 4, comme 1600, 2000, etc.

    Le Calendrier grégorien fut accepté aussitôt par toutes les nations catholiques. Les protestants dAllemagne et de Suisse attendirent jusquen 1700. LAngleterre ne ladopta quen 1752 : un acte du Parlement régla que le lendemain du 3 Septembre de cette année serait le 15 du même mois. Les Russes ont persisté dans lancien système : il en résulte que leurs dates retardent de 13 jours sur les nôtres. Le Japon a adopté le calendrier européen en 1873 ; la Chine (au moins officiellement) en 1912.

    Au point de vue ecclésiastique, qui nous intéresse surtout, les deux reproches que lon adresse au Calendrier grégorien sont : 1º que les mêmes dates ne tombent pas chaque année aux mêmes jours de la semaine ; 2º que la solennité pascale, autour de laquelle gravitent toutes les fêtes dites mobiles, na pas de siège fixe, mais varie entre le 22 Mars et le 25 Avril.

    En effet, le 1er Janvier de cette année, par exemple, était un dimanche ; lannée prochaine, 1823, il sera un lundi ; lannée suivante, 1824, un mardi ; en 1825, un jeudi, etc., et il faut parcourir un cycle de 28 ans pour retrouver la coïncidence complète de deux années pour les dates des mois et les jours de la semaine. De là que de difficultés ! Que de questions complexes à résoudre chaque année ! La Sacrée Congrégation des Rites a peine à y suffire Il y a des fêtes fixées à tel jour de tel mois, qui ne varient pas ; dautres sont attachées à tel jour dune semaine qui se déplace chaque année ; de telle sorte que, venant à se rencontrer sur le calendrier, il faut que les unes gardent la place et excluent les autres, qui doivent être transférées ou même supprimées.

    La cause de cette anomalie et des difficultés qui en résultent provient de ce que les années ordinaires ont un jour, les années bissextiles deux jours en plus de 52 semaines complètes ou 364 jours : tant quil en sera ainsi les jours de la semaine et les dates du mois ne coïncideront jamais deux années consécutives. Pour assurer la stabilité du calendrier il suffirait donc de faire disparaître, dune manière ou dune autre, ces jours superflus, de sorte que lannée comporte exactement 52 semaines entières, soit 364 jours. Mais comment opérer cette soustraction ?

    Les uns proposent domettre purement et simplement ces jours de surplus et de commencer une année nouvelle chaque fois que 364 jours ou 52 semaines se seront écoulés. Le procédé est radical, en effet ; mais il aurait le grave inconvénient de nous ramener avant la réforme grégorienne, et au-delà ; car, sil fallait alors 12 siècles pour produire une différence de 10 jours, cette même erreur se retrouverait après 8 ou 9 ans ; lannée civile ne concorderait plus avec lannée solaire et peu à peu on en arriverait à avoir lhiver en été et lété en hiver. Il faut donc chercher autre chose.

    Un autre projet plus étudié, consiste à donner à lannée 364 jours, divisés en 4 trimestres de chacun 91 jours ou 13 semaines, chaque trimestre comportant deux mois de 30 jours et un de 31 jours. Entre le 31 Décembre dune année et le 1er Janvier de lannée suivante, il y aurait un jour libre, férié, qui ne serait compté ni dans une année, ni dans une semaine, et serait fêté comme le Jour du Nouvel An. Les années bissextiles auraient un autre jour férié entre le dernier jour de Juin et le 1er jour de Juillet.

    Lannée commencerait un dimanche et se terminerait un samedi, de même que chacun des trimestres qui la composent. Les fêtes fixes de lEglise tomberaient toujours le même jour de la semaine. Ainsi, en admettant que les deux premiers mois de chaque trimestre soient de 30 jours et le troisième de 31 jours, lEpiphanie serait toujours le vendredi ; saint Joseph (19 Mars), le lundi ; saint Jean-Baptiste, le samedi ; saints Pierre et Paul, le jeudi ; lAssomption et la Toussaint, le mardi ; Noël, le dimanche. Quant aux fêtes jusquici mobiles, Pâques serait fixé au 2e dimanche dAvril, soit le 8 ; doù il résulterait que la Septuagésime serait toujours le 6 Février ; les Cendres, le 23 Février ; lAscension, le 17 Mai ; la Pentecôte, le 27 Mai ; la Fête-Dieu, le 8 Juin ; le 1er dimanche de lAvent, le 27 Novembre. Il y aurait toujours 4 dimanches après lEpiphanie et 25 dimanches après la Pentecôte. La fête nationale de sainte Jeanne dArc serait le dimanche 13 Mai ; le 14 Juillet serait toujours un samedi.

    Ladoption de ce système aurait entre autres avantages celui de dispenser de lachat dun nouveau calendrier chaque année, puisquil serait toujours le même. Les rédacteurs dOrdo verraient aussi leur tâche bien simplifiée, puisquon aurait recours à un Ordo perpetuus invariablement fixé.

    Le défaut de cette simplification est que, bien que les jours superflus ne soient pas comptés dans lannée, ils y sont compris cependant : entre le 15 Juin dune année, par exemple, et le 15 Juin de lannée suivante, ce nest pas 364 jours qui se seraient écoulés, mais bien 365, ou même 366, si la seconde de ces deux années est bissextile.

    Il y a donc là une anomalie, que daucuns ont cherché à corriger.

    (A suivre)





    1922/61
    61
    Anonyme
    France
    1922
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