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Variété : Une grande fête païenne dans lInde, à Kumbakônam

Variété : Une grande fête païenne dans lInde, à Kumbakônam. Kumbakônam, chef-lieu dun diocèse du sud de lInde, détaché de Pondichéry et confié à la Société des M. E. P. en 1899, remis au clergé indigène en 1930, est une des principales villes saintes de lInde, au moins une fois tous les 12 ans, quand, par suite de la conjonction de certains astres, revient la fête hindoue appelée Mamagan ou Mahamagam ; on peut dire les deux sans manquer aux règles du beau parler.
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    Variété :
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    Une grande fête païenne dans lInde,
    à Kumbakônam.

    Kumbakônam, chef-lieu dun diocèse du sud de lInde, détaché de Pondichéry et confié à la Société des M. E. P. en 1899, remis au clergé indigène en 1930, est une des principales villes saintes de lInde, au moins une fois tous les 12 ans, quand, par suite de la conjonction de certains astres, revient la fête hindoue appelée Mamagan ou Mahamagam ; on peut dire les deux sans manquer aux règles du beau parler.

    Lannée 1933, ramène loccurrence de cette fête. Cest tout un événement, on en parle six mois à lavance ; sur les places publiques, dans les gares du chemin de fer, dimmenses affiches, copieusement illustrées, indiquent le programme de la fête qui dure du 1er au 12 mars, on met gracieusement à la disposition des pèlerins des trains supplémentaires à tarif réduit.

    En quoi consiste cette fête ? Tout simplement en une baignade dans un étang sacré, dont les eaux ont une vertu purificatrice merveilleuse une fois tous les 12 ans seulement. Quelle est lorigine de cette fête ? Voici, daprès les livres sacrés, deux légendes donnant lexplication dogmatique de la fête.

    Première légende. Le Dieu Visvanatha conseilla à la déesse Ganga daller se purifier à létang Mamagan, sis à Kumbakônam, des péchés que les pauvres humains avaient entassés sur sa tête. Cela, évidemment, se passait dans les temps préhistoriques. La déesse Ganga se montra docile aux conseils de son Gourou ; celui-ci laccompagna et, assis sur les bords de létang, assista à toutes les cérémonies de la purification.

    La déesse sortit de leau radieuse, éblouissante et jamais elle ne sétait trouvée si belle. Pour faire partager sa joie et sa pureté à tous les mortels elle décida que, une fois tous les 12 ans, les eaux de létang auraient la même vertu purificatrice.

    Pour donner à leau de Kumbakônam sa vertu sanctifiante voici comment les choses se passent. Quelque temps avant le pèlerinage, leau du Gange qui coule à Bénarès perd toute sa radio-activité sainte et, par des canaux ultra secrets, vient remplir létang de Kumbakônam, à environ 1.200 milles (1.920 kilm.) de distance ; on annonce même le jour du départ de cette eau ; en ce qui concerne le pèlerinage de cette année, leau partit le 29 juin 1932 pour arriver le 10 mars, jour de la grande baignade. Toutes les rivières sacrées de lInde sunissent à leur grande sur le Gange, pour venir sanctifier les eaux du Mamagan, elles sont au nombre de neuf et leurs statues sont pompeusement installées sur les bords de létang.

    Telle est la première légende, voici la seconde. Elle est très ancienne puisquon la fait remonter au déluge. Quand donc le déluge arriva, Brahma, le dieu créateur, était dans un terrible embarras ; comment préserver le monde de la destruction ? Heureusement, Vichnou, le dieu conservateur, vint à son aide, il prit un pot en terre cuité, dans ce pot il plaça les livres sacrés, Védas et Sastras, et une petite graine, semence dite cosmique. Brahma, pour éviter la casse, entoura dherbes sacrées le pot ainsi garni et, cest le cas de le dire, vogue la galère.

    Quand les eaux se retirèrent le pot aborda à Banapura, faubourg de Kumbakônam ; Siva, le dieu destructeur et à la rancune tenace, lui lança une flèche, les parois du pot furent brisées et Védas et Sastras senvolèrent à travers toute lInde ; le fond resta sur la terre et est devenu le temple de Kumbasivara cest-à-dire le dieu du pot, doù le nom de la ville de Kumba-Kônam.

    Cest à ce moment que Brahma, avec la semence cosmique recréa le monde et, pour célébrer cet heureux événement, décréta quune fois tous les douze ans, les eaux de létang purifieraient à fond tous les péchés de tous les mortels.

    Le 10 mars, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux se sont baignés dans cet étang ; ils nont eu de leau que jusquà la ceinture car, pour éviter les noyades, le Gouvernement veille. Comme dhabitude les dévots et surtout les dévotes se sont dépouillés des bijoux quils portaient et les ont jetés dans leau en un geste doffrande à la bonne déesse Ganga.

    La fête terminée, le dernier pèlerin parti, le curage de létang desséché est mis aux enchères par le Gouvernement et est, naturellement, adjugé au plus offrant car on suppute la valeur des bijoux jetés dans leau et qui reviennent à lentrepreneur. Une année, il y a de cela je ne saurais vous dire combien de temps, le P. Baralon, alors curé de Kumbakônam, se vit adjuger lentreprise. Il ny perdit ni son temps ni son argent, en effet, avec le produit de la vente des bijoux, il bâtit un hospice pour vieillards : une fois de plus le diable avait travaillé pour le Bon Dieu.

    A. COMBES

    1933/357-359
    357-359
    Combes
    Inde
    1933
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