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Une consécration épiscopale en Chine

Une consécration épiscopale en Chine Mgr RENAULT, Coadjuteur du Vicaire Apostolique du Setchoan Méridional. Le 21 septembre dernier, le sacre de Mgr Renault, 1 Evêque dAntiphres, Coadjuteur de Mgr Fayolle, a été, dans la ville de Suifu au Setchoan Méridional, une journée de grande face pour lEglise catholique.
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    Une consécration épiscopale en Chine


    Mgr RENAULT,
    Coadjuteur du Vicaire Apostolique
    du Setchoan Méridional.


    Le 21 septembre dernier, le sacre de Mgr Renault, 1 Evêque dAntiphres, Coadjuteur de Mgr Fayolle, a été, dans la ville de Suifu au Setchoan Méridional, une journée de grande face pour lEglise catholique.

    Dès la veille au soir, les cours intérieures de lEvêché avaient ouvert leurs portes au flot des curieux. Tout ruisselait des feux dune grandiose illumination. Les laques et les ors se détachaient au milieu dune profusion de fleurs, de soieries et de faisceaux de drapeaux aux couleurs papales, chinoises et françaises. Et à ladresse du nouveau Pontife, dons des autorités civiles et militaires et des différents districts quil visita, des tables dhonneur aux majestueux caractères, dinnombrables pancartes de soie rouge offrent au regard de brillantes inscriptions en distiques, des félicitations en langage abondamment fleuri, des sentences dun parallélisme parfait. Lornementation, uvre magistrale du P. Dubois, comprenait aussi toute la rue jusquà léglise cathédrale, qui avait revêtu sa parure des plus grands jours. Partout des couleurs vives et chatoyantes, qui se seraient harmonisées merveilleusement avec le rayonnement du soleil oriental ; mais ces jours-là, le soleil se contenta de sourire timidement derrière un ciel en grisaille dune douceur reposante, temps vraiment idéal succédant à des chaleurs torrides et à dindésirables ondées. Partout un entrain de fête dans lunion des curs. Païens et chrétiens de la rue se sont cotisés pour offrir une soierie dhonneur et ont pavoisé dun commun accord ; on ne parle que de la religion catholique, du Tchoukiao, de lEvêque ; conversations banales peut-être, mais significatives de sympathie et dimportance indéniable pour lavenir. La musique chinoise, placée à la porte de la résidence épiscopale, salue lentrée et la sortie des hôtes de marque de toutes les ressources tumultueuses de ses instruments, et les pétards en sont linséparable accompagnement.


    1. Louis-Nestor RENAULT, né le 14 avril 1872 à Tramont Saint-André, au diocèse de Nancy, missionnaire au Setchoan Méridional depuis 1897.


    Le lendemain, la cérémonie devait se dérouler majestueusement dans léglise de Notre-Dame des Martyrs au Simen, église bâtie à la suite dun vu, lors de la persécution des Boxeurs, centre du dernier poste de Mgr Renault, se prêtant, dailleurs, merveilleusement par ses proportions à contenir limmense foule qui dès le matin sapprêtait à envahir ses vastes nefs. La décoration, très simple, concordait admirablement avec la beauté priante de ses ogives. Au fond, la Vierge à lEnfant, paisible au milieu de sa riche guirlande toute fraîche, lautel majeur orné de grands palmiers et de fleurs naturelles, le trône magnifique du prélat consécrateur faisant face à lautel de lélu. Dans la nef centrale, les premiers bancs étaient réservés aux invités, aux autorités civiles et militaires et au clergé. Dans les nefs latérales allaient prendre place au premier rang, dune part, le pensionnat des filles, les Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, les écoles paroissiales de filles ; de lautre, les enfants de chur, le séminaire préparatoire, le petit séminaire, lécole des catéchistes, les écoles chrétiennes de garçons. Déjà débordait dans les allées la masse des chrétiens et des chrétiennes, mêlée aux païens avides de voir. Malgré leur flot pressé, le service dordre, assuré par les curés de la ville, fut facile et la tenue générale digne et respectueuse. La majesté du lieu et des cérémonies qui allaient sy accomplir était prenante.

    A 8 h. ¼, les cloches annonçaient la mise en marche du cortège venant de la résidence : longue théorie de 40 enfants de chur, le clergé en surplis, la schola des chantres, le grand séminaire, les chapelains, lEvêque élu entre ses deux parrains, Mgr Rouchouse de Chengtou et Mgr Bourgain du Kientchang, enfin le Prélat consécrateur, Mgr Fayolle, suivi de ses deux chapelains, le P. Pierrel, provicaire, et le P. Ly, doyen des prêtres chinois.

    Au moment où limmense cortège pénétrait dans léglise, retentit vigoureusement la marche de Sambre et Meuse, jouée par la musique militaire, gracieusement prêtée par le général de division, Gouverneur de la circonscription militaire de Suifu. De leur côté, les bombardes saluent de leurs détonations sourdes ; elles ponctueront de leur voix solennelle les principaux moments liturgiques de la consécration épiscopale et de la sainte Messe. Les harmonies des cloches et de la musique militaire charmaient encore les oreilles quand limmense chur, rempli par la clergé, était recueilli dans une première prière dadoration. Mgr Fayolle monte au trône, lévêque élu et ses parrains se rendent à leur chapelle. Puis, sous la direction du P. Couvet, les cérémonies se déroulent avec un ensemble parfait, dans une atmosphère tout imprégnée de piété liturgique. Nul doute que cet apparat de beauté si noble nait parlé à tous, et spécialement à ces païens muets dadmiration et comme figés sur place, à toutes ces pauvres âmes chinoises, simples et de bonne volonté, chez lesquelles les idées entrent surtout par les yeux ; nul doute aussi que les chrétiens ne se soient senti une fierté nouvelle dappartenir à ce pusillus grex noyé dans la grande masse païenne et un regain de courage pour travailler de jour en jour à son accroissement. Malgré les fatigues de sa maladie, Mgr Fayolle accomplit tous les rites traditionnels avec la majesté calme et pieuse quon lui connaît, et, quand le nouvel Evêque, accompagné de ses deux parrains, descendit au Te Deum solennel, pour donner à tous, de sa main parfumée encore de lhuile sainte, ses premières bénédictions, cest au milieu dune foule quon évalua à 2500 ou 3000 personnes quon dut lui frayer un passage. Vers 10 h. ¼, la cérémonie prit fin, le cortège se reforma de nouveau au milieu des envolées joyeuses des cloches, des clairons aux accents de triomphe, tandis que des poitrines montait vers la Reine des Martyrs le Magnificat de laction de grâces.

    Une demi-heure ne sétait pas écoulée quun autre cortège se formait pour conduire Mgr Renault à la résidence épiscopale, à travers les grandes artères de la ville. De grandes oriflammes ouvrent la marche, derrière lesquelles crépitent les traditionnels pétards, puis viennent les tambours, pistons et grosse caisse de la musique militaire, les chrétiens des trois paroisses de la ville, parmi une forêt de drapeaux, au milieu desquels triomphe celui du Saint-Père, enfin le palanquin épiscopal suivi dune vague humaine de païens, dense et mouvementée. Après cinq quarts dheure de marche, ce millier dhommes débouchait vers midi à la rue de lEvêché, prise dassaut par la foule. La musique militaire, qui avait dû quitter la cérémonie du Simen pour une commémoration funèbre à la Chambre de Commerce, se retrouvait postée à lentrée de la résidence, pour saluer de ses plus puissants accords lheureux Evêque. Le moment est impressionnant. ...

    Mgr Renault reçoit de nouvelles congratulations et se rend à la salle de réception avec Mgr Fayolle et le P. Corfmat, procureur de la Mission, auquel revient la plus grande part du succès de cette inoubliable journée. Se présentèrent, entre autres, le général de la Place et son 1er officier dordonnance, le général de brigade, le sous-préfet, deux colonels, un officier détat-major de la Division, le Président de la Cour de justice, le chef de la Garde nationale de la sous-préfecture. Le Président de la Chambre de Commerce sétait fait excuser en envoyant ses cadeaux.

    Dans le réfectoire, orné avec goût, une atmosphère de gaîté et de bonheur rayonne partout. Une belle couronne dune cinquantaine de prêtres, missionnaires et chinois, forme un cadre imposant à la table dhonneur.

    Mgr Rouchouse, le moment venu, se lève. Après avoir félicité chaleureusement le nouveau Pontife : Ordinairement, dit-il, une consécration épiscopale laisse flotter autour delle un nuage de mélancolie en rappelant le souvenir de celui que remplace le nouvel élu. Ici, la joie est complète et sans nuage, car celui dont vous serez le successeur vous a sacré de ses mains et se trouve bien vivant au milieu de nous. On dit, et lexpérience la souvent confirmé, que le fait de sadjoindre un coadjuteur équivaut à un brevet de longévité. Cest notre souhait le plus sincère ; cest le vôtre aussi, Mgr le Coadjuteur. Puissiez-vous longtemps encore jouir de la présence de Mgr Fayolle et profiter de sa longue expérience, de ses lumières et de ses conseils. Vous continuerez, Mgr, les traditions laissées par vos devanciers, les Chatagnon, les Lepley, les Pichon, et, si vous mautorisez à remonter plus haut dans lhistoire, par le Bienheureux Dufresse, dont la gloire illumine notre Setchoan. Parmi les contemporains, vous trouverez des modèles formés à Suifu : le fondateur et 1er Vicaire Apostolique du Kientchang, puis évêque de Canton, Visiteur apostolique en Chine, Archevêque de Marcianopolis, 1er Supérieur Général de notre Société, Mgr de Guébriant. Et pourrais-je oublier le second fondateur du Kient-chang, le seul homme capable de succéder à Mgr de Guébriant, lapôtre intrépide, « espérant contre toute espérance », votre condisciple et ami, Mgr Bourgain ?

    Mgr, un grand personnage a dit et a écrit que votre Mission est pleine dallant et bien vivante. Nous lavons constaté aujourdhui, en voyant cette réunion nombreuse de missionnaires et de prêtres et, dans la belle et touchante cérémonie de ce matin, cette assemblée immense de chrétiens, cette foule nombreuse de païens sympathiques. Le présent est consolant, lavenir est plein de promesses. De tout cur je souhaite la réalisation de votre si belle devise : Adveniat Regnum tuum. Après avoir répété le salut liturgique Ad multos annos, je lève mon verre à la prospérité de la Mission de Suifu et à la santé de ses deux vénérés Pasteurs.

    Puis cest le Père Matthieu Ly qui, en quelques phrases chinoises bien senties, rappelle tous les postes de Mgr Renault, vaillant apôtre de Kousong-Iunlin, excellent administrateur des postes du Kongsitang et de Loutcheou, directeur remarquable des pensionnats et des uvres scolaires de Suifu. Il met en relief lempressement avec lequel, malgré les difficultés des routes et des temps troublés, tous les postes ont envoyé au sacre de leur ancien curé dimportantes délégations et des cadeaux, témoignage du plus sympathique souvenir, tel un bel ornement offert par Loutcheou-ville, que Mgr a tenu à étrenner ce matin même.

    Cest, du P. Dubois, une poésie magnifiant et commentant en des envolées pleines de lyrisme et semeuses despoir la devise du nouvel Evêque qui sétale au fond du réfectoire, au milieu des drapeaux et des fleurs : Adveniat regnum tuum. Il redit à Sa Grandeur les sentiments dunion filiale de tous pour que cet adveniat se réalise.

    Mgr le Coadjuteur se lève alors ému : Messeigneurs et chers Confrères, je suis profondément touché des vux et des compliments que Sa Grandeur Mgr Rouchouse, les Pères Matthieu Ly et Dubois viennent de mexprimer au nom de tous dune façon si délicate et si affectueuse. Je dirai plus, jen suis tout confus. Mais ces vux et ces compliments, je les accepte comme un but à poursuivre, comme un idéal à réaliser dans lavenir, et je prie Dieu de les bénir et de les rendre féconds pour mon bien personnel et pour k bien de notre chère Mission. Et maintenant que vous mavez couronné de fleurs, Permettez-moi à mon tour den effeuiller quelques-unes en lhonneur de nos aimables hôtes, puis de tous et de chacun de vous.

    Cest, en premier lieu, aux autorités militaires et civiles chinoises que Mgr sadresse. Il les remercie de lhonneur quils ont bien voulu lui faire de venir sassocier à la joie de sa consécration épiscopale, les félicite de la tranquillité dont le peuple jouit dans la région, où le commerce prospère, où les écoles sont florissantes. Il souhaite dix mille années de bonheur au peuple chinois, autant au Gouverneur et à ses amis, qui tous sourient, aimablement flattés. Puis il continue :

    Cher et vénéré Mgr Fayolle, vous avez toujours été pour vos missionnaires et prêtres chinois un père plein de tendresse et daffection, mais par la consécration de ce matin, Votre Grandeur lest devenue doublement à mon égard. Soyez sûr, Mgr, que ce ne sera pour moi quun devoir plus strict, mais combien doux, de me montrer envers vous, partout et toujours, fils aimant, docile et dévoué. Jai déjà éprouvé une bien grande joie en apprenant que la date de ma nomination épiscopale tombait le 25 avril, fête de S. Marc, patron de notre cher et regretté Mgr Chatagnon, qui certainement sourit à notre fête du haut du ciel ; le 25 avril, qui est aussi, Mgr, lanniversaire de votre naissance. Mais combien suis-je plus heureux de voir coïncider la cérémonie de mon sacre exactement, jour pour jour, avec le 35e anniversaire de votre ordination sacerdotale. Devant Dieu, quel beau titre pour Votre Grandeur que ces 35 années remplies de piété, de zèle, de charité, et qui brillent aux yeux de tous par lexemple de toutes les vertus. Dieu, dans ses desseins impénétrables, veut sans doute les embellir encore par les mérites de la souffrance et de la maladie, mais nest-ce pas pour nous une invitation de sa part à redoubler de dévouement et daffection tour adoucir vos peines et vous consoler ? Nous ny manquerons pas, Mgr, et je prie Dieu quil vous garde encore longtemps, le plus longtemps possible, à notre tête, et pour le bien de votre Coadjuteur, et tour le bien de notre chère Mission du Setchoan Méridional.

    Messeigneurs et chers Parrains, et vous tous, nos aimables hôtes, en voyant la belle couronne que vous formez aujourdhui autour de notre vénéré Vicaire Apostolique, je pense tout naturellement au verset du psaume que lon chantait ce matin : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum. Cest que cette réunion est bien une fête de famille, puis que toutes nos Missions sont unies entre elles par les liens de la parenté la plus intime, et à cette fête vous avez voulu apporter, avec la joie, toute laffection de vos curs. Tous, pour prendre part à cette cérémonie, vous avez fait des sacrifices vraiment méritoires : Mgr Rouchouse, à peine rentré du long voyage du Concile de Shanghai, sest courageusement remis en route ; Mgr Bourgain a généreusement sacrifié deux mois de vacances à Hongkong pour nous prouver une fois de plus quil a laissé la moitié de sots cur à Suifu. Quil soit aussi remercié de la touchante pensée de faire représenter le clergé du Kientchang par le cher Père Valtat. Cest le vénéré Père Claval, Provicaire et Supérieur de la Mission de Chungking, qui, pour pouvoir nous apporter son affectueuse sympathie, a bien voulu reculer la date déjà fixée de la retraite de ses missionnaires et qui, par une délicate attention sest fait accompagner du P. Thermes, mon condisciple de Paris. Enfin du Yunnan, cest le P. Guyomard qui na pas hésité devant un voyage de dix jours par les chemins que lon sait ! Et les Pères Duffau, Ducotterd et Yang, plus proches de nous, il est vrai, mais, comme me lécrivait lun deux, quoique de trois nationalités différentes, aussitôt linvitation reçue, ont décidé à lunanimité des voix de venir prendre part à la joie commune. Au nom de notre vénéré Vicaire Apostolique, au trait de tous les Prêtres du Setchoan Méridional, joffre à tous lexpression de ma reconnaissance la plus sincère. En ce beau jour, je crois répondre au désir de tous les curs en faisant les meilleurs vux de prospérité et, pour le petit groupe des Missions de lOuest de la Chine et pour notre plus grande famille, la Société des Missions-Étrangères de Paris.

    A vous, bien chers Confrères, mes chers, amis, je ne dirai que quelques mots, mais soyez sûrs quils partent du plus profond de mon cur. Je sens que, par la consécration de ce matin, jai contracté à votre égard, une obligation grave, celle dêtre désormais tout à tous et de ne plus vivre que pour vous et pour le bien de la Mission. Je sens aussi que, par cette même consécration, vous avez tous acquis sur moi un droit, celui davoir plus que jamais ma confiance et mon affection, Eh bien ! Jespère que, Dieu aidant, je pourrai vous donner complètement lune et lautre, sûr davance dêtre largement payé de retour. Cest par cette confiance et par cette affection réciproques et sous la direction de notre vénéré Vicaire Apostolique que je veux mefforcer de réaliser dans la mesure du possible la devise que jai placée dans mes armes épiscopales : Adveniat regnum tuum, devise bien simple, mais combien pleine de sens. Je nen trouve Pas qui traduise mieux lidéal de notre vocation de missionnaires et dapôtres. Cest dans cette espérance, mes chers Confrères, que je lève mon verre en lhonneur de Sa Sainteté Notre Saint-Père le Pape Pie XI, glorieusement régnant ; de son Délégué Apostolique en Chine, Son Excellence Mgr Costantini ; en lhonneur de notre chère Société des Missions-Étrangères et de son vénéré Supérieur, Mgr de Guébriant ; en votre honneur, Messeigneurs ; en lhonneur de tous les missionnaires et prêtres chinois présents et absents, en lhonneur de notre chère patrie. Vive la France, notre patrie bien-aimée, et vive la Chine, notre patrie dadoption !

    Les applaudissements soulignèrent plus dune fois les pensées délicates de Mgr à légard de tous et là propos de sa touchante allocution.

    Plusieurs télégrammes étaient arrivés : de Mgr Baudez, Consul de France à Chengtou, sexcusant dêtre retenu par des affaires de famille ; du cher Frère Directeur des Petits-Frères de Marie de la Mission de Chungking, etc,

    Le repas prend fin. On se disperse dans les cours de la résidence, pleines de visiteurs et de curieux. Les chrétiens sont chez eux ; les païens veulent tout voir. Parfois quelque bambin ahuri détale à toutes jambes, subitement effrayé par le regard pourtant bienveillant dun Père européen. Déjà lappareil photographique est braqué : nous voulons conserver au souvenir de tous la mémoire de nos hôtes distingués. Le groupe est fort imposant.

    A 4 heures, heure ordinaire de loffice dominical du soir, la bénédiction solennelle du St.-Sacrement est donnée à léglise cathédrale, absolument comble. Les actions de grâces montent ferventes vers Dieu pour toutes les faveurs de la journée. Le soir, au milieu dune illumination vraiment féerique, Mgr Renault nous quitte pour faire sa première visite au Grand-Séminaire de St.-Augustin à Tiaohouangleou, aux portes de la ville, sur la rive gauche de la rivière Min, qui, à un kilomètre de là, se jette dans le grand Fleuve Bleu. Les deux communautés du Petit-Séminaire et du Grand-Séminaire y sont réunies au nombre de 70, et cest à ces jeunes espoirs du sanctuaire et de lEglise de Chine que vont les premières paroles et les conseils éclairés du nouvel évêque.

    Rentré à Suifu, Mgr célèbre la messe le mardi dans la gentille chapelle du pensionnat des Surs Franciscaines Missionnaires de Marie, dont il est encore laumônier dévoué. Mercredi, à léglise cathédrale, son ancien poste, Mgr est reçu par le premier missionnaire quil a formé à lapostolat, le P. Mansuy ; il y célèbre les saints mystères, au cours desquels beaucoup de fidèles tinrent à communier de sa main. Infatigable, Mgr est, le jeudi, à Sankouanleou au Petit Séminaire préparatoire. Le dimanche suivant, cest la paroisse S.-François-Xavier qui envoie de grand matin une délégation de chrétiens chercher Mgr. Dans la rue, pétards, détonations ; à léglise, foule recueillie, communions nombreuses, réception brillante. Avant les agapes qui allaient une dernière fois réunir en une intimité familiale et joyeuse tout le clergé de la ville, Mgr Renault tint à aller visiter, en compagnie du P. Cambourieu, la cité ouvrière, des ménages pauvres et à leur porter avec des paroles de réconfort les aumônes dominicales, qui, ce jour là, furent plus abondantes. Un salut pontifical, au cours duquel le Grand-Séminaire exécuta des chants fort pieux, clôtura cette semaine du sacre, si bien remplie.

    Seule lEcole des catéchistes dirigée par le P. Jean-Baptiste Tchen, prêtre chinois, neut pas alors la visite de Mgr. Sa Grandeur la fit coïncider, le 2 octobre suivant, avec la bénédiction de la chapelle agrandie et restaurée, sous le vocable des Saints Anges Gardiens.

    Ad multos et felicissimos annos !

    

    1924/785-793
    785-793
    Renault
    Chine
    1924
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