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Une citation à lordre du Diocèse

Une citation à lordre du Diocèse Le plus grand nombre de nos lecteurs ont connu le Père Compagnon ; beaucoup lont eu pour professeur à Bièvres ou à Paris. Tous savent comment, dès le début de la grande guerre, il sengagea comme aumônier volontaire. Blessé en avril 1915 près dYpres, à peine guéri il rejoignait en Champagne le 8e régiment dartillerie, auquel il était attaché, et cest là que, le 21 septembre, il fut atteint mortellement par un éclat dobus. Après sa première blessure, le P. Compagnon avait été lobjet de la citation suivante :
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    Une citation à lordre du Diocèse

    Le plus grand nombre de nos lecteurs ont connu le Père Compagnon ; beaucoup lont eu pour professeur à Bièvres ou à Paris. Tous savent comment, dès le début de la grande guerre, il sengagea comme aumônier volontaire. Blessé en avril 1915 près dYpres, à peine guéri il rejoignait en Champagne le 8e régiment dartillerie, auquel il était attaché, et cest là que, le 21 septembre, il fut atteint mortellement par un éclat dobus.

    Après sa première blessure, le P. Compagnon avait été lobjet de la citation suivante :

    31 mai 1915. Le Général de division, commandant le Ne corps darmée, cite à lordre du corps darmée laumônier volontaire Pierre-Marie COMPAGNON, du 8e régiment dartillerie. A accompagné le régiment depuis le 25 août 1914 et a montré en toute circonstance le plus grand zèle et le plus grand dévouement à apporter les secours religieux et le réconfort de son assistance aux blessés, aux malades et à tout le personnel du régiment. Blessé le 17 avril en passant des échelons aux batteries de tir pendant un bombardement de la position.

    A cette glorieuse citation nous voudrions joindre celle qui suit.

    Madame Jeanne-Claudine Delarche, veuve COMPAGNON (94 ans), modèle de piété ; mère du R. P. Compagnon, des Missions-Étrangères, aumônier volontaire pendant la guerre et mort pour la France. A participé aux sonneries de langelus avec son mari pendant 42 ans ; a soigné le linge de léglise paroissiale de Beaurepaire pendant 60 ans ; a colporté les bons journaux durant 52 ans. Longue suite de services absolument bénévoles. Titulaire de la médaille de bronze.

    Cest en ces termes que Mgr lEvêque dAutun cite à lordre du diocèse la vénérable mère de notre vaillant confrère.

    Le dimanche 6 décembre dernier, en la solennité de lImmaculée Conception, eut lieu, dans léglise de Beaurepaire (Saône-et-Loire), la cérémonie de la décoration. Ce fut pendant loffice des vêpres que M. le Vicaire général épingla sur la poitrine de la vaillante et vénérée titulaire lhumble et glorieuse médaille, si bien gagnée, et lui remit, au nom de lEvêque, le diplôme dhonneur, témoignage authentique de la reconnaissance diocésaine pour ses mérites.

    Malgré le froid très vif, léglise était comble : on aime tant la vénérable aïeule à Beaurepaire ! Madame Compagnon trônait souriante dans un beau fauteuil de velours, devant la table de communion. Jai assez dhumilité, avait-elle dit finement le matin, pour entendre tout ce quon va me dire aujourdhui. Après une allocution émue et respectueuse du Vicaire général, elle se leva, monta allègrement les degrés du chur et reçut la médaille. Point de fausse modestie : elle semblait, au contraire, tout à fait heureuse, la bonne et vénérée mère !

    Après le salut, réunion dans une des salles de lécole libre : ligneuses, enfants de Marie, fillettes, ont des gerbes de fleurs en mains. M. le Curé de Louhans ouvre le feu des compliments. Ce nest aujourdhui quune humble médaille de bronze : les évêques de France ne sont pas riches ! Puis tard le bon Dieu donnera la belle médaille dor. Puis des dames, des demoiselles y vont de leur discours et ont le privilège dembrasser la bien-aimée maman, ce quelles font de tout leur cur et au nom de tous.

    Madame Compagnon se lève à son tour et remercie sans embarras, avec une bonne grâce charmante. jai bien travaillé ; jespère que le bon Dieu me recevra bientôt. Cest presque du saint Paul : Bonum certamen certavi....

    Ce fut une belle journée, et chacun, en quittant la salle, formulait un vu : Et maintenant, bonne mère, en route pour vos cent ans !

    Tous les membres de la Société des Missions-Étrangères suniront à ce vu des paroissiens de Beaurepaire et, en souvenir de leur regretté confrère, auront pour sa vénérable mère une prière inspirée par la reconnaissance ; car, en lisant les deux citations reproduites ci-dessus, on ne peut sempêcher de penser que le fils avait de qui tenir et quune telle mère est un inappréciable bienfait du ciel.

    Disons, en terminant, que la Société des Missions-Étrangères na pas été seule à bénéficier des prières, des exemples et des enseignements de la bonne maman : le diocèse dAutun y a eu part aussi. Un petit-fils, neveu de notre Père Compagnon, est prêtre depuis près de 20 ans, et, perpétuant le nom et les traditions de la famille, dessert vaillamment trois ou quatre paroisses. Il y a enfin des arrière-petits-fils, et qui sait si Notre-Seigneur ne suscitera pas parmi eux un second Père Compagnon ?

    BURGUNDIO.

    1926/104-107
    104-107
    Burgundio
    France
    1926
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