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Un délégué apostolique en Cochinchine au XVIIIe siècle : Mgr des Achards de la Baume 4 (Suite)

Un délégué apostolique en Cochinchine au XVIIIe siècle Mgr des Achards de la Baume Evêque dHalicarnasse (Suite) Il demanda à se confesser. Je puis vous dire que je ne fus jamais plus édifié ; cet heureux mourant se croyoit le plus grand pécheur de la terre ; ses larmes couloient en abondance, il tenoit le crucifix entre ses mains, et disoit à soupirs entrecoupés : Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam.
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    Un délégué apostolique en Cochinchine au XVIIIe siècle
    Mgr des Achards de la Baume
    Evêque dHalicarnasse
    (Suite)


    Il demanda à se confesser. Je puis vous dire que je ne fus jamais plus édifié ; cet heureux mourant se croyoit le plus grand pécheur de la terre ; ses larmes couloient en abondance, il tenoit le crucifix entre ses mains, et disoit à soupirs entrecoupés : Miserere mei Deus, secundum magnam misericordiam tuam.

    La nuit étoit déjà bien avancée, lorsque M. le Visiteur évanouit ; revenu à lui, il mordonna de préparer lautel pour dire la messe dans sa chambre, je la commençai à quatre heures du matin..

    Le Prince chrétien, et plusieurs personnes de considération y assisterent dans la chambre même, et un grand nombre dautres lentendoient par les fenêtres en dehors. Quand je fus au sanctus, Monseigneur fit un éfort, se releva et sassit dans son lit aidé par le Prêtre Chinois son élève ; lorsque je fus à la communion, il récita sa profession de foi à haute voix, exhorta ensuite les assistans à la persévérance, demanda excuse des incommodités quil avoit donné pendant sa maladie, rendant graces au Seigneur des faveurs quil lui avoit fait durant le cours de sa vie, sur tout de lavoir conduit à la Cochinchine. Il communia avec les sentimens dune piété angélique, et fut ravi dans une espèce dextase pendant un assez long-tems. Le Prince et M. Caupho qui tenoient les flambeaux crurent quil aloit expirer dans cette intime union avec Jésus-Christ ; la messe finie, il mappela et me dit ne me quitez pas ; méditons les miséricordes et les bontés du Seigneur. Tout de suite il demanda lExtrême onction, parce que disoit-il, on ne doit pas attendre davoir perdu la connoissance pour recevoir ce sacrement : Je le lui administrai, il nest pas possible dexprimer les sentimens de résignation quil fit paroître.1

    Les chrétiens de Hué connaissaient tous létat du Visiteur. Quelques jours auparavant même, le 22 ou le 23 Mars, on lavait fait passer pour mort, et M. Favre avait été obligé de convoquer le Prince chrétien, M. Caupho, le Capitaine des Barbes et plusieurs autres personnages de la première distinction 2, pour leur montrer que le leur Visiteur, leur illustre Grand-Pere 3 vivoit.

    Le prince chrétien dont on nous parle ici est une belle figure de chrétien annamite. Si je ne craignais pas dêtre trop long, je raconterais sa conversion, sa disgrâce, toute sa vie.4 Nos prédécesseurs, M. Sennemand, M. de Flory, retireraient quelque honneur de ce récit. Il sappelait Om-bin, cest-à-dire, en transcription moderne, Ong-Binh, ce que je traduirai, non par un nom propre : Monsieur Binh, mais par un titre de dignité : Monsieur le Lanh-Binh, ou tout autre titre militaire, car le prince avait une charge de Colonel.5


    1. Favre, pp. 154, 155. 2. id, p. 152.
    3. Le Visiteur était appelé : Cha-ka, cest-à-dire, en transcription actuelle : Cha-Ca, le Père grand. Favre, p. 127.
    4. Favre, pp. 211-214.
    5. Lanh-Binh, caractères chinois, que les dictionnaires traduisent par général, général de brigade, mais qui correspond mieux à un titre inférieur, colonel. La seule ombre au tableau, cest que je ne me souviens pas davoir rencontré ce titre dans le protocole de la cour des Nguyen avant Gia-Long.

    M. Caupho était le premier dignitaire de la chrétienté de Tho-Duc. Encore une belle figure. Cétait un vieillard respectable par sa naissance, encore plus par ses vertus : il porte une croix imprimée au milieu du front pour avoir confessé publiquement la foi de Jésus-Christ.1 Lappellation dont on le désigne, en orthographe moderne, Câu-Phó, montre quil avait été ou quil était encore sous-directeur adjoint dans un des bureaux administratifs du gouvernement annamite 2.

    Quant au Capitaine des Barbes, cest le Capitaine dun Régiment dhommes, dont la barbe est plus grande que celle des autres : Ils sont les gardes du corps du Roi.3 Nous navons pas dautre renseignement sur lui.

    Vers le sept heures, comme le Prêtre Chinois disoit la messe à léglise, M. dHalicarnasse me dit, allez me recommander aux prières des chrétiens, jy fus, et à peine eus-je ouvert la bouche que les soupirs et larmes des assistans prirent le dessus. Alors le Prince se leva et suivi de tout ce quil y avoit de plus distingué, vint dans la chambre de M. dHalicarnasse, se mit à genoux sur le plancher quil battit neuf fois de son front, savança jusquau bord du lit en disant, illustre Grand-Père, donnez moi, je vous prie, votre bénédiction ; M. dHalicarnasse la lui donna, et les autres imiterent le Prince. Javois envoyé un exprès à tous les missionnaires de la Cour pour les avertir que M. le Visiteur touchoit à sa derniere heure : Dès que le Supérieur des Missionnaires François aprit cette triste nouvelle, il acourut... M. de Lacourt trouva M. dHalicarnasse qui tenoit son crucifix et levoit les yeux au Ciel, et les ayant détournés sur M. de Lacourt, il lui parla de létat de la Mission, ses dernieres paroles furent en faveur de ses ennemis, dimitte illis : Pardonnez leur : M. de La-court lui donna labsolution générale ; je lui fis la recommandation de lame, et lorsque je fus à ces paroles, in nomine Martyrum et Confessorum, il expira.

    Cétoit entre les trois à quatre heures du soir, et le saint jour de Pâque 2. Avril 1741, que la Religion et la Cochinchine firent cette perte irréparable.4


    1. Favre, pp. 58, 59.
    2. Câu-Kê caractères chinois. Par abréviation, Ong-Câu, Monsieur le Câu [- Kê]. Le second mot, phó, désigne sans doute quil était sous-directeur adjoint, phó, caractère chinois ; ou bien cétait son nom individuel. Les chrétientés annamites ont emprunté ce mot câu pour désigner le second dignitaire de la chrétienté.
    3. Favre, p. 45, note (a). 4. Favre, p. 155.


    Une vingtaine dannées auparavant, un autre délégué du Saint-Siège, Dom Philippe Marie Cezati, Commissaire apostolique, envoyé par le CardinaI Mezzabarba, était mort, également à Phu-Cam, mais dans une autre résidence, celle des Missionnaires français, située tout à côté de lendroit où mourut Mgr de la Baume, sur le territoire du village de Phú-Xuân, dans les alentours de léglise actuelle, peut-être un peu plus près du canal. Cest là quil avait été enterré. 1

    *
    * *

    Cette mort fut un événement à Hué, car la présence du Visiteur était connue de tout le monde, des chrétiens comme des payens, de la Cour comme des gens du peuple.

    Tous les chrétiens acoururent ; jaurais été fort embarrassé de la foule, si le Prince chrétien ny eut mis ordre avec ses soldats 2, qui furent commandés pour garder les portes et ne laisser entrer que les personnes connues. Les Catéchistes layant embaumé à la manière du pays, lhabillerent pontificalement, et il fut permis à ceux qui étoient déjà entrés de faire leur priéres auprès du mort, comme nous faisons en Europe ; mais ces priéres étoient continuellement entrecoupées de soupirs, de larmes et de sanglots. Quand les femmes sur tout commencerent à entrer, ce fut une désolation incroyable. Une Dame de la Cour transportée de zèle fendit la presse, et vint toute éplorée, comme une Madelaine aux pieds du mort, en faisant les lamentations les plus touchantes ; elle lui parloit comme sil eut été en vie. Son oraison étoit en vers du pays. 3

    LAbbé Favre donne tout au long la traduction, sans doute un peu large, des lamentations de cette chrétienne. Cest le thème habituel des pleureuses.


    1. Je me base, pour placer la mort de Dom Cezati à Phu-Cam, sur les Actes de la Visite de Mgr de la Baume, au paragraphe : Visitatio Ecclesi B. V. Mari in Phu-Cam, où le fait est clairement affirmé. Dans le Mémoire de Messieurs les Missionnaires françois, que reproduit Favre, pp. 71 et suivantes, on semble laisser entendre, p. 86, que Dom Cezati serait mort dans la province de Cham (Quang-Nam ) ; mais, dans ce passage, les faits sont résumés sans quon donne le détail des temps et des lieux. Cest sans doute sur ce document que le P. Durand sest basé pour placer à Faifo la mort de Dom Cezati (A Faifo en 1682, dans Mémorial indochinois, 1921, p. 542. ) Le Mémoire de Verthamont (1747) dit aussi expressément que Dom Cezati mourut et fut enterré à Phu-Cam, dans léglise des Français.
    2. Il avait, je lai dit charge de Colonel. Cassé de son grade à cause de sa religion par le feu Roi, cest-à-dire par Ninh-Vuong, il avait été rétabli dans toutes ses dignités par le Roi régnant, cest-à-dire par Vo-Vuong, après son couronnement.
    3. Favre, p, 156.


    Enfin 1 comme une Madelaine éperdue, tantot elle recommence le détail des vertus du défunt, tantot elle ranime sa voix et toujours elle revient à lhéroisme de sa douceur et de sa patience, et toujours elle pleure plus amérement.

    Son mari fut forcé de lenlever ; elle en eut mal aux yeux plus dun mois après. Le concours et la confusion redoublant, le Prince fit fermer la porte de lalcove, et dit à ceux qui se présentoient quon alloit porter le défunt à léglise, afin que chacun put mieux satisfaire à sa dévotion.

    Toutes les Confréries se disputoient la garde du corps lorsquil seroit exposé, mais on préfera celle de notre quartier, qui étoit la plus nombreuse et qui nous avoit donné le plus de secours. Ainsi la Confrérie de Phucam prit possession de léglise et se chargea de garder fidèlement le défunt pendant trois jours ; la Confrérie de St. Louis se chargea de pourvoir selon la coutume du Pays, à la subsistance des étrangers qui viendroient pendant que le corps resteroit exposé. Cette Confrérie est composée des chrétiens les plus aparens de Hué : Celle de Apôtres prit sur elle le soin du tombeau de brique et des ornemens du Catafalque portatif.

    Il y aurait des renseignements intéressants à donner sur les confréries de Hué au milieu du XVIIIe siècle. Cest un organisme qui a presque complètement disparu de la vie de nos chrétientés. Elles rendaient cependant de grands services. Les règlements des chrétientés ont confié à dautres personnes les obligations des membres de certaines de ces confréries. Contentons-nous de dire, pour le moment, que la confrérie des Apôtres ou mieux des SS. Pierre et Paul, mentionnée par lAbbé Favre, était instituée dans la chrétienté de Tho-Dúc qui dépendait des Missionnaires français 2. Elle se proposait précisément pour but le soin des mourants et lensevelissement des morts. Celle de Phu-Cam, placée sous le patronage de Tobie 3, donnait aussi ses soins à lensevelissement des morts. Elle venait dêtre rétablie en 1739, sur lordre de Mgr de la Baume, par le secrétaire de lévêque, après que léglise des Missionnaires français, dont elle dépendait, eût été rouverte.


    1. id, p. 188. 2. Une autre chrétienté, dans le même lieu, dépendait des Franciscains ou Récollets espagnols.
    3. Cest la seule qui subsistât en 1736. Auparavant il y en avait une autre de la B. V. Marie (Actes de la Visite de Mgr de la Baume).


    Il faut remarquer ici que la maison où était mort Mgr de la Baume était la résidence de lancien évêque, Mgr Alexandre de Alexandris, et appartenait à la Propagande 1 : en confiant donc à la confrérie de Phu-Cam léglise qui était attenante à cette maison, on introduisait par le fait même, au moins temporairement, les Français dans léglise rivale 2. Au point de vue annamite, et étant donné létat des passions à cette époque, lacte dut être remarqué.

    Quant à la confrérie de Saint-Louis, les Actes de la Visite de Mgr dHalicarnasse ne la mentionnent pas, ni pour les églises des Missions-Étrangères, ni pour celles des Jésuites, ou des Franciscains, ou des missionnaires Propagandistes. Le patron était-il saint Louis, roi de France ? Dans ce cas, on pourrait conclure que la confrérie dépendait des Français, et cette hypothèse cadre avec létat des esprits à cette époque. Sil sagit au contraire de saint Louis de Gonzague, cest plus probablement à une confrérie dépendant des Jésuites que lon aurait eu recours, et cette seconde hypothèse est appuyée par le fait que cette confrérie était composée de chrétiens les plus aparens de Hué, cest-à-dire des personnages de la Cour, qui étaient surtout groupés dans les deux chrétientés que les Jésuites dirigeaient dans lIle royale, aux alentours du Palais. Faut-il admettre que cette confrérie dépendait de léglise des missionnaires de la Propagande, près de laquelle mourut Mgr de la Baume et où son corps fut exposé ? Le fait que cest confrérie qui est chargée de pourvoir à la subsistance des étrangers permettrait de le conclure. En labsence de documents explicites, il est impossible de résoudre la question. 3

    Le corps fut porté à notre église et exposé sur un Lit de parade : Il y eut un concours innombrable de chrétiens et de payens pendant toute la nuit.


    1. Mgr Alexandre de Alexandris était un Barnabite italien, missionnaire de la Propagande.
    2. A Phu-Cam, léglise des Français et léglise des missionnaires italiens de la Propagande étaient construites dans des jardins contigus, bien que dépendant de deux villages distincts, la première de Phú-Xuân, la seconde de Duong-Xuân-Ha.
    3. Elle dépend peut-être dune autre question plus générale, celle de lattribution des districts et des chrétientés faite par Mgr de la Baume. Il peut se faire que la Confrérie de St Louis ait été instituée à Phu-Cam par Mgr Alexandre de Alexandris, après quil eut interdit léglise des Français et dissout leurs de confréries, et quelle nait pas été supprimée après que Mgr de la Baume eut rendu Phu-Cam aux Français, ouvert de nouveau leur église et rétabli leur confrérie de Tobie.

    Le lendemain 3. Avril, je convoquais tous les Missionnaires pour assister à loffice des morts et à. la messe corpore prsente... Ceux qui gardoient le corps, firent ensuite des balustrades dehors de bambouc denviron neuf à dix pieds de hauteur tout à lentour du Catafalque, pour éloigner la foule : ces balustrades formoient une espèce de chur où il ny avoit que les Catéchistes, nos Clercs, et les Missionnaires qui entrassent ; de sorte que les offices sy faisoient commodément. Pendant le jour il vint des Communautés voisines de la Ville 1, et chacune selon son tour prenoit place. Les Catéchistes dans le chur commençoient ; et leur suite, hommes et femmes leur répondoient : après leurs prières ceux qui vouloient prendre quelque réfection, la trouvoient par les soins de la Confrérie de St. Louis.

    De crainte que la chaleur ne lemportât sur le heaume, il fut résolu de mettre ce même jour le défunt dans sa biére : elle étoit dun bois incorruptible pesant presque comme du fer, couvert en dehors beau verni noir du Japon, avec des barres dor sur les coins, elle avoit cinq pouces dépaisseur, les planches en étoient étroitement jointes et le couvercle en forme de voute, devoit senchasser avec force ; il pesoit au moins trois cents livres et toute la biére faisoit la charge denviron vingt hommes.

    Vers les neuf heures du soir, tous les chrétiens se trouvant assemblés, assistés de deux Missionnaires, je mis le corps dans la biére : cette cérémonie fut assez longue ; car après labsoute, chacun voulut avoir la consolation de lui baiser les mains ou les pieds, on nentendoit que des cris et des gemissemens. Diverses personnes jetterent des sentences, des vers, et des devises dans la biére ; les unes étoient gravées sur des lames de plomb, et les autres écrites sur du carton ou du papier. 2

    Ces détails sur la nature du cercueil et sur les circonstances qui accompagnèrent la mise en bière sont à retenir : ils nous seraient dun grand secours si jamais on était amené à faire des fouilles et si lun voulait restituer la dalle funéraire de lévêque dHalicarnasse à son tombeau, dont on ignore aujourdhui lemplacement exact.


    1. Ce terme de communauté désigne les chrétientés des environs de Hué. Dans chacune delles il y avait un ou plusieurs catéchistes.
    2. Favre, pp. 158-160.


    Nous devions enterrer M. dHalicarnasse le 4. Avril, cest-à-dire trois jours après sa mort. Le terme parut trop court à plusieurs Confréries ; le chef de celle de St. Louis, qui est un capitaine dInfanterie, interposa le Prince chrétien, pour prolonger la pompe funèbre ; je déférai à ses prières, et le jour fut fixé au dix du mois. Le principal motif étoit de donner du tems aux Communautés éloignées de venir faire leurs prières auprès de lIllustre défunt : Plusieurs Payens témoignerent également leurs sentimens de respect et de vénération pour lui. Une riche Mandarine entre autres me présenta deux gros cierge, pour éclairer, disoit-elle, mon père qui est allé au Paradis dOccident ; cest ainsi quils apellent le Paradis des Chrétiens.

    Le 9, veille de lenterrement, japellai tous les Missionnaires pour assister aux funérailles ; et je les arrêtai à souper, parce que nous devions commencer notre cérémonie à minuit ; car cest à cette heure-là quon enterre les Grands du Royaume Nous chantâmes loffice des morts ensuite nous nous mîmes en marche et en procession vers léglise où le corps devoit être enterré et de la manière que je vais vous conter.

    Un fameux chrétien marchoit à la tête, avec une lanterne de papier doré en forme de croix illuminée dans toute sa longueur ; il avoit à ses côtés deux choristes, et deux maîtres de cérémonies ; suivoient deux cents autres lanternes de la même forme que la première ; après eux venoit un grand nombre dautres chrétiens, qui portoient des flambeaux dune main et rouloient leurs chapelets de lautre : ensuite paroissoit le superbe Lit de parade placé sur des grands brancards, soutenu par soixante hommes, qui en avoient soixante autres de relais à leurs côtés : Immédiatement après venoit notre chur, composé de vingt quatre écoliers revêtus de surplis, et de trois prêtres qui chantoient selon le Rituel Romain.

    Le Prince chrétien, plusieurs Mandarins et les femmes nous suivoient. Quand nous fûmes embarqués sur le fleuve qui traverse le milieu de la ville, les curieux fixerent plus à leur aise les yeux sur nous, plusieurs payens se rangerent à notre suite ; nous arrivâmes à la pointe du jour au quartier de Tho-Duc, et il nous restoit environ un quart de lieue pour nous rendre à léglise destinée à recevoir notre précieux dépôt. Au sortir de la barque nous continuâmes notre procession dans lordre déjà marqué.1

    (A suivre) L. CADIÈRE,
    Miss. de Cochinchine Sept.


    1. Favre, pp. 161-162.


    1923/345-353
    345-353
    Cadière
    Vietnam
    1923
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