Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Thanh Hoa : Paroisse et District

Thanh Hoa: (Annam) Paroisse et District
Add this
    Thanh Hoa: (Annam)
    Paroisse et District
    ____

    Thanh-hoa est situé dans une plaine dominée vers louest par quelques collines et récifs pittoresques. A quatre kilomètres vers le nord, le fleuve Cheval (sông Mã), impatient de terminer sa longue et impétueuse course, se hâte de passer par la Gueule du dragon (Hàm rồng), pont métallique de 160 m. à une seule travée, pour aller prendre, 18 km. plus loin, son dernier repos, dans le Golfe du Tonkin. La ligne de chemin de fer met Thanh-hoa à 500 km. de Hué, la ville impériale : au nord, à 180 km. dHanoi et 280 km. du port de Haiphong.

    Centre du nouveau vicariat, Thanh-hoa est aussi, depuis 1804, siège administratif de la province extrême-nord de lAnnam. Lautorité française y est exercée, actuellement, par un Inspecteur des Affaires Politiques, Résident de France ; lautorité annamite par le Tổng-đốc (gouverneur) de la Province. Celui-ci réside dans la citadelle, siège des services indigènes. Cette citadelle mesure 1440 m. de circuit et 4 m. de hauteur. Edifiée en terre, en 1804, elle reçut son parement de briques en 1828. Sa réfection occupa alors 1.200 soldats de Thanh-hoa et 2.500 de Nghệ-an. A lintérieur se trouve la Grande Pagode ou Palais du roi, le plus beau de lAnnam, après celui de Hué. Cest là queurent lieu les grandes réceptions du 15 novembre en lhonneur de S. M. le roi Bảo-Đại. Le roi visita, en cette même circonstance, près de la ville, le temple élevé en 1805 aux mânes de la dynastie des Lê. Chaque année, aux équinoxes du printemps et de lautomne, les autorités indigènes provinciales doivent, par décret de Gia-Long, y accomplir les cérémonies rituelles. A côté, on peut voir les tombes royales de Lê-Anh-tôn (1555-1573) et de Lê-Kinh-tôn (1599-1619) ; plus loin à Đồng-sơn, la sépulture du roi Lê-Thế-tôn mort en 1599. Récemment un journal de Saigon émettait lidée quil serait peut-être bon que lempereur dAnnam fit de Thanh-hoa la capitale de lAnnam ? En tous cas, Sa Majesté trouverait dans la citadelle un beau palais tout prêt....

    Dans les numéros 131 et 132 du Bulletin, le P. Bourlet a donné déjà lhistorique du Thanh-hoa catholique, avant lère des massacres de 1884.

    En 1886, la cour de Hué ayant décidé denvoyer, dans les réions troublées de Thanh-hoa, Nghệ-an et Ha-tĩnh, un commissaire royal (khâm-sai) avec pouvoirs de Vice-roi, cest au célèbre P. Six, curé de Phatdiem, que fut confiée cette fonction. Le Père fit alors un court séjour à Thanh-hoa. Il y trouva, au quartier des Potiers, une maison chrétienne dont il fit sa résidence et sa chapelle.

    Peu après la Mission acquit une partie de son terrain actuel, sur lequel se trouvait un pagodon désaffecté. Le missionnaire chargé de la région, lorsquil était de passage à Thanh-hoa, avait là son pied-à-terre. La nuit, cependant, il nosait rester dans ce gîte, lieu trop peu sûr à pareille époque. Les autorités françaises, qui occupaient la citadelle, invitèrent plusieurs fois le missionnaire à venir se réfugier chez eux. Il refusa.

    On peut voir, aujourdhui encore, sur la route mandarine, au carrefour de Bái-Thượng, une pagode. Deux éléphants en pierre, prosternés de chaque côté, gardent lentrée. Celle-ci est surmontée dun petit étage qui était à la disposition des veilleurs de nuit : cest là que le missionnaire, avec ses catéchistes, venait passer la nuit.

    Thanh-hoa, chrétienté naissante, dépendait alors de la paroisse de Mỹ-diện. La région, qui aujourdhui compte 18 paroisses importantes, ne faisait alors quun seul district comprenant les six paroisses suivantes : Mỹ-diện à 18 km. de Thanh-hoa, Cửa-bạng 40 km ; Kẻ-dừa 50 km., Kể-bền 25 km., Nhân-lộ 40 km. et Mục-sơn 51 km.. Un prêtre avait sa résidence au poste central de chacune de ces paroisses dont il était le curé ; le chef de district, chargé de ladministration de toute la région, y circulait une grande partie de lannée.

    Le P. Hébert (+ 1887) y fut envoyé en 1879. Le P. Idiart-Alhor administra le district jusquen 1889, époque où Mgr Puginier le nomma curé de la cathédrale dHanoi. En 1892 le P. Bon reçut la direction du district ; mais un voyage chez les mương des montagnes, où il alla visiter des malades, altéra sa santé. Déchargé de son district il sinstalla à Kể-bền ; peu après son arrivée il mourut de la fièvre, le 10 décembre 1894.

    *
    * *

    A la mort du P. Bon, le P. Rigouin, son vicaire, recueillit lhéritage du chef de district et vint sinstaller à Thanh-hoa même. A son arrivée il y trouva trois misérables hangars de bambous couverts en chaume : lun servait déglise, les deux autres dhabitation pour le missionnaire et son personnel. Grâce à ses bonnes relations avec les païens de la ville, le Père put agrandir son petit domaine, en achetant et démolissant le pagodon dont il est parlé plus haut quil transforma en cuisine. Avec des secours, qui lui vinrent dun peu partout, il construisit une église et une résidence en bois, le tout couvert en tuiles. Dès lors Thanh-hoa était à même de devenir un centre dévangélisation. Un prêtre annamite y fut envoyé à demeure, pour aider le missionnaire, chef de district, souvent absent pendant des périodes prolongées.

    Monseigneur Marcou, alors coadjuteur de Mgr Gendreau, résida à Thanh.hoa de lannée 1896 à 1899. Utilisant les matériaux dune maison sise sur le terrain de la Mission à Tiến-thôn, S. Ex. édifia le bâtiment dans lequel, encore actuellement, habite le vicaire de la paroisse. La fondation de la chrétienté de Kẻ-son, 6 km. au sud de la ville fut luvre de Monseigneur.

    Fin 1898, une partie du district comprenant trois paroisses : Mục-sơn, Kẻ-láng et Kể-bền, devint le champ dapostolat du P. Viallet (+ 1907). Nhân-lộ fut confié au P. Martin qui avait pour mission dimplanter la religion à Phong-Y et dessayer une nouvelle tentative dévangélisation au Châu-Laos.

    A cette époque, la modeste petite paroisse de Thanh-hoa était dans sa période de formation et ne paraissait pas vouloir faire retentir dans le monde les échos de son enthousiasme religieux ! Résultats peu tangibles. A peine cent catholiques dans la ville ; 200 à 300 dans les chrétientés qui se trouvent respectivement à 6, 8, 16 km.. Les conversions étaient rares.

    Quant au P. Rigouin, son état de santé lobligea à un séjour au sanatorium de Hongkong, puis il fut envoyé à Cửa-bạng, sur le bord de la mer, au climat plus salubre. Il allait revenir à Thanh-hoa pour y mourir, en 1904 ; il contracta le choléra en administrant les derniers sacrements à des chrétiens de Phúc-lãng, atteints de ce mal.

    *
    * *

    Lors de la division du Tonkin Occidental en deux vicariats (1901), le P. Blanchard fut mis à la tête de La paroisse de Thanh-hoa. Il y fut admirable de dévouement pour les lépreux, auxquels il construisit une chapelle. De son temps Thanh.hoa devint chef-lieu de district comprenant, en plus de la paroisse centrale, les trois paroisses de Cửa-bạng, Thái-yên et Phúc-lãng. En 1903, Mgr Marcou envoya le P. Blanchard au Châu-Laos ; puis il le nomma supérieur de cette région et provicaire. Il mourut à Hanoi en 1907.

    Le P. Collomb succéda au P. Blanchard. En 1907, il fut remplacé lui-même par le P. Bourlet. Lère des conversions souvre alors. Le P. Bourlet plante la Croix à Sâm-sơn, station balnéaire à 16 km. de la ville. Bientôt il voit le nombre de ses paroissiens sélever à 800 chrétiens. Mais en 1912 il doit céder son district au P. Pilon (+ 1917), pour aller prendre possession de limportante paroisse de Phatdiem. Le P. Chevallay remplace le P. Pilon en 1915.

    Après avoir répandu dans la belle paroisse de Phatdiem, lardeur de son zèle entraînant, le P. Bourlet revient à Thanh-hoa une deuxième fois en 1920. Avec lui le mouvement de conversions saccentue. Quinze cents chrétiens, dès lannée 1922 ; il faut agrandir léglise. En 1923, Sâm-sơn est séparé de Thanh-hoa et forme un nouveau centre dévangélisation. Dans la paroisse de Thanh-hoa les conversions augmentent de plus en plus : léglise devient de nouveau trop étroite. En 1925 le P. Bourlet décide de construire une grande église, digne de la ville de Thanh-hoa. Elle fut consacrée en 1929 (Bulletin 1930 p. 84). Trois années plus tard, elle allait devenir cathédrale du nouveau Vicariat de Thanh-hoa. Mais au moment où seffectuait la division de la Mission de Phatdiem, le district de Thanh-hoa était divisé, lui aussi, en juillet 1932. Le P. Bourlet, quon peut considérer comme le Père de Thanh-hoa, abandonnait, généreusement, la plus belle part de son champ daction pour fonder, à Sâm-sơn, un nouveau district.

    *
    * *

    Le 14 juillet 1932, le P. Poncet, provicaire, quitte le grand séminaire de Phatdiem, quil dirige depuis 13 ans et vient à Thanh-hoa prendre possession du bel héritage que lui lègue son prédécesseur. Le district, après la dernière division, comprend les cinq paroisses suivantes :

    Phúc-lãng à 16 km.: 2.000 chrétiens, 2 prêtres annamites
    Hoài-yên 21 500 et 800 catéchumènes, 1 prêtre
    Thái-yên 35 2.500 2 prêtres annamites
    Cửa-bạng 40 4.500 3
    Thanh-hoa

    La population de cette dernière paroisse peut être évaluée à environ 300.000 âmes ! Sur ce nombre, 2.400 sont catholiques, néophytes pour la plupart ; 2.000 sont catéchumènes et se préparent au baptême.

    Ces chrétiens et catéchumènes sont disséminés dans 42 chrétientés, dont cinq seulement sont constituées, en majeure partie, par des catholiques de vieille souche. Toutes ces chrétientés pourraient former 5 groupements distincts :
    1. Celui de la ville : 1.300 baptisés, environ 100 catéchumènes ; en 3 chrétientés.
    2. Celui de Triều-tiên, à 10 km. de la ville, 60 baptisés, 400 catéchumènes ; 10 chrétientés, dont une seule possède un oratoire paillote.
    3. Celui de Phù-binh, à 16 km., 200 baptisés, 270 catéchumènes ; 6 chrétientés, un seul oratoire paillote.
    4. Celui de Mâu-thôn Mĩ phong, à 25 km.: 600 baptisés, 450 catéchumènes ; 9 chrétientés, une chapelle en bois et 5 oratoires paillotes.
    5. Celui de Trương-tại, à 6 km.: 200 baptisés, 650 catéchumènes ; 14 chrétientés, 4 oratoires paillotes.

    Jamais jusquici le mouvement de conversions navait été aussi accentué, dans la région de Thanh-hoa ; il touche non seulement les humbles, mais aussi lélite ; plusieurs conversions sont le résultat et la manifestation dune intervention merveilleuse de la grâce.

    Pour le seconder dans son labeur immense, le curé de Thanh-hoa a trois vicaires : deux prêtres annamites et un missionnaire, le P. Pourchet. Le vicaire apostolique met à sa disposition sept catéchistes de la Maison de Dieu. Sept autres catéchistes recrutés par le curé sont entièrement à sa charge.

    *
    * *

    Les uvres paroissiales, à la charge du curé de Thanh-hoa, comprennent : une léproserie, une Sainte-Enfance, un hospice, des écoles et un Carmel.

    Depuis que le Carmel est installé à Thanh-hoa, lEsprit souffle sur toute la région et y remue les âmes dune manière peu commune. Est-ce une simple coïncidence ? Constatons, du moins, que le Carmel nest pas inutile ! Des faits curieux montrent, du reste, que Notre-Seigneur veille, avec sollicitude, sur ce membre aussi nécessaire que mystérieux de son corps mystique. Le Carmel a été fondé par le P. Poncet, en 1929. Il cache derrière ses grilles austères, dans un monastère très pauvre et encore inachevé, huit professes et huit postulantes ou novices. Six religieuses sont françaises. Parmi les novices il y en a une de race Thổ. Le P. Fénart, dont la santé a été fortement ébranlée par un long séjour dans les régions malsaines du Châu-Laos, est leur aumônier.

    Les écoles paroissiales donnent linstruction à 200 garçons ou filles. Les élèves seraient plus nombreux, si, à la dernière rentrée des classes, lexiguïté des bâtiments navait obligé leur directeur à en refuser beaucoup. Le P. Pourchet vient de construire, pour les garçons, une école spacieuse, divisée en six classes, qui pourra recevoir 200 élèves : elle a été bénite par S. E. le Délégué, Mgr Dreyer, le 5 février. Le P. Pourchet songe maintenant à doter la paroisse dune école moderne de filles.

    Un modeste petit pensionnat, réservé aux filles de familles riches, françaises ou annamites, est sous la direction exclusive et à la charge des religieuses de N.-D. des missions.

    La Ste Enfance recueille environ 300 enfants par an.
    Lhospice, fondé par le P. Bourlet en 1910, peut recevoir 30 à 40 malades. Des Soins y sont donnés à environ 3.000 malades chaque mois.

    Dans le Bulletin de 1923 p. 491, le P. Bourlet a donné lhistorique de la léproserie. Elle est située à 2 km. de la ville et fut fondée par Mgr Marcou qui acheta le terrain et construisit les premières maisons vers 1896. La chapelle, construite par le P. Blanchard, fut agrandie, plus tard, par le P. Bourlet. Actuellement 123 malades y sont hébergés et soignés. LAdministration accorde à chaque lépreux une allocation de 3 $ (30 fr) par mois ; secours bien insuffisant pour faire face à toutes les dépenses : soldes des infirmiers et infirmières, construction et entretien des bâtiments nourriture, médicaments etc..

    L. LEHMANN.

    1933/661-668
    661-668
    Lehmann
    Vietnam
    1933
    Aucune image