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Rites du couronnement des empereurs au Japon 3 (Suite et Fin)

Rites du couronnement des empereurs au Japon (Suite et Fin) VI. Rite de lapaisement de lâme.
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    Rites du couronnement des empereurs au Japon
    (Suite et Fin)
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    VI. Rite de lapaisement de lâme.

    Daprès larticle 13 du Tôkyokurei, dans la matinée du jour qui précède la grande fête des prémices, doit être célébré le rite dit de lapaisement de lâme, tama shizume, ou encore chinkonsai (caractères chinois). Ce rite, dailleurs, se pratique chaque année au Palais impérial, le 22 novembre, veille de la fête des prémices. Ce service est destiné à procurer longue vie, santé et félicité au Couple impérial ainsi quau Prince héritier. Il se compose dun matsuri avec norito approprié, de plusieurs danses sacrées, kagura, dorigine fort ancienne, et de deux rites de magie sympathique. Avant dexposer en détail le cérémonial suivi et pour en donner lintelligence, il est nécessaire dentrer dans quelques explications préliminaires.
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    Les Japonais anciens, résolument spiritualistes, admettaient lexistence de lâme humaine, tamashii (joyau-souffle-esprit), ou plus brièvement tama. Certains croyaient même à lexistence de deux âmes distinctes dans le même individu : lesprit rude, ara mi tama (caractères chinois), principe du courage et de toutes les facultés relatives à laction ; lesprit doux, nighi mi tama (caractères chinois), siège de lintelligence, principe des sentiments de joie, de paix, de contentement intérieur, de bienveillance envers autrui. Cette opinion, qui se fait jour dans plusieurs mythes, fut probablement inspirée par la phobie du nombre un et ne dépassa pas sans doute le cercle fort restreint des mythologues. Quoiquil en soit, on simaginait que le lien qui unissait lâme au corps était assez lâche. Lâme humaine tendait naturellement à quitter son compagnon, dans le rêve notamment, et, si son absence se prolongeait, cétait la mort. Les rites religieux ou magiques avaient donc pour objet dapaiser linquiétude, lesprit de mobilité, qui poussaient lâme hors de sa demeure, de la fixer solidement dans cette demeure si possible. Subsidiairement, les rites devenaient source de longue vie et de félicité.

    La mythologie nous donne le pourquoi de la croyance à lefficacité des rites magiques. Le Kami Nighihayabi no mikoto, né en même temps que Ninighi no mikoto, ancêtre de la famille impériale, descendit dans le Yamato avec dix trésors divins, kamutakara (caractères chinois), ou fétiches. Il avait deux miroirs, un sabre, un joyau pour conserver la vie, ikitama (caractères chinois), un joyau pour faire revenir à la vie, shigaeshi no tama (caractères chinois), un joyau dabondance, taru tama (caractères chinois), un joyau pour retrouver son chemin de retour, michi gaeshi no tama (caractères chinois), une peau de serpent, naemi no hire (caractères chinois), une dépouille de guêpe, hachi no hire (caractères chinois), un assemblage de peaux, dailes, dailerons de divers animaux, kusagusa no hire, (caractères chinois). Tout cela constituait un stock dobjets magiques aptes à produire des effets extraordinaires. Nighihayabi avait reçu cette collection des mains dAmaterasu, laquelle, en les lui donnant, prononça ces paroles : Moshi yamu toki ga attara kano jù no mi takara wo totte, hito, futa, mi, yo, itsu, mu, nana, ya, kokono, tari ya to tonaete yure, yuru yuru to yure, kaku seba shinin mo yomigaeru de arô. Traduction : Que si, en cas de maladie, prenant ces dix trésors précieux on les secoue en comptant un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit neuf, dix ; si on les secoue drelin ! drelin ! si on opère ainsi, même un mort pourra ressusciter.

    Umashi umate, descendant de Nighihayabi, gouvernait le Yamato lorsque Jimmù Tennô vint en faire la conquête. Il essaya bien de résister tout dabord, et ses troupes livrèrent de sanglants combats, mais, comprenant bien vite que toute résistance était inutile, il fit sa soumission et obtint de Jimmù un traitement de faveur. Il ne tarda pas à informer son nouveau maître de la recette magique que possédait sa famille, et soffrit à lui en appliquer les effets bienfaisants. Celui-ci accepta. Les successeurs de Jimmù, à lexemple de lillustre ancêtre, adoptèrent à leur tour avec empressement ce moyen facile, sinon efficace, de se procurer santé, longue vie, chance, félicité....

    Dautre part, quand Amaterasu, furieuse des avanies que son frère Susanowo lui avait fait subir, se cacha dans la caverne du ciel, le monde fut plongé dans lobscurité et désolé par mille maux. Les kami, dans le but dobtenir le retour de lastre du jour, organisèrent un matsuri, qui est le sacrifice prototype de tous ceux qui devaient se célébrer au Japon tout le long des âges. Après loffrande des oblations et la récitation de puissantes paroles, Uzume no mikoto, lAuguste femelle terrible, la tête ceinte dune couronne de lianes, tenant dune main une touffe de bambous nains, brandissant de lautre une pique, monta, en guise destrade, sur une barque vide renversée et se mit à danser. Sous leffet de lexcitation perdant tout sentiment de pudeur, elle prit ses seins avec les mains et les exhiba, puis elle dénoua le cordon de son habit de dessous, le laissa tomber et apparut toute nue, ne cessant de danser et de se trémousser. La scène arracha aux kami spectateurs de tels cris de joie, que le ciel en trembla et quAmaterasu, piquée dans sa curiosité féminine, sortit de la caverne.

    Telle est, daprès les théoriciens et les rubricistes du Shinto, lorigine mythologique de la Kagura ou danse sacrée pratiquée au cours des matsuri. Cest un rite faste qui procure joie et félicité aux dieux et aux hommes. Remarquons en passant que chez tous les Polynésiens de lOcéan Pacifique existe une danse obscène, la houla. Le mythe de la danse dUzume a été brodé sans doute sur les coutumes en honneur parmi les éléments ethniques polynésiens, émigrés dans larchipel Nippon. Les populations originaires du nord-est asiatique étaient de murs plus sévères.

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    La veille de la fête des prémices et de grand matin, le grand-prêtre et ses assistants se rendent dans un des sanctuaires du Gosho. Sur une table a été dressée une tige de bois, au sommet de laquelle ont été fixées de nombreuses bandelettes de papier blanc. Tous les prêtres se prosternent en poussant le cri de Oh ! A ce signal, les huit kami protecteurs du Palais impérial, auxquels, pour la circonstance, sest adjoint le dieu-esprit-grand-redresseur O Naobi no kami, descendent sur la tige de bois et y adhèrent jusquà la fin de la cérémonie. Les musiciens jouent de la harpe japonaise, koto, et de la flûte, fue. Dautres marquent la cadence des trilles en frappant des tablettes de bois lune contre lautre. Les prêtres crient en chur :

    Atchine ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Oke !.... Atchine ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! .... Oh ! Oh ! Oh !.... Oke ! Oke ! Oke !

    A en croire la tradition ce serait le refrain du chant que les Kami reprenaient en chur pendant la danse de Uzume devant la caverne du ciel. Le couplet de la danseuse aurait été celui-ci : Aware ! Ana ! Omoshirs ! Ana ! Tanoshii !.... Ana ! Sayake ! Oke ! Ah ! Que cest amusant ! Ah ! Quel plaisir ! Ah ! Faisons du bruit ! Oke !

    Les prêtres, ayant manifesté leur joie rituellement, disposent les oblations : un sabre. un arc, un carquois rempli de flèches, 30 grelots, 20 cocons de vers à soie, une livre détoffe grossière de soie, 5 livres de ouate, 10 livres détoupe de chanvre, des aliments et du sake.

    Pendant la préparation des offrandes, les musiciens saccompagnant du Koto chantent les uta suivants :

    Mi yama ni wa
    Arare furu rashi
    Yama to naru
    Masaki no kazura
    Iro zuki ni keri

    Sakaki ba no
    Ka wo kagu wa shimi
    Tome kureba
    Yaso ujibito zo
    Ma toi seri keri

    Kami gaki no
    Mimoro no yama no
    Sakaki ba wa
    Shigeri ai ni keri
    Kami no mi mae ni

    Sur lauguste montagne
    Le grésil tombe,
    Et samoncelle ;
    Lextrémité des lianes
    Senjolive !

    Des feuilles de sakaki
    Respirant profondément le parfum,
    Si on le retient ;
    Les hommes des 80 clans
    Il enveloppe.

    Les feuilles de Sakaki
    De la montagne de Mimoro,
    Barrière divine,
    En lauguste présence du Kami
    Sont luxuriantes à lenvie !

    Ensuite le grand-prêtre récite le norito XV du recueil Enghishiki : Les augustes kami ancêtres, qui résident divinement dans la plaine du haut ciel, ayant daigné déterminer par un commandement divin que le pays des épis luxuriants de la luxuriante plaine de roseaux serait le pays tranquille de lAuguste Souverain petit-fils, prononcèrent des paroles dune forme pleine et achevée pour que les grosses colonnes de son Palais reposassent sur la racine des rochers profonds et pour que les poutres sentre-croisassent haut dans la plaine du haut ciel.

    Ayant disposé daugustes vêtements : vêtements de dessus et de dessous (allusion aux tissus offerts) ; ayant offert. daugustes oblations : étoffes lustrées et brillantes, étoffes soyeuses et rudes au toucher, étoffes de cinq sortes ; ayant rangé les grosses jarres de sake, dont les bords sélèvent haut ; ayant entassé en façon de large et haute colline les productions des montagnes et des plaines, les légumes amers et les légumes doux, les poissons aux nageoires larges et les poissons aux nageoires étroites de la plaine bleue de la mer, les herbes marines du rivage et celles des eaux profondes, outre cela toutes sortes de choses ; ces augustes oblations que nous offrons, mangez-les tranquillement en façon daugustes offrandes pacifiques, daugustes offrandes abondantes.

    Célébrant lauguste portail du souverain en façon de portail éternel et solide comme les rochers, daignez rendre son règne prospère et heureux. Le faisant demeurer en paix dans lauguste lieu où il demeure, en fêtant daignez lapaiser. Je dis.

    Le sens général du morceau est celui-ci : La paix du pays attribué en héritage par les kami à leur divin descendant, la solidité du Palais quil habite sont assurées grâce aux paroles de bon augure qui furent prononcées aux Origines. Pour prix des multiples oblations déposées devant les kami, que ceux-ci daignent renouveler ces paroles fastes, surtout quils daignent apaiser lâme du Mikado et faire quelle ne quitte pas sa demeure terrestre. Daprès lidéologie shintoïste, les puissantes paroles du kannushi déterminent les dieux à prononcer, de leur côté, des paroles fastes, des paroles de bon augure ; lesquelles produisent automatiquement leur effet, proférées par des personnes qualifiées, si grande est la force magique des mots. Dans le shintoïsme, le rite sacerdotal est un rite magique à retardement, si lon peut sexprimer ainsi : il amorce et déclenche laction magique des kami.

    Le moment est venu de procéder à lexécution des deux rites de magie sympathique capables daffermir la vie du Mikado.

    Deux prêtres savancent tenant chacun une botte : lune renferme un long fil de soie, symbole de la vie de lEmpereur, et lautre un de ses vêtements, substitut de sa personne. Pendant quils traversent le sanctuaire, les autres prêtres se prosternent et du fond de la poitrine poussent un Oh ! prolongé, comme au moment où les kami sont censés descendre. Puis, en chur, ils battent huit fois des mains.

    Un cérémoniaire saisit une pique, monte sur une estrade et heurte dix fois successivement sa pique contre elle. A chaque coup un prêtre fait un nud au fil. Puis celui-ci est remis dans sa botte.

    Un autre ministre sacré prend alors lhabit du Mikado, le déploie en le tenant tourné vers les kami et le secoue dix fois ; puis il le replace dans le coffret. Les coffrets sont de nouveau fermés et déposés dans le tabernacle doù ils avaient été extraits. Musique et chant de cet uta : Atarashiki toshi no hajime ni kaku shi koso, chitose wo kanete tanoshiki wo tsume. Traduction : Au commencement dune nouvelle année, si lon procède ainsi, pour un amoncellement de mille années on entasse du plaisir.

    Des prêtres, revêtus dhabits bleus, sélancent au milieu du sanctuaire en brandissant des branches de sakaki et dansent la kagura dite Yamato mai (caractères chinois). Alors la cacophonie musicale bat son plein. A la fin, toute lassemblée, comme en proie à une sorte de délire sacré, claque huit fois des mains, revers contre revers. Ce geste religieux, accompli au rebours de la façon naturelle, jouit dune vertu magique mystérieuse. Le calme revient un peu. Tous se prosternent et adorent. La musique joue, on retire les offrandes. Nouveau cri de Oh !, poussé par tout le monde dune voix puissante. Cest le signal pour les neuf kami de quitter la tige de bois, et de remonter à la plaine du haut ciel. Tout le monde se retire. La cérémonie a duré deux heures environ.

    Les Japonais des âges anciens portaient, enroulées autour du cou ou des poignets, des perles tama, de forme ronde, cylindrique, à pointe recourbée. Si le fil, qui les réunissait, se cassait, les perles tombaient et la parure devenait inutilisable. Un moyen facile de parer à cet accident ou de le réparer une fois quil sétait produit, cétait de rattacher ensemble les bouts du fil à lendroit usé ou cassé. Si lon se rappelle maintenant que le mot tama, perle, joyau, veut dire également âme, esprit, on comprendra que le fait de nouer un fil, auquel la vie du Mikado est comme suspendue, possède la vertu de raffermir cette vie. On effectue dix nuds en souvenir des dix trésors de Nighihayabi. Le même nombre intervient pour renforcer lefficacité des coups de pique (emblème phallique symbolisant la félicité), frappés contre lestrade en mémoire de Uzume, laquelle réussit à apaiser le ressentiment dAmaterasu, mettre en liesse tous les kami, ramener vie et joie dans la plaine du haut ciel. Cest également à limitation du geste magique transmis par Nighihayabi à ses descendants, que le vêtement de lEmpereur, substitut de sa personne, est secoué dix fois.

    VII. Le sacrifice solennel des prémices.

    Larticle 14 du Tôkyoku rei prescrit que, après la cérémonie dintronisation, le Mikado offrira un sacrifice solennel des prémices aux divinités du ciel et de la terre.

    Chaque année, le 23 novembre, se célèbre dans tous les miya de lEmpire une fête des prémices, niinamesai (caractères chinois) ; le Mikado assiste à celle qui a lieu dans les trois sanctuaires du Palais. Il offre aux kami le riz et le sake nouveau et, après le repas des kami, il absorbe lui-même une légère partie de ces mets. Cette fête des prémices est une des plus anciennes du shintoïsme. Il en est parlé déjà dans les récits mythologiques. Ainsi : Amaterasu, qui faisait cultiver deux rizières dans la plaine du ciel, offrait du riz nouveau aux divinités du Ciel dans le sanctuaire de son palais. Le kami Susanowo sabota un jour la cérémonie en souillant le miya avec ses excréments. Un autre kami, Ame no waka hiko, descendu en Izumo pour obtenir labdication du Maître du grand pays, O Kuni nushi no kami, se maria, et, se laissant amollir par les douceurs du foyer, oublia de remplir la mission qui lui avait été confiée. Or, un jour, après avoir célébré la fête des prémices et vidé force cruchons de sake, pendant quil dormait sur sa natte, une flèche lancée du ciel le transperça.

    Le grand sacrifice des prémices, qui a lieu après la cérémonie du couronnement, est la fête la plus solennelle du shintoïsme : elle est hors classe.

    Ce sacrifice se célèbre dans un sanctuaire provisoire, construit spécialement pour cette fête à lintérieur du goshô. Cet usage délever à la hâte un temple sommaire est, avons-nous dit un souvenir des temps anciens, alors que, la résidence impériale changeant à chaque règne, la nécessité simposait de bâtir un palais nouveau pour chaque mikado intronisé. Le miya de la fête des prémices est bien une reproduction du sanctuaire qui, aux VIe et VIIe siècles, se trouvait attenant au palais impérial.

    Le Miya de la fête des prémices comprend sept pavillons. Il y a dabord deux sanctuaires, dits demeures des kami shinza (caractères chinois). Lun est à lEst, cest le yukidono (caractères chinois) ; lautre, à lOuest, le sukidono (caractères chinois). Ils ont respectivement 9 m. 50 de long sur 5 m. 70 de large. Ensuite il y a le mawari tachi dono (caractères chinois), salle où lempereur accomplit avant le sacrifice les ablutions deau chaude, où il revêt ses ornements sacrés et se repose dans lintervalle des rites, car ils vont durer toute la nuit. Puis viennent le kashiwaya (caractères chinois), où lon cuit la nourriture destinée aux kami, le mawari rô (caractères chinois) qui est une galerie allant du mawari tachi dono aux miya proprement dits, le chôden (caractères chinois), salle où se tient limpératrice et où est déposé tout le matériel destiné aux oblations. Enfin, il y a le omi no akusha (caractères chinois), le local où prennent place les assistants (1500 environ), qui jouissent du privilège de prendre part au rite.

    On commence la construction de ces baraques sept jours avant la cérémonie de lintronisation. Cinq jours doivent suffire pour la terminer. Il est vrai que les matériaux en ont été préparés à lavance. Pour la charpente, on se sert à peu près exclusivement de bois de pin, dont on nenlève même pas lécorce. Les toits sont recouverts de tiges de roseaux. Les barrières, les portes et les haies sont faites avec les arbrisseaux, qui poussent sur les pentes des montagnes. Cest aussi par la divination que lon désignera les deux montagnes qui fourniront ces matériaux.

    Le 14 novembre, vers 4 heures de laprès-midi, tous les dignitaires de lempire se présentent avec le même costume archaïque quils avaient revêtu pour la cérémonie dintronisation, et se placent dans deux baraques qui servent de lieu de rassemblement. Les Princes impériaux et les Princesses se rendent dans le pavillon qui leur a été assigné. Des militaires de la garde, costumés et armés comme on létait au VIIIe siècle, se rangent à droite et à gauche des ouvertures pratiquées dans les haies et palissades de lenceinte. Ils ont relevé les larges manches de leur tunique avec des lianes de hikage kasura (caractères chinois) (lycopode commun) ; car, daprès la mythologie, cest ainsi que les kami séquipaient avant de se mettre à louvrage. Le grand-prêtre et ses assistants procèdent à lornementation du yukiden.

    Le sacrifice des prémices étant offert à la collectivité des kami du ciel et de la terre, on prépare à ces kami une place au fond du miya. A cet effet, dans la partie la plus retirée du temple, qui est considérée comme le lieu sacré par excellence, tai nai jin, on étend une première natte qui rouvre une surface de 3 mq. environ. Sur cette grande natte, on dispose à chaque angle quatre tas de huit autres nattes plus petites, à raison de deux tas par côtés du carré. Sur le tout on étend une dernière grande natte de 2 mq. de surface. On obtient ainsi un espèce de lit, dont le pied se trouve au nord et la tête au sud. Au pied du lit on place une paire de chaussons en étoffe brodée, à la tête un oreiller en bois, et entre ces deux objets, on entasse huit nouvelles nattes, sur lesquelles est étendu un drap en étoffe de soie écrue. Sur le drap on dispose un habit de même tissu, et au pied du lit, des deux côtés, sont placées deux tables ayant chacune une branche de sakaki, dont le sommet est orné dune poignée de filasse de chanvre.

    Le sacrifice ayant lieu pendant la nuit et devant durer longtemps, les auteurs de cette réglementation estimèrent quil convenait de se rendre les kami propices, en leur offrant toute facilité pour se reposer, sils le désiraient. Un lit seulement pour des myriades de kami ! Cest bien peu, pensera un profane ; en quoi, du point de vue japonais, il aura tort, car, en se serrant un peu, des esprits arrivent très bien, dit-on, à trouver une place sur cette couchette.

    Lespace qui se trouve devant la couche des kami forme le sanctuaire naijin. Cest là que se tiendra le mikado. Sa place est marquée par huit nattes dun mq. 80, entassées les unes sur les autres.

    Durant tous ces préparatifs, le soleil a décliné à lhorizon, et il commence à faire nuit. Des ministres sacrés, spécialisés dans ce travail, font jaillir du feu pur dune planchette de hinoki et, de place en place, allument des feux. Tous les auteurs saccordent à dire que, à ce moment, le campement sacré présente un aspect qui rappelle en tous points lépoque des kami.

    Vers 7 heures du soir, le mikado se rend au pavillon dit mawari tachi dono. On y a chauffé de leau. Il se déshabille, revêt une tunique blanche et à trois reprises se verse de leau chaude sur le corps. Ensuite il dépose lhabit mouillé, reprend son costume de cérémonie, qui est tout entier en soie blanche discrètement ornée de dessins, et reçoit le skaku ou tablette divoire.

    Dans les barraques de rassemblement, les assistants se sont habillés et, au signal du gong, ils se rendent processionnellement au pavillon dit o imi no akusha, où ils se tiendront immobiles toute la nuit.

    Mais voici que dans la cuisine, kashiwaya, qui se trouve derrière le yukiden et en est séparée par une haie, retentit le bruit sourd des pilons frappant en cadence le paddy des mortiers. Les pileurs chantent : Yatsu hô no tari hô no ine wo kari tsumite tsukuya murabito mutsumi ai tsutsu. Traduction : Ayant moissonné le riz aux épis luxuriants, aux épis de huit poignées, les villageois pilent, en nouant amitié.

    Le riz dûment décortiqué, on le met à cuire dans les marmites. Pendant que les cuisiniers saffairent autour du fourneau, le grand-prêtre et les autres ministres sacrés sont entrés dans le chôden, pavillon de limpératrice. Ils y sont fort occupés à disposer sur huit tables les offrandes alimentaires reçues de toutes les parties de lEmpire : riz, millet, orge, blé, pois, poisson salé de plusieurs espèces, herbes marines, choux, navets, patates douces, pommes de terre. Les fruits divers : châtaignes, kaki, oranges, raisins, poires, pommes sont disposés sur les plateaux et dans les vases.

    Ce travail terminé, le grand-prêtre entre dans le yukiden, va se placer dans le gwaijin, partie du miya qui fait suite au sanctuaire réservé au Mikado, et lit le norito du jour, XIV du recueil Enghishiki.

    En lauguste présence des kami souverains terrestres et célestes qui habitent les temples, par ordre des bien-aimés kami ancêtres, Amaterasu et Takamimusubi, lesquels résident divinement dans la plaine du haut-ciel je dis :

    Au jour du lièvre du milieu du mois de la présente année, puisque lAuguste Souverain petit-fils invite à manger un grand repas des prémices, en façon de repas céleste, mangé longtemps, dont les ingrédients sont venus de loin ; que les kami souverains, faisant de ce jour un jour de richesse, effectuent un rite pour que son règne soit ferme et durable comme les rochers, pour que son règne soit prospère et quil soit heureux ; pour quil puisse manger en paix et tranquillement pendant cinq cent et mille automnes et que son visage devienne rouge comme la lumière éblouissante.

    Ayant disposé rituellement les précieuses offrandes : des étoffes brillantes et des étoffes lustrées, des étoffes soyeuses et des étoffes en fil écru, face au soleil levant qui monte la pente luxuriante du ciel, je prononce rituellement des paroles de forme pleine et achevée.

    Nous en avons déjà fait la remarque : daprès lidéologie shintoïste, les kami exaucent les requêtes à eux adressées, en effectuant de leur côté quelque rite : parole ou geste qui réalise automatiquement le sens dont il est chargé. Le norito ne doit contenir que des paroles fastes, cest-à-dire des paroles évocatrices de lumière, de joie, de prospérité, dabondance, de bonheur ; cest pourquoi le grand-prêtre dit quil parle à la face du soleil levant, quoiquil fasse nuit noire.

    Le grand-prêtre a prononcé devant les kami son discours sacré. Cest le moment pour le Mikado de faire son entrée dans le yukiden. Il passe par le corridor dit kwairô. Au fur et à mesure quil avance, on déroule une natte sous ses pas. Un maître des cérémonies et le Ministre du Palais marchent devant pour montrer le chemin, puis viennent deux individus avec une torche. Deux autres cérémoniaires portent, lun le sabre, et lautre les sceaux, insignes de la dignité mikadonale. Un parasol, doù pendent deux cordons tenus à droite et à gauche par des suivants, abrite lEmpereur.

    Derrière lui, quelquun porte la longue traîne de sa tunique. Il va sasseoir sur les huit nattes qui ont été amoncelées devant les lits des kami. Les insignes sont déposés sur deux petites tables à sa droite et à sa gauche.

    Un maître des cérémonies, accompagné dun groupe de dix musiciens et chanteurs, vient se placer à lentrée sud du yukidono. Le gouverneur de la province, qui a été désignée pour fournir le riz et le sake destinés aux oblations, se porte à lentrée est, en tête dune autre troupe de quinze musiciens et chanteurs. Le premier groupe entonne un chant des Kuzu (caractères chinois), montagnards de Yoshino (caractères chinois). Lorphéon du gouverneur exécute à son tour divers chants célèbres dans la région quil administre. Puis les Princes, à tour de rôle, viennent se prosterner devant les kami et adorer.

    Mais voici que le riz est cuit à point. Grand remue-ménage. On dispose tout pour le repas des kami. Les aliments sont servis dans des ustensiles de forme archaïque, dont le fond est tapissé de feuilles de chêne, souvenir des âges où il ny avait pas dustensiles du tout, et où les feuilles darbres servaient dassiettes. Les mets sont apportés cérémonieusement par les prêtres, auxquels se sont jointes huit dames, et déposés devant les kami. Sur une petite table à huit pieds a été servi le repas du Mikado. Pendant que les kami goûtent des prémices, flûtes, flageolets, flûtes de pan, harpes font entendre une savante cacophonie. Les prêtres marquent le rythme, en faisant claquer les unes contre les autres leurs tablettes divoire.

    Les kami ont fini de manger. Le Mikado se lave les mains, pénètre dans le sanctuaire, se prosterne devant le lit où les kami sont couchés, adore, lit un texte de circonstance, adore à nouveau, se retire et, devenu le commensal des kami, il va sasseoir devant la table où son repas a été servi. Il se sert de bâtonnets, mange du riz et du millet nouveaux, boit du sake blanc et du sake brun. Quand il a terminé son repas, on dessert tout avec la même pompe que précédemment. Le Mikado se lave les mains, se retire dans ses appartements pour se reposer. Il est environ 11 heures du soir.

    Le lendemain, vers une heure du matin, la même cérémonie que la précédente se répète au sukiden, sauf que, cette fois, le deuxième groupe de musiciens et de chanteurs appartient au département qui a dû fournir les prémices offerts pour le sacrifice du sukidono. A cinq heures du matin tout est terminé.

    Les deux jours suivants, un banquet est offert aux Membres du corps diplomatique et un autre aux Dignitaires de lempire, qui sont venus à Kyôtô pour assister à lintronisation. Lun est servi à la japonaise et lautre à leuropéenne. Vers la fin de novembre, il y a, à Tôkyô, une grande revue de larmée de terre, à laquelle participent des délégations de tous les régiments avec leurs drapeaux. Au commencement de décembre, une autre revue navale à Yokohama clôturera les fêtes de lintronisation.

    VIII. Quelques réflexions.

    Le lecteur en parcourant ces pages se sera demandé plus dune fois, et non sans stupeur, comment le Japon qui a organisé chez lui, daprès les méthodes modernes, lenseignement à tous les degrés, qui compte parmi les grandes Puissances et fait figure de pays civilisé, peut-il être au point de vue religieux si en retard, quil en est encore à solenniser les grands jours de son histoire daprès des rites vieillots basés sur des croyances périmées et une mythologie absurde ? Cest quil est impossible dignorer les bienfaits de la civilisation matérielle, ainsi que ses conditions. Un Etat sans navires, sans chemins de fer, sans télégraphes et téléphones, sans fusils et sans canons, se trouve au dernier rang et devient la proie des voisins. Les gouvernants de lère de Meiji comprirent cela tout de suite. Cest pourquoi, ils ouvrirent leur pays aux étrangers, se mirent à lécole de lEurope et lui empruntèrent tout ce qui leur faisait foncièrement défaut. Mais les vérités religieuses, fondement de la morale, sauvegarde de la civilisation, sont des réalités immatérielles, qui pour être saisies exigent, avant tout, de la raison, du bon sens, de lhumilité intellectuelle. Que, dans le domaine des sciences exactes, lhomme ne se soumette pas à lobjet, la sanction suivra immédiatement implacable : les bateaux ne marcheront pas, les trains ne démarreront pas ou resteront en route, les obus partiront par la culasse des canons. Il nen est pas de même dans le domaine de la religion ou de la morale. Les conséquences de lerreur napparaissent pas tout de suite ; à vrai dire, chacun ne les subit et sans contestation possible quaprès la mort. Cest pourquoi, on peut toujours, si on le veut, récuser la vérité et sen tenir opiniâtrement aux opinions quinspireront les sept péchés capitaux.

    Disons toutefois que, si les dirigeants du Japon moderne se cramponnent avec ténacité aux rites et croyances légués par les ancêtres préhistoriques, sils les vantent auprès du peuple, il ne faudrait pas croire quils en soient fiers devant létranger. Tout au contraire ! Ils sont attentifs à dissimuler le plus possible aux yeux de cet étranger le fond même des rites et croyances shintoïstes. Ils sefforcent de diriger son attention sur les circonstances extérieures : vastes rassemblements de fouIes, splendeur des costumes, richesse des ornementations, gravité des prêtres au cours de leurs évolutions compliquées. Même il y a mieux. Des personnages officiels sont préposés à la tâche difficile de donner du shintoïsme une interprétation moderne, et de montrer les points de ressemblance quil aurait avec les grands courants philosophiques, qui ont traversé la pensée occidentale. Ainsi, pour ne parler que dune des dernières manifestations de cette uvre de propagande, le comte Futaara Yoshinori, membre de la Chambre des Pairs et un des maîtres de cérémonies de la Maison impériale, donnait le 12 décembre dernier à Tôkyô une conférence à des notables étrangers, principalement membres du corps diplomatique. Il y expliquait que le Shintoïsme nest pas un polythéisme, mais une variété du panthéisme. Nous ne rapporterons pas ici les grandes lignes de la dissertation du noble comte et nous nen discuterons pas les détails. Quil nous suffise dopposer à sa thèse les remarques dordre général suivantes :

    Le panthéisme repose sur lidée de substance universelle et unique, dont tous les êtres sont des modes ou des émanations. Cette idée, une des plus abstraites qui soient, na pu être imaginée quau sein des peuples familiarisés avec la spéculation, le raisonnement logique à haute puissance. Ce ne fut pas le cas des Japonais de lâge préhistorique, lorsquils créèrent de toutes pièces les kami que révèrent leurs descendants. Ils en étaient encore au stade le plus enfantin de la pensée. Ils ne possédaient ni écriture, ni littérature, ni calendrier, ni aucune teinture de science. Ils ne purent jamais mettre sur pied que des récits mythologiques absurdes. Ils manquaient de linstrument indispensable pour la spéculation métaphysique, qui est un vocabulaire riche en termes abstraits.

    Certes ! au Japon on a toujours admis quil y avait une multitude de kami, mille myriades, disent et répètent à lenvie les textes religieux, mythologiques ou liturgiques. Si Bossuet avait été amené à parler du Japon, il aurait pu rééditer pour ce pays son mot fameux sur lEgypte : Tout y est dieu, sauf Dieu lui-même; à cette conclusion a souscrit la sagesse populaire japonaise, lorsquelle a adopté comme proverbe ce dicton : Même dune tête de sardine on peut faire un kami.

    Il nempêche que la conception dune pareille multitude de kami a pris sa source non dans le panthéisme, mais dans les croyances animistes, qui peuplent le monde dagents conscients, dissimulés derrière les éléments physiques pour les manuvrer. Le panthéisme, de soi, est incapable de fonder une religion. Car, sil ny a quune substance universelle dont les êtres sont des modes ou des émanations, il ne subsiste pas entre ces derniers de différences de nature ; impossible de porter sur eux un jugement de valeur. Un panthéiste conscient ne pensera jamais à opérer une sélection parmi les êtres issus de la même substance, et à les doter dattributs transcendants. Le panthéisme, cest la démocratie des êtres. Un bonze japonais célèbre, qui vivait au XVe siècle, Ikkyû, (caractères chinois), exprimait cette vérité de bon sens par cette boutade pittoresque : Bouddha, une pelle à charbon et du crottin de cheval sont la même chose.

    Le Bouddhisme lui-même, qui aux origines était une gnose dinspiration panthéiste et une méthode dascétisme visant à arrêter la roue des renaissances indéfinies, a pu être accusé dathéisme. En tout cas, il nest devenu une religion proprement dite que le jour où il sest mis à considérer le ou les Bouddhas comme des sortes de divinités, toutes-puissantes et propices pour ceux qui les priaient.

    Ajoutons que le Comte Futaara na même pas essayé de donner, au moyen du panthéisme, une explication rationnelle du rituel ; et, cependant, le shintoïsme officiel consiste principalement en une sorte de ritualisme magique.

    Ce nest pas la première fois dans lhistoire du Japon, que des esprits ingénieux sefforcent de donner au shintoïsme une base idéologique moins grossière que celle qui lui est innée. Dès le VIIIe siècle, les bonzes, pour confisquer les miya à leur profit, imaginèrent de multiples théories. Plus tard les clans sacerdotaux eux-mêmes, afin de se soustraire à lemprise bouddhiste, eurent recours à la philosophie chinoise ; ce qui ne leur fut pas outre mesure difficile : dune part, la multiplication des couples de kami femelles et mâles ayant eu lieu sous linfluence des concepts chinois de linyô (caractères chinois) ; et, dautre part, les théogonies du premier chapitre du Kojiki sinspirant des théories sur les affinités ou les incompatibilités des cinq éléments go gyô (caractères chinois). Il ne faut pas être grand prophète pour prédire que les spéculations analogues à celle du Comte Futaara iront, malgré leur souci de modernisme, rejoindre les précédentes dans le cimetière de lhistoire. Le jour viendra certainement où lesprit scientifique, lesprit critique seront mieux inspirés ; le shintoïsme alors perdra lappui du gouvernement et mourra de sa belle mort. Quand cela arrivera-t-il ? Ce nest pas sans angoisse que le missionnaire catholique se pose cette question, lui qui voit les masses populaires écouter docilement les leçons qui leur sont répétées par leurs guides et leurs chefs naturels, se montrer, sauf exceptions, rebelles à limprégnation des idées chrétiennes et sécarter des voies du salut.

    Probablement la décadence du shintoïsme saccélérera le jour où le peuple japonais sapercevra que cette religion lui coûte fort cher et quil nen a pas pour son argent ; lopinion populaire obligera alors le gouvernement à lui cesser son appui artificiel.

    A combien se chiffre le budget du culte shintoïste ? Impossible de le savoir dune façon précise, les statistiques étant sur ce point dune discrétion exemplaire. Cette discrétion même est telle, quil doit y avoir là-dessous quelque mot dordre donné secrètement. Visiblement, les gouvernants japonais sefforcent de cacher quelque chose au gros public.

    Toutefois, on peut présumer que le Japon ne dépense pas moins de cinquante millions de yens par an pour entretenir la religion shintoïste. Si daucuns sursautent à lénoncé de ce chiffre, quils songent quil y a actuellement, outre le temple dIse et les nombreux sanctuaires qui rayonnent autour de lui, 189 grands temples impériaux et nationaux, 843 temples départementaux, 3486 temples à la charge des villes, 44979 dépendant des municipalités des villages. Tous ces temples sont en bois, ils ne durent pas plus de soixante ans et ils réclament sans cesse des réparations. A côté des temples proprement dits, il y a les dépendances, souvent tout aussi importantes que les temples eux-mêmes. Chaque année, des forêts entières de hinoki, bois très cher, sont ensevelies dans la reconstruction des miya.

    Il faut ensuite fournir un traitement aux 14.000 prêtres shintoïstes, qui ne sont pas les plus mal payés des fonctionnaires. Il y a également les frais des oblations journalières, les dépenses entraînées par la célébration des fêtes solennelles, lesquelles ne sont pas toujours couvertes par les dons des pèlerins. Un simple exemple : la ville de Nagasaki dépense chaque année pour la fête de Suwa, qui a lieu au mois doctobre, une somme qui nest pas inférieure à trente mille yens.

    Fort heureusement pour le Shintoïsme, les corps élus nont pas encore lidée déplucher les budgets et de contrôler lemploi des fonds. Peut-être nosent-ils pas le faire. Le Parlement lui-même, hypnotisé par les querelles de personnes et la bataille contre les ministères, adopte le plus souvent sans aucune discussion le budget, qui a été préparé par les bureaux. Mais, avec le temps, le suffrage universel amènera certainement au Parlement des hommes indépendants, qui voudront voir de près comment sont employées les ressources de la nation. Si lexercice du contrôle parlementaire est un jour aux prises avec une forte crise économique obligeant à râcler les fonds de tiroir, le budget du culte shintoïste subira une révision sérieuse. Une foi inexistante ne protègera plus le budget de la religion shintoïste contre les coupes sombres. Les compressions aboutiront vite à la suppression. Plaie dargent deviendra mortelle.

    J.-M. MARTIN.
    Miss. ap. de Fukuoka.

    Fin




    1928/453-469
    453-469
    Martin
    Japon
    1928
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