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Races non chinoises en Chine 2 (Suite et Fin)

Races non chinoises en Chine Notes sur les Thos. (Fin) On ignore de quelle nature furent au début les relations entre Thos et Chinois, de quelle manière et jusquà quel point ceux-ci surent simposer à ceux-là. Jaime assez lopinion daprès laquelle un empereur chinois aurait organisé une expédition pour mater la turbulence des peuplades du sud de la Chine et les faire rentrer dans lordre, ou peut-être, pour les soumettre.
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    Races non chinoises en Chine
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    Notes sur les Thos.
    (Fin)

    On ignore de quelle nature furent au début les relations entre Thos et Chinois, de quelle manière et jusquà quel point ceux-ci surent simposer à ceux-là. Jaime assez lopinion daprès laquelle un empereur chinois aurait organisé une expédition pour mater la turbulence des peuplades du sud de la Chine et les faire rentrer dans lordre, ou peut-être, pour les soumettre.

    Si cette expédition datait de la dynastie des Soung et était partie du Shan-Toung, elle expliquerait la prétendue origine shantonnaise de beaucoup de Thos et donnerait une certaine vraisemblance à la légende de Ma-Fouk-Po. Elle pourrait aussi peut-être, en servant de base au calcul des 28 générations du mandarin héréditaire dont jai parlé plus haut, permettre de croire que cest bien Ma-Fouk-Po qui a établi ces mandarins héréditaires au Kouang-si et donné ainsi des chefs et un gouvernement chinois aux Thos. Resterait cependant à savoir doù ceux-ci sont venus, quand et comment ils se sont établis au Kouang-si.

    De par ailleurs cette explication serait une nouvelle preuve ajoutée à dautres de la vérité dune remarque que jai eu souvent loccasion de faire : cest que la race tho nest plus une race pure et homogène. Des mélanges nombreux et divers ont altéré son caractère ethnologique. Ceci pourrait, par déduction, permettre de tenter une explication de ladaptation parfaite de ce peuple soit au climat soit aux lois et coutumes chinoises.

    Daprès lopinion précitée, les troupes du Shan-Toung envoyées dans le sud contre les Thos ne seraient pas retournées chez elles (1) . Leur victoire permettant de supposer quelles étaient nombreuses, on peut conclure quil a dû se faire dès cette époque un mélange appréciable de sang chinois et de sang tho.

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    (1) Jai rencontré des Thos se disant shantonnais et ayant conservé leur généalogie, tel le mandarin héréditaire cité plus haut. Ce genre de documents ma toujours paru sujet à caution, vu que rien ne permet den prouver lauthenticité.


    Il est dautre part certain que de tous temps les alliances furent nombreuses entre Thos et Annamites (1). De nos jours elles tendent à devenir courantes entre Thos et Chinois, cantonnais ou autres.

    Si mon raisonnement est juste, il ny a donc plus à sétonner en constatant ladaptation des Thos dans ces régions. Et ne semble-t-il pas naturel après cela que, faute de tradition, les Thos oubliant leur origine se croient et se disent chinois, purs chinois et que les vrais chinois de leur côté les traitent en conséquence ? La conclusion logique de ces remarques semble être que les tribus thos, venues au Kouang-si on ne sait quand, ont été, à partir dune époque quil est difficile de déterminer exactement, sinon soumises dun coup, du moins envahies petit à petit et dominées par lélément chinois venu dailleurs.

    Cette conclusion permet un double corollaire : A) Il est naturel que, au point de vue politique, le gouvernement chinois mette sur le même pied que ses sujets dorigine les Thos quil doit savoir venus dailleurs. B) Les Chinois peuvent, jusquà un certain point, dire que les Thos sont un peuple par eux colonisé. Jusquà un certain point... car il ne peut sagir ici de la colonisation au sens vrai et noble du mot.

    Le Chinois qui, depuis quelques années, sest découvert une supériorité et une excellence quasi universelles, prétend être le premier, le parfait colonisateur. Concédons lui au sujet des Thos quil a su les dominer, puis, à sa manière les assimiler au point quils en ont oublié leur origine. Cest peut-être dailleurs la seule chose quils aient oubliée ou perdue en devenant chinois. Ils ont conserve leur langue, leurs murs, leurs coutumes quils ont su faire adopter jusquà présent à tous ceux, Annamites, Chinois shantonnais ou autres, que le hasard des alliances a fixés chez eux. A tel point que si lon demande à ces immigrés leur origine ou leur nationalité, ils répondent quils sont des Thos venus du Shan-Toung ou du Tonkin et non des Shantonnais ou des Tonkinois venus sétablir en pays tho.

    En dehors de ceux qui par suite dalliance ont adopté carrément les coutumes et le langage tho, on compte depuis quelques dizaines dannées beaucoup de Chinois, plus particulièrement des Cantonnais, Hakkas ou autres, qui viennent, tous les ans plus nombreux, sétablir chez les Thos, sans cependant sallier avec eux. Leurs relations très difficiles dans les débuts restent tendues.

    Jai pu, à leur sujet, faire et contrôler à loisir deux remarques qui ont bien leur importance.

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    (1) Alliances parfois bénévoles, le plus souvent forcées à la suite des razzias de femmes annamites par les bandits thos.


    La première a trait aux relations du Chinois et du Tho et à leur compénétration réciproque. Ils ont déteint lun sur lautre dune façon assez nettement marquée, mais à des points de vue très différents, je dirais même opposés.

    Le Tho a imité le Chinois, jusquà un certain point, dans quelques unes de ses façons de vivre, dagir, de se conduire : écriture, habillement, rites, écoles, administration ; mais il a gardé sa mentalité. Le Chinois immigré chez le Tho se fait peu à peu une mentalité tho, apprend leur langue, se plie à leurs us et coutumes. Je dirais en un mot que linfluence chinoise sur le tho est plutôt extérieure, matérielle, physique, léquivalent dun simple vernis, du moins quant à ses effets, tandis que celle du Tho sur le Chinois semble plus profonde, dune certaine façon et jusquà un certain point psychique. Il ressort de cela que, contrairement à ce qui semblerait normal, le chinois colonisateur a moins influencé le Tho colonisé quil na été lui-même influencé par lui.

    Je ne crois pas que lon puisse attribuer cela à linfériorité numérique des Chinois immigrés en pays tho, car il y a dans nos régions des colonies de Cantonnais assez importantes pour faire croire quelles évinceront un jour les Thos.

    Jai remarqué en second lieu quil existe chez les Thos une grande animosité à légard de ces immigrés ; chez ceux-ci, lanimosité, peut-être moins grande, se double à légard des Thos dun profond mépris. Je note en passant que les Thos sont très sensibles à toute marque de mépris et très rancuniers.

    Il y a quelques années, à la suite dassez gros troubles causés par la piraterie, une compagnie de réguliers fut envoyée par le gouvernement pour pacifier la région que jhabite (1). Or, un jour, un groupe de notables Thos amena au chef de cette troupe un certain nombre de paysans quils accusaient de brigandage. Questionnés sur lidentité des prévenus, les notables répondirent : ce sont tous des Cantonnais ; nous autres Thos, ne nous faisons pas pirates. Le chef militaire, cantonnais lui-même, sans pousser plus avant son enquête, fit, séance tenante, relâcher les prisonniers et exécuter les notables qui les lui avaient conduits.

    Il y a 12 ans, lors de linvasion du Kouang-si par les troupes cantonnaises de Sun-Yat-Sen, les envahisseurs se montrèrent très durs envers la population tho, allant jusquà faire feu sur les particuliers rencontrés le long des routes ou occupés dans les champs. Aux remarques que, une fois ou lautre, je me hasardai à leur faire à ce sujet, ils répondaient invariablement : Mort à la race Tho !

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    (1) Les procédés employés dans ces circonstances pour assurer la pacification sont radicaux. Cest le massacre organisé. Le moindre soupçon, une dénonciation même anonyme, suffisent à motiver les arrestations. Les prévenus, dont les notables refusent de se porter garants, sont exécutés. Un de ces officiers pacificateurs disait un jour : il vaut mieux tuer 9 innocents que sexposer à laisser vivre un coupable. Jai moi-même entendu des gens dire en ces circonstances : le chef militaire na pas à hésiter ; même en prenant ses victimes au hasard, tout au plus sexposerait-il à tuer un innocent sur 10 victimes.


    Tout dernièrement, un aventurier denvergure, un Tho nommé Wong-Lou qui avait obtenu le commandement des milices des sept sous-préfectures de la partie extrême-sud du Kouang-si, tenta dorganiser le massacre des immigrés cantonnais établis dans la région soumise à son commandement. A peu dexceptions près, toute la paysannerie tho le suivait. Au dernier moment, cependant, il renonça à mettre son projet à exécution parce que, ayant eu vent des préparatifs et des intentions des Cantonnais, il craignit davoir le dessous. Ceux-ci avaient, en effet, préparé en secret une belle défense que devait suivre une offensive plus belle encore.

    Jétais dautant mieux placé pour en juger que mon village, composé à peu près exclusivement dimmigrés, devait avoir lhonneur de la première attaque. Je crus un moment que les Thos préparaient eux-même leur massacre.

    A la suite de cette tentative, Wong-Lou, abandonné par les siens et mis en demeure de se justifier de nombreuses accusations portées contre lui, prit la fuite. Arrêté en cours de route, il fut, après bien des avanies, emprisonné et lest encore.

    Lui et les siens eurent cependant durant son commandement de nombreuses occasions de molester les immigrés.

    Un jour, ses gens lui amenèrent 8 Cantonnais arrêtés sur la route, porteurs de diverses denrées quils venaient vendre au Kouang-si, comme cela se fait communément. Wong-Lou, feignant de croire quils approvisionnaient en munitions les immigrés quil se proposait lui-même de détruire, les condamna à mort.

    Les malheureux, dépouillés et ligotés, furent couchés sur le dos. Un homme debout sur la poitrine des patients leur comprimait le foie, tandis quun autre leur ouvrait le ventre dun coup de poignard. Le foie de chacun deux, aussitôt que jailli, était détaché et emporté. Leurs victimes râlaient encore que déjà Wong-Lou et ses satyres faisaient ribote avec les 8 foies....

    Une autre fois, ayant réussi à se saisir dun ennemi personnel, Wong-Lou inventa à son intention un supplice inédit. Le malheureux fut maintenu debout et nu au milieu dun triangle formé par trois brasiers. De par leur position les feux ne latteignaient pas directement, mais lon pouvait, à laide déventails, lancer sur lui leurs flammes. Les grillades furent intermittentes et savamment dosées pour permettre à Wong-Lou de savourer plus longtemps sa vengeance.

    Jai connu bien dautres horreurs, jen connais que la plume se refuse à décrire ; ces quelques faits suffisent à montrer la nature des sentiments que Thos et Chinois nourrissent à légard les uns des autres. Ils sont aussi une preuve de ce que jai dit plus haut, que le Tho, apparemment timide quand il est seul, devient facilement mauvais dès quil se sent ou se croit fort.

    Jai cherché en rédigeant ces notes à marquer la position respective du Chinois colonisateur et du Tho colonisé. Au Chinois qui se prétend excellent colonisateur on peut, je crois, répondre que son action sur le Tho na pas été moralisatrice non plus que bienfaisante. Il la soumis, puis abruti pour le mieux dominer.

    Le Tho est en effet un abruti, il suffit de le regarder vivre pour sen convaincre (1). Et cependant il semble ne manquer ni dinitiative ni dénergie ; mais la prudence lui fait éviter dans le cours ordinaire de la vie, ce qui, en le mettant en vue, lexposerait, il doit avoir des raisons de le craindre, à des déboires.

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    (1) Chicanier, aimant les procès, il sadonne facilement à ce que les Chinois appellent les 4 grands vices : le jeu, le vin, lopium, la débauche, y ajoutant la paresse, linfanticide, le banditisme.


    Le Chinois dailleurs, ne lui ménage pas son mépris : puant individu, lentend-on dire, excrément de tho !

    Le Yao, dont jai parlé incidemment plus haut, est en butte à la malice du Tho et reste autant dire en dehors de lemprise du Chinois qui lignore et na pour lui que du mépris, un mépris entier, absolu. Il a dailleurs, moins encore que le Tho, subi linfluence chinoise. Ses montagnes len ont préservé. Il est foncièrement doux, simple, honnête. Cette race me paraît être, et de beaucoup, la plus intéressante de toutes celles quil ma été donné de rencontrer et de connaître durant mes longues pérégrinations dans le sud du Kouang-si.

    Il me reste à dire un mot de ce que sont au point de vue administratif, les rapports du gouvernement chinois avec les Thos et vice versa.

    Il semble, je dirais même quil est indubitable que les Thos acceptent sans arrière-pensée la domination chinoise, mieux que cela, se croient, se disent et veulent être partie intégrante de lempire du milieu (1).

    Si parfois des rebellions se produisent ou des émeutes, dordinaire vite réprimées, ce nest jamais une raison de patriotisme ou de nationalisme particulier qui les motive. Les exactions des mandarins, leurs abus de pouvoir ou encore quelque affaire de piraterie en sont toujours la cause.

    Il convient cependant de noter la différence des sentiments du Tho envers lancien gouvernement dempire et le nouveau gouvernement dit républicain. Il était foncièrement attaché au régime impérial et avait une vénération sincère et profonde pour lempereur quil considérait comme une espèce de demi-dieu et supposait être le dispensateur de toutes sortes de bienfaits. Son respect pour tous ceux qui, à un titre quelconque, détenaient une parcelle de lautorité impériale était, certes, mêlé de crainte, peut-être même était-il surtout fait de crainte, mais il était réel. Sil souffrait de leur oppression et de leurs injustices, il reconnaît cependant que leur mode dadministration lui permettait une vie relativement douce.

    Ses sentiments à légard du régime républicain sont tout autres. A vrai dire, cest avec enthousiasme quil salua lannonce du nouveau régime. Que ne lui promettait-on pas en effet en son nom ? Liberté, Egalité, Fraternité, suppression des impôts et toutes les belles choses que les faiseurs de Républiques ont toujours su faire miroiter aux yeux de ceux quils voulaient séduire. Et le Tho fut séduit, mais pas pour longtemps. Avec lavènement du nouveau régime coïncida loubli des promesses faites, bientôt ce fut la guerre civile, les troubles, puis le régime militariste. Lenthousiasme du Tho ne tarda pas à décliner. Depuis lors, les choses étant arrivées au point que lon sait, le Tho ne cache pas sa... froideur envers le nouveau régime. Il méprise ses nouveaux maîtres et les voue aux gémonies. Il regrette lempereur, et, confiant dans de multiples prophéties qui, avec son retour, lui annoncent la fin de sa misère actuelle, il lattend....

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    (1) On doit en dire autant des Yao, sauf à noter létat desprit de la tribu Yao du centre du Kouang-si qui se dit et se croit indépendante.


    Quant au gouvernement lui-même, ses sentiments à légard de cette race peuvent selon les circonstances présenter quelques variantes, mais il est certain quil la considérait autrefois et quil la considère encore comme parfaitement rattachée à lempire et en faisant partie.

    Il ignore le Yao, mais il est juste de reconnaître que, au moins dans les hautes sphères gouvernementales, le Tho est traité à légal du vrai Chinois.

    Beaucoup occupent des fonctions mandarinales soit civiles soit militaires ; certains sont arrivés aux plus hautes dignités et plusieurs les ont occupées à la satisfaction générale ; tel le vieux maréchal Louk qui, 10 ans durant, aussitôt après la révolution, sut assurer au Kouang-si une ère de tranquillité quil na pas connue depuis.

    Mais est-ce à dire que le Tho ait à se féliciter davoir vécu et de vivre sous la domination chinoise ? Celle-ci lui a-t-elle valu les bienfaits et les avantages qui, jusquà un certain point, motivent et seuls peuvent justifier la colonisation ?

    Il ne semble pas. Lempire la soumis, dominé ; peut-être est-ce en lui donnant des chefs immédiats chinois dans la personne des mandarins héréditaires choisis parmi les lieutenants de Ma-Fouk-Po quil a réussi à lassimiler ; mais, pour autant quil soit possible de se rendre compte, rien ne subsiste qui marque, de la part de lancien gouvernement impérial, une réalisation quelconque en faveur de la race tho. Rien nindique que la mentalité et les conditions de vie du Tho soient devenues meilleures depuis quil est colonisé chinois. Une étude approfondie de sa psychologie prouverait peut-être le contraire (1).

    Le nouveau régime a mis le Tho à la même enseigne que le reste des habitants de lempire du milieu. Ignorant son origine, comme je lai dit plus haut, et nayant gardé aucun souvenir de son ancienne indépendance, il ne peut se rendre compte que ce nest que par accident que, dans les circonstances actuelles, il partage le triste sort du Chinois quil croit être son frère et qui nest que son maître. Il ne pense pas davantage à secouer un joug qui lui vaut tant de misères ; le pourrait-il dailleurs ? Mais combien il regrette lancien temps ; plus que cela, ne lentend-on pas dire, surtout à loccasion des campagnes de propagande et dexcitation contre les étrangers : Que nous ont-ils donc fait ces étrangers ? Ceux dentre nous qui ont vécu chez eux ne savent-ils pas que la vie est douce sous leur autorité ? Et que nous importerait même de vivre sous leur loi si, à ce prix, nous étions assurés de pouvoir cultiver nos rizières et manger notre bol de riz en paix !...

    De fait, le Tho se plaint assez ouvertement et non sans raisons des méthodes dadministration du gouvernement de la république. Impôts et taxes exagérées, hors de proportion avec ceux quexigeait de lui lancien régime, et souvent aussi hors de proportion avec ses moyens ; et malgré cela, non seulement aucune amélioration nest apportée à son existence, mais même la vie lui est rendue de jour en jour plus dure.

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    (1) A peu près tous les pays de race Tho étant évangélisés par la Société des M.-E. il serait possible au Bulletin de mener à bien cette étude qui, sans nul doute, ne manquerait ni dintérêt ni doriginalité.


    On loblige à travailler gratuitement et avec ses outils personnels à la seule uvre dutilité publique entreprise jusquici : la construction de routes destinées à relier les grands centres. Cela après lui avoir imposé une forte contribution pour financer cette entreprise et confisqué ses terrains, de quelque nature quils soient, nécessaires pour la mener à bien. Il doit de plus fournir tous les jours et gratuitement, les contingents de garde-voie nécessaires pour assurer la sécurité de ces routes sur tout leur parcours ; cependant on ne lui en laisse pas le libre usage, le gouvernement sétant réservé le monopole des transports. On loblige à senrôler dans des milices dont les frais dentretien et darmement restent entièrement à son compte. On lui a même confisqué ses pagodes, détruit ses Poussah, interdit sous peine damende de pratiquer publiquement sa religion. Lourde faute sil en fut et qui le blesse au vif, car si le Tho nest pas très fervent et laisse volontiers aux femmes le soin daccomplir les rites usuels en lhonneur de ses divinités, il est du moins foncièrement religieux et nose jamais rien entreprendre sans avoir auparavant consulté les esprits. Faute dont la gravité apparaît plus grande encore si lon considère ses répercussions morales, car la crainte de ses dieux, à défaut de celle des satellites ou du mandarin que lon évite ou que lon achète au besoin, était le seul frein capable de retenir le Tho sur la pente du mal. Et il constate avec amertume que lon na rien su mettre à la place de ses divinités brisées !

    La conclusion de ces notes peut se résumer en quelques mots :
    Le Chinois nest pas colonisateur, du moins dans le sens juste et vrai du mot. Il a, dans des temps plus ou moins reculés, vaincu et subjugué les tribus Tho du sud de la Chine ; il a su leur faire accepter sa domination et les assimiler. Cette assimilation ne semble pas avoir été un bienfait pour elles.

    G. CAYSAC.

    1933/891-899
    891-899
    Caysac
    Chine
    1933
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