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Rétablissement du catholicisme au Nord-Est du Kouangsi (1901-1932) 2 (Suite )

Rétablissement du catholicisme au Nord-Est du Kouangsi (1901-1932) II. District de Yungfu (caractères chinois). Les plus anciens chrétiens de Yungfu sont des Yao établis dans les montagnes situées au sud de cette sous-préfecture. Convertis par le P. Bertholet, il y a près de 40 ans, ils furent chassés de leur pays yao par la persécution et, après un essai de colonie en plaine, aux environs de Lipoù (1), ils allèrent se fixer dans les montagnes quils occupent encore aujourdhui : cétait vers 1895.
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    Rétablissement du catholicisme au Nord-Est du Kouangsi (1901-1932)

    II. District de Yungfu (caractères chinois).

    Les plus anciens chrétiens de Yungfu sont des Yao établis dans les montagnes situées au sud de cette sous-préfecture. Convertis par le P. Bertholet, il y a près de 40 ans, ils furent chassés de leur pays yao par la persécution et, après un essai de colonie en plaine, aux environs de Lipoù (1), ils allèrent se fixer dans les montagnes quils occupent encore aujourdhui : cétait vers 1895.

    Au début ils sétaient installés à Gai-tao-chan (2), petit village actuellement détruit qui se trouvait à 6 ou 7 kilomètres au nord de ToZl-yàng-tsâo (3). Chaque soir ils se réunissaient chez lun dentre eux dans la maison duquel avait été établie une chapelle. Quelques années plus tard, la vallée étant devenue stérile, par suite du système yao qui consiste à brûler en automne lherbe de la montagne pour planter ensuite le maïs et le riz, les chrétiens, en bons nomades quils étaient alors, songèrent à aller habiter un autre endroit. Ils jetèrent leur dévolu sur Toù-yàng-tsâo où, probablement sur la proposition de leur catéchiste, Tsiàng Tchē-yâng, ils construisirent une petite chapelle et une résidence pour le missionnaire, toutes deux en style du pays. En 1901, après la fête de lEpiphanie, le P. Rué, qui avait succédé au P. Bertholet, put sy rendre pour un certain temps, et il conduisit même avec lui un jeune confrère, le P. Dalle, arrivé depuis quelques mois au Kouangsi.

    (1) (caractères chinois)
    (2) (caractères chinois)
    (3) (caractères chinois)


    Chapelle et résidence, raconte ce dernier, étaient couvertes avec des herbes, et les murs étaient en lanières de bambou plus ou moins solidement ajustées. Dans notre chambre-résidence, creusée à même le sol, derrière lautel, nous installâmes deux lits et une table avec un foyer entre les deux lits. Ceux-ci nous servaient également de sièges, car nous navions ni une chaise ni un banc. Un chrétien accepta daller tous les quatre jours au marché voisin nous acheter des légumes ; le reste du temps il devait couper notre bois de chauffage dans la montagne. Trois grosses pierres constituaient notre foyer, et deux arbres mis en croix, qui brûlaient continuellement, nous donnaient, avec une chaleur étouffante, une fumée à laquelle nous avions fini par nous habituer.

    Pendant le jour, jétudiais la langue, et le P. Rué préparait ses instructions. Au bout de trois semaines eut lieu la cérémonie des baptêmes, ce qui fut loccasion dune fête et pour lâme et pour le corps : la veille, quelques chrétiens et nous, avions eu la chance de tuer un cerf qui nous donna une quinzaine de kilos de viande, chaque famille eut sa part. Pour la première fois de leur vie, hommes et femmes yao mirent des souliers et des bas chinois ; un mois auparavant, ils avaient invité des chrétiens de la plaine à venir les enseigner et à leur confectionner leurs chaussures, ils ne sen servirent dailleurs jamais que pour recevoir les sacrements.

    Quelques jours plus tard, nos provisions en hosties et vin de messe sépuisant, nous reprîmes le chemin du retour....

    Les deux Pères, partis de Toù-yàng-tsâo le 28 janvier, avaient passé la nuit au marché de Tchaicha (1) et à laube du 29, ils avaient pris la direction de la petite chrétienté de Eulpai (Kiangtcheou) (2) quand, une heure après, ils furent attaqués par une bande dune soixantaine de pirates. Le P. Rué reçut un coup de pistolet à bout portant : la balle lui passa à côté de loreille, et la poudre, entrant dans les chairs, lui défigura les traits pour la vie ; presque en même temps, deux pirates lui assénèrent un coup de couteau sur chaque tempe, le fer pénétra de 3 ou 4 mm. seulement, grâce à un imperméable dont le capuchon, rabattu sur la tête, amortit le choc et le sauva de la mort ; dautres coups lui furent aussi portés sur le corps, car limperméable fut fendu ou troué en plusieurs endroits. Malgré cette lutte inégale, il réussit cependant à séchapper.


    (1) (caractères chinois)
    (2) (caractères chinois)


    Quant au P. Dalle, dont le jeune boy fut tué à ses côtés, il se défendit vaillamment : un pirate allait le fusiller à bout portant, mais le missionnaire, saisissant le canon de larme, envoya son adversaire rouler à quelques pas de là, et celui-ci sempala en tombant sur son fusil ; ensuite, bien que blessé dans le dos par un coutelas, il repoussa les autres brigands en se servant de son revolver comme dun coup de poing américain. Bref, après une lutte acharnée, il put séchapper également. Son bon ange le conduisit, car sans savoir ni la langue ni la route, il arriva sain et sauf à Eulpai, où le P. Rué vint le rejoindre dans la nuit suivante.

    En septembre de cette même année 1901, le P. Dalle recevait sa nomination pour Yungfu. La mission du Kouangsi venait de toucher du sous-préfet une petite indemnité à la suite de lattaque dont on vient de lire le récit, Mgr Lavest fit servir cet argent à lachat dune auberge qui allait devenir la résidence du missionnaire et quil fallait réparer de suite : le tout coûta un millier de piastres, soit un peu plus de 4000 fr. en argent français dalors. Laissons parler maintenant le P. Dalle :

    Quand jarrivai à mon nouveau poste, quoique renseigné, je fus surpris de voir que les porteurs de palanquin me déposaient devant une vieille bicoque couverte décorces darbres en guise de tuiles, et nayant comme murailles que des planches très minces et mal ajustées. Lauberge se composait de deux maisonnettes : la première, donnant sur la rue, comprenait quatre petites chambres non éclairées, dont lune allait me servir de chapelle ; la seconde, à larrière, était un hangar abritant une cuisine, où lon faisait loger les chevaux et, au besoin, les voyageurs attardés. Le lendemain, jinvitai un ouvrier pour faire une ouverture dans la cloison de ma chambre : jeus ainsi une fenêtre. Les jours qui suivirent mon installation, je reçus quelques visites, principalement des gens qui avaient été au Japon ou à Singapore ; puis plus rien, le silence se fit.

    Les mauvaises rumeurs traditionnelles circulaient en ville à mon sujet ; jarrachais les yeux des enfants, les seins des femmes, etc., pour confectionner des drogues qui avaient des propriétés mirobolantes... Je pouvais à peine acheter du riz... Un jour de marché jachetai 100 livres de chaux pour réparer le fourneau en terre, on dit alors navoir jamais vu ressortir de chez moi la femme qui lavait apportée... Ce fut un moment pénible à passer.... Le mandarin afficha plusieurs proclamations invitant la population au calme, puis il prit ouvertement parti pour moi dans une petite chicane que mavait cherchée un voisin, une légère accalmie sensuivit.

    Sur ces entrefaites, un catéchiste appelé de Tchongping (1) arriva avec tous mes bagages (je navais jusqualors que le strict nécessaire). Peu après, quelques compatriotes, de religion musulmane, vinrent lui rendre visite ; lun dentre eux, bachelier militaire, demanda à me voir : il me posa toutes sortes de questions sur divers sujets et, dans la suite, il revint au moins deux ou trois fois par semaine, je pus ainsi savoir ce qui se disait contre moi et suivre létat des esprits.

    Un soir, vers huit heures, un individu, jeune encore, aborde mon catéchiste et lui parle de conversion, jentendais de ma chambre tout ce qui se disait : le visiteur demandait le moyen de se convertir, sil serait obligé de me verser de largent ou sil en recevrait, et une foule dautres choses auxquelles je naurais jamais pensé. Bref, mon catéchiste le renvoya au lendemain, car il voulait me consulter avant de ladmettre. Je lui répondis : Il faut bien commencer et, vu la situation, jaccepterais même le diable au catéchuménat ! Il revint le jour suivant et, après quelques observations, consentit à se déclarer chrétien ouvertement. Ce fut ma première recrue, elle ne valait pas cher, lavenir devait le prouver, mais jétais content quand même, le premier pas était fait. Quelques jours plus tard, dautres catéchumènes se présentèrent.

    Quatre mois sétaient passés depuis mon arrivée à Yungfu, quand le P. Renault vint de Kweilin me rendre visite, un jour du début de février 1902 ; le mandarin nous invita à dîner pour le lendemain... Dès lors on changea un peu de ton : nous étions après tout de respectables personnages, puisque la haute société de la ville avait consenti à festoyer en notre compagnie ; aussi, depuis ce moment-là, les visiteurs ne manquèrent pas à la mission.

    Au commencement de lété suivant, une épidémie de peste se propagea rapidement. Les mauvaises langues reprirent leur train. On disait partout que cétaient les chrétiens qui avaient empoisonné les sources ; jeus encore recours au mandarin qui afficha une nouvelle proclamation, et peu à peu les bruits défavorables cessèrent.

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    (1) (caractères chinois).


    Bientôt jeus un bon nombre de catéchumènes dans les sous-préfectures voisines et dans le sud-ouest de celle de Yungfu (Hoâng-mièn, Tchaicha, Loutchai (1), trois marchés qui étaient encore alors sous la juridiction de Yungfu) ; bref luvre de lévangélisation était lancée dans toute la région, et comme Loyong (2) me paraissait lendroit le plus favorable pour rayonner et développer ce qui venait dêtre commencé, je demandai à Mgr Lavest lautorisation dy établir ma résidence principale, ce qui me valut dy être nommé à demeure.

    Entre temps, le P. Dalle faisait dassez fréquentes visites aux chrétiens yao de Toù-yàng-tsâo. La petite chapelle-résidence que ceux-ci y avaient bâtie en 1900 était fort peu commode et, adossée à la montagne, manquait de salubrité ; de dimensions exiguës, elle naurait pu contenir longtemps les chrétiens dont le nombre augmentait peu à peu. Le P. Dalle choisit donc un endroit mieux situé, où il construisit, en 1903, une autre chapelle avec deux chambres : ce nétait pas encore très confortable, mais cétait cependant préférable à ce qui existait auparavant ; cette fois les murs étaient en terre battue et recouverts de poutres grossières qui supportaient une toiture en chaume, cela ne flattait pas beaucoup la vue, néanmoins, en pays yao, ce nétait déjà pas trop mal et, quoi quil en soit, les différents missionnaires qui se sont succédés à Yungfu sen sont contentés jusquà ces dernières années.

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    (1) (caractères chinois).
    (1) (caractères chinois).


    Au départ du P. Dalle pour Loyong, ce fut le P. Pélamourgues qui, de Wuchow, vint lui succéder. Il ne connaissait pas encore le langage mandarin, mais comme il avait alors (1904) déjà parlé cantonnais pendant 6 ans, il fut, au bout de peu de mois, capable de se faire comprendre sans difficulté ; il devait rester en charge du district de Yungfu pendant 9 années. Malheureusement le même fait que du temps de St Paul se produisit : tels les chrétiens de Corinthe qui se réclamaient de Paul, dApollon ou de Céphas, les catéchumènes et même quelques néophytes baptisés par le P. Dalle, encore trop peu éclairés pour comprendre quils faisaient tous partie du troupeau dun seul et même pasteur, sen retournèrent à leurs anciennes superstitions, et bien peu dautres recrues vinrent les remplacer. Le missionnaire neut pas à souffrir de sourde persécution comme son prédécesseur, il resta en bons termes avec les païens de la ville et même devint lami presque intime dun mandarin qui demeura assez longtemps en charge dans la sous-préfecture. Cest peu avant larrivée du P. Pélamourgues à Yungfu que la mission avait fait lachat de la construction qui devait lui servir de couvent pour les religieuses chinoises et décole pour les petites filles chrétiennes.

    Vers Pâques de lannée 1913, le P. Rigal, jeune missionnaire récemment arrivé de France, lui succédait. Il commençait à bégayer le chinois quand, 18 mois plus tard, la guerre européenne éclata ; exempt de partir pour larmée, il dut néanmoins répondre à lordre de mobilisation, enfin, au début de 1915, il pouvait de nouveau vaquer à son ministère. Souffrant du manque de catéchiste, il forma peu à peu son boy à ces fonctions pour lesquelles il navait pas été préparé, ce qui lui permit, au bout de 4 ou 5 ans, davoir à sa disposition un homme de confiance qui, à défaut de lettres, connaissait la doctrine chrétienne assez parfaitement pour lexpliquer et pouvoir répondre aux objections courantes.

    Voyant les gens de la ville peu empressés à devenir chrétiens, le P. Rigal se fixa une bonne partie de lannée chez les yao de Toù-yàng-tsâo : la masure construite autrefois lui servit ainsi de résidence jusquen 1920 ; alors, par suite de la piraterie générale, il fut forcé dhabiter Yungfu où, dailleurs, on allait avoir besoin de ses services. Sa santé nétait pas toujours égale à son courage : lhumidité de la masure, les longs voyages par monts et par vaux, sous la pluie et le soleil, la traversée des torrents, dautres causes encore, le forcèrent quelquefois à sarrêter, les rhumatismes se faisaient sentir à temps et à contretemps, bientôt une entérite rebelle allait aussi laffaiblir peu à peu.

    Le jour de Noël 1917, son école yao, bâtie autrefois par le P. Pélamourgues, ayant été incendiée, il envisagea la construction dune résidence plus saine. Dès lautomne suivant, il se mit donc à luvre malgré la modicité de ses ressources, mais il dut partir pour le sanatorium de Hongkong alors que les murs sortaient à peine de terre. Il reprit le travail à son retour et sans tarder put ainsi avoir une habitation plus confortable et surtout plus conforme aux exigences de la santé. Son cur était tout à lespérance, des dizaines de catéchumènes sétaient joints aux anciens chrétiens, il allait se mettre à construire une véritable chapelle pour remplacer lancienne où les néophytes ne pouvaient plus tenir.... La piraterie et la guerre civile arrêtèrent tout.

    Dès le début des troubles, la chrétienté yao fut très éprouvée : le 10 mai 1921, le village de Po-sin-tsâo (1) était incendié et les dix familles qui le composaient dispersées, le frère et la belle-sur du catéchiste étaient tués et mutilés et leur plus jeune enfant brûlé vif ; quelques jours plus tard, le P. Rigal lui-même néchappait aux balles des pirates que grâce à un chef de bande dont les avis furent écoutés.

    En novembre, cétait le tour de Toù-yàng-tsâo. Lhéroïque résistance des chrétiens ne pouvant être vaincue par les brigands, le village fut taxé à une lourde indemnité ; terrifiés, les fidèles envoyèrent de suite une estafette à Yungfu pour avertir le missionnaire. Celui-ci partit aussitôt au secours de ses chers montagnards, et de nuit, pour passer plus inaperçu. La marche était dure dans lobscurité, et la route longue dune cinquantaine de kilomètres ; au bout de quelques heures, le Père, brûlant de fièvre et convaincu quil ne pourrait fournir une pareille course, rebroussa chemin : il fut bien inspiré, car les pirates, on le sut plus tard, gardant les sentiers lattendaient, résolus quils étaient à le massacrer. Le P. Rigal, dès le lendemain, fit écrire une lettre pour refuser, tant en son nom personnel quau nom de ses chrétiens, de payer lindemnité exigée ; le catéchiste Pan-Kouo-tchen ne dut son salut quà la fuite, il vint rejoindre le missionnaire à Yungfu. A partir de ce moment, ce furent délégations sur délégations, lettres sur lettres toutes pleines de menaces. Enfin, pensant ainsi sauver sa vie et les biens de ses chrétiens, le Père conseilla de verser 200 piastres, soit 1000 et quelques centaines de francs. A peine la somme avait-elle été remise aux brigands que, le jour même, 100 bandits faisaient irruption dans le village ; pour avoir la paix, les chrétiens durent se résigner à les laisser habiter leurs maisons, eux-mêmes se réfugièrent dans des cavernes ou des huttes quils se construisirent en hâte dans la montagne. Les pirates attendirent cependant jusquau 25 mai 1922 pour sétablir dans la chapelle et la résidence de la mission ; tout fut pillé ou détruit par eux, sauf un calice que le gardien réussit à se faire rendre au moment où on lemportait, les images pieuses furent lacérées et les ornements et autres objets du culte dispersés ou profanés... Cela dura jusquà la fin de 1923.

    Dans la ville de Yungfu, la situation nétait pas meilleure. Dès le 16 août 1921, la cité avait été occupée par les soldats du Kiang-Si ; comme les autorités ne pouvaient pas payer de suite la lourde indemnité demandée par les envahisseurs, elle allait être livrée au pillage et incendiée, quand lintervention du missionnaire arrêta tout. Dans la suite, à maintes reprises, on eut recours encore au P. Rigal pour amadouer soit les chefs militaires, soit les brigands ; un jour même, au printemps de 1922, deux bandes de pirates en étant venues aux mains, à loccasion du partage dune importante quantité dopium, le Père fut invité par les deux partis à arranger laffaire... Bref, les services rendus par le missionnaire tant aux particuliers quaux autorités de la ville furent si appréciés que, les troubles passés, on voulut, en 1925, lui élever une stèle en témoignage de reconnaissance. Le P. Rigal déclina un tel honneur : il répondit quil était touché de si bons sentiments, mais quayant agi par amour du peuple auquel il sétait donné en venant en Chine, il comptait surtout sur les bonnes dispositions futures des habitants et leur estime pour la religion catholique.

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    (1) (caractères chinois).


    Peu après, en juillet 1925, le P. Rigal, dont la santé devenait de plus en plus mauvaise, partait se refaire au pays natal. Auparavant il avait été heureux de pouvoir acheter, en face de la mission, plusieurs lots de terrains occupés par des constructions ou des jardins ; les quelques milliers de francs consacrés à cette acquisition étaient bien placés, car chapelle, résidence et école étaient toujours à peu près dans létat où elles se trouvaient 20 ans plus tôt : cétait la pauvreté apostolique et létroitesse des lieux dans toute lacception du mot, il était donc urgent de profiter des circonstances pour préparer lavenir.

    Le P. André Oû vint prendre la direction du district. Les deux années quil resta à Yungfu furent assombries par la propagande communiste qui mettait les missions hors la loi ; pas plus à Yungfu quailleurs les cris de haine et de mort ne furent épargnés, les services rendus par le P. Rigal étaient déjà oubliés... Inutile de dire combien le brave P. Oû souffrit, aussi, en 1927, quand il fut changé, le physique était gravement atteint, et depuis lors une entérite chronique le mine peu à peu.

    En juillet 1927, le P. Pélamourgues vint de Kweilin reprendre la tête du poste quil avait quitté 14 ans auparavant ; 18 mois plus tard, le P. Rigal rentrant de France, il alla sétablir à Toù-yàng-tsâo qui devint ainsi le centre dun nouveau district, le district yao de Yungfu.

    Le P. Rigal fut de retour au commencement de 1929. Il ne retrouva malheureusement pas linfluence dont il jouissait quatre ans auparavant les doctrines nationalistes, la propagande communiste, lenseignement officiel dans les écoles avaient produit leurs fruits. Au lieu des conquêtes quil eût été en droit despérer, il continua donc à marquer le pas ; cest à peine si un village des environs de la ville consentit à suivre la voie du salut en entrant dans le catholicisme. Puissent les 40 catéchumènes quil renferme servir de ferment pour en attirer dautres dans les filets du Bon Pasteur !

    (A suivre)
    J. CUENOT.


    1933/88-96
    88-96
    Cuenot
    Chine
    1933
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