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Poète et musicien

Poète et musicien Une lettre inédite de Charles Gounod On sait que le P. Dallet, étant aspirant, avait composé le Chant du Départ des Missionnaires, dont il demanda la musique à Charles Gounod, alors organiste à léglise des Missions-Etrangères, et qui fut chanté pour la première fois au départ du 29 avril 1852. Un des partants de ce jour-là sappelait Auguste Chapdelaine.
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    Poète et musicien
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    Une lettre inédite de Charles Gounod

    On sait que le P. Dallet, étant aspirant, avait composé le Chant du Départ des Missionnaires, dont il demanda la musique à Charles Gounod, alors organiste à léglise des Missions-Etrangères, et qui fut chanté pour la première fois au départ du 29 avril 1852. Un des partants de ce jour-là sappelait Auguste Chapdelaine.

    Un mois Plus tard, le 5 juin, une ordination avait lieu au Séminaire et, parmi ceux qui, avec Charles Dallet, recevaient la prêtrise, se trouvaient Théophane Vénard, Joseph Theurel, Michel Petitnicolas, etc.

    Ramené en France par la maladie, le P. Dallet, au souvenir de ses amis martyrs et Particulièrement de ceux de Corée en 1866, composa le Cantique pour lanniversaire de nos Martyrs, pour lequel il eut encore recours au talent de Charles Gounod (1). Cest au sujet de ce dernier chant quil reçut du mstro la lettre suivante, tout à lhonneur des deux correspondants.

    Samedi 22 mai 1869

    Monsieur labbé

    Le cantique dont vous m avez fait lhonneur et la joie de me demander la musique est terminé. Jaurais voulu avoir, pour remplir ma tâche de musicien, lâme de missionnaire qui vous a dicté ces touchantes paroles. Jespère pourtant avoir ressenti quelque chose du feu qui vous a brûlé. Dieu veuille que mon chant ne vous paraisse pas trop indigne des voix ferventes auxquelles il est destiné.

    Voulez-vous permettre que lundi je sois chez vous vers 2 heures ? Je vous le ferais entendre et vous soumettrais en même temps quelques petites modifications que le rythme musical ma obligé de faire subir aux paroles dont linégalité de prosodie ne pouvait se concilier partout avec le chant, quil fallait conserver le même autant que possible. Je lai fait avec toute la réserve que jy ai pu mettre.

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    (1) Plus tard, Gounod traitait volontiers ces deux compositions de delicto juventutis, Dans le chur de la Pentecôte de son oratorio Rédemption il reprit et développa le motif du Cantique de nos Martyrs.


    Permettez-moi, Monsieur labbé, de vous redire que cest un contrat que nous avons fait ensemble et que, si Notre-Seigneur a promis quun verre deau donné en son nom ne resterait pas sans récompense, jespère quil voudra bien répandre sur ceux que jaime et sur moi quelques-unes des grâces quil ne peut refuser aux prières que vous mavez promises et sur lesquelles je compte à toujours comme sur celles de votre sainte et courageuse Congrégation dapôtres.

    Recevez, Monsieur labbé, la nouvelle assurance de mon plus tendre et de mon plus entier dévouement.

    CH. GOUNOD,
    17, rue de La Rochefoucault.

    1928/352-357
    352-357
    Gounod
    France
    1928
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