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Pensées pour la retraite du Mois : ''Apostrophe au diable'' 10

Pensées pour la retraite du mois òòòòò Apostrophe au diable Militia est vita hominis super terram.... Cette phrase lapidaire résume si bien la tragédie humaine, qu’elle a traversé les siècles sans rien perdre de sa force et de son actualité, et le jugement qu’elle contient a toujours été l’âme des grandes résolutions, a inspiré les grands caractères, ranimé l’audace de tous ceux qui, par un labeur tenace et un effort continu, ont réussi à mener à bien le bon combat.
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    Pensées pour la retraite du mois

    òòòòò

    Apostrophe au diable

    Militia est vita hominis super terram....

    Cette phrase lapidaire résume si bien la tragédie humaine, qu’elle a traversé les siècles sans rien perdre de sa force et de son actualité, et le jugement qu’elle contient a toujours été l’âme des grandes résolutions, a inspiré les grands caractères, ranimé l’audace de tous ceux qui, par un labeur tenace et un effort continu, ont réussi à mener à bien le bon combat.

    S’il me fallait analyser cette définition, je ne saurais y trouver un sens de lamentation, je ne pourrais jamais l’interpréter comme l’expression du découragement et, si l’on me pardonnait l’originalité du terme, je dirais volontiers que cette parole de Job est une définition “offensive” de la vie. Elle nous dit en effet l’action, le mouvement, le côté positif de la vie ; elle exprime dans sa brièveté toute la série des combats que l’homme doit affronter pour atteindre sa fin.

    Arrière donc les gémissements stériles ! Je veux aujourd’hui, dans cette méditation, voir la vie “au positif”, prendre l’offensive et regarder en face la tentation qui s’attaque à mon sacerdoce.

    Le prêtre est un autre Christ ; il doit continuer son œuvre et le représenter, c’est-à-dire lui ressembler. Or le Christ a été posé in signum cui contradicetur. Comment pourrions-nous prétendre représenter le Christ, tout en évitant cette contradiction qui est comme le signe de notre ressemblance avec notre Maître ?

    Point n’est besoin de longues réflexions pour comprendre que la Passion du Christ est en un sens ma passion, et mes tentations me prouvent surabondamment que je suis un alter Christus.

    Notre-Seigneur, venu pour sauver les hommes, est là misérablement pendu à la Croix. Il est Dieu, mais où donc est la gloire de sa Divinité ? Sans doute, il y a quelque chose d’éminemment beau, de divinement grand, dans cette face douloureuse, car ni les crachats, ni le sang ne sauraient éteindre ce regard infiniment triste et passionnément amoureux du Divin Crucifié. Madeleine et Marie et les autres Saintes Femmes ont compris le pourquoi de ses bras tendus et de son côté ouvert, mais la foule indifférente n’a pas su discerner cette divine et sublime attitude du Crucifié, elle passe devant lui et l’insulte : “Si tu es le Fils de Dieu, descends de ta Croix ! ”

    … Mais.... n’est-ce pas là la première et la principale tentation qui s’attaque à mon sacerdoce ? J’entends autour de moi, dans le désordre et le bruit du monde, des voix qui me pressent : “Descends, mêle-toi aux hommes, sois donc comme les autres hommes ! Pourquoi t’obstiner à rester sur la croix douloureuse de ton sacerdoce ?”

    Ah ! je te reconnais, esprit malin ! dans ces appels désordonnés dans cette tentation que je nommerai l’invitation à la médiocrité. Tu voudrais que je me fatigue de rester sur le calvaire de mon sacrifice, debout à côté de Celui que je représente. Tu as même essayé de rendre pesants les liens qui m’attachent au Christ ; tu aurais voulu que les promesses solennelles par lesquelles je me suis lié pour l’éternité me devinssent comme un esclavage, Mais voyons ! depuis quand le sacrifice voulu et consenti a-t-il été un esclavage ?

    Ne doit-on pas pouvoir dire de chaque prêtre ce que l’Apôtre a dit du Christ : oblatus est quia ipse voluit. Esclavage, ces longues méditations et ces patientes délibérations avant l’entrée au Séminaire ? Esclavage, cette confidence longtemps mûrie et préparée, dans laquelle j’ai pour la première fois avoué à un père, à une mère, à ces êtres chéris ma vocation de missionnaire ? Esclavage, la donation du sous-diaconat, le brisement pleinement consenti du départ en Mission ?

    Oh ! non, mille fois non ! Mon sacrifice est l’expression la plus claire qui puisse être de ma liberté. La croix de mon sacerdoce est une manifestation éclatante de mon libre arbitre.

    O monde pervers ! tu me promets ta confiance, si je consens à descendre jusqu’à toi ! Je ne crois pas à ta promesse ; et si je m’associais à ta médiocrité, tu ne tarderais pas à me mépriser. Je ne veux pas être esclave de tes passions, je ne veux pas subir la tyrannie de tes désordres. Je suis libre, et parce que je veux rester libre, je resterai attaché à mon sacerdoce.

    Ce sacrifice a sans doute des conséquences nécessaires ; ce n’est pas pour rien, qu’à l’ordination j’ai mis mes mains dans celles de l’évêque, mais ces restrictions mises par moi à ma liberté ne sont-elles pas une preuve péremptoire de ma liberté ? Du reste elles ne sont pas exclusives à mon sacerdoce. L’officier qui se donne à la patrie, l’épouse qui se donne à son mari, le magistrat qui se donne à la cause de la justice, sont liés comme moi par la liberté de leurs serments. Cela est un principe absolu que l’on doit admettre comme un élément nécessaire de tout ordre, si l’on ne veut, par un bolchevisme intégral, détruire la société, supprimer la conscience, abrutir l’homme en exaltant ses instincts, en ruinant sa raison.

    J’éprouve une autre tentation qui me convainc de ma ressemblance avec le Christ, et je te reconnais encore, esprit des ténèbres, dans ces tentations de découragement où tu voudrais me voir succomber. Je te reconnais dans ces paroles pleines de fiel que tu me lances à la face et que jadis tu inspiras à la foule délirante des Juifs : Alios salvos fecit, seipsum non Potest salvum facere !

    Mais.... je te remercie, car je trouve dans ton insulte ample matière à une méditation fructueuse. Crois-tu donc que je m’étonne de me retrouver un homme imparfait, misérable, après avoir sauvé “les autres”, et c’est ce qui te gêne et c’est ce qui me rassure. J’ai baptisé des mourants, j’ai consolé des malades, j’ai instruit des catéchumènes, j’ai déversé dans le cœur des pécheurs le pardon et la paix. C’est là ma force, le fondement de ma confiance.

    Je sais bien que je ne puis me sauver par moi-même, parce que je suis un être faible, un instrument misérable entre les mains de Dieu, mais parce que j’ai sauvé les autres par la vertu divine de mon sacerdoce, Dieu me sauvera.

    Cette gerbe d’âmes que j’ai régénérées dans le Christ est ma protection, elle sera mon salut. Crois-tu donc que ce petit jeune homme que j’ai baptisé in articulo mortis et qui m’a dit : “Père, je suis votre enfant pour l’éternité”, — crois-tu donc qu’il me laissera traîner mes pas dans la médiocrité, dans le découragement ?

    Tu sais, toi, que cet enfant qui m’appelle son père a la puissance des Anges, et si j’étais en danger de succomber au découragement, cet enfant emprunterait, s’il le fallait, les ailes de l’Archange que tu redoutes tant, pour voler à mon secours et te terrasser à nouveau !

    Vade retro, Satana !
    ITANASIA


    BEAUCOUP forment des tas de projets, et agissent au hasard et en isolés, Ils finissent par se décourager, pour n’avoir rien mené à bien

    Il eût mieux valu pour eux collaborer au premier bon travail qui s’offrait.

    Prévois ce que tu peux faire aujourd’hui, et ne t’occupe que de cela.

    Si tu travailles par à coups, tu ressembleras aux orages d’été. Or ce ne sont pas les pluies torrentielles ni l’éclat des éclairs qui fécondent les campagnes.

    Beaucoup d’attention, beaucoup de prudence, beaucoup de constance font plus que toutes les violences d’un géant.

    Si tu n’as pas préparé ton milieu, comment veux-tu que la semence, que tu jetteras, y fructifie ?

    Même moi, le Tout-Puissant, j’ai commencé par former quelques disciples : ces quelques hommes devaient en travailler un plus grand nombre.

    Je n’ai pas offert à leur zèle moins que toute la terre, et pourtant je me suis contenté de retourner mon petit morceau de la Vigne,

    Les apôtres aussi se sont divisé le travail, chacun faisant valoir ses talents.

    Tu désires que je fasse des miracles ? fais de ton côté tout ce que tu peux.

    Si tu fais tout ce que tu peux, tu fais assez ; reste en paix ; ne te plains pas que la victoire ne soit pas encore gagnée.

    Celui qui ouvre le sillon, casse les mottes, sème et se tourne vers le ciel mérite que Dieu donne l’accroissement.

    La saison des fruits viendra, sois tranquille. Si tu as été fidèle, tu en jouiras, au moins à ma table.

    Comment veux-tu que tout tourne suivant tes désirs, sites désirs vont et viennent ?

    Tu viens de te mettre à l’ouvrage, et tu soupires après les moissons ?

    Catholique d’action.



    1929/577-581
    577-581
    Anonyme
    France
    1929
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